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59 .s'1. / D'E LA GENERATION DESVERS DANSLECORPSDE L'HOMME, DE LA NATURE ET DES ESPECES
de cette maladie ; des Moyens de s'en préferver & de la guérir.
FROISTE ME EDITION.
Confidérablement augmentée , & formant. un Ouvrage nouveau; avec Figures,
PAR M. ANDRY ,; CONSEILLER DT ROT ; Lecteur ç& Profeféur en Médecine an Collège Royal, Docteur Régent, dr ancien Doyen de la Faculté de Médecine de Paris , dre.
ATOME PRIVMIER,
GED A PARIS,
la Veuve AL1x , au-deflus de la rue Chez des Noybrs , au Griffon, de D
LAMBERT & Duraxp , à la Sagefe Jacques, & à faint Landry.
NE: CC: SCORE: AVEC APPROBATION ET PRIVILEGE DV ROI:
Vermiculi vrvos nos torquent , à mor- zuos confumunt ,ut vere. Job. Cap. VIII. v. $. Caro mea undique verminofa eff. Thom. Barth. A@a Med. & Philofoph. M V.T
Les Vers nous tourmentent pendant notre vie, & nous confument après no- tre mort : Ce qui confirme bien la pa- rolede Job, chap. VIII. v. $. Ma cHAIR NEST QUE POURRITURE. Thom. Barth. Ad. de Med. & de Philofoph. T. F.
* Ce paffage n'efi pas dans la Vulgate , [elon les mêmes termes que le cite ici Bartholin. Elle porte : CARO MEA REPLETA EST PUTREDINE ; MA CHAIR EST PLEINE DE POURRITURE. Mais l'Hébreu porte : MA CHAIR EST CHARGE E DE VERS; @ la Verfion des Sepiante, Mon cORPS EST COUVERT DS FOURRITURE ET DE VERS,
A MESSIRE
RUXCRESCENT
: FAGO N: - CONSEILLER D'ETAT ORDINAIRE,
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PREMIER MEDECIN BE KR O:Y.
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JoONSIEUR,
VOICI vx Ouvrage ‘qui vous ef? di ab{olument. _ Tome I. a
FE PTT RUE Quand taus les Jentimens de reconnoiffance , qui m at- cachent 4 vous , ne me Papprendrotent pas , l’occa- fion qui me l’a fait compo- fer, Jufiroit pour m'en con- vaincre. C'efé la guérifon d'un malade , redevable de la vie au foin que j'at tou- jours ew de vous étudier. avoirs long-temps regardé comme un problème s'il con- venoit de purger au com- mencement des maladies : Mais je me dérerminai bien-
r, quand j'appris quelle étoit fur cela wutre Prati= que. Elle me confrma dans la Doétrine d'Hippocrate , qui recommande alors les
BAPIT RE purgatifs , dès que Les bu- mburs en fougue menacent d'attaquer les principales
parties du corps. fe trai- sois un pleuretique , auquel étoit furvenu un tranfport an cerveau : Le mal com- mençoit , j'en CxXaminat LORS les [ymptômes ; g) apres avoir remarqué une ferimen- tation violente d'humeurs , je crus qu'il falloit recou- rir au purgatif, Je le fs, MONSIEUR , perfuadé qu'on ne pouvoit Je tromper avec vos maximes, qui font les fruits d'une [? longue expérience, € d'ine médi- tation f? profonde Ce pur- gatif, pris avant la coétion | a ij
EPAIT RUE: des humeurs, auroit d& , fe. lon quelques gens prévenus, caufer la mort au malade : Mais loin de lui ôter La vie , 11 la lui rendit , em le délivrant d'un Ver plar, UE de plus de quatre au-
.. C'eft de ce. Fer ; dont a vous prefentai l Efampe 11 y a plufieurs mots, Mo N- SIEUR. ÿC me fouviens que vous me frites l'honneur de me dire a ce [ujet , qu'en différentes rencontres vous aviez vu des Vers [embla. bles : Ce qui doit ramener que. lques efpries opiniätres, qui ayantggui parler de ce. lui ci, n'ont ph croire le fait poffible. La circonftan-
ÉPLTRE. ce de’cette guérifon eft ce qui a donné lieu au Traité que je vous préfente : Il ne paroîtra ‘point [ans vo- tre confentement , M O N- SIEUR. Mais j'efpere que vous ne me. Le refuferez pas , quand vous confidere. rex que je ne cherche en ce- c1 que l'avantage du Public: car c'efe Là le principal motif qui peut vous faire agréer un Ouvrage , comme c'eft un des principaux motifs de tou- res vos altions. En effet ;: MONSIEUR, quand fe pe Je tout ce que vous fai-
, je ny irouve vien qui ne a une preuve de votre aéle pour l'urilité publique.
à ii]
ÉERET RE
S2 vous travaillez avec tant de confiance à l'avancement de la Médecine | c'eft que vous ne goûte? pas de dou- ceur plus grande que de con- tribuer au plus grand bien des Citoyens , en perfeltion- nant un Art qui ne tend qu'a le leur conferver. Si vous éloignez les impofteurs, ces gens [ans avem | qui, dans une profeffion toute cha. ritable, ne fongent qu'a con- tenter leur avarice, c'eft que vous fonffrez avec douleur, que le Peuple, incapable de difcerner par lui - même la vérité , foit le jouet , on, pour micux dire , la wibti- me du menfonge. Si vous
EPITREÉ. “employez l'autorité du Sou- Verain , pour empêcher cer Laines Facultés du Royau- me d'accorder indiffinéte- ment des décrés à quicon- que fe préfente, c'ef que vous ne voulez pas qu'on | dreffe ainfi des pieges a la vie des hommes , en prodi- £uant à des jenorans les t1- tres d'une dira: , qu ils ne
poffedent pas. Si " OR VOUS LE ff attentif à conferver la fanté du monde la plus précieufè , Eÿ confiée a vos foins pour le bonbeur de la France, c'eff que vous f[ça- vez qu'en Vous acquitant d'un devoir fi indifpenfa- ble | avons affurez le repos
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EPATIR ES €5 le [alut de l'Etat. Enfin f vous protegez avec tant de bonté notre Compagnie, votre vue ef? de l'animer à rendre [es Ecoles de jour en jour plus florifflantes ; vous vous en êtes expliqué , MonsiEuURr, æ c'eff le témoignage qu'elle vous a donné elle - méme dans ce Remerciment [olemnel , que par Jon ordre j at traduit en notve Langue avec tant de plaifir. On peut dire qu'elle remplit avec fuccès VOS 1ntentions : Vous voyez, qu'elle s'applique unique- ment à former des Médecins fages , éclairés , laborieux, € qui envifagent moins leun
ÉPITRE intérér que le foulagement de leurs malades. Auffi , MONSIEUR, tout for but ef? de faire des Méde- cins capables de vous imi- ter : Elle ne propofe a fes Eleves d'autre modéle que le defintéreffement , la géné. rofite , la droiture , les prin- cipes de probité g) de re- ligion, que l'on remarque en toute votre conduite : Eîile leur remet devant les yeux cette élevation de Génie , cette grandeur d'Ame, cette profondeur d'Erudition ff ho- norables au difcernement dw Prince, qui les a dignement recompenfées en vous au gré de tons fes Peuples. Elle
ÉPETIKLE leur préfente ces [çavantes Thefes , vu la délicatefle de vos expreffions n'ôte rien à la folidite de vos penfées , æ) où l'une €$ l'autre enfem- ble prefcrivenr les regles [a- lutatres d'un Art, qui de- mande tant de circon/pec- tion g) de prudence. La der- niere de ces Théfes, entre auires , m'a paru f; achevée, qu'après en avoir cité plu- fieurs endroits dans mon Li- vre, je n'ai pu m'empêcher de l'y traduire toute entie- ve ; non par l'efperance , MONSIEUR, d'en pou- voir exprimer les beautés, mais par le defir d'en don- 2er au moins une legere idée
EPITRE. a ceux a qui le fecours des traduitions eft néceffaire. La Faculté enfin n a d'autre vo- lonté que la vôtre. Elle vous chérit comme fon Proteëteur, g) vous révere comme [on Oracle, Ce que je dis d'elle en général, Je peut dire en particulier, de tous ceux qui la compofent , ou fi quel- qu'un de nous étoit affez malheureux pour mériter une exception , le Corps le défavoueroit , € ne le re- garderoit plus comme un de fes membres. Te ne cours point ce rique , Mon- SIEUR , car dans le def- {ein commun de nous former € de nous régler [ur vous,
EPYTRE.
ff je nai pas le talent des autres pOur y parvenir , nul au MOINS 4 plus de vené- ration & de deference que mot pour vos fentimens , &) pour votre 1llufire Perfon- ne. Te [uis avec un profond refpeét,
MONSIEUR,
Votre très-hümble , très-- obéiflant & très-obligé” |
Serviteur , ANDRY,
A Parisce premier Novembre 1699. .
REPONSE DE M. LE PREMIER MEDECIN.
A Verfailles le 24, Novembre 1699.
M onsteur,
Si je ne vous invitois pas a don- ner promptement au Public, l'utile 7 fçavant Ouvrage , que vous voulez que j approuve ; non-feule- ment je ne répondrois point au Por- trait dont vous me flatez , mais je reconnotrois fort mal l'honneur que vous me faites de me l'adreffer , en m'oppofant à celui que l'occafion de ce Traité , © la maniere dont il ef? compofé , doivent faire à votre ju- gement & à votre érudition. I] n'y a que l'excès des Eloges ; dont votre Epitre eff remplie, qui m'obligeroit à Vous prier de la retrancher , fi je pouvois m'imaginer que quelqu'un me crêt affez vain , pour être capa- ble de me les agtribuer. Je les resar-
de, MONSIEUR , comme une de ces idées parfaites ; aufquelles on afpire fans y pouvoir atteindre ; © je veux bien donner une preuve du zèle que je vous avoue d'avoir pour le bien public; en fouffrant que vous propofiez pour exemple, à ceux qui ont envie d'y contribuer, une co- pie qui me reffemble fi peu: Mais je Jouhaite en même-temps qu'on me connoiÎfe véritablement par l'eflime infinie que je fais de votre mérite ; 7 par la difpofition où vous me trouverez toujours, de vous marquer dans les occafions de le publier, € de vous fervir, queje [uis affurement ;
MONSIEUR, Votre trés-humble & très- À affectionné Serviteur , FA G ON.
Comme cette réponfe fi digne de la générofité & de Ja modeftie de fonilluftre Auteur, lui :end avec ufure les juftes Elogrs qu’il retufe, & qu’elle mai qu: en mé- me temps le foin qu’ilprend d'encourager ceux qui tâ- chent de contribuer en quelque chofe à l'avantage du Public ; on n’a pas réfifté à la tentation de la rapporter ici , pour ‘uppléer à tout ce que les bornes d’une Epî= tre n'ont pu permettre de dire,
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PREFACE.
E répeterai ici d'abord ce
que J'ai déja dit dans les pré. cédentes éditions ; fçavoir, 1°. Qu’encore que les maladies cau- fées ; ou entretenues par les Vers , ne foient pas aufli fré- quentes que fe l’imaginent quel- ques perfonnes préocupées ;, qui font dépendre des Vers , pref. que tous les maux qui afigent le Corps Humain ; un Méde- cin eft néanmoins obligé de s'appliquer à connoître ces ma- ladies , s’il veut s'acquitter com- me il faut d'une Profeflion qui le doit rendre utile à toutes for-
ÿ. PRE FTASE
tes de Malades. 2°. Que c’eft ce qui m'a porté à ne point fé- parer cette étude du grand nom- bre de celles que la Médecine exige. 3° Que fi l'on me de- mande pourquoi j'ai écrit fur les Vers , préférablement à tant d’autres matieres qui paroiflent beaucoup plus importantes, J’a- vertis que ce qui m'y a princi- palement déterminé ; eft le peu d'attention que Jai vu que l’on faifoit à un mal qui devient fou- vent funefte , quand il eftemé- gligé. 4°. Que cette raïfon , D. te à l’occafion que je vais rap- porter, ne ma pas femblé in- différente.
Le quatriéme de Juin de l’an- née 1698. je fus appellé dans la rue S. Denis pour voir un jeune Homme attaqué depuis ce jour- là d'une forte fiévre , accompa- gnée d’une preflante douleur de
côté
| PRÉRACE. côté, d’un crachement de fadg , & d’une grande difhculté de refpirer. Je commencçai d’abord par la faignée , que Je fis réite- rer le lendemain. Le troifiéme jour je procurai au Malade une fueur qui le foulagea confidera- blement.. Le quatriéme il parut beaucoup mieux ;-mais la nuit du quatriéme au cinquiéme , il’ eut un tranfport au cerveau qui ne finit que fur les fept heures du matin. J’ordonnai le lenëe- main, qui étoit le fixiéme jour, une potion purgative ; le Ma- lade , une heure après l'avoir: prife , fentit quelque chofe-s’a- _giter dans fon-corps. Cette agi-- tation dura environ deux heu- res , & fe termina par la for- is du Ver repréfenté dans la- anche fuivante. Ce Ver eft plat comme un: ruban , & long. de quarre-aul- Tome I.
mm EREFFRACE
nes trois pouces ; fans y com: prendre l'extrémité qui s’eft {é- parée , & qui s’eft perdue. Il à une tête , & eft forti vivant. IL. eft mince & étroit vers la tète ; épais d'un écu ; & large de demi-pouce vers le milieu de fa longueur. Il à la tête noire .. plate , un peu arondie (A), où font quatre ouvertures , deux d'un côté ,; & deux autres au côté oppolé ; le corps tout blanc , diftingué par plufeurs. emboettures (B }) , & les côtés garnis de mammelons (€) dans chacun defquels paroït une petite-ouverture ,; avec un petit vaifleau bleuâtre ; qui traverfe jufqu'à la moitié de la largeur
COrps.
Ces mammelons font inéga- lement rangés : il y en a tan- tôt deux d’un côté , & un de Fautre ; tantôt trois d’un côté
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a pag de la Prefice
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FRERACE. Ÿ faps qu'il y en ait aucun de l'autre , &c.
Ce Ver eft forti noué ; (D) je le conferve en cet état dans de leau-de-vie. Le Malade fe trouva guéri peu après l'avoir rendu. |
Quelques Médecins ayant vu l'eftampe de cet infeéte ;-que je fis aufli-tôt graver, traiterent [a chofe de fable ; d'autres ayant vu le Ver même, firent courir le bruit que javois chaflé du: corps d'un Malade un Ver mon- ftrueux , qui ne s’étoit jamais vu. Les uns &ê les autres fe font également trompés. J'avertis les premiers que je garde l'infeéte en queftion, avec un 1 grand nom- bre d'autres de même genre , que j'ai depuis fait fortir , la plüpart encore plus longs ) & dont je donne la figure dans cette nouvelle édition. Ainfi:
b à
ny PREFFACE on pourra s’éclaircir de la véri- té quand on fouhaitera..
Les derniers verront dans cet: Ouvrage , que le Ver dont il: s'agit , neft point nouveau, & qu'il a été connu aux anciens. Médecins, à Hippocrate entre. autres, & à Ariftote, & que dans: les Livres des Modernes on en: trouve plufieurs exemples. J'a- jouterai que M. Fagon , Pre- mier Médecin de Louis XIV... m'a dit avoir. vu plufieurs Vers dé cette nature en diverfes ren-- contres. Ils y apprendront de plus, que c'eft un Ver commun. en Hollande ; où il s'en trou- ve de beaucoup plus longs que celui-ci, comme me la mandé d’'Amfterdam M... Hartfoeker ,. par une Lettre. que je rapporte. dans ce Livre.
Au refte, ce n’eft pas la pre-- muiere fois qu'on a traité de mon:
PRÉFACE. vi: fres ces fortes de Vers. On: verra dans une Lettre de Guil-- laume Fabricius ,; citée dans ce. volume , qu'à Payerne , une- Femme ayant rendu un Ver- femblable , le bruit courut auili-- tôt dans toute la Suifle & dans’ toute la Bourgogne, qu'il étoit. fort un monftre épouvantable. du corps d'une Femme. On parloit par-tout de ce prétendu. monftre ; & on ne l'appelloit. que le monftre de Payerne. Voi- là comme ies uns refufent de. Troire tout ce qui leur paroit. extraordinaire , & comme les. autres fe plaifent même à l'exa-- gérer.
Quant au Ver que je fis for-- tir du corps de ce jeune Hom- me ; chez qui je fus appellé ,, rue S. Denis , je confiderai cet. infeéte en préfence de plufeurs petfonnes ; & l'ayant mefuré-
vÿ) PRÉFACE. avec l’aulne d’un Marchand ;, nous le trouvèmes de quatre auines trois pouces, fans y com- prendre l'extrémité, qui, comme nous l'avons remarqué > S'étoit . rompue ; & na pu être trouvée. M. Mery ; de l'Académie des Sciences , à qui je montrai cet infeûte ;, a cru que les”ou- vertures qui font aux deux cô-- tés de la tête, & que je prends. pour des yeux ; font des nari- nes ; c'eft ce que nous exami- nerons ailleurs : je vis un col, extrémement mince , dont les” articles , vers le commence- ment , fe touchoient prefque ;. & un corps long qui alloit en élargiffant vers le milieu de fon: étendue , & dont les articles. étoient diftants d’un pouce ; er un mot , je vis le Tænia(a)..
(4 Tania, mot Grec qui fignifie Rubams . auf ce Ver fe. il fait comme un Rwhax.:
PURE FACE. ,0
que quelques Auteurs , comme
_ Arnauld de Villeneuve , entre
autres , nomment Soum, ( je
ne fçai pourquoi )} & que J'ap-
pellerai Solitaire ; parce qu'il eft
ordinairement feul de fon efpé-
ce dans le corps où il fe trou--
ve , ainfi que nous l’obferve- rons plus bas.
Ce Ver, dit Hippocrate , de- meure fi opiniatrement dans les corps où il eft , qu'a moins d'un remede fpécifique pour le: faire fortir, il vieillit avec fon: hôte , & l'accompagne jufqu'au: tombeau. |
La tête de ces fortes de Vers, tenant à un cou fort mince, fe fépare aifément , & refte pref-
que toüjours dans le corps du: Malade. Aiïnfi la têre de celui- ei , le rend plus particulier.
Quant au Malade , il fe trou- va. beaucoup mieux fitôt qu'il
x PRE RACE
fut délivré d’un tel hôte. Le lendemain , qui étoit le feptié- me Jour de la maladie, il n’eut plus de fiévre , & le jour d’a- près il fut guéri : nous n’oublie- rons pas de remarquer que le Ver fortit noué ; cette circon- lance que nous avons déja ob- fefvée , doit faire juger qu'il fit: bien des mouvemens aupara- vant, & qu'’ainfi le Malade ne- pouvoit manquer de fentir alors: beaucoup d'agitations.
Si quelques perfonnes_ont: traité de fable ce Ver, comme nous lavons obfervé , d’autres: ont été à une extrémité oppo- fée ; & ont dit que c'a été de: tout temps un chofe fi commu ne, qu'elle ne méritoit pas feu- lement la moindre attention. Comme je veux croire que ce: langage eft fincere , je prie ceux qui l'ont tenu , de jetter les yeux:
{ur
PRE FACE. x . fur ce Traité. Ils y verront com- me les Médecins qui nous ont devancés , ont pris foin de fai- ‘re remarquer ces fortes de faits, lorfqu’il leur eft arrivé d’en dé- couvrir quelqu'un. Ils y verront entre autres , comme Guillau- me Fabricius , Philibert Sarra- cenus ; Amatus Lufitanus , Spi- gelius ; Tulpius , nous en décri- vent jufqu'aux moindres circon- ftances , & comme Fabricius , en parlant d'un Ver femblable, dit qu'il le conferve dans fon cabinet parmi (a) fes raretés. Ils y apprendront , par l’exemple . des plus fçavans Médecins , qu'on ne fçauroit faire trop d’ob- fervations en Médecine , & que ce qui fouvent ne paroït pas di- gne de curiofité aux yeux de cer- tains efprits, eft ce qui occupe (a) Ego Lumbricum hunc exficcaium in fer rara mea refervo. Cent. II. Obferv. 70,
Tome I. C
xj PREFAÇCE le plus les perfonnes fcavantes. Quelques-uns fe font éton- nés fur-tout , que j'aye fait gra- ver leftampe d'un aufli vil in- ete queft un Ver , & que jaye marqué toutes les particu- larités qui en regardent la ftru- &ure ; mais je les prie de faire réflexion à ce que dit Pline le Naturalifte ; que c’eft fouvent dans les plus vils animaux que la nature eft plus admirable , & que quand ï s’agit de la con- templer comme il faut, il n’eff point de petites circonftances. Je les exhorte donc , en me fervant des paroles de ce même Auteur, à ne pas tout-à-fait s’en fier à leur dégoût fur ce qui leur déplaira dans les détails que je fais , n’y ayant Jamais rien de fuperflu dans ce qui fert à nous faire connoître la nature (a).
(a) Turrigeros Elephantorum miramur hs-
MERE FACE xÿ
Pour ce qui eft d’avoir fait graver le Ver dont il s’agit, loin de me corriger Rà - deflus dans cette nouvelle Edition, jy en ai fait graver plufieurs autres, dont j'ai délivré divers Mala- des , & j'ai fuivi en cela l'exem- ple de Spigelius , de Sennert ; de Fabricius, de Tulpius, &c. qui ont fait defliner avec foin, les Vers plats qu'ils ont vüs ; afin que fi ces Vers étoient dif- férens de quelques autres de ce genre, on püt aifément s’en inftruire par la confrontation des figures ; & c'eft ce qui ar- rive en cette occafion ; où l’on verra la figure de ceux-ci, dif. meros, Taurorumque collz, Ge truces in fu- blime jaëtus Tigrium vapinas , Leonum ju- bas , com rerum natura nufquam magis quèm in minimis totæ [it Quapropter quafo, ne hac legentes, quoniam ex his fpernunt #ulta, etiam relata fafidio damnent, cum in con
templatione nature nihil pofit videri [uper- vacuum, Plin. Hift. nat. Lib. XII. Cap. 2.
ci
iv PRÉFACE férente de celle qui eft dans Spigelius , (4) & que voici dans cette planche, fig, 1. d’une au- tre qu'on voit dans aldrovandus & dans le même Spigelius, tra- cée ici fig. 2. de la même plan- che ; d'une autre que nous a laiffée Fabricius , marquée dans cette autre planche, fig. 1. & d’une autre qu'on trouve dans Tulpius, où la tête eft prefque faite comme celle d’un poiffon. Voyez ici fig. 2.
Aurefte le deflein que je me propofe dans cet Ouvrage, eft de donner un Traité entier fur les Vers du corps humain ; d'expliquer comment ils s’en- gendrent ; d'en expofer les différentes efpéces ; d'en dé- clarer les fignes , leseflets , les prognoftics ; de marquer Îles meilleurs remédes contre ce
(a) Spigel. de Lumbrico lato.
Pas XI de la Prepace LT PL de celle pare 2
line qui élire 0777777, [=
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Lay XIF., de la Preface QE PL de cette Pagé
(REY LE RE LE | Là Le # ;
PRE FACE vx al; de faire voir que quelque- fois ces Animaux caufent ou entretiennent des maladies dans lefquelles on n'a pas coûtume de les foupçonner ; & qu'il y a des pleuréfies , des phthifies , des jaunifles, &c. qui ne peu- vent bien fe guérir que par des remédes vermifuges.
_ Je ne me borne pas ici aux Vers des inteftins ; je parle de tous ceux auxquels les différen- tes parties du cerps font fujet- tes. J'ai foin d'éviter toutes les fables qu'on à coûtume de dé- biter fur ces matiéres , & de ne rien rapporter qui ne foit di-. gne de la créance des Lelteurs éclairés ; car ,; pour le remar- “quer en paffant , on fait tous les’ jours fur les Vers, cent hiftoi- res différentes , qui, examinées de près ; fe trouvent très-éloi- gnées de la vérité J'en ai vu
Ci].
x PRE FACE. bien des exemples : en voici un entre autres , qu'il ne fera pas inutile de rapporter.
Dans la rue St Denis, pro- che l'Eglife Ste Opportune , chez un Marchand de T'apifle- rie, étoit une petite fille mala- de, que lon croyoit avoir des Vers. Cette petite fille , une heure après avoir rendu un Îa- vement , fut portée auprès du feu. On ne l'y eut pas laïflée un moment debout , que parut à fes pieds ; un Infeéte affez ex- traordinaire , qui fe trainoit fur le plancher. Il n’en fallut pas davantage pour faire croire que cette petite fille venoit de le rendre ; & que c’étoit un effet du reméde. On appella du mon- de ; on confidéra cet Infe&te , que l’on trouva affez femblable à une Ecrevifle. Le bruit fe ré- . pandit auflitôt dans tout le voi-
PRFFACE. xvÿ finage , qu'il étoit forti une Ecrevifle du corps d’une petite fille. L’Apothicaire qui avoit compofé le lavement, n'aver- tit fur l'heure : je me difpofois à aller chez les parens de len- fant pour feavoir la vérité du fait; mais j'appris qu'on avoit jetté l’'Infeéte dans fe feu. Cela fut caufe que je remis à uné autre fois +; à m'informer de la chofe. Quelques femaines après, { c'étoit le 30. de Juillet de Fan- née 1699.) je fus voir lés pa- rens , lefquels me dirent qu'ils avoient découverts depuis peu de jours dans du bois auw'ils te- noient à lacave, des bêtes tou tes femblables à celles-là ; & que lorfque cet Animal fut trou- vé dans la chambre , on venoit d'y apporter du bois de la cave
our faire du feu. Cela ne me Lits pas balancer fur ee qu'ii C 1V
xviy) PRÉFACE. falloit juger du bruit qui s'étoit répandu ; & je balançai d’autant moins , que de la maniere dont on m'avoit déja dépeint cet In- fe&te , il m'avoit paru être de ceux qu’on trouve fouvent par- mi le bois;lefquels ont deux cor- nes a la tête ; deux piquans à la queue , quatre pattes aflez gran- des, & un corps écaillé. Mais rien ne montre mieux combien 1l faut examiner les chofes , que la prétendue hiftoire de deux Couleuvres, dont nous parlons page 285. de ce Traité :nous y renvoyons.
Je ne me contente pas d’é- viter les hiftoires fauffes ou fuf _pectes ; mais comme je décris ici plufieurs remédes, Jeprends. garde de n’en rapporter aucun qui ne foit marqué au fçeau de la bonne Médecine. Enfin je tache de n'aflurer rien fans l'a-
PRÉFACE. xix voir bien examiné, & j'eftime avec Pline le jeune, qu'on ne fçauroit être trop circonfpe& ; quand il s’agit de donner quel- que chofe au Public. (a)
Pour être plus en état d’ob- ferver cette exactitude dans tout ce qui concerne ce Livre; j'ai tâché de ne m’entèêter d'aucune opinion , & J'ai cru que je de- vois beaucoup me regler fur ce que dit Galien : ,, Que la Mé- » decine ne peut arriver à fa » perfection que par un grand » nombre d'Obfervations faites » de fiecle en fiecle : que ceux » qui travaillent les premiers ;. ne peuvent tout enfemble ;. »& commencer & achever; » & que c’eft à la poftérité, à » accroïtre par de nouvelles dé--
(a) Nihil cure mer fatis eff : cogito auam:
© ft magnum dure aliquid in manus hominunes. Plia.. Lib. VII. Epilt. 126.
x PREFACE: couvertes, le fonds de fes >» Perés, (a);
Ce Traité comprend quatorze Chapitres ; qu'il eft bon delire de fuite , parce qu’ils ont pref- que tous , liaifon les uns avec les autres. |
J'explique dans le premier ce que c’eft que Ver, & cequ'on entend par ce mot.
Dans le fecond , comment ces Animaux s’engendrent en nous.
J'enexamine lesefpéces dans le troifiéme , & les effets dans le quatriéme.
On voit au cinquiéme tous les fignes de cette maladie; & au fixiéme, les moyens des’en
“garantir.
Le feptiéme contient les circonftances qui font à confi- dérer dans la fortie de ces In-
(a) Galen. Comment. in Aph, L.
CORRE EE 4 C Ex fetes , & les prognoftics bons ou mauvais quon en peut ti- rer.
Le huitiéme eft fur le danger
de certains remédes qu'on em- ploye d'ordinaire contre les Vers, & qu'il faut éviter. __ On trouve dans le neuvié- me , ce qu'il eft à propos de pratiquer pour la guérifon de cette maladie. |
Le dixiéme , qui eft une fui- te du précédent, renferme des remarques importantes fur lu- fage de la purgation.
On voit dans le onziéme ; quelles précautions il faut ob- ferver quand on fait des remé- des contre les Vers.
Jetraite, par occafon , dans le douziéme , de certains Vers nommés Spermatiques , dont plufieurs Phyficiens croyent que font formés. tous les Animaux.
fi PRÉFACE
Le treiziéme confifte ex quelques A phorifmes , qui font comme une récapitulation de l'Ouvrage.
Le quatorziéme offe un:
éclarciflement fur divers en-
droits du Livre.
Voila tout ce que c’eft que
ce Traité. Le Volume en pa- roïtra peut-être un peu gros ;
mais le Traité n’en eft pas pour
cela plus long : car je nemy éloigne point de ia matiere que je traite. Or je crois que quand on fe renferme dans fon fujet , on n’eft jamais long. C'eft la remarque de Pline le jeune , à la fin d'une lettre où il employe
plufieurs pages à décrire fa mai-- fon de campagne : ,, Pourvu ;:
» dit-il à fon ami, que la defcri- » ption que je viens de vous
5 faire, ne contienne rien qui: »ioit hors de mon fujet , ce
.
PIRE F AC E: xxi 3sn'eft pas ma lettre que vous »» devez trouver grande, mais 3» mamaifon. (4)
J'en dis autant de ce Traité : pourvu que je n'y ayerien ame- né d’étranger ; & que tout ce qui y eft, convienne à ce que je me fuis propofé d'écrire , ce n'eft point mon Traité qu’on doit accufer de longueur , mais la matiere que je traite. |
Au refte trois Auteurs ont écrit contre cet Ouvrage. Le premier eft M. Lemery ; le fecond , M. Hecquet, tous deux Doëteurs Régens de la Facul- té de Médecine de Paris ; & le troifiéme , M. Valifnieri Méde:
(2) Sciat Jeriptor , ff inaterisimmoretur , non effe longum ; longifimum, fi aliquid accer- fit atque attrahit. Similiter nos quum totam villam oculis tuis [ubjicere conamur , f; nihil indudium quifi devium loquimur , non epi- ftola qua defcribit, |ed villa que ‘deftribitur donga ejt. Phn. jun. Lib. V. Ep. 101.
xxiv PREFACE.. cin de Padoue. je réponds à M. Lemery dans le quatorzié- me Chapitre. Quant au fecond, je me contente de rapporter fimplement fa critique à la fin de ce Volume , parce qu’elle ne mérite pas d'autre réponfe. A l'égard de M. Valifnieri, ce qu'il dit , roule principalement fur le Tænia ; mais fes objetions | nous ont convaincus , qu'il n'a jamais vu de ces fortes de Vers, ni vivans, niavec latête. Auff ne paroit-il nullement au fait de cette matiere. C'eft pourquoi nous avons cru qu'il étoit plus à propos de ne lui point répon- dre du tout. |
Il dit que ce que je prends pour la tête de ce Ver, n'eft apparemment qu'une glaire & un mucilage. Mais il décide au hafard , puifqu'il parle de ce qu'il n’a point vu, & dontil n'y
PRE FACE. xx a que les yeux qui puïllent ju- ger ; enforte quon peut à ce {ujet , lui appliquer ces paroles mêmes de M. le Clerc fon par- tifan. Qui de V’ermibus iffis à fe eunquam vifis verba faciunt ; ido- rei eÎfe tefies non poffunt. Ceux qui parlent de ces fortes de Vers fans les avoir vus, n'en fauroient ren- dre un témoignage jufie. (a)
M. le Clerc non plus n'a pas vu affez de Vers plats , ou Lx- nia , pour pouvoir juger de ce que c'eft que cette forte de Ver,
Il avoue dans fon Hiftoire des Vers plats ; que depuis plus de quarante ans qu'il exerce la Médecine , il n'en a vu qu’un feul , & qu'encore ç'a été par hafard & en pañlant. Cucurbitini,
(zx) M. Daniel le Clerc, dans fon Li- vre intitulé : Hifforia naturalis or medica latorum lumbric. 1715. in-4°.
zx PRÉFACE.
ut © aliud latorum lumbricorum genus tam raro apparent ; ut Me- dicorum plurimi, vel nunquam , vel femel rantum , iterumue, per toram vitam eos videre poffint Ad me quod attinet, [patio qua- draginta amplius annorum ; quo medicam artem , haëtenus exercuis nunquam Cucurbitinos iflos ab “aliquo excretos vidifle ; ingenue fateor ; donec tandem eorum in- Jpiciendorum copiam nuper cafus cmihi primum f'écerit , TC.
On ne doit pas s'étonner après cela qu'il paroiffe auffi peu in- ftruit fur cet article, qu'il Le pa- roît dans fon Livre. 42)
Il ne nous eft pas arrivé fur
ce fuget , la mème chofe qu'à
M. le Clerc & à M. Valifnie-
(a) Damielis Clerici, Med. Docforis, bifloris naturalis de medica | latorum lum- bric. Genev. apud fratres de Tournes. 171$. m-4°,
fi:
—
PREFACE. xxvij ri : le grand nombre que nous avons vu de ces Vers, nous a mis en état d'en juger , & nous. en avons un cabinet garni ;. c'eft de quoi le Public eft té- moin. Mais ce quil y a de plus , c’eft que nous les avons. fait fortir du corps même des Malades qui les ontrendus.
À lafin de ce Volume font trois Lettres qui m'ont été écri- tes fur le fujet des Vers ; les deux premieres d'Amfterdam. » par M. Hartfoëker , de l'Aca- démie Royale des Sciences. La troifiéme , de Rome , par M. Baglivi ; Doëteur en Mé- decine , & Profefleur d’Anato-- mie dans la Sapience..
On verra dans la premiere Lettre ; des remarques curieu- {es fur la longueur extraordi: naire du Ver plat, ou, comme j'ai cru le devoir nommer , du
Tome LI. d
xxviy: PR FE A ACCES
ler Solitaire, nom que je lui a donné le premier, & qui lui con- vient véritablement pour la rai- fon que nous avons rapportée au commencement de cette Préface.
On verra dans la feconde Lettre , des réfléxions impor- tantes , fur les remedes contre les Vers, & fur les effets des Vers. Dans la troifiéme , qui eft celle de M. Baglivi , on trouvera plufieurs expériences fur ce qui peut chafler outuer ces Animaux; divers exemples de maladies vermineufes , & des raifonnemens folides tou- chant la produétion. des Infe- tes , la longueur exceflive du Solitaire , & la maniere dont il {e forme dans le fœtus. Comme ces trois Lettres font recom- mandables non-feulement par le nom & le mérite de leurs
PRE FACE. xxix Auteurs ; mais encore par la ma- niere dont elles font écrites ;, & par le fond des chofes qu’el- les contiennent , J'ai cru que je n'en devois pas priver le Public.
J'a fait dans cette nouvelle Edition , un grand nombre de réformes. J’en ai banni plufieurs articles, qu'un nouvel examen m'a convaincu devoir. être ab- folument retranchés ; & afin qu'on voye le foin que je me fuis donné là-deflus, jai mis à la fin du Volume une lifte exacte de ces réformes. Il m'a fallu être ici mon Cenfeur moi- même ; ceux qui ont Écrit con- tre mon Livre ;- n’y ayant rien repris dont Jaye pu profiter.
Dans l'Edition précédente ; javois renvoyé les planches à un Volume in-42. où je les avois fait graver à part; mais
ss: PRE FLAQCREE
ici elles font renfermées dans: lecorps du Livre , fans renvoi à un autre Volume , & elles fe préfentent fous les yeux cha- cune en particulier , à mefure que le fujet le demande ; ce qui eft bien plus commode pour les Lecteurs, & leur épargne en même temps de la dépenfe , n’é- tant point obligés, comme ils l'étoient auparavant ; d'acheter d'un côté un Livre in-12. &. de lautre un Livre in-42. s'ils. vouloient avoir l'Ouvrage com--
plet.
es
Critique que Mr Hecquet * a faite du Traité de la Généra- tion des Vers, & que nous avons promis dans la Préface de rapporter ici.
* Auteur du Livre de la Génération
des Vers, doit [e défier de cet air de préférence qu'il voudroit s'attirer dans le monde , auquel volontiers :l feroit enten- dre qu'il n'efl pas comme le refle des hom- mes , "2 comme les autres Médecins , qu'il ne faigne pas comme eux, * qu'à l’aide au contraire de la purgation ç> de quelques fpécifiques , il a trouvé l’art de guérir les veaux Les plus opimiatres fans faigner. C’efi un fecret qui lut eff venu depuis qu'il a dé- couvert au centre du corps, au milieu dr bas-ventre ; La caufe banale de toutes les maladies , que cette caufe n'eft autre qu'un amas de fucs croupiffans & inutiles, à
* Dans le Livre intitulé, Explication Phyfique és
Méchanique des effets de la faignée €7 de la Loir
dans la cure des maladies | imprimé à Chamb:ry en
1707. Vol. in-12,
- æOn ne trouvera aucune Edition du Traité de {a énération desVers , où je donne fculement le moin-
se lieu à ce reproche,
Zome I. (S
Critique chacun defquels 1l [ait approprier la pur- £etion. On fçait encore, &: le Public en ejt averti, que quand bien même ces fucs fe £âteroient , & que devenus vermineux , 1ls paferoient en pourriture &> en Vers 5 on fait; dis-je , que cet Auteur promet des Jpécifiques éprouvés pour en exterminer l’en- geance, & un volatile merveilleux pour fortifier les entrailles contre cette vermine, pour en prévenir jufqw'aux germes d en éteindre La race , car 1l attribue La caufe de prefque toutes les maladies aux Vers, € prétend avoir des fpécifiques pour les tuer & Les détruire. ?
Cet Auteur eff pas moins habile en Anatomie. Il efl des parties qu'il connoit Lien mieux que d’autres, le bas-ventre, par exemple , eft de celles qu'il a fingulie- rement étudiées ; il en connoît les réfer- voirs, la Capacité dy tous les réduits, au point que la moindre glaire ne f[cauroit s’y micher à [on infçt , ni le moindre vermif- feau échaper à [a connoifance. Au refle, 1l ne paroit pas familier avec S'anétorius 3 [a Médecine aufli-bien eft-elle trop embar-
a Le reproche qu’en me fait ici de croire que pref- que toutes les maladies viennent de vermine, eft f cppofé à ce que j'ai dit d'un tel fentiment dans le Livre de la Gé ération des Vers , que je n’ai aul &&- foin de me juitifier là-deffus.
| Jar les Vers.
_ #raffante. Que de minuties en effet, que de foins à fe pefer ou pefer les autres, pour s'affurer des caufes des ma- ladies ! Un homme occupé par d'illu- fîres emplois auroit trop à faire 3 Les Vers amorbifiques ; @ les contre-Vers altératifs G* évacuaus font plus commodes ; avec un peu d'adreffe à trouver ou à mettre des Vers par-tout , on [e fait une Médecine abrégée.
Le même Auteur du Livre de la Gé- nération des Vers ef étonné que pour expli- gM@P Les filtrations , on ne recoure ni aux devains , #1 aux configurations différentes des pores; c’efl apparemment un regret ou une plainte qu'il fait contre ceux qui ofent faire main baffle fur les levains. Quelle perte en effet pour La Médecine, dont on enléve ainfi Les idoles ! Quelle défolation pour ces Philofophes Mirons & pour ces Médecins boutllans de levains | certes après cela les baffes entrailles farcies de crudités , vont fourmiller de Vers. L’'Au- teur, accoturie qu'il cf aux dégats gw'ils caufent , peut-1l ne Je pas ren‘re [enfible à cette défolation ? Heureux donc le genre bumainde ce qu'en cas d'un femblable malheur , il trouvera une refource affu- tée , Gr un fhécifique infaillible contre ces
i € i
Critique
Tnfeites entre les mains de notre Auteur.
On a foñrenu aux Ecoles de Médecine “ne Thefe [ur la Boifon, où l’on mon- tre que la boiffon eff un grand remede, foit pour conferver la fanté, foit pour la ré- tablir ; maisil efl mal aife que cette Thefe se trouve quelque adverfatre en fon che- min. Car enfin, dira-t'on, faut-1l aban- donner le monde à des maxäümes fr contrat- res à fa confervation? Le laiffera-t'on per- Juader qu'on ne doit ufer que de boiffons dimples & fades , peut-être d'ean [ele ? ÆFut-1l rien de plus capable d'expofè?eles boimines d'aujourd'hui , comme les Egyp- tiens autrefois, à fe voir défolés par les grenouilles , qui déformais viendroient pu- duler dans nos corps ? La matiére eft trop curieufe , & l'occafion trop sntérefante, pour ne point exciter le zéle & la plume de l'Auteur du Traité de la Génération des Vers. Le beau titre , en effet , à rem- plir ou à exécuter , que celui de la Géné- ration des grenouilles dans le corps humain! Jamais ilne réfiflera à cette tentation : car lui peut-il venir une occafion plus naturelle d'augmenter fon Ouvrage de ce fecond Vo- lume ? Il feroit auffi utile au Public que le premier , @ ne feroit pas moins recher- ché. Cependant quoi qu'il en coute à cette
. fur les Vers.
Thefe fur la Boifon, on en rifque l'im- preffion en Francois , perfuadé que [on Auteur gagnera toujours beaucoup , s’il efi afèz heureux pour attirer 44 Public d'auffi belles chofes [ur les grenouilles ; qwil lui en efl venu d’utiles fur les Vers.
Un Médecin comme l Auteur du Traité de la Génération des Vers, ne fait cas que de colles c> de glaires dans Les inteflins. Car fon imagination accoñtumée à (e falir de ces images groffieres, croit ne rien ap- percevoir f1 elle ne voit des crafles > des * ordures. Mais on [e flate qu'avec des idées plus nobles , & plus digues de ls DMajeflé de la Nature, il fortira de la crafe de la Médecine; © qu'ilen fecoueræ. La vernsime.
Telle eftla critiqué que Mr Hec- quet a faite du Traité de la Géné- ration des Vers. On laifle aux Le- éteurs à juger , fi ce n’eft pas y avoir fuffifamment répondu , que de l'a- Voir rapportcc.
ei |
ALP RO B :AFT O NS de la premiére Edition de ce Livre.
Approbation de Meffire Guy CRESCENT FAGoON, Confeiller d'Etat ordinaire, € premier Médecin du Roi.
E fujet de ce Livre demandoïit toute lé-
loquence, qui a fouvent attiré à fom Auteur , dans de célébres occafons , les juftes applaudiffemens de fes Auditeurs. Un: des plus vils animaux du monde y eft exa- miné avec une fi noble érudition , que‘ l’on perd d’abord l’idée de fa baffefe : Et tout le dégoût que cette matiere pourroït caufer cede à l’agréable diverfité des faits, & à l’é- legance avec laquelle ils font rapportés. Ce feroit donc envier au Public un plaifir très- utile, de lui refufer l’'impreflion de cet Ou- vrage , qui me paroït aufli important pour la pratique de la Médecine , que curieux pour lhiftoire naturelle. Fait à Verfaiiles ce 24. Novembre 1699 FAGON.
Approbation de Monfieur DobparT, de lA- cadémie Royale des Sciences , Doéteur Régent de la Faculté de Médecine de Paris, € Me- decin de S. A. S. Madame la Princeffe de Conti, Douairiere.
?Ai vù avec beaucoup de fatisfaétion le Livre intitulé , de la Génération des Vers dans le corps de l'homme ; non feulement par- ce que ce qui en fait Le fujet principal y eft
érès-bien traité; mais auffi parce qu’on YŸ trouve en plufeurs endroîts, des ouvertures confidérables pour l'augmentation de la Phy- fique Hiftorique & dela Médecine Pratique. Je croi donc que la publication de cet Ou- vrage fera très-utile au Public, & que la leure en plaira à proportion que les Le- éteurs auront plus de connoiflance de la Phyfque & dela Médecine expérimentale. Fait à Paris ce premier de l’An mil fept cent. DODART.
Æpprobation de Monfieur BOURDELOT, Con- feiller ordinaire du Roi, Premier Médecin de Madame la Duchefe de Bourgogne | & de Monñ[eigneur le Chancélier, Dofteur Régent de la Faculté de Medecine de Paris , Commis par Monfeigneur le Chancélier, à lexz. snen de ce Livre.
’Ai lù , par l’ordre de Monfeigneur le } Chancéiier , & avec beaucoup de fatisfa- éion , ce Manufcrit, intitulé , De la Géné- yation des Vers dans le corps de l'homme. A Se- ve le 30. Septembre 1699. BOURDELOT.
Permiffion de Monfieur le Doyen de la Faculté de Médecine de Paris. i
Ous Médecin ordinaire de Madame
la Ducheffe de Bourgogne , Doyen &
Doéteur Régent de la Faculté de Médecine
de Paris : Oui les Rapports fuivans de Mef-
fieurs Berger, de Saint-Yon , Maillard, eiv
_ Fournefort , & Tauvry , auffi Doteurs Ré- gens de ladite Faculté, commis par elle à l'examen d’un Livre qui a pour titre, De l4 Génération des Vers dans le corps de l'homme , compofé par Mr Andry , auffi Docteur de la même Faculté , confentons qu’il foit impri- mé. Fait à Verfailles ce 27. Décembre 1699.
BOUDIN, Doyer.
Approbation de Monfieur le Doyen à l' Auteur.
S I une Approbation comme la mienne pouvoit faire valoir le mérite d’un Ou- vrage aufli utile & aufli beau, je vous la donnerois plus authentique. Je me retran- che donc à vous féliciter du fuccès qu'a vo- tre Livre , & de celui qu’il aura dans la fuite , dont je fuis très-perfuadé, parce que je fçai que les bonnes chofes ne perdent point de leur bonté par le temps. Je vous exhorte aufli, Monfeur , à employer quel- ques momens à de pareilles Produétions qui font honneur à notre Compagnie, & à Fa Médecine. À Verfailles ce 18. Février 1700. BOUDIN, Doyen dela Facul- té de Médecine de Paris.
Approbation de Monfieur BERGER, Acier Doyen de la Faculté de Médecine de Paris, commis par ladite Faculté à l'examen de ce Livre.
’Aitrouvé Île Livre que Mr Andry a fait fur La Génération des Vers dans le corps de l'homme , fi élégant & fi plein d’érudition ,
que je croi qu’il fera auffi-bien recû du Pu- blic, qu’il m’a donné de fatisfaction en le lifant. Ce 2. Décembre 1699.
BERGER. .
Approbation de Monfieur de S AIN T-YON; Médecin ordinaire du Roy, Doëteur Régent de la Faculté de Médecine desParis ; Pro- fefleur en Chymie dans le fardin du Roi, commis par ladite Faculté à l'examen de ce Livre.
L Es gens aïfés mangent & boivent f épouventablement , & les miferabies vivent fi pauvrement, qu’il eft impoñlble que dans les uns & dans les autres, il ne s’engendre une très-grande quantité de tou- tes fortes de Vers. Le Traîté que Monfieur Andry mon Confrere | donne au Public fur cette matiere, eft fi plein d’érudition, il eft écrit fi poliment , il y a dedans tant dere- cherches, & ileft rempli de fi bons reme- des , qu'après l'avoir lù attentivement, je fouhaite qu’il paroïifle au plütôt dans le Pu- blic. À Paris, ce 4. Décembre 1699. DE SAINTIT-YON.
Approbation de Monfienr MAILLARD , Doiteus Régent de la Faculié de Médecine de Paris, commis par ladite Faculié à l'examen de ce Livre.
À maniere dont Monfieur Andry expli- que ici lz Génération des Vers dans le corps humain ; La difiérence des caufes & des
fignes qu'il en rapporte avec tant d’exaétis tude : la prudence, avec laquelle il nous en défigne les remedes : fes recherches & fes obfervations: curieufes fur cette maladie ; font connoître que ce Livre eft digne de la plume de fon Auteur, de la leéture des Sçavans , & de Papprobation des Doëteurs en Médecine. À Paris ce 3. Décembre 699% "MA ILLARD:
c
Approbation de Monfieur TOURNEFORT , de l'Acadèsie Royale des Sciences |; Doëteur Régent de la Faculié de Médecine de Paris ,: x Profeffeur en Botanique dans le fardin du Rof , commis par ladite Faculie | à l'exa- men de ce Livre,
E Traité de la Génération des Vers dans
y le corts de l'homme, €rc. compofe par Monfieur Andry, Do&eur en Médecine de la Faculté de Paris , contient une Doëûtrine très-folide , fondée fur ce qu’il y a de mieux établi dans la Fhyfque touchant la Géné- ration des Vers, appuyée par ur grand nom- bre a’cbfervations très-exates fur les mala- dies qu’ils produifent , & fortifiée par l’ex- périence de plufeurs remedes finguliers très- propres pour les guérir. À Paris ce 6. De-
cembre 1699. TOURNEFORT.
:
Approbation de Monfieur T A UVRY, de PA- cadémie Royale des Sciences | Docteur Re= gent de la Faculté de Médecine de Paris, commis par la mème Facahé à l'examen de ce Livre.
’Ailü avec plaifir le Livre de la Génération ] dés Vers' dans le corps de l'homme, compo- fé par Monfeur Andry , Doéteur de la Fa- culté de Médecine de Paris, où j'ai trouvé beaucoup d’exa@titude & d’érudition. Les faits qui y font rapportés peuvent étre d’une grande utilité aux Médecins ; car outre que l'Auteur expofe avec netteté, les caufes & les fignes des maladies qui font accompa- gnees de Vers, il y joint des xéfléxions très- judicieufes fur les remedes dont on fe doit fervir. Les explicatiors qu’il donne, & les obfervations des Modernes qu’il rapporte, rendent cet Ouvrage aufli curieux qu’il eft utile, À Paris, ce 18. Novembre r699.
D. TAUVR Y.
Epifola GEorGir BaGLivi, Medic. Theo- © rc. in Romano Archylic. Profefforis , Socie- tatis Regia Londinenfis, Academie Imper, Eeop. Collega. AUTHORI. À Ggreflus fum legere tuum de Jumbri- cis libellum , mirificè profe&o placuit. Genüs enim fcribendi non minus utile ac neceflarium , quèm nova experiendi mer
E
thodo concinnatum complexus es : Valde delettabar ordine , valde etiam genere ora- tionis tuæ, Res verd ipfa ita me affecit ; ut quafi feminia quædam veræ praxeos ; quæ fruétum non mediocrem aliquando ferent, in animo meo reliquifle videatur. Quare cum eximii ingenii, doétrinzque opibus abundet, me certe judice, magnam om- fium approbationem commendationemque promeretur. Datum Romæ, 3. Nonas ju-
nias 1701. GEORG. BAGEIVUS.
£ … :
APPROBATIONS de la feconde Edition de ce Livre.
Approbation de Monfieur DOUTE ; Doëteur Régent de ancien Doyen de la Faculté de Médecine de Paris.
ME Livre n’a pas befoin d’un nouveau _y fuffrage pour avoir cours dans le Pu- blic. La profonde érudition de l’Auteur , la grande exaétitude dans fes remarques, la {olidité de fes réfiéxions, le bon ordre dans ce qu'ilécrit, la beauté de fes expreflions , & fon difcernement pour le vrai, lui ont atti- ré autant d'Approbateurs que de Leéteurs. II poffede des mieux le talent de relever à Pefbrit les chofes qui paroïflent bafles aux yeux du corps. Que fon Traité des Vers prouve bien qu’il n’eft rien dans la nature qui foit indigne de l’attention du Médecin ? Qu'on lui auroit obligation d’étendre fa plume fur certains Auteurs de nos jours , qui comme une vermine infeétent la Médecine f
À Paris, le 3. Juillet 1714 DOUTE.
EE)
Approbation de Monfieur D'UFRESNE , Da- teur Régent , C Profeffeur en Pharmacie de la Faculté de Paris.
L E jugement avantageux que d’illuftres Approbateurs ont porté du Livre de la Génération des Vers, fitôt qu'il a commencé de paroitre 2: les éloges finguliers que cet Ouvrage s’eft enfuite attiré de plufieurs Sça- vans de diverfes Nations b : l’efliime avec laquelle des Auteurs célébres l'ont cité de- puis dans leurs ecrits c : le grand nombre d’Editions qu'il s’eneft fait , non-feulement en France , maïs dans les Pays Etrangers, où il a été traduit en différentes Langues d: & le peu de fuccès qu'ont eu les Cenfeurs qui l'ont voulu attaquer e : font des témoi- gnages fi authentiques du mérite de ce Li-
A Voyez cy-deflus Îes Approbations de Monfieux Fagon, de Monfisur Dodard , de Monfieur Boudin, de Moïifieur Bourdelot, de Monfeur Tournefort , de Monfieur Maillard , de Monficur Baglivi, &c. b Dans tous les Journaux , tant des Pays Etrane gers que de France,
c Conrad. Barchu/en Hifloria Medicina ,Amferode- mi 1710. Francifei Redi de .Animalculis que in corpo= ribus animalium vivorum reperiuntur obfervationes , ex errmrfcis in Latinas verfæ | Autore Petro Corte .Am-
freledami , 1708. in Præfat. Hiftoire de l’Académie Royale des Sciences , année 1709, Hifloria Infeëto- rum , Authore Joanne Raïo. Opus pofthumum juffn Regiæ Societ. Londinenfis Editum , Londini , 1710.
d Imprimé diverfes fois à Amfterdam, à Lon- dres, à Naples.
. e Voy:z la Lettre cont'e c: Livre, inlerée dans les Mémoires de Trévoux du mois de Novembre 1703, & le Livret intitulé : Explication Phyfique @ Mécha:
vre , que mon fuffrage feroit ici fort inutile, Je me contenterai donc d’obferver que Mon- fieur Andry nous donne aujourd’hui le même Ouvrage enrichi de quantité de remarques \ .
nouvelles très-importantes , lefquelles ren- dent cette Edition d'autant plus utile au Public, qu’elles font toutes appuyées fur l'expérience , & ne peuvent que contribuer confidérablement à l’avancement dela Mé- decine Pratique. Fait à Paris ce 5. Juillet Z714. DUFRESNE.
nique des effets de la Saignée €> de La Boiflon dans le cure des maladies, €rc. Imprimé en 1707. à Cham- bery. Voyez encore FPEcrit intitulé, Differtation far La nourriture des Os, où l'on explique la nature €p d'ufage de la moëlle avec trois Lettres [ur le Livre delz Génération des Vers dans le corps de l'homme, Impri, mé à Paris , chez Pierre Witte en1704.
Leitre de Monfieur CorPERO , Doéteur € Profeffemr en Médecine à Londres , à l'An teur de ce Livre.
Pdonsitmm.
J'ai 1ù votre Traité de la Génération des Vers dans Le corps de l'homme | dès la premiere Edition qui s’en fit à Paris où j'étois alors : J'en aiété fatisfait au-delà de tout ce que je puis vous dire, tant pour le fond que pour la méthode. Je ne fçai cependant fi “ous devriez en laifler paroitre encore une nouvelle Edition, après tant d’autres. qui en ont déja été faites ; car ne voyez-vous pas que fi vous avez excité contre vous la plume de quelques Cenfeurs , c’eft parce que ce Taité à force de remettre devant
Jes yeux qu'il fe produit des Vers dans les premieres voyes de notre corps , donne at- teinte au fyfteme de la Trituration? Com- ment en effet, lorfqu’on fait réfléxion à la produétion de ces animaux en nous, vou- Jez-vous que l’on conçoive que l’eftomac & les inteftins aidés du diaphragme & des muf- cles du bas-ventre , broyent ayec tarit de force ce qu’ils renferment , que cette force aïlle à plus de deux cent foixante un miile cent quatrevingt-fix livres, comme le pré- tend Mr Hegçquet. Dites-moi , je vous prie, fi de foibles Vers contenus dans le bas-ven- tre , peuvent réfifter à une telle force.
Les coétions qui s’accompliflent dans nos <orps, viennent , felon les Triturans, d’un broyement continuel qui fait tout. Ce broyement , difent-ils avec Mr Hecquet, commence dans ia bouche par la rencontre des mâchoïres, fe continue dans l’éfopha- ge & s’augmente dans l’eflomac : là , com- me dans un mufcle creux , les alimens font paitris & diffouts tant par la force extraordi- naire & multipliée des fibres motrices qui agitent & meuvent ce vifcere , que par l’'a- &ion des mufcles voifins , fur-tout de ceux du bas-ventre & du diaphragme, qui tous enfemble foulent & broyent les alimens au point deles réduire en une crème auf fine que celle qui fe forme fous la pierre de por- phyre. Quelle bonne contenance voudriez- vous que fiffent des Vers dansun lieu com- me celui-là, où iis doivent être fi mal à leur aie? La force feule de l’eflomac , felon ces Médecins , furpañle de beaucoup celle des machoïres : une force fi furprenante
toute occupée à brifer , marchandera-t-elle vos Vers ? Si les Défenfeurs de la Tritura- tion étoient gens à fe perfuader que lorf- qu’on a des Vers on ne digere plus , & qu’ainfi l’eftomac ne broye plus, votre Li- vre ne tireroit pas à conféquence ; mais l’ex- périence du contraire eft trop connue, puif- qu’on voit tous les jours des perfonnes atta- quées de Vers, faire des déje&tions qui ont toutes les qualités d'une digeftion entiere. Encore fi l’on pouvoit foupçonner que les Vers trouvañlent aufli peu leur compte avec les levains qu'avec la trituration , les Parti- fans de cette derniere n’y regarderoient pas de fi près, ils auroient fufifamment leur re- vanche contre vous : mais l'exemple du vi- naigre qui ronge la pierre, & dans lequel cependant on voit un fi grand nombre de petits animaux ,; ñe permet pas de penfer que les diffolvans de l’eltomac puiffent faire une aufli mauvaife compofition aux Vers ;- que la srituration. Aiafñ , avouez , Mon- fieur, qu'en renouvellant votre Traité dans ce temps, oùlon tâche fi fort de remettre la Trituration en regne , vous ménagez très-mal les intéreflés de ce fyftême : & fe- lon moi , il faut tâcher de bien vivre avec tout le monde. Je fuis ; &c,
A Londres, ce premier MA 1714»
APPROBATIONS
2
APPROBATIONS de la troifiéme Edition de ce Livre.
Approbation de Monfieur CAS lu AJORe ] "Ai 1ù par ordre de Monfeigneur le Chan-
celier, un Manufcrit qui a pour titre, De la Génération des Vers dans le corps de l'homme , éc. par Monfeur Andry , Docteur Régent , & ancien Doyen de la Faculté de Médecine de Paris. Cet Ouvrage a été im- primé plufieurs fois ; le grand nombre d'Editions qui en ont paru , & l’eftime fin- guliére que tous les Savans en ont faite, font des titres plus que fuffifans pour en faire Péloge. J'y ajoute que Morifieur Andry a entierement refondu fon Ouvrage Her le fi confidérablement augmenté, que les Re- marques nouvelles & importantes dont il la enrichi, le rendront d’autant-plus utiie au Public , qu’elles font pleines d'Erudition, & appuyées fur l'expérience. A Paris ce 8.Avrii
4732-+ : CASAMAJOR.
Approbation de Mefieurs PrRocOPE & Ér TH MSULLIER
-Ous foufignés Doéteurs Régens delz Faculté de Médecine en l’Univerfité de Paris ; prépofés par ladite Faculté pour examen d’un Livre intitulé, De la Généra- tion des Vers dans le corps de l'homme , troifre- me Edition, dc. par Monfienr Andry , Cor- Tome I. ri
Jeiller du Roi, Lecteur €» Profefeur en Mé- Aecine au Collége Royal , Doéteur Régent dr ancien Doyen de la Faculté de Médecine en l'Univerfité de Paris, avons trouvé que cette troifiéme Edition, enrichie d'un grand nom- bre de plahches, & augmentée de nouvel- les obfervations qui authorifent la métho- de & les remedes qu'il prefcrit , foûtient également la réputation que l’Auteur a toù- jours méritée dans la fäine pratique de Mé- decine & dans le genre littéraire. Ce Livre raffemble ce qui eft de plus curieux & de plus inftruétif fur les maladies des Vers, & ne laïfle rien à défirer non plus du côté du ftyle. Ainfi nous jugeons que cette nouvelle Edition, qui joint lutile à l’agréable , fera reçüe du Public avec le même emprefle- ment que les autres Ouvrages qui: font fortis de la plume du même Auteur. À Paris, ce vingt-fixiéme Février 1741.
MICHEL PROCOPE COUTEAUX, Doëteur & Profeffeur des Ecoles de Méde- cine de Paris.
L. J. LE THIEULLIER, Confeïller du Roi, Médecin ordinaire de fa Majefté en fon grand Confeil.
Œ
me
” KL 7 U l'approbation de Meffieurs Procope V & le Thieullier, Docteurs Régens en Médecine de la Faculté de Paris, nommés par elle pour examiner un Livre ‘intitulé , De la Génération des Vers dans le corps de l'homme , troifiéme Edition , par Mr Andry, Confeiller du Roi, Lefteur & Profeffeur en Médecine au Collége Royal , Docteur Ré- gent & ancien Doyen de la Faculté de Mc- decine en l’Univerfité de Paris, je confens pour ladite Faculté , que ce Livre foit im- primé , perfuadé que le Public entirera un grand avantage. À Paris, le vingt-huit Fé- vrier mil fept cent quarante-un.
COL DEVILARS, Doyen:
PRIVILEGE DU RO:
OUIS par la grace de Dieu, Roï de France & de
Navarre, à nos amés & féaux Confeillers les Gens tenans nos Cours de Parlement, Maîtres des Requêtes ordinaires de notre Hôtel, Grand - Confeil, Prevôt de Paris , Baillis, Senéchaux , leurs Lieutenans civils, & autres nos Jufticiers qu’il appartiendra , SALUT. notre cher & bién amé le Sieur AN DRY , notre Confeiller, Lecteur & Profefleur en Médecine en no- tte College Royal de France, Doéteur Régent & an eien Doyen de notre Faculté de Médecine à Paris, & notre Cenfeur Royal des Livres; Nous ayant fait re- montrer qu’il fouhaireroit continuer à faire reim- primer & donner au Public, un Manufctis qui a pour titre, De la Génération des Vers dans le corps humain , enrichie de Planches & Figures ; mais comme cet Ouvra- ge a déja été imprimé plufieurs fois, le grand nombre #Editions qui en ont paru , & l’eftime finguliére que tous les Savans de cet Art & le Public en ont faite,
fij
l'ont obligé d'y faire des augmentations & des remar-- ques nouveMes & importantes , d'autant plus utiles , qu’elles font pleines d’érudition appuyées {ur Fexpe- rience, & formant un Ouvrage nouveau; il crainc que quelques perfonnes mal intentionnées ne s'avifaf- {ent de lui contrefaire, ce qui lui feroit un tort con fiderable, & le priveroit du fruit de fes veilles, de fon application , & de fon travail ; il nous auroit à cet ef- fer très-humblement fait fugplier dé vouloir bien lui accorder nos Lettres de continuation de Priviléze fur ce néceflaires : offrant pour cet effet de le faire reim- rimer en bon papier & beaux cara@téres, fuivant la feuille imprimée & attachée pour modele Tous Le Con- tre-{cel des Préfentes. A CES CAUSES, voulant fa- vorablement traiter ledit fieur Expofant, & le recom- peufer en quelque facon du zéle qu’il nous témoigne avoir pour Purilité publique,en lui donnant les moyens de nous les continuer , Nous fur avons permis & per- mettons , par ces préfentes, de faire reimptimer ledit Ouvrage , avec fes auginentations ci-deflus fpéciféss', en un où plufieurs Volumes, conjointement où fépa- rement, & autant de fois que bon lui femblera, & de le faire vendre & débiter par tout notre Royaume - pendant Île tems de quinze années confécuiives, à comptet du jour de la date defdires Préfentes. Faifons. défenfes à toutes fortes de perfonnes , de quelque aua- lité & condition qu'elles foient , d’en introduire d'inx- preflion étrangére dans aucun lieu de notre obéiffance.. Comme au à tous Libraires , Iimprimeurs & autres ;. d'imprimer, faire imprimer, vendre, faire vendre. débiter ni contrefaire ledit Ouvrage avec fes augmen- tations , entoutnien partie, nid'en faire aucuns ex- traits , fous quelque prétexte que ce foit, d’augmenta- tion, de correétion , changement de titre , même des Planches , Figures ow autrement, fans Ïa permiifion exprefle & par écrit dudit Expofant, ou de ceux qui auront droit delui, à peine de confifcarion des Exein- plaires contrefaits, de trois mille livres d’amende con-. tre chacun d:s contrevenans, dont un tiers à Nous, un tiers à PHÔôt:l-Dieu de Paris, Pautre ciers audit fieur Expofant , & de tous dépens ; dommages & intérêts; A la charge que ces Préfentes feront enregiltrées tout au long fur le Regiftre de la Cominunauté des Libraires & Imprimeurs de Paris, dans trois mois de la dare d’icel. les ; Que l’'impreflion de cet Ouvrage fera faite dans notre Royaume & non ailleurs; Et que l’impetrantfe conformera. en tout aux Reglemens de la Librairie, & notamment à celui du dixième Avril mil fept cent viagt-cinqg; Et qu'avant que de l’expofer en vente, le Maaufcrit ou Imprimé qui aura fervi de copie à l'im-
preffion dudit Ouvrage fera remis dans le même état
où lApprobation y aura éré donnée, ès mains de
notre très-cher & feal Chevalier le Sieur Daguefleau
Chancelier de France , commandeur de nos Ordres:. Et qu'il en fera enfuite remis deux Exemplaires dans
notre Bibliotheque publique , un dans. celle de notre Château du Louvre , & un dans celle de notredit rrès-
cher & féal Chevalier le Sieur Dagueffeau Chancelier de France , Commandeur de nos Ordres; le tout à pei- ne de nullité des Préfentes. Du contenu defquelles, vous mandons & enjoignons de faire jouir ledit fieur Expofant ou fes ayans caufe pleinement & paifible- ment, fans fouffrir qu’il leur foit fait aucun trouble ou empêchement. Voulons que la Copie defdires Pré- fentes, qui fera imprimée vour au long au commen- cement où à da fin dudit Ouvrage, foit tenue pour dûement fignifiée , & qu'aux Copies collationnées par Fun de nos amés & féaux Confeillers & Secretaires: foi foit ajoutée comme à l'Original. Commardens: au premier notre Huitlier ou Sergent de faire pour l’e- xécution d’icelles tous Actes requis & néceffaires , fans: demander d'autre permilion, & nonobftant Ciameur- de Haro, Chartre Normande, & Lettres àce contrai- res ; Car tel eft. notre plaifir. Donmé à Fontainebleau: k dixiéme jour de Novembre, l’an de grace mil fept cent trente-neuf : Et de notre Régne le vingt:cinquiéme. Par le Roï en fon Confeil,
SAINSON.
Regiliré fur le Regiflre X. de la Chambre Royale & Sym dicale des Eibräres & Timprimeuwrs de Paris Num, 305. Fol.191.conformement an Réglement de 1729. qui fait dé- fenfe .Art.. IV. à toutes perfonnes de quelque qualité qwclles fosent , autres que les Etbraires &: Imprimeurs, de vendre, débiter @ faire afficher aucuns Livres pour les vendre en: lewrs noms , foit qu'ils sen difent les Auteurs on autrement. Eï a la charge de fournir à ladite Chambre Royale € Syndi- cale des Libratresc Imprimeurs de Paris, les huit Exem- plaires prefèrit par l'Article CV'III. du même Réglement. Æ Paris:ce 18. Novembre 1739.
SAUGRAIN;,Syndic.
E fouffigné Nicolas Andry, Docteur Régent & an- } cien Doyen de la Faculté de Médecine de Paris, a cédé à M. Alix Libraire rue S. Jacques au Gridon, mon Privilége de la troifiéme Edition de mon Livre De la Génération des Vers, augmenté & refondu en un Ouvrage nouveau, lequel Privilège eit en date du dix Novembre de la préfente année mil fept cent tren-
té-neuf, le tout aux claufes & conditions paflées en- tre nous. Fait à Paris ce Samedi quatorze Novembre: il fept cent trente-neuf.. AN DR Y..
Kegifiré fur le-Regifire X..de L4 Communante des Librai-- res © Imprimeurs de Paris, page 192, conformement aux Réglemens , @ notamment à l Arrêt du Confeil dn 13.40% 3703.14 Paris le 18. Novembre 17309.
SAUGRAIN, Syndie;
N © UV *, ‘A + À 1ù AS /A A A
“ d Re (een. vennemeneene Lee cie 2”
LATE DES ARTICLES à réformer dans les précédentes Edi- tions , laquelle eff annoncée pag. xxiX.
de la Préface, ligne 14:
Ous commencerons cette Lifte par le
Recueil des Planches contenues dans le Volume #7-4°, Nous viendrons enfuite au: Volume 77-12. ,
Volume in-4°.
La Planche IX. toute entiére reprefen= . . 0 h tant un Iænia comme s'il avoit tête & queue.
La Planche XV. en ôter le Ver velu, & le Ver en peloton.
La Planche XVI. toute entire ; & la XIXe auf toute entiére.
L 4
: Volume in - 12.
Pages vij. & ix. dela Préface , où il eft dit que cet infecte fit de grands mouvemens quand on le toucha , & où il falloit #ettre, fit de petits mouvemens quand on le toucha, eu bien, fit quelque mouvemens. *
* Cet infeSe nommé Taænia, © que j'appelle Seli- taire , ne fait jamais de grands mouvemens. C’ef} un ar- ticle exagéré que celui-la, .Au refle le Frere Apothi- saire * * du Couvent de l'Obfervance à Toulonxe,
## Nommé Frere Modefte,
Page xiv. ligne 4. jufqw'à Ja ligne 14. de [a page xv]. | Corps du Livre.
Page 42. ligne 10. jufqw’à la ligne 13. de læ p.43. premiére & feconde Edition.
Page 43. depuis la ligne 14. jufqu’à la ligne 22. premniére & feconde Edition.
Page 47. feconde Edition, depuis la pre- miére ligne jufqu’à la ligne 18.
Page 48. la ligne 10. jufqu’à la ligne 16.
Page 53. ligne 17. jufqu’à la ligne 19.
Page 56. ligne 5. jufqu’ala ligner6.
Page ;8. lignes 7. & 8.
Page 74. ligne 8. 9. & 10.
Pape 167. fa derniére jufqu’à la ligne 6. de la page fuivante. ”
Page 113. ligne 4. jufqu’à la ligne 1 3. de la page 115.
Page 117. ligne 11.
Page 124. ligne 14. jufqu’à laligne 6. de x page fuivante.
Page 126. ligne 7.
écrit à l’Académie des Sciences de Paris, ane Lertre datée du 17. Juillet 1740. dans laquelle il dit qu'un Ver folitaire , [orti du corps d’un malade qu'il traitoit , levoit fa tête ju qw à la hauteur d'un pied, &r qu'ayant été mis dans de l'ean , il en faifoit autant. Ce Frere ajoute ; que le Ver étoit femblable à celui qui eff repréfenté dans une des Planches de mon Livre de la Génération des Vers, C’efl Mr V P'inflovv de la Faculté de Médecine de Paris, qui m'a communiqué la Lettre. Je lai lie, @ il l'a rendue à Académie , qui la lui avoit prétée ponr me la montrer. Cette circonffance, que le Ver levoit le tête Jufqu'à la hauteur d'un pied paroît vnefable, Ilwefitæs poffible de La manicre dont il eff conftruit qu'il faffe un tel mouvement. Mr 7 Finflovrv m'a commu nique la 1 etirece jomrd'hui Vendredi 19. Juillet 1740,
Page
Page 134. hgne rr. jufqu'à la ligne 7..de la page 138. |
Page 139. ligne 8. jufqu'au milieu de la page 143.
Page 197. lignes 18. 19.& 20.
Page 200. ligne 3. jufqu’à laligne 15.
Ibid. ligne 22. jufqu’à la digne 26.
Page 201. ligne 11. jufqu’à la ligne 28,
Page 208. ligne 4.
Page 220. ligne 7. & ligne 14.
Page 231. lignes 12. & 13.
Page 232. ligne 18. jufqu’à la ligne 23.
Zbid. ligne derniére.
Page 236. ligne 12. à la fin de cette ligne? & au commencement de la fuivante.
Page 238. ligne 13. jufqu’à la ligne 18.
Page 239. ligne 19. & 20.
1bid. ligne pénultiéme.
Page 244. lignes 3.4. & 5. Ibid. lignes antépénultiéme & pénultiéme : jufqu’à la ligne 3. de la page fuivante. Page 249. ligne 9. jufqu’a la ligne derniére. Page 260. ligne 23. jufqu’a la ligne 6. de la page fuivante.
Page 276. ligne antépénultiéme jufqu’à la dixiéme ligne de la page 278.
Page 279. ligne 22. jufqu’à la ligne 24. de La page fuivante.
Nous aurions pù indiquer auf par une Lifte,les augmentations faites dans cette troi- fiéme Edition , maïs il auroit fallu pour cela untrop long détail. Au refte nous avertiffons que le Tænia , que nous avons dit être dela premiére efpéce dans la feconde Edition, eft le Tænia de la feconde efpéce, & que celui
&”
Tome É g Ÿ
que nous avons dit être de la feconde, eff celui de la premiére. Cet avertiflement eft néceffaire pour ne point confondre les efpé- ces marquées dans cette troifiéme Edition, où elles font comme elles doivent être,
FIN.
TABLE
DES CHAPITRES ET ARTICLES
du premier Tome.
pere: I. Ce que c’eff que Ver, Page r. CHap. IL+ Comment s’'engendrent les Vers dans le corps de l'homme, 1x. CHap. III. Des différentes efpéces de Vers qui s'engendrent dans le corps de l'homme ; © par occafion , de quelques- unes de celles qui fe produifent dans les Minéraux, dans les Végétaux, € dans les Animaux , pe ARTICLE I. Des Vers du corps hu- main qui naiffent hors des inteffins, 67. = ART. II. Des Vers des inteffins , 188. ART. III. Des différentes formes que prennent les Wers dans le corps hu-
Main , 281. Cap. IV. Des effets des Vers dans le corps humain , 291. ART. [. Effets des Vers qui naïfent hors des inteffins , ibid. ART. II. Des effets des Vers qui font dans les inteffins , 299. Premiére Obférvation, 315.
81}
Suîte de la Rélation ci-deffus , 48*. Remarque [ur la fuite de cette Ré-
lation , 497. Contre les Dentaires , 492. Contre les Pulmonaires , 496. Contre les Hépatiques , ibid. Contre les Cardiaires , 497: Contre les Sançuins , _ 498. Contre le Veficulaires, 499. Contre les Elcophages , ibid. Contre les Cutanés , ibid. Contre les Bouviers ; SOI. Contre les Umbilicaux ; ibid. Contre les V'énériens ; ibid.
ART. Il. Des Remedes contre les Vers des inteflins , SOI. $o2. SECTION I. Des Remedes internes con- ire ces Vers, 03.
Obfervation importante [ur la vertu du Vin contre les Vers des inteffins, communiquée à P Auteur par Mr Baglivi, Medecin de Rome, S12.
KRemedes extérieurs ow topiques con- tre les Vers desintéflins, $20.
SECT. Il. Remedes qui tuent € qui chalfent les Vers , S 21.
Contre les Vers de la Jauniffle, $ 25.
Contre les Vers dans la Pleuréfie,s 28.
Contre les Afcarides , $ 29)
Contre le Solitaire ou Tenia , ‘ $35; Pour les Enfans à la mammelle, ÿ 33. Pour les Enfans un peu grands , ibid, Remarque [ur la Racine de Fou- ere ; , us de Guillaume Faro écrivant à Philibert Sarrazenus ,
5 3%- Réponfe de Philibert Sarrazenus à Fabricius. O.
Autres Remarques de Guill. brie cius , écrivant à Craffiius,S 45 .S 47. Remarques d'Olaus Borrigius , S$ 1. CHar. X. Remarques générales fur le traitement des maladies vermineufes , ou l'on traite de la purgation, $ÿ4 Voyez PErrata.
CHar. XI. Sur la maniére dont agiffent les Remedes antivermineux, $73. Voyez lErrata.
Laffe des Remedes contre les Vers, 609: Réflexions - pratiques [ur la quantite extraordinaire des Remedes contre Les Vers , 616.
CHar. XII. Des précautions à obfervér quand on fait des Remedes contre les Vers, 624 Voyez lErrata.
Cu. XIII, Aphorifmes fur les Vers, 63 x.
Car. XIV. Etlairciflement [ur divers endroits de ce Livre , 649. Lettre de Mr Nicolas Hartfocker , de P Ac. Royale des Sciences , écrite d’'Amfierdam à PAuteur, 713. Autre Lettre de Mr Hartfukr à L Auteur , Ta 6.. Lettre de Mr. Georges Baglivi, Me- decin de Reme, à l'Anteur, 7719. Differtation annoncée , pag. 187. fur la génération de l'homme par les Vers fpermatiques , 734 Lettre de Mr. Geoffroy , en reponfe à quelques difficultés qui lui ont té faites contre la précédente Differ- tation #72. Queffion agitée fous la préfidence de Mr Fagon, premier Medecin du Roi, touchant le Tabac, fçavoir fi le fréquent ufage du Tabac abrege la vie ? 810. Lettre Latine de Mr. Baghui, 841. Critique que Mr Hecquet a faite du livre de la génération des Vers. Lifle des Articles à réformer dans les Editions précédentes.
Fin de la Table des Chapitres | & Articles. DE
D E
LA GENERATION DES VERS
Dans le Corps de l'Homme.
CHAPITRE PREMIER. Ce que ef? que Ver.
E Ver paffe pour le plus méprifable de tous les ani- maux : cet cependant celui que nous mépri- fons peut - être le moins ; ny en ayant point contre lequel nous cher- chions plus à nous défendre. On Île compte dans le genre des Infectes : ainfi pour faire entendre ce qu: c’et que ver , il faut expliquer auparavant ce que c’eft qu'Infecte, Tome I, À
LT |!
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2 De laGenération
Qui dit Znjetle , dit un animal complet, entrecoupé de plufieurs in- cifions faires :en forme de cercles ou d’anneaux , par le moyen defquelles il refpire, & d’où il a tiré le nom d'infe&e, qui fignifie, Divifé, coupé , entrecoipé. Tels font Îc Scorpion , la Fourmi, la Chenille, & uneinfinité d’autres.
De ces Infedes , les uns ont les in- cifions fous le ventre, les autres fur de dos, les autres à l’un & à l’autre tout enfemble. Aux uns il s’en trouve plus, aux autres moins, & tout cela {elon la diverfité des efpèces. On en remarque douze à la Fourmi, feptau Scorpion, autant au Ver à foye, fei- ze & quelquefois davantage à la Che- nille , &c.
On appelle auf Infectes , la plü- part des asimaux qui vivent quelque temps après qu'ils font coupés en morceaux , comme les grenouilles, les lézards , les ferpens , les vipé- res ;:XC.
Je croiroïs volontiers que les Infe- &es tirent leur nom du mot latin 7#- feétari , qui fignifie, pourfuivre ; perfécu- ter, tourmenter , GC. PATCe QUE CES Ani- maux fe trouvent prefque par-tout ,
des Vers. HER: & qu'il eft difficile de s’en défendre ; mais cette étymologie paroît faufle quand on fait réfléxion , que les Grecs ont appellé ces animaux, Evvous, C'eft-à-dire, coupez , incifez , . & que le latin snfcifum qu’on a enfuite francifé , n’eft que la traduction de ce mot grec. Je dis que linfeéte refpire, ce qui -eft contraire au fentiment de plufieurs anciens Philofophes , qui ont cru que la plupart des infetes ne refpiroient pas , parce qu'ils fe font imaginés que ces animaux n’avoient pasde pou- mons ; au lieu que les obfervations des Modernes fur ce fujet, celles entre autres, du célébre Malpighi , nous font voir qu’il y a des infeétes qui, Join de manquer de poumons, en ont un plus grand nombre que les autres animaux. D'ailleurs, comme le re- marque Pline, Sr ils n’en auroient point , ce ne feroit pas une confé- -quence qu’ils ne refpiraffent pas, puif- qu'il ne paroît pas plus poflible de vivre fans refpiration que de refpi- rer fans poumons. Mec vi leo cur magis poflint non trahere animam & vivere, quém fpirare fine vifceribus. ( 4 ) La) Plin, Hifi, nat, lib, IL. c. 3
4 De la Génération
Ces mêmes Philofophes ont écrit que la plupart des Infeétes n'avoient point de fang , parce qu'on ne trouve dans le corps de plufeurs , aucune li- queur ronge; mais ils fe font encore trompés là-deflus |, l'humeur ap- pellce fang , n'étant point telle par fa couleur , mais par fon ufage; ce qui fait dire au méme Pline , que quelle que foit l'humeur vitale qui anime l'infecte, cette humeur eft le fans de l’Infeéte : Sic > Infeitis , quis- quis ef vitalis buimor, bicerit c> fanguis (a). Or comme il n’y a point d’infeéte qui n'ait en foi une humeur vitale qui s’anime , il n’y a point non plus d'In- fecte qui n'ait du fang.
Un Auteur moderne { 2) écrit que dans les premiers temps de l'Eglife : un grand nombre de Chrétiens ne s’accordoient que de petits poiflons qui fuflent dépourvüs de fang , com- me des Moules, des Huitres, & des Ecrevifles. Cet Auteur, comme on voit, donne ici dans l'erreur ancien- ne , & ne reconnoît que du fang TOULE,
(a! Plin. ibid. (b) Traité des difpenfes de Carème ; premiere pars L$te Chap. 2Qe
* des Pers. F
Une autre caufe de la méprife des Anciens fur ce fujet, eft a penfée où ils étoient ie n’y avoit point de cœur en plufieurs Infe@es; mais on fait aujourd’hui par les découvértes qui ont été faites avec le fecours des microfcopes., que fiquelques Infectes ont plufieurs poumons, il y en a auffi - qui ont plufeurs} cœurs; tel eft, par exemple, lé Ver à foye, dans lequel ïl s'en trouve un fi grand nombre, que ce n’eft prefque qu'une chaîne de cœurs , depuis la tête jufqu’à l'extré- miteé du corps.
Ces obfervations nous convain- quent que les Infetcs ne font point des ébauches de la nature, ni des animaux incomplets , comme fe le font imaginé quelques Philofophes ; puifque bien loin de manquer de parties , il s’en trouve qui en ont plus que les autres animaux , ainfi quoi 1e peut voir encore, 1°. Dans l’Arar- gnéc vulgaire qui a huit yeux. 2°. Dans la Mouche qui a une trompe comme un Eléphant , fix jambes di- finguées chacune en quatre mem- bres , dont les extrémités fe divifent aufli en plufieurs parties, & font ar- mées de deux pinces , entre lefquelles
| À ii]
ë De l8 Génération
on appercoit de petites pointes, par le moyen de ve cet animal satta- che aux moindres inégalités des corps même les plus polis. 3°. Dans la Puce , où l’on découvre fix jambes , ayant chacune trois jointures diverfe- ment articulées. Les articles des deux jambes de devant entrent tout-à-fait Fun dans l’autre, & ceux des jambes du milieu ont leur étendue féparée. Mais les jambes de derriere ont leurs articles pliés l’un fur l’autre, comme la jambe & la cuifle de lhomme. Quand la puce veut fauter, elle étend en même temps toutes fes jambes ; & alors les différens articles venant à fe débander à la fois, font l'effet d’au- tant de reflorts , & produifent ce fault qui l'éleve en l'air , à la hauteur de deux cens fois celle de fon corps, ainfi que le remarque M. Hook dans fa Micrographie,& qu'il a été remar- qué dans le Journal des Savans , du Lundi 20. Décembre 1666. Voyezla planche ey-jointe, où par occafion , nous avons marqué plufieurs autres particularités concernant cet Infcéte , lefquelles font très-dignes d’obfer- vation. 4° Dans la Chenille qui a feize pieds, fix devant , huit au mi-
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des Vers. ? lieu, & deux derriere, fans parler de plufeurs autres parties qu’on dé- couvre fur le corps de quelques-unes ; tels que font deux efpéces de bou- uets de plume noire, fitués autour À à la tête, deux petits avirons ran- gés de chaque côté , dont les filets reflemblent à ceux des: plumes , & une peau parfeméc de petits poils: bruns, féparés les uns des autres, en- tre lefquels on voit plufieurs petites: plumes ; toutes parties dont chacune, fans doute , a fon ufage , quoique nous ne le connoiflions pas. | On peut dire cependant, que le grand nombre de parties qui compo- fent un Animal, n’eft pas toüjours ce qui en fait la perfeétion; car pourvû que cet Animal ait celles qui lui font néccflaires pour être complet dans. fon efpéce , & qu’elles foient placées: felon la fituation qui leur eft propre. il eft parfait. Le Serpent, par exem- ple, qui n’a point d pieds , eft par: fait; & le Limaçon qui jette fes ex-- crémens par le col, quirefpire par là, . & quia dans ce même endroit, les parties deftinées à la propagation de’ fon efpéce, eftun Animal parfait. Je.ne cite point ici l'exemple de la’ À 1v.
$ De la Génération Taupe, que quelques-uns croyent étre fans yeux, car elle a un chry- ftallin & tout ce qu'il faut pour voir. Nous pouvons obferver, en paf- fant , qu’il n’eft pas étonnant que quelques Philofophes ayent regardé les Infeétes comme des Animaux im- parfaits, puifqu’il s’en eft trouvé qui {e font égarés jufqu’au point d’avan- cer que le corps de la femme étoit un ouvrage imparfait, une ébauche formée contre l'intention de la natu- re ; comme fi un corps parfaitement proportionné , où l’on ne remarque aucune irrégularité ; un corps qui n€ manque d’aucune partie néceflaire, qui n’en renferme aucune de fuper- flue , & qui l'emporte méme encela fur celui de lemme, où l’on en trouve en quelque facen d'inutiles, telles que font les mammelles, pou- voit étre un corpsimparfait , & com- me fi, d’ailleurs, un fexe fi nécefai- re pour la produétion de homme, & dont la nature fe fert pour fe con- ferver elle-même , pouvoit étre con- tre l'intention de la nature. Il faut avouer ici avec Cicéron (4*) , que c'eft une chofe étonnante qu'il n'y (a) Neftio gromodo mihil tam abfurdè dici potef
des Vers. g ait point d’abfurdité fi étrange , qui n'ait été foëtenue par quelque Phi- lofophe.
En voil# fuffifamment pour don- ner une idée générale de ce que c’eft qu'Infeéte.
Les Infe&es fe divifent en grands & en petits. Les premiers font com- pris fous le nom général d’Infeétes, comme la Couleuvre , PAfpic , a Vipère , le Scorpion, la Grenouil- le, &c. Les autres le font fous le nom particulier de Vers, comme la Chenille , le Papillon, la Fourmi, la Puce , les Vers de terre , ceux qui s’engendrent dans le corps de l’hom- me, dans celui des autres Animaux, dans les fruits, dans les plantes, dans le bois , dans les étoffes , dans les li- queurs , & dans tous les différens mixtes.
Les petits Infetes meurent pref- que tous fur la fin de l’Automne ; mais ils laiflent une infinité d'œufs qui fe confervent pendant l’'Hyver, & qui, aux approches du Printems, s'ouvrent en foule, & laiffent éclorre les petits Animaux qu’ils renferment.
god non dicatur ut ab aliguo Philofophorum. Cic.lib. I: ge Livinatione,
10 De la Génération |
La naïffance du petit Infe&te, à ces: premieres chaleurs du Printems, eft ce qui l’a fait nommer enlatin., Ver- mis , COMME qui diroit, vere micans ,. & en françois Ver, du mot latin Ver. qui fignifie, Printems.
De ces Vers, les uns font reptiles .. c’eft-à-dire, fe traînent fur le ventre. comme les Vers de terre , & la plü- part de ceux qui s’engendrent dans: les inteftins , ou qui fe trouvent dans: les fruits ; les autres non reptiles , comme la Mouche , le Haneton, la Fourmi, l'Efcarbot , la Cigale , le: Cloporte, &c.
Les reptiles Vers fe meuvent par: des fibres fpirales, comme lesautres. reptibles ; mais avec cette différence, que les fibres tant antérieures que po- ftérieures {e:raccourciflent , & font: faire par cette contraction générale. une petite voute au corps du Ver;: après quoi elles s’unifent, & les par- ties qui-compofent cette voute , étant: tirées , s'étendent du côté où elles: font tirées, & font ainfi mouvoir le: Ver par un mouvement d'ondula- tion.
Un grand nombre de perfonnes:
font fajettes aux vers ; mais comment.
des Vers. 11 ees vers peuvent-ils fe produire dans le corps de l'homme? C'elt ce que nous allons examiner dans le Chapi- tre fuivant.
CHAPITRE IL.
Comment s’'engendrent les Vers dans: le corps de l'homme.
Es Vers s’engendrent dans le
corps de l’homme, & dans ce- lui des autres Animaux, par le moyen d’une femence qui y eft entree, & dans laquelle ils font renfermés. Car: tous les Animaux , ainfi que nous Île: dirons plus bas, s'engendrent d'une femence qui les contient , & le Ciron: même, tout petit qu'il eft, fort tout parfait de fon œuf , après quoi il croît infenfiblement. Il s’agit d'expliquer comment cetre femence de Vers peut être portée dans l’homme; mais fi l'on confidére la multitude des œufs des Chenilles, des Mouches, & des au- tres petits Infees, avec le nombre. prefque infini de ces petits animaux que les microfcopes nous découvrent
12 De la Génération
dans les liqueurs , & prefque dans tous les mixtes, on reconnoitra aifé- ment qu'il n’y a rien dans la nature où les femences des {nfeétes ne fe puiflent iafinuer, & qu'il en peut entrer une grande quantité dans te corps de l’homme , aufli bien que dans celui des autres animaux, par le moyen de l'air & des alimens. Or comme la chaleur faffit pour faire éclorre les Vers contenus dans ces œufs , quand ces mêmes œufs rencon- trent une matiere convenable, il eft facile de comprendre qu'it en peut éclorre de diverfes efpecés dans le corps de l'homme , felon les diverfes matieres qui s’y trouvent , ces œufs étant comme les graines des. végé- taux , dont Îles unes serment dans de certaines terres, & les autres dans d’autres. Enforte qu’une perfonne dont le corps abondera en une cer- taine humeur , fera éclorre des Vers ‘d’une certaine forte ; celui dont le corps abondera en une autre humeur, en fera éclorre d’une autre forte; & celui enfin eniqui il n’y aura aucune humeur propre pour les œtns des Vers, n’en fera éclorre aucun , & fera exempt de Vers; fembiable en cela,
des Vers. ; 1$ Zune terre qui n'étant pas propre pour certains grains, En pourra étre toute
. {emée fans qu'il en paroiffe aucun.
s
Quelques Philofophes prétendent que les Vers & plufieurs autres Infec- tes s'engendrent le Îa feule corrup- tion , par une combinaifon fortuite de matiere , fans aucune femence. Mais fi ces Philofophes pouvoient ex- pliquer deux chofes ; l’une , comment le À re du hazard peut arranger avec tant d'ordre Îes organes d’un ani- mal, & l'autre , d’où vient qu’on ne voit fe produire aucune efpéce nou- velle d’Infedtes, comme cela devroit néceffairement arriver dans leur fyfté- ac, leur opinion pourroit paroitre fupportable.
La terre, dira-t-on , produit bien quelquefois des Rats par la feule cor- ruption de la matiere, puifque Dio- dore de Sicile rapporte que dans la Thébaide on en a trouvé quelquefois d’imparfaits où on ne voyoit qu’une moitié d'animal & une moitié de ter- re, & que néanmoins ce demi animal fe mouvoit. Je répons à cela, que fi FHiftor.en qui rapporte ce fair, avoit eu quelque teinture d’Anatomie, & qu'il eut vü une feule difieétion du
14 De la Génération corps de l'animal , il eût compris ai- fément que cette génération étoit im- poflible , & qu'avant que lanimal puifle mouvoir ou fa tête ou fes pieds, il faut que fon corps foit , finon par- fait, du moins achevé. Car on f{çait bien qu'il y a des corps imparfaits qui viennent au monde manquant de quelque partie, & qui ne laiflent pas de vivre & de fe mouvoir ; on voit des perfonnes fans bras , d’autres fans pieds , d’autres fans doigts, &c. on voit des Chiens n'avoir que deux pa- tes; mais comme ces corps font ainfi de naiffance, je dis qu'ils fontachevés & non parfaits. az Ce qu’on allégue ordinairement des Grenouilles , qu’elles fe produifent de la pluye , & ce qu'on dit des Ma- creufes, qu’elles s’engendrent du bois pourris des vieux vaiffeaux , feroit fa- vorable à ces Philofophes, s’il étoit vrai. Il tombe quelquefois de petites Grenoüilles avec la pluye , lorfqu'il fait de l'orage ; mais il ne s'enfuit pas -qu’ellesfoient engendrées dela pluye: _ Ja tempête peut enlever ces Grenouüil- les nouvellement éclofes , & la pluye mêlée avec la poufliere, leur fervir de nourriture , les enfler, Îles groflir &
des Vers. 1$ Îes augmenter aufli promptement que des Champignons ; en‘orte que les Voyageurs foient quelquefois tout Æurpris d'en trouver fur leurs cha- peaux , lefquelles femblent croître comme à vue d'œil. Il peut arriver méme quelquefois , qu’ils ne décou- vrent d'abord qu’une Grenotiille im- parfaite en apparence, à laquelle, un moment apres pouflent des jambes ; ce qui fait croire au D PS ces Grenotüilles s'engendrent effcétive- ment de la pluye. Mais il fauc fcavoir que ces jambes étoient déja renfer- mées dans la Grenouille , & que quand elles paroiflent , ce n’eft qu'un développement qui fe fait d’une cho- {e cachée ; les jambes des Grenotiilles croiflant & poufñfant au dehors, de- même que les boutons de fleurs hors de leurs tiges , ainfique l’a remarqué Swammerdan, ce qui s'accorde avec ce que dit Jacobœus dans fes obferva- tions fur les Grenouilles , & avec ce qu'on remarque tous les jours dans les baflins des fontaines ; fcavoir , que cet animal ne paroît d’abord que tête & queuë. : Quant aux -Macreufes , on à crû qu'elles s’engendroient de l’écume de
16 De la Génération
la mer, ou des planches pourries des vicux vaifleaux , aufquelles on#les trouve, dit-on, attachées par lebec, & d’où elies fe détachent enfuite lorf{- qu’elles font bien formées ; mais elles viennent d’un œuf couvé, comme les autres oifeaux , ainfi que l’a fait voir M. Childeré dans fon Livre des Mer- veilles d'Angleterre, & que nous l’a- vons expliqué au long dans notre Traité des Alimens de Carême , en parlant de cet Oifeau , par rapport à la nature de fa chair, pour ce qui re- garde l'abftinence.
Cela polé , je dis que les femences de tous les Animaux ont été créées par le premier Eftre, & mifes dans les
remiers individus des efpéces ; en- Fe qu'au moment que ce premier Eftre commanda à la terre de produi- re toutes fortes de Reptiles & d’Ani- maux , chaque animal recut de quoi fe multiplier , comme les Plantes, dont l’Ecriture dit en termes exprès,
ue Dieu ordonna à la terre de pro- ee de l'Herbe & des Arbres qui renfermaflent chacun leur femences en eux-mêmes pour fe reproduire (4). J1 faut remarquer que cette femence
(a) Genef. Lib, I. des
| des Vers. M 4 des Animaux contient en racourci, Panimal qui en doit fortir , & les mi- erofcopes nous l'y decouvrent quel-
uefois tout formé. On peut voir là- deffus les obfervations curieufes du célébre M. Hartfocker , fcavant Phy- ficien d'Amfterdam , dans le Journal des Sçavans de l’année 1678. & les Lettres du fameux Antoine de Le- Wenhoek. Chaque femence des Plan- tes contient de même en abregé la plante qui en doit venir, & à l'infini toutes celies qui en peuvent naître.
: Nous obfcrverons ici que les fe- mences dont nous-parions , peuvent être confiderées felon leurs. entités. & felon leurs diverfités. Selon leurs entités , le nombre en ef infini, ce qui fait qu'il fe produit tous les jours en chaque efpéce tant d'individus nouveaux. Selon leurs diverfités , elles font bornées à un certain nom- bre, ce qui eft caufe qu’il ne s’engen- dre aucune efpéce nouvelle d’ani- maux , ni de plantes, ni de mine FAUX.
Lucrece a reconnu lui-même la né- éeflité d'admettre les femences, pour expliquer cette conftance de la natue xe dans fes produions. Ne croyez
Zaue L B
15 De la Génération
pas, dit-il, (4) que toutes chofes fe puifflent combiner en toute maniere. Si cela étoit, il fe feroit tous les jours. des générations bizarres , qui ne fe: font point. On verroit communé- ment paroître des monftres moitié hommes & moitié brutes ; on verroit des branches d'arbres naître au corps: des animaux, des membres de poif- fons s'unir avec des membres d’ani- maux terreftres , & des chimeres ra- vager Îes campagnes par les feux qu'elles vomiroient.
Que S'il n'arrive rien de tel, pour- fuit ce Philofophe, il faut neceflaire- ment avouer que c’eft que toutes cho- fes naïflent de certaines femences qui les fixent, & qu'il y a en tout cela une caufe déterminante qui ne peut varier,
Cette caufe n’eft autre chofe, fe- Jon le même Lucrece, que les femen- ces mêmes (#) qu’on doit regarder : comme autant de formes inaïtérables limitées dans le nombre de leurs dif- férences , & fans limites dans celui de leurs individus , lefquelles demeur-
(a) Non zamen cmnimodis conne&i polfe putandum eff emnia, &c. Lucret. de Rerum Natura, Lib. FH. Carmm 6 08.
# b) Primordiarerum , &cc. Lucret. Ibid. Carm. 17.
des Vers... 19
rent cachées dans (4) tous les êtres ,
& font dit-il, comme autant-de {ceaux
& de caracteres invariables , d’où. viennent toutcs les figures diféren--
tes qui conftituent les efpéces.
Chaque animal a donc en foi une: maticre propre à produire un animal fon femblable , foit par l’accouple-- ment , foit fans accouplement. Cette:
matiere multiplie plus ou moins , fe-.
lon la nature du lieu où Panimal fe: rencontre. Les Infectes par exemple, . fe trouvant dans un lieu propre. à: leur nourriture, y dépolent quantité d'œufs, ces œufs produifent d’autres: Infeétes , ces Infeétes d’autres œufs. & toujours ainfi jufqu’à l'infini. Or comme ces œuis font fort petits &' fort legers, il eft facile de juger qu'ils: peuvent être épars dans l'air , dans: l’eau & fur la terre, par lemoyen des: vents & des pluyes , & que fe confer-- vant de la même maniere dont fe con- fervent les graines dés plantes , ils fe:
reveillent aufli-tot qu'ils trouvent une’.
»
maticre & uné chaleur convenable.Ill
s'enfuit que ces œufs peuvent s’intro-
duire fouvent dans les mixtes , qu'ils
(a) Irvenies igitur muliarum femina rerim ; éorpora sœlare € varias cobibere figuras , ibid. Carm. 675.
B 1j
20 De la Générarion
peuvent entrer dans les fruits ; non
feulement par dehors , maisavecle fuc que la plante tire de la terre, & _c'eft par ce moyen qu'on peut expli-
quer d'où vient qu'on voit des Vers dans certains fruits, fans qu'il parole fur la peau de ces fruits, aucune trace de piqûre. Ils'enfuit de fa même rai- fon , que ces œufs peuvent venir dans notre corps avec les alimens & avec l'air. Les femences dont il s’agit, étant ainfi mélées partout , ow produifent, ou fe confervent , ou fe détruifent fe- lon que le lieu où elles font leur ef , oupropre, ou indifférent, ou contrai- re. Car fi la matiere furabondante croupifloit en attendant que la cha- leur vitale du mixte vint à l’aflujetir & à la tranfimuer, il eft hors de dou- te qu'il fe feroit une fermentation étrangere, & contre nature, qui, par le levain de la matiere inutile infec- teroit toute la mafle. Mais elles ne:
s'infinuent pas feulement par lemoyen
de l'air & des alimens, elles entrent encore trés-fouvent dans les chairs par dehors , & s'y arrêtent d'autant plus facilement qu’elles font fort fubtiles., & qu'en comparaifon de leur fubtili- té, la plus fine peau du corps elt três-
LR : Lulu
| des Vers. ZT grofliere. Ajoutons à cela que cette peau eft remplie de cavités , dont les unes font pleines de fueur , les autres de petites écailles , & toutes plantées . d'un petit poil ; ce qui fait que ces fe- mences. s'y engagent aifément , & -qu'elles y produifent de petits ani- maux qui rongeant les cellules étroi- tes dans lefquelles ils font éclos , ou- vrent les vaifleaux imperceptibles épars fur la peau, & par cette ouver- tare font échapper la liqueur conte- nue dans ces mêmes vaifieaux , la- quelle par fon féjour , fermente, ou fe change en pus, & forme plufeurs pe- tites galles fous lefquelles ils fe tien- nent couverts. C’eft ainfh que les Ci- rons & plufieurs autres fortes d’infec- tes s'engagent dans la chiair. L’expc- rience le fait voir en ceux qui manient long-temps des Hanctons ou des Vers à foye , car ris ne manquent pas d’a- voir bientôt fa galie , parce que ces Infetes, ainfi que tous les autres, font chargés de la femence de plufieurs autres Infeétes moindres qu'eux , la- quelle eft par eux dépoféc dans la main qui les touche. Et comment ne feroient-ils pas chargés de ces femen- ces, puifqu'ils font tout couverts d’a-
22° De la Géneration
nimaux imperceptibles qui les ron- gent ? ainfi qu'on le remarque dans: l'Efcarbot licorne , fur lequel le mi- crofcope découvre une infinité de pe-- tits pous. On voit la méme chofe dans: plulieurs autres Infeétes , lefquels fonc tout occupés à fe debarrafiër d’une: vermine importune qui les dévore:. Telle eft la Mouche , par exemple, qui nettoye continuellemrent fes aîles, .
a tête, fes picds, & s’épluche fans cefle. Car fi on la confidere avec le’ microfcope , on y difcerne fouvent: divers animaux qui la fucent. Ces ani- maux font fans doute encore fucés par d’autres, & ces autres par d’autres ,. felon ce qu'il y a de matiere corrome pue en chacun d'eux pour nourrir quelque autre efpéce d'animal dont la: femence s’y puife arrêter. Qu'on n’objecte pas que comme on° voir des Vers de différentes efpéces dans les matieres différentes dont ils. fe nourriffent , il y a lieu de croire que ces Vers tirent leur premiere ori- gine de la matiere même dans laquelle on les voit, car c’eft une difficulté que: nous avons déja prevénue , en dur qu'il en eft des femences des Vers, . comme des graines des plantes, dons
des Vers. z3: les unes ne peuvent poufler qu’en cer- taines terres, & les autres dans d’au-- tres. Ainfi les Vers qui mangent les: pois font différens de ceux qui: man- gent les cerifes ; & la vermine des: Brebis differente de celle des Oifeaux,. parce qu’il y a dans chacun de ces fu-- jets, une matiere propre à faire éclo- re une telle efpéce de Vers, & non: une autre.
Qu'on ne dife point que la quantité. extraordinaire de Vers qui fe trou- vent dans certaines chofes pourries ,. fait voir évidemment qu’il n’y a point d’autre femence de ces Vers que la matiere même où ils naiffent, laquelle: fe transforme en ces animaux ; car ii’ arrive ici à l'égard de ces Infe&es, ce: qui arrive à l'égard des troupeaux : Où font les bons paturages, là fe trou- vent des Bœufs & des Brebis en abon-- dance. Mais comment concevoir ,. dira-t-on , qu’il fe puiffe former par autant de femences, un nombreauñfff: extraordinaire d’Infectes qu’il en fort: de la chair corrompue de certains ani-- maux ; par exemple une quantité auf: prodigieufe d’Efcarbots & de grofles Mouches qu'il s’en produit à la cam- pagne dans la ficnte des Vaches, dans
24 De la Génération celle des Brcbis , des Mulets & des Afnes ? Je réponds que les herbes étant toutes couvertes de petits Infeétes & d'œufs d’Infectes, les Bœufs & les Va- ehes en broutant l'herbe , fe remplif- {ent de ces femences. Cela fuppolé, je dis que ces femences étant différen- tes dans leurs efpéces , &8c par confé- quent dans leurs figures & dans leurs mafñles , celles qui ont plus de lege: reté, & dont la figure eft proportion- née aux conduits.par lefquels doit en- trer le fuc nourricier de ces animaux, font portées dans les chairs, où elles fe confervent quelque temps , toutes prêtes à produire ce qu’elles contien- nent, fi-tôt que l'animal mort fera corrompu ; & celles qui ont trop de mañe , ou dont la figure n’a pas de proportion avec ces conduits, font re- jettées avec les excremens , & pouf: {ent enfuite leurs Vers de la même. maniere que nous voyons dans le fu mier , certains grains d'orge & d’avoi- ne fortis du ventre du Cheval , pouf- fer l'herbe qu'ils contenoient. De plus, les Mouches venant à fe pofer fur cet- te chair & fur cette fiente, peuvent encore y laifer plufieurs œufs propres à produire diverfes fortes d'animaux > ŒERE
des Vers, 25 car c’eft quelque chofe d’incroya- ble que la quantité d'œufs que font les Mouches. La femelle des Abe:il- les ;, que l’on appelle le Roy, en jette plus de fix mille par an ; Jean de Hoorn , fameux Anatomifte , a fait plufcars obfervations curieufes {ur ce fujet. ES
On rémarque que la poudre de Viperé fe remplit de Vers quand elle a été gardée quelque temps, en forte qu'on eit obligé, pour la conferver , de la réduire en pâte, avec une fufifante quantité de mu- filage de gomme adragant, & d’en former des trochifques, qu'on fait [6. cher au foleil pour les pulvérifer fe- lon le befoin.
Ce fait n’eft pas plus contraire à notre fentiment que les autres que nous avons rapportés , rien n'empê- chant de penfer que ces Vers fe pro duifent dans la poudre de Vipere par des fémences qui étoient enga- gées dans la chair de la Vipere lorf- que l’animal vivoit , & cela confor- mément à l'explication que nous ve- nons de donner au fujet des Infeétes qu'on voit naître du cadavre des au-
Zome I.
26 De la Génération tres animau x. M.Rédi prétend que f l'on tient enfermé dans un vaiffeau bien bouché, de la chair fraîche , ou quelqu'une des autres chofes où il vient ordinairement des Vers, il n’y en naîtra aucun ; d’où l’on conclud ue ces Vers ne s’engendrent que par Le fémences qu'y laifent les Mou- ches en fe pofant deflus. L’expérien- ce qu'apporte M. Rédi ne prouve rien, puifqu’en Eté , par exemple, quelque fraîche que puiffe être la viande , il eft impoflible qu'il ne s’y pofe toujours quelques Mouches, & qu’elles n’y laiffent par conféquent des œufs ; en forte que fi alors on énferme cette viande , & qu'il ne s'y produife point de Vers , il faut conclure au contraire que ce ne font pas les Mouches précifément qui produifent les Vers dans la viande , mais que ce font d’autres caufes avec celles-là : en effet ne fe peut-il pas faire que le vaiffleau étant trop étouf- fé empêche les Vers d’éclorre ? Ce- pendant la poudre de Vipere que on conferve toujours fermée , fe remplit de Vers fi l’on n’a pas foin d'apporter les précautions que nous
des Vers. 27 avons dites. D'où s'enfuit que pour expliquer la génération des Vers qui naïiflent de la chair morte des ani- maux , il eft plus naturel de recou- rir à des fémences qui y foient en- crées dès le vivant de l’animal , fans nier cependant que les Mouches n’y en puiflent apporter de nouvelles, fi elles fe pofent deffus.
Il nous relte à examiner quelle eft la matiere la plus propre à faire éclorre des Vers dans le corps de Homme , & à les y nourrir quand ils y font une fois éclos. Si l’on con- fidere que les enfans font Les plus fu- jets aux Vers, & que leur principa- le nourriture eft de lait & d’autres alimens doux qui fe tournent aifé- ment en aigre, On n'aura pas de pei- ne à trouver la véritable caufe qui fait éclorre les Vers dans le corps. En effet puifque le lait s'aigrit pour l'ordinaire dans l’eftomac de ceux qui en boivent fouvent , & que ceux qui font accoûtumés à cette nourri- ture , font prefque toujours attaqués de Vers, il eft naturel de conclurre que c’eft un aigre qui fait éclorre les Vers dans le corps ; mure aigre
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48 De la Génération
quel qu'il foit , car il y a des aigres qui les tuent ; mais un aigre qu'on peut appeller aigre-doux, tel que ce- lui qui s'engendre dans nos corps par la corruption du lait, & par lacor- ruption des fruits. Cet aigre - doux excite une fermentation infenfible, très-propre par fon mouvement à développer les parties du Ver enco- re enfermé dans fon œuf , & à lui procurer quand il eft éclos , Pac- croifflement néceflaire. Que faut-il pour faire naître un Ver dans les in- teftins ou dans quelque autre partie, finon une matiere qui fermente dou- cement, & qui communiquant une legere raréfa@ion à l'humeur de l'œuf, dans lequel le Ver eft renfer- mé , dégage infenfiblement les pe- tites parties de ce Ver , &c les nour- rifle en s’y introduifant peu à peu >? Gr on ne trouvera dans le corps de l'homme aucune matiere plus pro- pre à produire cet effet, que l’aigre- doux , qui étant un acide embarraflé dans des parties terreftres & fulphu- reufes , ne fcauroit être que trés-ca- pable d’exciter les mouvemens in- fenfibles dont nous parlons ;. & c’eft
des Vers. 29 cé que l'expérience confirme , puif- que ceux qui ufent fans modération de certains alimens doux faciles à s’aigrir , comme de lait , de fucre, de fruits , de miel , font plus fujets aux Vers que les autres. Aufli remar- que-t- orÿ que tes remédes qui corri- gent les acides , font tous contraires aux Vers. C’eft pour cela que certains amers font fi bons pour guérir & pour prévenir cette maladie. En voi- à aflez pour fa produétion des Vers en général ; voyons en particulier comment , felon les principes que nous avons polés, le Ver , qui a dori- né occafion à ce Traité ,a pu fe pro- duire dans le Malade qui l'a rendu.
11 femble d’abord qu'il fuffife pour comprendre la produétion de ce Ver , de fuppofer que le Malade ait bü ou mangé quelque chofe en quoi le germe de cet Infeéte fût renfer- mé, foit que le Ver qui aura jetté cet- te fémence air vécu dans le corps d’un autre homme , ou ailleurs, foit qu'il ait été aufli long , ou qu'il l'ait été moins, tant pour n'avoir pas _ achevé fon accroiflement faute de temps, que pour ne Favoir pu faure
C üij.
30 De la Génération
de nourriture ; car comme il eft des animaux qui ne pañlent pas une cer- taine mefure , il en eft d’autres qui croiflent toujours felon l'abondance & la qualité de l'aliment qu'ils trou- vent. C’eft pour cela que l'on voit des Mouches prefque aufli groffes que des Hannetons, & que les Vers prefque imperceptibles qui font dans les bouteilles de vinaigre deviennent beaucoup plus longs & plus gros dans les tonneaux des Vinaigriers. Je dis donc que pour la génération du Ver dont il s'agit, il a fuffi que le Malade ait avalé quelque chofe en quoi füt la fémence de cet Infec- te : & fi l’on me demande comment ectte fémence pourroit fe trouver dans les alimens , je répondrai qu'il n’eft pas plus difficile qu’elle s’y trou- ve , que la fémence d’une infinité d’autres Vers qui font dans les fruits, dans le fromage, dans les herbes, &c.. cependant pour ne point défendre un fentiment qui a fes difficultés , ne pourroit-on point dire , au cas que la fémence de ce Ver ne fût pasen- trée avec les alimens dans le corps
du Malade, qu’elle y a peut-être paf-
des Vers. GE
fé avec la fubftance même du pere dès le temps de la conception ? Car comme l’on ne voit nulle part , foit fur la terre , {oit dans l’eau, des Vers fi longs , pour donner lieu de croire que les germes en puiflent être étran- gers à l'homme, ne fe pourroit -1l pas faire que ces mêmes germes euf- fent été créés dans ceux de l’hom- me , avec l'Homme même , ainfi qu'on le peut penfer des germes des poux qui ne fe trouvent qu’à lhom- me , & dont l’efpéce feroit détruite fi celle de l'homme (4) venoit à man- ri En forte que ce Ver ne fe pro-
uit peut-être en nous , que parce qu'il a déja fon germe tout créé dans 1 matiere qui produit l'homme ; femblable à ces plantes (4) qui croif- fent fur d’autres de différente nature, & qu'on ne voit jamais venir ail- leurs; car il y a bien de l'apparence Rio ont leur fémence renfermée
ans celle des arbres même ou elles s'engendrent. Le germe de ce Ver peut donc avoir été dans celui du fæœ-
tus. (a) Voyez La Lettre de M, Hartfoeker, à la fin de ce:
ZLirre. :
(b) Le Gui, € iv
32 De la Génération
Ainfi lorfque cet Infcée a été in- troduit dans le corps, foit par les ali- mens, ou de la maniére que nous venons de dire , il eft à fuppofer qu'il y a rencontré toute la nourri- ture néceflaire à fon aecroiflement, & que par ce moyen, ileft parvenu à la longueur extraordinaire dent nous l'avons trouvé. Peut-être même que s'il ne {e füt pas rompu, l’au- roit-on vüû de toute la longueur des inteftins, qui eft , felon Hippocrate, la mefure qu'il a coûtume d’avoir dans ceux qui ont atteint l’âge de puberté, ou qui font prés d’y en- trer (4). Le même Hippocrate niant que quand ce Ver eft parvenu à cette étendue , il croît toujours comme auparavant, ce qui favorife le fenti- ment de Pline {b) qui dit, qu'on en a vü quelquefois de plusde trente pieds, & ce:-qui eft confirmé par des exemples récens encore plus ex- traordinaires ;. car M. Hartfoeker m'a mandé (c) d’Amfterdam , que M. Ruiïfch, célébre Profefeur d’A-
(a) Hipp. Liv. IF. des Mal:dies, €b)Plin Hift. nat. Lh. FI, ch. 33.
(c) Voyez la Lettre de M. Hartiocker à la fin de ce livre,
des Vers. | hatomie dans cette Ville-fà , lui en avoit fait voir deux, dont l’un avoit plus de quarante-cinq aulnes de France. M. de Montabourg, celc- bre Médecin de la Faculté de Paris, & Médecin à Saint Germain en- Laye, m'a éerit le 30. Mars 173 5. - qu'iltraitoit dans cette Ville-là, une pauvre fille tourmentée d’un Ver {o- htaire , dont elle avoit rendu des lambeaux qui pouvoient fe monter à la longueur de 40..aulnes. Cette étendue ne doit point furprendre, puifque de la maniere dont ce Ver
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ft articulé, il lui eft facile de fe
34 De la Génération raccourcir , & de s’accommoder at lieu qui le renferme. Aufñli fait-il plufieurs mouvemens différens , juf: ques-là qu'il fe roule quelquefois tout en pelotton, comme dans la figure ci-devant. Nous en rappor- terons plufeurs exemples dans la fuite.
Nous pouvons obferver ici que Fopinion d’Hippocrate : que fou- vent ce Ver s'engendre dans len- fant au ventre de la mere, paroît trésvrai-femblable , en ce que l'on voit des enfans nouveaux nés en rendre de cette forte, qui font ex- “trémement longs, & cela dès la pre- miere fois que leur ventre fe purge, ainfi que l’a remarqué le même Hip- pocrate. Or il n’y a paslieu de croi- re qu'un animal d’une longueur fi extraordinaire püt croître en aufli peu de temps qu’il le faudroit pour fortir fi long du corps d’un enfant nouveau-né , fans y avoir été pro- duit dés le ventre de la mere : c’eft le raifonnement d'Hippocrate (4), & cela paroît trés-concluant. On à vü des enfans très-jeunes en rendre
(4) Hipp. div, IV. des Maladies,
des Vers. D; qui avoient plus de quatre aulnes ; & Gafpard Wolpius dans fes Obfer- vations , cite l'exemple d'une petite fille à la mammelle , qui en rendit un de cette longueur , par le moyen d’un purgatif qu’il lui ft prendre à ce deffein.
Sennert (4) dit que ce Ver s’en- gendre dans l’homme à toute forte d'âge ; il rapporte pour le prouver, l'exemple d’une fille de douze ans, celui d’une femme de vingt-trois , & celui d'un vieillard de quatre- vingt , qui furent délivrés de Vers femblables ; mais ces exemples font voir feulement que le Ver dont il s'agit, fe peut trouver en toute forte d'âge, & non qu’il s’engendre à tout âge. Ce vicillard , par exemple, pouvoit avoir apporté le fien en naïflant , felon ce qu'écrit Hippo- crate (b), que c’eft un Infc@e qui vieillit avec bi hôte.
Il ne fera pas difficile de com- prendre que ce Ver fe puifle engen- drer dans l'enfant au ventre de læ mere , fi l’on fait réfléxion à l’a-
(a)Senn. Prax. Med, lib. TITI. part, 1. cap. 30. € 2.) Hipp. Liv, IF .des Maladies,
36% De la Génération bondante nourriture que reçoit ke fœtus, puifqu’il fe nourrit 1°. parle cordon umbilical. 20, Par la bouche. 3°. Par les pores de la peau , enforte qu'il eft difficile qu'une nourriture fi abondante ne foit fujette à fe cor- rompre pour peu que l'enfant man- que des conditions néceflaires à une parfaite digeftion. dan Il eft vrai que le fœtus croiffant infiniment plus vite dans le fein de fa mere que lorfqu'il eft né, (car sil croifloit autant après {a naiffance qu'auparavant , ce feroit à quatre ans un géant énorme , ) il lui faut alors une quantité extraordinaire de nour- riture pour fournir + um accroifle- ment Ê prompt; mais il faut auñli que l'enfant la puiffe digérer parfai- tement , fans quoi le fuperflus de ce fucnourricier f tournant en corrup- tion , peut donner heu à la généra- tion du Tænia, ou Solitaire, qui eft le Ver dont il s’agit, & fuffife en- fuite pour le nourrir , quelque lon- gueur qu'ilacquiert. | Nous remarquerons avant que de finir ce Chapitre, que lorfque ce Ver ef une fois forti.du corps, ilne
des Vers. 37 s'y en engendre plus de femblable ; c’eft le fentiment de Spigelius & de tous lesMedecins , qui ont examiné avec attention, la nature de cet In- fete, dont nous allons confidérer encore plusexactement l’efpece dans: le Chapitre fuivant , où nous avons à parler des différentes fortes de Vers qui fe produifent dansle corps humain.
CHAPITRE IIL Des différentes efpéces de Vers qui
s’engendrent dans le corps de L'homme, © par occafion, de quelques-unes de celles qui s’en-
gendrent dans les minéraux, dans les végétaux © dans les ani- maux.
N voit tant d’efpéces différen- O tes parmi les Vers, qu'on peut dire qu’il n’y à pas de genre d’ani- maux où l’on en remarque un fi
38 De la Génération grand nombre. Il s’en engendre de plufieurs fortes dans les animaux, dans les végétaux & dans lesminé- raux. Je ne parle point de ceux que les Anciens ont cru qui naifloient & qui fenourrifloient dans le feu , qui voloient à travers la flamme fans fe bruler , & qu'ils ont appellés pour ce fujet Pyraufles , d'un nom grec qui fignifie à l’épreuve du feu , car ce fait eft une fable; il n’y a point d’autres Pyrauftes que ces petits Ver- mifleaux ailés, qu'on voit voltiger fouvent autour des bougies & des chandelles allumées , dont ils tra- verfent quelquefois Îa flamme, à laquelle ils fe * brulent le plus fou- vent.
Ce font fans doute ces animaux qui ont donné occafion à Ariftote & à Pline de dire, que dans l'Ifle de Chipre on voit aux fourneaux des forgerons, des Infeétes volans, gros comme de groffes mouches, jefquels font engendrés du feu, & meurent fitôt qu'ils s’en éloignent ; parce qu’en effet, dès que ces petits animaux ont brulé l'extrémité de leurs aîles , ils tombent auprés de
. des Vers. 39 l'endroit où ils fe font brulés.
Je ne parle point non plus, de ceux que le même Pline dit qui s’en- gendrent dans la neige ; on trouve quelquefois des Vers fous la neige, comme on y trouve de petites her- bes verdoyantes ; mais il ne s’enfuit pas que ces Vers foient engendrés de la neige. On lit dans le Journal des Sçavans , du Lundi 13. Décem- bre 1677. que le 20. Novembre de la même année, il tomba avec de la neige, une fi prodigieufe quanti- té de dix ou douze efpéces de Vers, que tout le pays en fut allarmé. Monfieur l'Abbé Galois, alors Au- teur du Journal, donne la figure de huit efpeces de ces Vers. On y peut recourir.
. J'ai dit qu’il s'engendroit des Vers dans les minéraux , dans les végé- taux & dans les animaux. Quant aux minéraux , on voit des Vers qui rongent les pierres mêmes ; ces der- niers font longs d’environ deux li- gnes, larges de trois quarts de lignes, enfermés dans une coque grifâtre, ayant une tête fort srofe, des yeux noirs & ronds , quatre efpeces de
49 De la Génération mâchoires difpofées en croix, qu'ils remuent continuellement , lefquel- les s'ouvrent & fe ferment comme un compas à quatre branches(#}, & trois picds de chaque côté vers la tête. |
Le mortier <ft aufli mangé par une infinité de petits Vers , gros comme des mites de fromage; ils ont quatre pieds affez longs de-cha- que côté comme les mites, & deux yeux.
Il ne faut pas s'étonner qu'il y ait des Vers-qui puiffent ronger la pier- re, puifque le vinaigre la ronge, & que les eaux-fortes rongent les métaux ; car le vinaigre, par exem- ple, pour nous en tenir-là, com- ment ronge-t-il la pierre , fice n’eft par le mouvement de plufieurs peti- tes parties aigues dort 11 eft compe- fé , lefquelles heurtant contre la pierre , & étant d'une figure pro- portionnée aux pores de ce corps, S’introduifent dedans , comme fe- roient de petites aiguilles, & en fé- parent les narcelles ? Or quelle rai- fon y auroit-il pour ne pas vouloir
(4) Journal des Sçavans de 1666. 2 que
des Vers. * 4r que ce que les petites aiguilles du vinaigre. font fur un corps dur, les dents fines & pointues d’un Ver, l'y ”uiflent faire ? Qu'y a-t-il de plus Foible, en apparence , qu’une petite goutte de liqueur à légard d’un corps folide comme la pierre >? Or pourquoi ce qu'une goutte de li- queur , par le mouvement de fes par- ticules. tranchantes , eft-capable de faire fur un corps folide , une petite machine animée comme le Ver, ne l'y pourra-r-elle pas faire, fup- polé que cette machine ait des dents d'une finefle, & d'une figure propre. à- s’infinuer entre les parties de ces corps? ajoütons que la plupart des In- feétes ont unc falive corrolive, qu'ils répandent fur tout ce qu’ils touchent, & par le moyen de laquelle ils vien- nent à bout de réfoudre des ma- tiéres extrêmement dures, 1fques- R même , qu'à la Chine (-c’eft un
fait avéré.)( 4 il y.a des Fourmis,.
qui percent en-une. nuit des portes
de cabinets & d’armoires, & qui
rongent même le cuivre, l’argent, (a) Mémoire du Pere le Comte Jéfuite, fix l’étas
æréfent de la Chine;’
Tome I. D.
"4
42 * De la Génération.
&z le fer, fur quoi on difcerne quel:
quefois les traces de leurs petites.
dents , ce qu'on ne peut attribuer u'à la qualité particuliere de leur
dise , qui eft comme une efpéce-
d’eau-forte. |
Pour ce qui eft des végétaux, if n'y a guère de plante qui n'ait {on Ver , fa Chenille, fon Papillon. On remarque que l'arbre qui produit la €ochenille, noufrit en même temps. dans cette coque, de petits Vermif- feaux d’une elpéce particuliere , lef- quels en fortent en forme de Mou- cherons quand elle eft féche, & qui Jui ont fait donner le nom de Ver- millon.…
Cette coque eft formée du fuc même de la plante par la piquure d'un Ver, comme il arrive au Ker- mes (4 ) ; fur quoi il ne fera pas inu- tile de remarquer qu’un Ver de pa- reille nature, en piquant les feuilles. de chêne , & s’enfermant dans le fuc
ui en fort, donne occafion aux Aufes noix de galle qu’on y trouve:
{-«y L'origine du Kermés par Îa piquure d’ün Ver, eft une découverte due à M. Fagon, premier Méde- gim de Louis XIV.
- des Vers © 43 que ce qu'on appelle pommes de chéne, {e forme aufli du fuc que jettent les petites branches que des Vers ont 6 45 ; que la même çau- fe produit le Bedeguar Arabum , où Péponge del'Eglantier, & cette ex- croiflance qui vient aux chardons. parmi les avoines, laquelle on porte fur foi comme un préfervatif contre les hémorrhoïdes ; que le lierre ter- reftre eft fouvent chargé de tuber- cules femblables , dans lefquels .. comme dans tous les précédens, on trouve des Vers, ou les trous par lefquels ils font fortis, quand l’en- droit piqué, lequel fe cicatrife à la: fin, n’a plus fourni à ces Vers le fuc- qu'ils tiroient.. PS
On trouve des Vers à la pimpre- nelle, à l’abfynthe , & à plufieurs: autres herbes, lefquels font tous dif- férens ; & parmi ces Vers qui vien- nent aux plantes, les uns font parti- culiers à la tige; lesautres aux feuil-- les ; les autres , à la fleur ; les autres, à à racine; lesautres, 4 la graine’, & font tous autant d’efpéces à part. J'ai obfervé à Plombieres, où le: Deronic à feuilles de Plantaia croît
Di;
44 De Îa Génération
en abondance, qu'il n’y a pas une fleur de cette plante , dans le-fond de laquelle on ne trouve cinq à fix Vers fort vifs. Ces Vers font blancs, Tongs & ronds, & quand ils ont de- meuré quelques jours dans la fleur , ils deviennent féves. Ces féves ou coqués font noires; & aprés plu- fieurs jours il en fort de chacune une Mouche, dont les aïîles font mar- quées de taches jaunes , leurs têtes {ont añez grofles, & ce qu'il y a de remarquable , e’eft qu'on voit ces têtes s’allonger, fe raccourcir, di- minuer & groflir comme une veflie: dans laquellé on introduiroit du vent, & d’où enfuite on le retire- roit , ce qu'on obferve très-fenfi- . blement avécle microfcepe. Quand cette Mouche f6rt de fa féve, ele tire d’abord fa tête dehors ; enfuite deux jambes, puis Îles autres avec tes aîles & le refte du corps. C’eft quelque chofe de curieux que les efforts qu’elle fait pour fe dégager de {à prifon. Elle eft bien deux heures dans ce travail, & j'ai eu la patience de m'en donner le fpeétacle. La fève ou coque , comme j'ai dit , €ft noire
des Fers. 4$ en dehors:,. mais le dedans eft reve- tu d’une membrane blanche. Cette membrane qui h comme-une efpé- ce de fatin doux, fe fépare de la co- que par parties , à mefure que la Mouche fort, & quelquefois lani- mal en entraîne avec foiune portion, de laquelle il a de Ja peine à fe de- barrafer. J'ai fouvent vü danse poi- vre long, de petits Vers blanchâtres qui ont comme un mufeau de Co- chon, le corps reluifant , fix pattes. & la tête comme une petite perle d’ambre : pour les trouver il faut prendre du poivre entier, qui foit un peu vieux, & le cafer errtravers, on y voit alors ces Vers enfermés dans des-niches , où ils font pliés comme en rond. Louis Hanneman- aus dit avoir vü du poivre (4) tout rongé de Vers; il décrit ces Vers, & dit qu'ils ont la tête rouge & le corps tout blanc (4).
J'en ai vû dans de la Rhubarbe à
42) Thom. Barthol. Aa Meédica er Philofoph.. Af- aienfia. Cap. TI. vol. 2.
(b) Piperata acria Vermium generationi refflere cre- dantur: contrarium antem expertus [um , dum eten:m an- 2e dies aliquot in fchedam aliquam inciderim , in qua pa. per sonfervainm, reperi albas vermes, capitibiss rubris.s
46 De la Génération
qui reflémbloient à des Hannetons : Il y a quelques années qu'étant aux Eaux de Plombieres avec M. le Duc: de S. Simon , le Gardien des €apu- cins de ce lieu-là vint me confulter- fur une indifpofition qu'il avoit ; je lui confeillai de fe purger avec de la. Rhubarbe ; il me dit qu'il en avoit de bonne ; je la voulus voir , & Fayant examinée , je lui annonçaï qu'il alloit trouver des Vers dans. cette Rhubarbe s'il la coupoit , ow s'il la rompoit. Il la fendit auffi-tôr en divers endroits, & à vit avec fur- prife , la vérité de ce que je lui avois. dit. Ces Vers avoient des aïîles com me des Hannetons. If en tira plus de: douze , qu’en ma préfence il enfer- ma par curiofité dans une boëte.
Au Bréfil. Îles cannes à fucre font fouvent endommagées par un petit Ver qui en mange les racines, & qui par-là fait fécher fur pied toute 14 plante. Les Brafiliens appellent ce Ver Guirapeacoia, les Portugais Pao de: Galinha.-
qui non folum arreferwnt piper , [ed co: in pollinem redï. gerant Job. Lud l:anneman. apud Thom, Barthof!.. A&. Med, & Philofoph.Hafnienfa; Vol, IE cap, CXI,
des Vers. 47
L’Auteur qui rapporte ce fait dit que l’Infeéte dont il s’agit , eft une efpéce de Grillon , & qu'il ena vu de deux fortes , l’un qui a des aïîles,. & l’autre quirampe; il ajoute qu'il en avoit nourri un de chaque forte l'efpace d’un mois , avec du fucre brute , dans lequel on les lui avoit envoyés des Indes. Ce Ver, à ce qu'il remarque , étant mis dans du ris, en fait auñli fa pâture , le fucre brute lui convient mieux que le raf- finé. Ce dernier à caufe de la forte leffive par laquelle il a pañlé & qui Pa rendu blanc, efttrop chaud & trop âcré pour le pouvoir nourrir: long-temps ( 4 ).
Les fucs des fruits, comme le vin. le vinaigre , le cidre, font quelque- fois fi pleins de Vers, qu’on yen dé- couvre des milliers avec le microf- cope , tous différens en efpéces felon la diverfité des fucs ou ils s’'engen- drent. :
" Le bois le plus dur eft aufli man- _gé de Vers, & ils’en produit dans les planches des Navires de plus gros
(a) Marc. Gravius. b. 2. Hiflor. Braf. cap. x6:- Zh. Barth. affa Med, € Philef, Hafnierfis, lib. 4,
43 De la Génération que des Vers àfoye: ils font tendtes & reluifans, ils ont la tête noire & dure, & trouent les piéces de bois les plus épaifles, ce qui met en grand danger les Vaifleaux. Il y a dans le Journal des Scavans de 1666. par M. l'Abbé Gallois, l'extrait d’une lettre écrite d’Amfterdam, dans la- quelle on marque que les Vers dont il s'agit, trouent tettement les œu- vres vives des Vaifleaux qui vien- nent des Indes dans ce Port-là , que les Vaifleaux prennent eau de tous côtés; 8 qu’on ne fcait comment prévenir un fi grand-mal. On a.cru d'abord y réuflir en doublant de mes de fer blanc ou de plomb , les œuvres vives des Vaifeaux , mais cela n’a fervide rien. On s’eftenfuite avifé d’'ycattacher des têtes de cloux fi proche lesunes des autres, qu'il n'y eût point d’efpace entre deux. Çe moyen à été auffi inutile que le premier » foit que les Vers fe Rita rcés des routes inconnues , foit qu'en mettant les cloux dont il s’a— git, on'ait enfermé ces Vers ou leurs œufs fous les planches & fous les cloux , comme des Loups dans I bergerie.
des Vers. 45 Bergerie. Un troifiéme moyen 2 été mis en ufage ; c'a été de revé- tif d’ais de fapin, ces œuvres vi- ves, & de mettre entre les aix du bordage , & ceux du doublage, beaucoup de bourre, de cendre, de chaux, de moufle & de charbon; mais cet expédient n’a pas empêché les Vers de pénétrer jufqu’au corps du vaifleau. C’eft en général quel- que chofe d’incroyable que la fa- gacité des Vers à éluder vous les obftacles qu'on leur oppofe, & ce que font ici les Vers des vaifleaux , eft une image naturelle de ce que font dans les inteftins & dans d’au- tres parties , les Vers du corps. On a beau employer toutes fértes de remedes, pour s’en garantir, ou pour s’en délivrer , on n’en vient à bout qu’à peine,& à moins de quel- ques remedes fpécifiques , tels que nous en indiquerons dans ce Trai- té, c’eft toujours à recommencer. Les Vers des vaiëaux font mol- laffes & très-tendres ; mais comme ils ont à ronger un bois trés-dur, la nature femble avoir voulu pour- voir fur cela à leurs befoins, en leur Tome I: E
ça De la Génération donnant une tête très-dure, armée de deux coquilles pointues par le bout comme le fer d’un villebre- -quin de Menifier , & garnies cha- Cune d’un croc , par le moyen de quoi ils s’attachent aux planches &c les percent. Ces coquilles , {e- Jon la remarque de M. Deslandes, “Commiflaire (4) & Controlleur de la Marine, lequel à examiné plufieurs de ces Vers, ont le dou- ble avantage de pouvoir jouer fé- «parément & différemment l’une de Yautre. Tout le travail du Ver , tout ce qui peut lui procurer & le loge- ment & la nourriture , dépend de ces deux coquilles, & de la ma- niere dent elles fe meuvent, fi par hazard leurs pointes viennent à s'émoufler , le Ver meurt, parce qu'il ne peut plus fe creufer de lo- gement faute d'outils convena- bles, ni fe préparer une nouvelle nourriture. (b)
Il y a unc autre efpéce de Vers qui rongent le bois des vaif- {eaux ; ceux-là ont une infinité de
a Recueil de différens Traités de Phyfique. ‘b Ibidem,
des Vers st attes armées de crochets. M. Def. Aude que nous venons de citer, conjecture que ces pattes leur fer- vent pour fe cramponer aux fibres du bois, afin qu'étant bien appuyés, ils puiflent travailler avec plus de foreer 1
Il y en a une troifiéme efpéce ; qui n'ont m jambes , ni crochets, mais qui fuppléent à ce défaut par une liqueur gluante avec laquelle ils fe collent aux fibres du bois. Cette liqueur eft non -feulement gluante , mais pierreufe , ce qui fait que le chemin quefe trace chaque Ver de cette efpéce, paroît revêtu d'un conduit pierreux , & de la même nature que les coquilles de leur tête.
En voilà affez pour ce qui con- cerne les Végétaux.
Quant aux Animaux , il n’en eft prefque point où ilne fe trouve des Vers, & tous d’autant d’efpéces dif. férentes que les Animaux où ils naiflent , font différens. Il y en a dans prefque tous les poiflons, & on en découvre dans les Hu'’tres de brillans ou lumineux, qui font
Eij
42 De La Génération
d’un rouge blanchätre , longs de cinq à fix lignes, & gros comme de petits fers d’aiguillettes. [ls:ont cinquante pattes , vingt-cinq de chaque côté, & le doscommeune anguille écorchée. |
Les Tanches font fort fujettes
aux Vers : on y en trouve de plats qui font fort longs , & qui reflem- blent au Tænia ou Solitaire de Fhomme pour la longueur , peur la largeur, & pour la couleur. Ils ne {ont point articulés comme le Tænia de l'homme; mais ils ont une efpéce de fillon ou de pli tout le long du milieu du corps, depuis une extrémité jufqu’à Pautre ; l’une de ces extrémités eft mouflue & affez large 5 l’autre plus pointue & étroite. Tout le corps du Ver eft aflez épais, & un peu plus ordinai- rement, que le plus épais Tænia de l'homme. J'en ai confervé quatre pendant plufieurs années dans de l'eau-de-vic. Si-tôr que je les eus, jen fis graver deux, qui font ceux qu'on voit dans la planche fui- vante.
. Monfieur Rongeard, Médecin à
1 UUI
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des Vers. 53 Eaïgle en Normandie , homme curieux & fçavant , ayant lu cette Obiervation dans la derniere édi- tion de mon Traité, a ouvert & fait ouvrir un graud nombre de Tanches , dans l4 plüpart defquel- les fe font trouvés effectivement des Vers tels que ceux-là; ce qui lui a donné lieu de’ faire des Obfer- vations qui ne foñt pas indifféren- tes , & qu’il m'a côémmuniquées. » Je vous envoyc', me mañde-t-11, » un Verde l’efpéce de ceux que le » Carème dernier, Fontrouvoiteñ » ce pays, dans la capacité du ven- »tre de la plüpart des Tanches qui » fe vendoient dans notre poifflon- »nérie ; Car j'en fis ouvrir une fort » grande quantité. Ces Vers ne »font point renfermés dans les »“boyaux du poiflon, ils font de- »hors & flottent avec eux dans la » capacité du ventre. J’ai mêmere- » marqué qu'ils ne tiennent à rien. »Ils font minces comme des ru- » bans. Celui-ci, quand il fut tiré, » étoit large d’un demi-pouce, & »avoit prés d’un pied de long. Il y #cn avoit dans quelques autres E iij
$4 De la Génération » Tanches, de plus & de moins lar- »ges, comme aufli de plus longs » & de plus courts. Ils étoient tous »trés-blancs , & remuoient encore » trois ou quatre heures après avoir » été enlevés du corps du poiflon. M. Rongeard ayant une remarque qui ne fert pas peu à autorifer le nom de Solitaire que j'ai donné au Tænia, c’eft qu'il n’a jamais trouvé qu'un de ces Vers dans chaque T'an- che , » enforte, dit-1l , qu’on pour- » roit à jufte titre appeller ce Ver, » le Soliaire des Tanches, & peut- »être aufli le Solitaire des Lapins, » s'il eft vrai , comme l’aflurent » quelques. perfonnes, qu'il y en » ait de tout femblables à ceux-là, » dans les Lapins. UE M. Rongeard a cherché avec foin , par où l’Infeéte en queftion pouvoit prendre fa nourriture dans la Tanche ; mais il aflure n'avoir pu y découvrir aucun conduit. IÏ penfe que ce Ver de la Tanche fe nourrit des humidités dont eft ar- rofée la membrane qui revêt le dedans des vifcéres de ce poiflon ; humidité qui peut s’infinuer par les
| des Vers. : $5 pores imperccptibles du corps de l'Infe&e.
Quand ce Ver, qui étoit un peu plus court dansla Tanche avant qu'il mourut, eut été mis dans une- phiole par M. Rongeard pour m’é- tre envoyé , 1l étoit plus mince, dit M. Rongeard , & tomba au fond: de la bouteille en un petit tapon ,, fans aucun mouvement ; mais fi tôt qu'on y eut verfé de l’eau-de-vie- pour le conferver ; le Ver , qui de- puis 24. heures paroïifloit tout-à- fait mort , commença à fe mou- voir , & s’étendit en formant deux. demi cercles ;: après quoi il mou- rut dans la même fituation.
Comme ces Vers font fort com- muns dans les Tanches qui fetrou- vent à Laigle , M. Rongeard me’ promet de faire de nouvelles re- cherches la-deflus, & s’il trouve: quelque chofe de nouvéau, de m'en: informer foigneufement.
Si lon fait réfléxion qu'il n’y a: guëre de poiflons qui fe plaifent plus dans l’eau bourbeufe, que la: Tanche, & dont la chair abonde davantage en fucs vifqueux , on
E:1v:
s6 De la Génération n'aura pas de peine à comprendre _ comment ce poiflon peut être fujet au Solitaire , puifqu'on remarque que le Ver folitaire de Fhomme ne fubfifte que dans les corps où regnent des humeurs de cette na- ture.
La Tanche eft un poiflon fivif- A , qu'à raifon de cette vifco- té, quelques Auteurs ont cru qu'il n’avoit d'autre origine que le limon même. Cette opinion eft tout-à- fait contraire à la bonne Phyfique, & il eft furprenant que Schroder, Gontier & quelques autres Méde- cins trés-Éclairés d’ailleurs, ayent pu donner dans cette imagination. Le premier prétend quela Fanche a quelquefois pere & mere; mais que quelquefois aufli elle fe pro- duit d'elle-même. Tirca , dit-il, (a) pifeis eff mucofus excrementitius , amans aquas paluftres, cœnofas , lutofas , vivens cœno. Generatur tum ex traduce , um fponte. | |
Cette erreur a été aveuglément
fuivie par quelques Naturaliftes , qui prétendent que les Tanches où
{ a) Schrod,
des Vers. lon trouve des Vers , font celles qui ont pris naiffance du limon , & que celles où l’on n’en trouve pas ont été produites par mâle & fc- melle.
Gontier (4) poufe l'erreur plus loin ; il croit qu'il n’y a point de Tanche qui ne vienne du limon feul : Cœnofis quippe locis & limolis fponte proveniunt Tince.
Ce poiflon étant donc fi vif- queux , que quelques Médecins même fe font perfuadés que ce ne pouvoit être qu'un limon animé, on ne doit pas s'étonner qu'il foit fujet à celui de tous les Vers dont la fubftance eft aufli la plus vif- queufe.
Comme peu de gens ont con- noiflance de ce Ver , la plüpart de ceux qui en mangeant des Tanches viennent à le rencontrer, ne font point difficulté de le manger,le pre- nant pour la laite du poiflon.
Des deux Vers repréfentés dans la planche ci-devant , le fecond eft tout-à-fait femblable à celui que m'a envoyé M. Rongeard. Ils font
(a) Petr. Gont,
{
58 De la Génération
deffinés felon la longueur qu’ils ont prife en mourant, car ces {ortes de Vers, aufli bien que les autres s’al- longent toujours alors de quelques: lignes.
Nous avons fait toutes ces remar-
ues dans le Journal des Scavans de Lundi 15. Février 1723. Nous ne faifons que les rappeller ici
Les coquillages méme les plus durs font percées de Vers ; il s’en produit d’une efpéce fur le corps des animaux , d’une autre au-dedans de leur corps, & entre ces derniers ,. les uns s'engendrent dans une par- tie, les autres dans une autre, & font autant d’efpéces particulieres.. Il en naît dans les inteftins, dans le: foye, dans les reins & ailleurs.
Les Chiens en rendent quelque-- fois de tout femblables au Tænia: de l'homme , comme on Île va voir: par l'exemple fuivant.
De l’eau de fougere que je don-- nai par cffai à une petite Chienne le 12. Février 1701. lui fit rendre’ le Ver repréfenté dans la planche fuivante. Mademoifelle de Goello tante de M. le Prince de Soubife, .
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des Vers. : s® & à qui cette petite Chienne ap- _partenoit , m’envoya le Ver le len- demain avec ce billet. » Je vous. »envoye , Monfieur , un Ver que » ma petite Chienne a rendu, qui »”M€ paroît extraordinaire ; c'eft » par l'effet de votre eau, j'efpere » qu'elle lui aura fauvé la vie. Je » vous donne le bon jour. Goello. » 13. Février 1701.
Srtôt que j'eus ce Ver, qui eft un véritable Tænia, je le fis graver tel qu'on le voit ici repréfenté ; il eft defliné au naturel.
Le 26. Janvier 1738. un dome- ftique m'a caflé la phiole où étoit le Ver, & la écrafé par mégarde:: je le confervois dans de lefprit de vin. Il avoit plus de demi-aulne, je n’y ai point vu detête , non qu’il n’en eût une, mais c’eft qu’elle s’eft féparée fans doute , lorfqu’il a été rendu , elle devoit être du côté marqué À , fuivant la firuéture du Ver. Ce qui rend cet Infeëte plus. fingulier , eft la différente confor- mation de fes parties; les unes. font rondes & font une ligne entié- re, C; les autres {ont longues &
60 De la Génération | font une ligne que les rondes iriter- rompent en B D; les rondes font. égales par-tout , & les longues plus étendues au milieu du Ver qu’ait- leurs ,. ainfi qu'if paroît en E : tout le Ver étoit plat, blanc, mince & tranfparent comme du parchemin: Les portions font liffés, unies & difpofées de maniére, que la poin- te de chacune regarde le côté A: C'eft par cette difpofition qu'on peut juger du côté ou étoit la tête: H y a de l'apparence que la queuc n'eft pas toute entière, & qu'elle s’eft rompue en F.
M. Rédi donne la figure d’un T4- n4, ou Ver Solitaire forti du corps d’un Chien , laquelle eft différente de celle-ci. Il donne auffi celle d’un Tænia forti du corps d'un Chat, la- quelle n’eft pas moins différente; les voici dans la planche fuivante, on les peut confronter.
Le même M. Rédi dit avoir trou: vé une infinité de Vers dans les in- teftins d’un Serpent à deux têtes qu’ ouvrit vivant (4): la plüpart
(a) Franc. Redide animal. qua in corporib. animals. VEUVOrHmM reperinntur.
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des Vers. 61 de ces Vers étoient très-blancs : une chofe extraordinaire, c’eftqu'il n’y en avoit aucun qui ne füt vi- vant , quoique le Serpent eût été trois femaines fans manger.
. On trouve des Vers dans l’efto- mac & dans les inteftins de-prefque toutes les Vipéres. On en trouve aufi danses Lézards. Les poumons des Hériflons de terre, ceux des Re- nards, des Belettes , en font quel- quefois tout remplis ; & M. Rédi ouvrant un jour un de ces Hériflons, ÿ trouva dans les bronches de la trachée artére , plus de quarante Vers. Il y en a quelquefois beau- coup dans les inteftins des Tortues ; & le même M. Rédi aflure en avoir vu une qui en avoit de fort petits, dont le nombrealloit à plus dc foixante & douze mille , com- me il le reconnut par un caïcul qu'il eut la patience de faire, & qu'il rapporte dans fon Livre.
On trouve quelquefois un grand nombre de Vers dans les inteftins des Veaux , & ces Vers donnent à la chair de ces animaux une fort mauvaife odeur , enforte que quand
Gz De la Génération ‘on la mange, elle a un goût très-déf: agréable. Ils font ronds & longs -comme les ftrongles de l'homme, (4 ) mais plus minces. M. Valifnie- ri a donné une ample defcription de leurs organes dans une Lettre Italienne écrite fur ce fujet à M. Lancifi, & rapportée en Latin par M. le Clerc, dans fon ÆHifhoire des Vers larges , Ch. XIII. p. 222. vol. n-quarto. | Il y a dans le foie de quelques Moutons , une forre de Vers aflez finguliers , doncil eft fait mention dans le Journal des Scavans de 1668. On a obfervé que ces Vers ne fe trouvent que dans les Mou- tons.qui ont brouté d’une certaine herbe , appellée par les Botaniftes , Sideritis glabra arvenfis, qui eft une ef. péce de Crapaudin:. Mais une obfer- ation encore plus curieufe , c’eft que les Vers dont il s'agit , font tout- à-fait femblables pour la for- me , à la feuille de cette herbe, étant plâts & d'une figure ovale un peu pointue vérs l'une des extrémi-
(a) Strongles, c'eit-à-dire, comme nous le ver- sons plus bas, ronds & longs,
des Vers. 63 tés, ayant la tête à l’autre extrémité - qui s’avance un peu, & qui repréfen- te la queue de la feuille. Ils font blanchîtres fous le ventre , & fe- més fur le dos de plufieurs tâches _ & filets d’un gris obfcur. La tête a ‘un bec percé d’un petit trou , com- inc on voit dans les figures fuivan-
1. 2. tes , gravées d’après le Journal que nous venons de citer
La premiere figure repréfente le Ver tourné fur le dos; la feconde le repréfente couché fur le ventre; & la troifiéme eft la figure de la feuille de Sideritis , telle qu'elle eft dans l'Hiftoire des Plantes de Banbhin
Pour les reins, ce font dans tous es animaux , des parties afez fujet- tes aux Vers. Feu M. Meri de l’Aca- demie des Sciences , m'en a fait voir un de demi auine de long , &
t
6x De la Génération | de la groffeur du petit doigt, qui avoit été tiré du rein d’un Chien. Kerckring ( 4) dit qu'en difléquant un Chien de chafle , il y trouva dans un des reins, un Ver-d’une aul- ne & un quart. Georg. Wolf. Wé- delins , Profefleur d'Anatomie à jêne , diffléquant , en 1675. le 23 Février, un gros Chien, lui trouva dans le rein gauche , un Ver long de plus d’an pied, & de la groffeur du petit doigt.
_ Ce qu'il y.a ici de fingulier , c’eft que la fubftance du rein étoit abfo- lument confumée , & que ce Ver étoit rempli d’autres Vers tout vi- vans(£). |
Mathrole :à remarqué qu'il y a des Vers dans la tête de tous les Cerfs , que ces Vers s’y engendrent @rdinairement fous la langue , &
(a) Kerckring. Oblervation L'VIT. & LIX.
{b) Thom. Barth. .4a Med. € Philofoph: AJ- nienfia, Tom III. Chap. LVIII. Ex Lirteris D. Georg. Wolf. Wedelii , Profefforis Medici Jenenfrs. Jenæ , 23. Febr. 1675.
Nuper in canis finiffro Rene Vermis magnus pedens ere fuperans , minimi digiti craffilie ; repertus fuit , yullo ibi de Renis fubffantia , [eu parenckymate , conf- picuo vefhigio 5 fol tantum tunicä adipo[ fuperflie cumque integente. Ipfe verd ripletus eraé infinitis aliès Permiculis vivis.
awils
| des Vers. 6$ qu'ils font comme les plus gros de ecux que produifent les chairs pour- FICS (4).
Au refte , ce n’eft pas feulemert dans les Mineraux , dans les Végé- taux , & dans les Animaux qu'il y a des Vers: L'air en cft encore tout rempli , comme nous Favons re- marqué plas haut. Je ne fcaurois être cependant de lopinion d’un Auteur moderne , qui croit que ces feux qu'on voit quelquefois volti- ger dans l'air pendant la nuit, & qu'on appelle Feux follers, ne font que de petits-Vers luifans attroupés, lefquels ont des aîles , & volent au- tour des Paflans ( & ). Cet Auteur croit aufli que fe: bois pourri qui brille Ka nuit, n'eft lumineux que parce qu'il renferme plufieurs pe- tits phofphores vivans, qui lui ont été fournis.par l'air.
{a) V’ermes cerui omnes- continent in CApite iVOS y qui nafci folent fub lingua ; in concavo , circiter verte- Drum qua cervici innechitur caput , magnitudine band minores iis , quosmaximos Carnes putres ediderint. Gi- gni univerfi atque contigu: folent numero aded circiter viginti. Marhiol: Cômmear, in Libr.fecundum Diof- coridis. Cap. LIII. p. 290. 1. 11.
€b) Chrifi. Francifc. Panlini Difquifitio curiofa , #r mors naturalis plerumque fit fnbflantia Vermino[a®
Teme J.
66 De la Génération
Mais revenons à notre fujet, c'eft- à-dire , aux Vers de l'Homme. De tous les Eftres vivans, c’eft celui qui eft le plus attaqué de Vers. Il n’y à prefque pas de partie dans fon corps qui n'en foit la proye. Enforte que celui qui commande aux Bêtes les plus énormes en groffeur,, celui qui aflujettit à fes ufages, le Cheval, le Chameau , l'Elephant , celui qui dompte la férocité du Lion & du Tigre, fe trouve fouvent réduit à périr par les dents, ou par le vénim d’un petit Infeéte, dont ilne peut fe défendre. 5
Les Vers du corps humain naif- fent , ou dans les inteftins, entre lef- quels je comprends l’eftomac ; ow hors des inteftins. Nous parlerons premierement de ceux qui naiffent hors des inteftins ; puis de ceux qui viennent dans les inteftins, & com- me les uns & les autres prennent quelquefois en vieilliffäntdes figu- res différentes, nous traiterons dans. un article à part, des différentes mé- tamorpholes de ces Vers. Ce qui fera en tout trois articles,
des Vers. - 67’
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ARTICL EPREMIER.
Des Vers du Corps Humain qui naifent bors des Inteflins.
. ES Vers qui naïfflent dans:
_J l'Homme, hors des inteftins, : font de diverfes efpéces ; ou plutôt fe réduifent fous diflérentes claffes. J'en compte de quatorze fortes en : général ; fçavoir , les Encéphales, : les Pulmonaires , les Hépatiques , Iés Spléniques, les Cardiaires , les : Péricardiaires , les Sanguins , les Véficulaires , les Helcophages , les Cutanés , les Umbilicaux , les Vé- nériens , lés Oefophagiens & les Spermatiques. Nous en allons par- ler de fuite. s il
Les Encéphales naiflent dans la tête; on les appelle ainfi du mot Grec Kephale, qui fignifie tére. I y en a de cinq fortes; {cavoir, les En- céphalées proprement dits, qui vien- nent dans le cerveau, ou fur fes membranes; les Rinaires, qui vien- nentdans le nez; les Ophthalmiques,
Fij
63 De la Génération | qui viennent au grand angle de Pœil; les Auriculaires , qui vien- nent dans les oreilles ; les Dentai- res , qui viennent aux dents ; & les Salivaires , qui font dans la falive: Les Enccphales proprement dits, font rares; maisil y a certaines ma- ladies où ils regnent , & l’on a vü des fiévres peftilentielles ne proce- der que de là. Celle qui fit tant de ravage à Bénevent, & dont prefque tout le monde mouroit , fans qu'on y püt apporter aucun remede, en ef un grand témoignage. Les Méde- cins s’aviferent enfin d'ouvrir le corps d’un Malade qui ctoit mort de cette contagion, & ils lui trou- verent dans le cerveau, un petit Ver vivant , tout rouge & fort court. Ils effayerent divers remedes fur € Ver, pour découvrir ce qui le pourroit tuer ; tout fut inutile , excepté le vin de Malv. dans quoi on fit bouillir des raiforts. On n’en eut pas plütôt jetté deflus , que lé Ver mourut. On donna enfuite dé ce remede à tous les autres Mala- des (4), & ils échapperent prefque
{a ) Foreff. Lib, IX, de maris Capitis dolerib. @bfer. I]. in fchol.
des Vers. 69 tous. Appien Alexandrin rapporte que les Romains, dans la guerre contre les Parthes (4), fous la con- duite de Marc-Antoine , furent ré- duits , faute de vivrés, à rmnanger les herbes des champs, & fe trouve- rent enfuite attaqués d’une maladie épidemique, confiftant dans une fu- reur qui leur faifoit fouir la terre à belles mains , & rouler de grofés
jerres, comme fi c’eùt été pour les Eire fervir à Gr grand deflein. IL ajoute que la plüpart moururent faute de vin. qui étoit, dit-il , le feul remede à cette maladie. Je re- marquerai que cette fureur pouvoit bien venir de quelques Vers engen- drés dans la tête , par le mauvais fuc des herbes qu’on avoit été obli- gé de-manger.
Schenkius écrit qu’en 1571. dans a marche d’Ancone , regna une ma- fadie épidemique , qui caufoit des vertiges furieux , & dont on mou- roit le troïfiéme jour , & au plütard le quatrième. Tous les Médecins du lieu avouerent qu’ils ne connoif- foient point ce mal , & par confe-
{b) ,4pp. Cap. V. de Bell, Partb, ”
76 De la Génération
quent qu'ils ne fcavoient quels ré=- . mcdes y apporter. Un jeune Hom- me de 22.ans, extrémeméntriche, . craignant d'en être attaqué, à caufe d’une douleur périodique qu’il com- mencoit à fentir dans la tête, & ef: C: P au 3 a
frayé de cer aveu des Médecins, crut qu'il n’y avoit pas de meilleur parti à prendre pour lui, que de quitter promptemerit le pays, & de fe retirer à Venife , où étoient alors : des Médecins-trés-fameux. Il n’y fut pas plütôt, qu'il fit veñir tout- ce qu'il y avoir de plus fçavans Hommes dans la Médecine, & en- ire autres , le célcbre Nicolas de S. Michel , lequel foutint que c'étoit un Ver qui caufoit dans le cerveau les douleurs périodiques dont ce jeune Homme fe plaignoit , lef- quelles , fans troubler la raïfon , ni là mémoire, faifoit fouffrir fi cruel- lement le Malade , que dans les ac- cès, il lui fembloit qu'on lui per- çoit la tête avec un fer. On lui fit divers remedes ; mais on ne put le fauvér, & le troifiéme jour de fon arrivée , il mourut. Georges Carne- rus, lun des Médecins qui l'avoient
| des Vers. 71: traité , pria les parens de lui per- mettre d'ouvrir la tête du mort; ce qu'il fit le lendemain 19. de No- vembre. Il n'eut pas plutôt levé la. dure mere , qu'il appcrçut du côté. droit , la tête d’un Ver tout vivant, qui, à caufe de l'air froid , s’enfuit aufli-tÔôt dans la fubftance du cer- veau. Carnerus découvrit alors les ventricules du cerveau , & iltira ce Ver, qui étoit tout rouge, de la lon- gueur du doigt indice, & avoit une tête pointue , toute noire, & un col vélu. II le prit avec des pincettes, & le mit fur du papier , où le Ver mourut aufli-tôt. Schenkius rappor- te ce fait dans fon Traité des Dou- leurs de Tête. k
On prétend qu’il fe trouve des Vers juiques dans la glande pineale, | & qu'il n’y a prefque point de rc- duit dans la tête, où l’on s'en ait vu.
Dans le fond du conduit qui va au quatriéme ventricule du cer- veau , €ft une éminence appellée Apophyfe vermiforme , que quelques Auteurs eroyent fe changer en Ver; mais c’eft une pure fable; l’apophy- {e dont il s’agit , n’eft nommée Ver-
77 De la Génération miforme | qu’à caufe qu’elle a com me la figure d’un Ver.
Les Rinuires quis’engendrent dans la racine du nez, font ainfi appellés du mot , qui en Grec, fignifie na- rinc. Borelli les appelle Maficoles , c'elt-a-dire, Habitans du nez ( a),
Is fortent quelquefois d'eux-mé: mes par les narines , comme on l’a vü arriver en plufeurs oceafions ;. quelquefois ils demeurent engagés dans le fond du nez, & font tom- ber en fureur les Malades. Ceux qui ont lü Fernel , fcavent l’hiftoire de ce Soldat malade, qui (b) mou- rut le vingtiéme jour de‘fa maladie, après être devenu furieux , & dans Je nez duquel on trouva deux Vers vélus & cornus. Ambroife Paré nous a donné la figure de ces Vers , (c) on la voit aufli dans Aldrovan- dus, en fon Livre des Infectes ; mais pour épargner aux Lecteurs curieux la peine de Fy chercher , nous l'a- vons mife ici.
{a ) Borell, Obferv. Medicoph. CIII. Obferv, XLW. € b) Fernef, Pathol. Lib. V. Cap. 7. a) ,Ambr, Par, Liv. XX, Chap, 3.
LL
Kerckrin e
des Vers. . 195
ge 2, Vers Jortis
Kerckring dans fes Obfervations Anatomiques , donne encore la fi- ure d'un Ver vélu & cornu, qui artit du nez d’une femme d’Amf- terdam , le 11. Septembre 1668. & qu'il conferva vivant jufqu'au 3. d'O&obre , fans lui donner aucune pâture. En voici la figure dans cette page. Il ajoute une circonftance di- gne de remarque , c’eft que ce Ver étant {orti , en produifit un autre avant que de mourir.
Ver Sorti du LUZ Æ
Antoine Benivenius dans fes Ob- Tome I. G
TA. De la Génération férvations Médicinales |, raconte J'hiftoire d’un Malade de fes amis, qui, attaqué d’un violent mal de té- te , accompagné d’éblouiffemens , de vomiflemens , d'extinction de voix, d’aliénation d’efprit, & d’un froid général de tout le corps , fut réduit à l'extrémité le feptiéme jour, & ce même jour , lorfqu’on ne lui efpéroit plus de vie , rendit par la parine droite un Ver long d’un pal- me & plus , & fe trouva auffi-tôt “gucr1 (4 ).
| Je pourrois rapporter un grand nombre d’autres exemples de Vers fortis par le nez. Maïs les de::x fui- vans qui fe lifent dans l’'Hiftoire de l'Académie Royale des Sciences, font aflez confidérables pour pou-
_ =(ta)-Solet-snterdem “acntes -dotor-in -capite ekci- ari, quem Græci cephalalgiemvocent ; {ed talem ÿuo chligent oculi, alienetur mcrs, citetur vomitus , M mautur vox , frigefcat corpus ; C7 ipfa denique defiäias
| atima. Rarum ef} videre $ wam €7-u0s amicum habui- ms, qui cum bis otmibss agerétur mais, Co adventan- tedie feptimo , mors ipfa, nullis ecnferemtibus auxiliis, fm jam adeffe videretur; vi tandem robuftioris nature, Vermem è dextra nare palmo longioremejecit. Quo pro- Pällo , omnis flatim cum eo amotis éfflanguor.
k Anton. Benivenii Hlorentin: , Medicinalium Obfer- VAE EREMPLA | Cuin annotationibus Rembert. Dodonær. Cap.cC, : à
des Vers, 75 voir fuffire après ceux qui viennent d’être rapportés. |
Une femme bien conftituée , & qui, à ce qu’obferve l'Hiftorien , ne: connoifloit point les maux de tête, (4) commença à l’âge de 36. ans en 1708. à fentir une douleur fixé au bas du front, du côté droit & près du nez. Cette douleur g ne tenoit d’abord qu'un petit efpace , s’étendit peu à peu tua la tem- ple du même côté; & au lieu que dans les commencemens elle avoit de grandes intermiflions , elle de- vint au bout de deux ans prefque continue , accompagnée de convul- fions , & d’une infomnie prefque perpétuelle.
Enfin la violence de la douleur augimenta fi fort , que la Malade en fut deux ou trois fois à l’agonie , & eut la raifon fort attaquée dans les grands accès. Au bout de quatreans, après avoir fait envain toutes fortes de remets, elle y renonca , fe con- tentant de fuivre un bon régime, &
»
de prendre par le nez du tabac en
(4) Hiftoire de l'Academie Royale des Sciences, années 1708, & 1733: il Gi}
76 De la Génération poudre , dont elle efperoit quelque Toulagement.
Elle n’en avoit encore ufé que pendant un mois, lorfqu’un matin, ayant éternué avec effort, elle mou- cha, parmi un peu de fans , un Ver tout ramaflé en peloton. Elle fentit cefler alors , & tout à coup, une fi longue & fi cruelle douleur ; fon ef- prit fe remit dans fon affiette natu- relle, & la guérifon fut entiere , fi ce n’eft que pendant deux ou trois jours il coula un peu de fang du nez. _ Feu M. Littre, de l’Academie des Sciences , & Docteur-Régent de la Faculté de Médecine de Paris , au- quel on doit cette obfervation , aeu rar d’avérer exaétement tous ces faits ; aufli-bien que ceux qui vont fuivre , lefquels font tout de même rapportés dans l’'Hiftoire de l’Aca- . demie des Sciences , année 1708.
Le Ver étoit vivant, & quand il $'allongeoit autant qu'il le pouvoit, il avoit fix poulces, mais feulement deux lorfqu'’il fe replioit en zic-zac, ce qui étoit fa figure ordinaire : il avoit deux lignes de largeur , & 1 +
dépaifleur dans l'endroit le plus
Lis _ * ‘des Vers. 77 gros de fon corps ; fçavoir, vers le milieu ; il étoit de couleur de caffë €lair , convexe par-deflus, & plat par-deflous | couvert par-tout , ex- cepté à la tête, d’écailles annulaires, larges d’une ligne, & toutes {épa- rées les unes des autres par de petits intervalles , de chacun defquels il fortoit , tant à droite qu'à gauche, cinquante-fix pattes, longues d’une ligne, & grofles comme des che- veux. Ilparoïtpar-là, que ce Ver étoit de lefpéce de ceux que lon appelle Centipedes. La tête étoit lon- gue d’environ deux lignes, on y dif- inguoit facilement deux yeux , deux cornes | une pince faite de deux branches , plus éloignées l’une de l’autre % leur racine , que vers leur extrémité, & une gucuic entre cs deux branches. La queue étoit armée de deux efpéces d’aiguillons égaux, plus longs & plus gros que les pattes. I1 fut enfermé dans une . phiole vuide , où on le trouva vi- vant dix-huit heures après. Enfuite on s’avifa d'y verfer de l'eau-de-vie, & il ne laïffa pas de vivre encore deux ou trois heures. G ii
78 De la Génération
Le fiège de la douleur fixe que fentoit la Malade, montroit aflez , comme l’obferve l'Hiftorien, que le Ver devoit étre dans une cavité fi- tuée au-deflus du nez , appellée par les Anatomiftes Sinus frontal , & qui ef pratiquée fous le fourcil, dans un os que les mêmes Anatomiftes nom- ment Coromal. Elle à près de deux poulces de long , fur huit à dix li- gnes de large , & par conféquent elle pouvoit contenir l'animal re- plié. I paroît par l'inclination qu’il avoit à prendre cette figure, qu'il y devoit être fort accoûtumé.
Il y a entre le finus frontal , dont ils’agit, & la narine, un trou de communication par où le finus re- coit de Pair, à chaque moment que l’on refpire ; enforte qu’une forte refpiration peut y avoir fait entrer avec l'air, l'œuf invifible où cet ani- mal étoit renfermé en petit. Ce mê- me œuf pourroit aufli être entré par la bouche avec quelque aliment, & avoir fuivi la longue & tortueufe route de la circulation du fang. Mais toujours, comme le remarque l'Hiftorien , 1l eft certain que l’ani-
desVers 79 mal n’a pu fortir que par ce trou de communication. À la vérité, le dia- metre en eft plus perit que n'étoit: celui du corps de lanimal : mais comme ce trou elt formé immédia- tement par une membrane , le Ver a pu la dilater peu à peu, lorfqu’il + voulu fortir”, & même les goutes: de fang qui ont paru‘, marquent. qu'il l’avoit un peu déchirée. L'œuf, obferve encore P'Hifto- rien". avoit trouvé dans la cavité dont il s’agit, fcavoir , dans le finus frontal , la chaleur, l'humidité, la Jymphe , enfin tout ce qui lui étoit néceffaire pour éclorre, & l'animal tout ce qu’il lui falloit ; non-feule- ment pour fa fubfiftance, mais pour un accroiflement auquel apparem- ment il ne füt jamais parvenu fur la: terre, puifqu’il n’y eût été ni fi bien nourri, ni autant à l'abri d’une infi- nité d’accidens qui ne permettent guère quatre années de vie à ces ef- péces d'animaux ; chaque mouve- ment qu'il faifoit ( c’eft toujours l'Hiftorien qui parle ) devoit caufer à la membrane délicate, dont le fi- aus frontal eft tapiffe, une irritation GK
80 De la Génération d'autant plus cruelle , que l’Infeété, avec fes deux cornes, fes deux aï- guillons , & fes cent douze pattes, ébranloit, & pour ainfidire , atta- quoit en détail, chaque petite fibre nerveufe de ka membrane ; enforte ue plus il fe fortifioit, plus le mal À être violent &-infupporta- ble. La grandeur de l'animal, la- quelle vint à lui rendre le lieu où il étoit, trop incommode , & felon toutes les apparences , l'odeur du tabac qui lui étoit contraire , ainfi qu'a un grand nombre d’autres In- fectes , l’obligerent enfin à cher- cher les moyens de fortir.
Les fymptômes qu'a eû la Mala- de , feroient affez aifément recon- noître un pareil accident. En cecas, M. Littre juge qu’il faudrait d’a- bord prévenir Finflammation de la membrane du finus, par les moyens ordinaires que Fon pratique contre les inflammations. 1 refte enfuite à attaquer le Ver. On le peut faire, remarque-t-il, & par les remédes intérieurs qui font en ufage contre les Vers, & en même-temps par des remédes extérieurs , puifque ce
| … des Vers. &r Ver-là feroit dans un lieu où de tels remédes pourroient aller. Ileft déja à préfumer que le tabac convien- droit, mais on pourroit encore ti- rer fortement par le nez des fucs âcres ou acides que l’on jugcroit, ou que l’on reconnoîtroit les plus capables d’incommoder l'animal. M. Littre croit que rien ne feroit plus propre à le tuer, quede l'huile, parce que l’on fcait qu'elle Ôte la refpiration aux Infeétes, en bou- chant les ouvertures de toutes les trachées ; enfin fi rien ne réuflifloit, il en faudroit venir à une opération Chirurgique fur l'os coronak M: Littre aflure qu’elle ne feroit ni dan- gereufe ni difficile.
L'autre exemple d’un Ver Nazaï ou Rinaire , eft rapporté dans l’'Hif- toire de l’Académie des Sciences, année 1733. Un Officier de chez lé Roy, fentoit depuis trois ans, au bas du front, du côté gauche , & prés de à racine du nez, une douleur vive, plus violente dans des temps qe dans d’autres, laquelle s’êten-
oit vers l'œil du même côté , & devenoit quelquefois f1 exceflive ,
3z De la Génération que le Malade craignoir d’en perdre œil. 11 avoit en mêéme-temps dans Poreille un bourdonnement confi- dérable. Pour remédier à ce bour- donnement, il fe fit verfer, étant aw lit, quelques goutes d’huile d’a- mandes douces dans l'oreille affec- tée , & fe tint pendant quelque temps couché fur autre. Deux jours: après 1l fentit dans la narrine gau- che une grande démangeaifon, des picotemens ,. des tiraillemens , de fréquentes envies d’éternuer, 8 mé- me en fe mouchant, quelque chofe qui remuoit dans fon nez, & qu'il n'en put tirer tout à-fait , qu'en y portant le bout du doigt C’éroit un Ver. Ce Ver, dit l'Hiftorien, cou fut aufli-tôt fur la main du Malade: avec une extrème vitefle, quoique couvert d’une mucofité parfemée de tabac; parce que cet Officier en pre- noit beaucoup. On mit le Ver dans une tabatiere où il y avoit du tabac, &c il y vécut cinq ou fix jours. Tous les accidens du Malade , continue PHifterien, cefferent aufli-tôt après la fortie de lInfc&e.
M. Maloet ; Doéteur-Régent de:
des Vers. 8% la Faculté de Médecine de Paris, a eu ce Ver entre {es mains, mort & defléché : il le trouva du genre des Centipedes , & de l’efpéce des Sco- lopendres terreftres : il en fit une defcription qu’on ne rapporte point dans ce volume de l'Hiftoire de PAcademie des Sciences, parce que dans celui de 1708. on a rappor- té une defcription affez femblable d’un autre Ver, rendu de même par le nez , qui eft celui dont nous avons parle ci-devant.
Ces deux Vers, obferve l'Hifo- rien , ne différent que par la gran- deut. Le dernier n’avoit que feize ligncs de long , & l’autre avoit fix pouces. Il eft vrai que le plus grand avoit cent douze pattes, & l’autre cent feulement , mais fi le petit eût vêcu, peut-être en auroit-il eu da- vantage. Enfin , remarque l'Hifto- rien , c’eft le grand nombre de pat- tes, & non le nombre déterminé de cent , qui fait les Centipcdes.
Une autre différence que le mé- me Hiftorien obferve entre les deux Vers dont il s’agit, c’eft que celui de 1708. fut , felon les apparences...
&4 De lu Générañion chafté en un mois, par l’ufage du ta-" bac , au lieu que le dernier , mal- gré l’ufage continuel que la Malade faifoit de’ ce remede , avoit vêcu trois ans dans le nez. Il vécut même encore cinq à fix jours dans une ta- batiere pleine de tabac , ce qui, comme le dit en paffant, & fort à propos l’'Hiftorien , rend au moins fort douteufe la: bonté du tabac contre les Vers. : Les deux Vers-étoient dans les finus frontaux , le’ srand dans le droit, & le petit dans le gauche. Différence que l'Hiftorien rappor- te, mais en reconnoiffant qu’à pre- prement parler , ce n’en eft pas une: La route que feu M. Littre failoit tenir à {on Ver pour entrer dans le finus, & pour en fortir, doit , fans doute, étre la même que celle qu'a tenue le Ver de M. Maloet. Mais voici une différence trés-eflentielle que remarque l’Hiftorien , & qu cit le point principal de l'obferva- tion de M. Maloet; c’eftque le Ver de M. Maloet paroît n'avoir été chafñfé que par l'huile verfée dans Voreille la difculté cependant, cit
des Vers. $s que.cette huile ait pu parvenir juf- qu'au Ver enfermé dans le finus al ; car elle ne s’eft.répandue que dans le conduit extérieur de l'oreille , lequel eft très-exaétement ‘fermé en dedans, par la membrane du tympan : comment a-t-elle donc ere au travers de cette mem- drane? Et en cas qu'elle y ait pañé, peut-on.concevoir quel chemin elle a pris pour cela ? Puifqu’il y a enco- re bien loin de cette membrane au finus frontal. M. Maloet reconnoît que d'appliquer fur le nombril diffc- rentes huiles pour agir contre les Vers des inteftins ,-eft un bon reme- de pour les chaffer , & cela polé, il fait le raifonnement fuivant : Ces huiles ainfi appliquées fur le nom- bril , n’y agiffent qu'après avoir pé- nétré la peau , la membrane adi- peufe , Le péritoine, l'épiploon & les membranes des intefkins ; donc à plus forte raifon une huile intro- duite dans l'oreille pourra pénétrer le tympan, qui eft fi fin & fi delié. A la vérité il n’y a que les parties les plus fubtiles de l'huile qui-puif- Jent pénétrer la membrane dont if
86 De la Génératios s'agit , quelque fine qu'elle foit , mais il n’en faut pas beaucoup pour {e faire fentir à un fi petit Ver, fur- tout dans l’efpace de deux jours. L'Hiftorien de lAcademie re- marque ici que s’il y a toujours à la membrane du tympan une petite ouverture échancrée que Rivinus a découverte, & que M. Maloet dit avoir effectivement vüe deux fois, ou que fi feulement elle s’eft trou- vée par une efpéce de hazard dans le tympan du Malade, en queftion, l'huile aura eu encore , fans compa- raifon, plus de facilité à pañer. Quant au chemin qu’elle aura te-- nu , il juge qu'après avoir été recuc dans la cavité du tympan, elle fe fera portée , par le moyen de Ia trompe d'Euftache , appellée com- munément l’aqueduc, jufqu’aux fof- {es nazales , d'ou, à caufe de fa fub- tilité , elle aura pu aifément s’éle- ver au finus frontal.
Nous ne devons pas oublier ici les réflexions fages que le {cavant Hi- ftorien fait enfuite fur la circonftan- ce de cette suérifon.
1°. Ce fut par une efpéce de has
des Vers. 87 zard , & uniquement par rapport au bourdonnement , que le Malade attaqué de ce Ver fans le fcavoir, {e fit verfer de l'huile dans l'oreille.
2°. S'il eüt connu fon Ver, & le lieu que cet Infeéte occupoit, il fe feroit fans doute avifé de tirer cette huile par le nez, afin qu’elle allât attaquer le Ver par cette route aifée, & route ouverte. Cependant il auroit très-mal fait de fuivre cet- tc indication , toute naturelle qu'’el- lé étoit. En effet, remarque judi- cieufement M. de Fontenelle, le Ver attaqué du côté du nez, n’au- roit pas manqué de fuir du côté oppolé , & fe feroit par ce moyen, cantonné dans des endroits d’où il n’auroit pu fortir. 3°. Si par quelque empêchement que ce foit, il n’avoit pu fuir, il fe- roit mort infailliblement dans le finus où il étoit, & par la pourri- ture de fon cadavre , il auroit pu caufer de Ficheux accidens. Heu- reufement lattaque qu’on faifoit d’un côté le détermina à fuir de l'autre , où la fortie étoit facile ; & il s'aidoit outre cela de toutes fes
83 De la Génération forces pour fortir , ce qui eftenco- re un avantage quand on tire les Vers vivans.
4°. Il réfulte de là une regle de pratique pour tous les Vers qu'on jugera être dans les finus fron- taux.
5°. Conformément à ces idées, on fuit fort à propos deux métho- des pour les Vers des inteftins : ils ne peuvent guêre fortir que par bas, & pour les chafler par cet- te voye , on employe des chofes ou qui les.contrarient, ou qui les at- tirent : les premieres {e prennent par la bouche, & les fecondes en lavement. Nous rappellerons tout cela en parlant des remedes contre les Vers. | |
Les VERS OPHTHALMIQUES, ainfi nommés du mot grec Ophthalmos , qui fignifie, œil, fe trouvent dans le grand angle de l'œil. Ces Vers {ont très-rares, & Amatus Lufita- nus qui en rapporte un excmple, dans fa feptiéme Centurie , Cure LXIIT. dit que cet exemple eft fin-
ulier , & mérite pour cette raifon
d'être publié : qu'on a bien vu des
Vers
| des Veps. 8» Vets fortir par lenez, maïs qu'on en ait vu fortir par les yeux, c’eff; ce qui eft extraordinaire. Voici les. propres paroles de Lufitanus,tradui- tes mot à mot. » Une petite fille. » de trois mois, fe portant bien & »ne fentant pas le moindre mal, » rendit par la partie antérieure de. »# l'œil, appellée communément le » grand angle , un Ver dont la tête “commença d'abord à: paroître. » Des perfonnes qui fe trouverent- “là, voyant cette tête, fe hâte- rent detirer le Ver avec les doigts, » & furent fort furprifes de voir 5 fortir de l'œil de cet enfant, un: »Infe&te vivant long d’un demi. palme, de la grofieur d’une li- » gne, & tout blanc, fans que l'œil > parut endommagé en rien. Le cas. » €ft furprenant & mérite d’être » écrit. On à vu fortir des Vers par » le nez, & j'en ai vu plufieurs fois #fortir ; mais qu’il en foit forti par les yeux , c'eft un fait des plus ra- >» res. Eff certe cafus hic mirus & dignus chartis dart, per nares vero lumbricos: fluxos:, nowrard nos & alt varii vide runt: f
Tome I. H
so De la Génération : M.Vrayet Médecin d’Abbeville,
dont nous rapporterons cy-après.
deux lettres au fujet des Vers fan-
guins ,me mande dans la derniere,
qui eft du 31. Juillet de l’année
1736. avoir tiré 1] y a vingt ans du grand angle de l’œil d’un enfant de fix mois, un Ver firongle, c’eft- à-dire , long & rond , qu'il mit aufli-tôt dans de l’efprit de vin, & qu’il y a confervé plus de fix ans. Ce Ver, dit-il, étoit de la lon- gucur du doigt , de la groffleur d’une plume de Pigeon, & venoit certainement des premieres voyes. Cette réfléxion de M. Vrayet , que: ce. Ver venoit des premieres voyes, c'eft-a-dire , des inteftins , eft um point à examiner. On voit bien quelquefois des Vers fortir par le nez après y être montés des inte- fins ; le’pañlage de communica- tion qui va du gofer au nez, rend la chofe facile a comprendre ; mais qu'un. Ver remonté des inteñlins dan la bouche, puiffe de là pañler aux veux, c'eft ce qu'on ne com- prend pas de même, les embou- chures du canal nazal & du fac la-
-
ARNRA des Vers: gi: ctyimal ctant fort petites. La chofe: cependant examinée à la-rigueur, ne paroît pas impoñlible.
Les Verts auriculaires s'engen- drent dans les orcilles, & font ainfi: nommés. du mot latin: qui: figaifie-
reille. sv gi its n
Silvaticus dans fes Confultations;: (a) parle d’un enfant de douze ans qui tous les matins étoit fourd de l'oreille gauche, &: cefloit de l'é- tre apres le diner, lequel rendit: dix petits Vers par cette orcille, & enfuite vingt autres , a moyen d’une fumée d’herbes bouillies dans: du vin, fur laquelle on lui faifoit- tenir l'oreille. Ces Vers étoient vi- vans, & vécurent un mois: La cir- conftance que rapporte Silvaticus,. fcavoir, que la furdité cefloit après : je dîner, a quelque chofe de fin- gulier. il prétend que le mouve- ment des dents Qui Blot par la maftication’, débarrafloit l'oreille d’une humeur qui s’y étoit amafée pendant la nuit , & qui caufoit la: furdité. -
(a) Bened. Silvaticus, «onfilia dr refponfa. Cent. 2. Confult, 10. ji H 1j
f
92 De la Génération
Tharantanus dit avoir vu fortir de oreille d’un jeune homme ma- lade d'une fiévre aigue, deux où trois Vers qui reffembloient à des : graines de pin. Panarolus( #:) parle d'un Malade , qui, aprés avoir été tourmenté d'une violente douleur d’oreitle , rendit par cette partie, enfuite d’une injeion qui y fut faite avec du lait de chevre, plu- fieurs Vers fembables à des mites de fromage, après quoi la douleur ceffa. Kerckring donne la figure de cinq Vers qu'un homme rendit par l'oreille en 1663. dans un Bourg nommé Quadiich:, lefquels étoient faits comme des Cloportes, fi ce n’eft qu'ils n’avoient que dix pieds: Voyez-les dans les cinq figures cy- deflous.
Jortis de l'oreille. |
M. Winflow m'a écrit depuis peu, avoir trouvé il y a quelques années 4) Jacolog. Pentec 4. Obferv. 27.
des Vers. CE un-Ver dans Ie tympan de l'oreille d'une fille de trois ans, mais avee des circonftances qui rendent le fait aflez fingulier. Voici fa lettre.
» Vous avez fouhaité que je vous »communiquaffe l'Obfervationque »j'ai faite autrefois d’un Ver dans » le cadavre d’une fille detrois ans, »voici ce que c'eft. En 1716. aw » mois d'Octobre, comme je fai- » fois l'anatomie de la tête de’cette »enfant , je trouvai au haut du »pharynx , derriere la luctte , un » Verlong & rond comme les Vers »Ordinaires des inteftins , lequel »-avoit une de fes extrémités dans » le pharyng même, & s’étoit glif- »{6 dans la trompe d’Euftachius, - » jufques dans la cavité du tympan, » OÙ l’autre extrémité étoit engagée »-entre les offelets de l’ouie: Je ne » doute point, Monfieur, quece Ver “ne vint. des inteftins , & ne fût » monté par l'æfophage. Il avoit en- » viron cinq pouces de long, & lé- » paifleur d’une petite plume à écri- » re. Ce que j'ai trouvé defingulier, »c'eft qu'ayant ce volume, ilaie »pu s'engager dans un pañlage fi
gx De la Génération »étroit ; & je ne fcaurois deviner » ce qui peut avoir déterminé cet # Infcéte à aller plütôt là, que dans. » la narine attenante , qui eft bien: » plus fpatieufc. Vous ferez là-deflus. 5 vos réfléxions. Je {uis, &c: Winf » low. Ce 4: Septembre 1736:.. Les: VERS DENTAIRES , ainfi nommés , parce qu’ils s'engendrent aux dents , fe trouvent d’ordinaire: fous la carie des dents. Jacobæus rapporte qu'un homme tourmenté d’un violent mal de dents , fans que les remedes. ordinaires y euflent fervi de rien, guérit enfin apres avoir enlevé de deflus fa dent , une carie fous laquelle.fe trouva enfer- mé un Ver qui s'agita ee , &z (2 )dont la niche étoit creufée: dans le corps de la dent. Ce mal de dent étoit périodique , & le Mala-- de fentoit parintervalles, quelque chofe qui treflailloit fur fa dent. Au
(a) Quiderm odontalgia immani ac periodica ve- xarus fenfit in dente quid [aliens pertemporum inter- valla | cuiremedia plure incaffum adhibita 3 ‘abrafa demum carie dentis in vafculum f[uljetfum vermenr expuit, qui capite ad catdam reflexo faltus varios steravit , foramine infign? per quod exierat wermis ;, in dente confpicuo. Thom. Barth, a&. Med, & Phil. Tom. V. Cap. 8. Vol. s.
. des Vers. 95: refte il n’eft pas rare de trouver des Vers aux dents.(#) |
Les Pulmonaires fe forment dans. les poumons. Ces Vers font rares, mais cependant il s’en trouve, & Fernel (b )diten avoir vu des exem-- ples. Ce qu'il y a de certain, c’eft: que des Malades en ont jetté quel- . quefois en touflant , qui étoient tel- Iement enveloppés dans les cra- chats , qu’on ne pouvoit foupconner- qu'ils vinfent d’ailleurs que de la: poitrine, comme le remarque Braf- funolus (c). De ces Vers , les uns reffemblent à des Moucherons, fe-
lon le rapport d’Avenzoard (4), &: -
de Alfaharavius { e) ; d’autres font faits comme des Pignons , felon: lobfervation de Thomas de Vei- gue ( f) » & d’autres comme de pe: utes Punaifes, felon la remarque de
(a) In dentibus verd reperiri vermes band infre- quens ef. Antomii Benivenii , Medicinalium Obfer- vat : exempla , cum annotationibus Bemberti Dodo- næi. Cap. 100. p. 194. lig. 1. in annotatione,
(b) Fern. Pathol. de morb. inteffz.
(c) Braffav. Comment. ad .Aphor. 47. lib. IV: Hipp.
(d) .Avenfoard , Lib.I. Traë. IT. Cap. 3.
(e).Alfahar, Cap. I. Tra&. XIII Prat.
€ £) Thom. à Veiga , Comm, ad Cap. $, Lib. I. Galeni de locis aff,
96 De 14 Génération | Joachim Camerarius, dans Scheñ= kius. | |
Les HErATrIQUuESs fe trouvent dans le foie , & font ainfi appellés du mot Latin Æepar, qui lignifie Foie. Tous les Médecins ne con- viennent pas que ces fortes de Vers fe forment dans ce vifeëre , & plu- fieurs Auteurs cftiment qu'ils y viennent d’ailleurs , parce que la bile du foie femble devoir empé- cher les Vers de s’y engendrer. Ce- pendant comme le foie eftfujet x des hydropifies, dans lefquelles if eft fouvent plus rempli d’eau que * de bile, il ne paroît pas impoñli- ble qu'alors il ne s'y engendre des Vers , & ce n’eft guëre non-plus, , que dans ces occafions'qu'il eft arri- vé d’y en trouver , ainf que le re- marque Hartman, & que nous le verrons ailleurs.
Gafpard Bauhin , { 4) rapporte à ce fujet, une Confultation qui vient trop à propos, pour que nous de- vions l'omettre. En 1578. au mois d'Oûobre dans l'Hôpital de Pa- doue, en préfence de plufieurs M£-
Ga) Gafp. Banh. de Obfers. propriis… É decins ,
des Vers. 97 decins, & entr'autres du célébre M. Emilien de Champ-long, alors Profefleur à Padoue, & de Gafpard Bauhin ; il fut trouvé dans le foie d’un enfant de deux ans, mort de la petite vérole , plufieurs petits Vers: Voici comment la chofe fe pafla : On étoit en: peine de f{ça-
voir fi le venin de la maladie n° ‘+4
voit point endommagé les parties nobles : Emilien de Champ-long , que nous venons de nommer, vou- lut s'en éclaircir par fes yeux , & pour cela fit ouvrir le corps. Com- me on vifitoit le foie, on trouva dans les rameaux de la veine-porté, & dans les propres rameaux du foie, un grand nombre de Vers, les uns vivans, les autres morts. Ces Vers'étoient rouges, ronds, un peu longs , & affez mous au tou- cher. Les Médecins qui affifterent à ouverture , furent de différens fen- timens fur le lieu où.ces Vers s’é- toient engendrés ; les uns foure- noient qu'ils avoient été formés dans les :inteftins, de-là’ conduits
ar les veines mézéraiques, jufqu’à < veine-porte, & de cette. veine
Tome L
98 De la Génération
dans les autres vaifleaux du foie ; d’autres ; qu'ils s’étoient véritable- ment formés dans le foie ; mais que ce n'avoit été qu'aprés la mort du malade ; & d’auires, qu'il ne falloit pas douter qu'ils n’euflent été formés dans le foie du vivant méme de l'enfant: ce_qui fut l'avis de Bauhin. Ce dernier fentiment pa- roît aflez. vraifemblable ; vu qu’il
y a des occalions où la bile du foie dégénére fi fort , que perdant pref- que toute fon amertume, elle de- vient propre ‘à laïfler éclorre des Vers , lorfqu'il s'y en rencontre des œufs.
Les SrLeniques fe produifent dans larate , & font ainfi appellés au latin Splen., ur fignifie , Ra- te. Quelques Médecins cependant croyent gel ne fe produit jamais de Vers dans cette partie, & que c'e la feule de tout le corps, qui en foit exempte ; c’eft une queftion à examiner.
Les Carpraïrrs font dans le cœur ; ils fe nomment ainfi d’un mot grec , qui fignifie cœur. I y en a de deux fortes : les Cardiaires
t
des Vers. 9> proprement dits , & les Péricar- diaires. Les premiers font dans le cœur même, & les autres dans le
éricarde, c'eft-à-dire, dans la Boëte du cœur. Il y a eu des pe- ftes où l’on trouvoit de ces Vers dans la plupart des corps que l’on ouvroit, ainfi que l'écrit Vidius. ( 4} Ils caufent de grandes douleurs &
uclquefois des morts fubites. On Paniers peut-être, comment il peut yavoir des Vers dans une par- tie dont le mouvement «ft fi con- fidérable ; mais il fuffit de faire ré fléxion à la ftruéture de ce mufcle , pour connoître que cela eft très. fa- cile. On fçait qu'à la bafe du cœur font deux cavités faites en forme de cul-de-fac, l’une à droite, l’au- tre à gauche, que l’on appelle les ventricules ; que ces ventriculeg font remplis de petites colomnesg charnues, produites par les fibres droites du cœur, & ont plufieurs enfoncemens & plulieur$s petites fentes qui rendent la furface inter- ne de ce même ventricule rude, &
(a) Pidins junior , Bb. VII. cap. 2. de curæ. membror. ARR
li
100 De ia Generation
inégale ; or c'eft dans ces inégalités ue-les Vers font retenus , nonob-
fant le mouvement centinuel du
fans qui entre dans le cœur & qui
en fort.
Les PERICARDIAIRES font dans ke péricarde, c’eft-à-dire, dans la capfule ou boëte du cœur. Ils cau- fent quelquefois des convulfions extraordinaires , dont les attaques durent peu , mais recommencent fans cefle ; ces convulfions font ac- compagnées d’une päleur effroya- ble de vifage , d’un abbatement en- tier de tout le corps , de violentes douleurs d’eftomac & de poitrine. I1 fe rencontre quelquefois de ces Malades infortunés, & le célé- bre Baglivi Médecin de Rome, n'a fait part là-deflus, d’une obfer- vation importante & Curieufe que voici. |
Un Cavaliere di 40. anni frego lati mel vivere, commincio a patire di dolor: . gagliardi di flomaco e di parti circonvici- ne doppootto giorni 1: fopra. Giunfe un fravagantiffimo moto convulfivo , cioe ogni er ro quarto d'ora era forpreffo da un momentanea moto convullivo per tuttoi
+ des Vern :- 161 corpo con pallore di volto , e pofirazione di force. Ceffato il quale , retornava detto moto convulfivo ogni mezxo quarto d’ora giorno e notte , che maggior puntualita non aurebbe ofervato l'orologio, doppo otto gtorni di quefii travagli [s fermo per due ore il moto convulfivo, doppo le quali vi fopragiunfero dolori acerbiffimi di floma- co ; e di petto per violenza de qsali poco doppo mori. Diceva lanalato nel morire fentirfi flrappare 1! cuore e Le vifcere dalli cam. Aperto il cadavere [1 retrovo nella cavita del pericaïdo vicino 4 cuore ,. un verme vivo longo d’un palmo, nero e pe- lofo | &> il cuore alquanto livido. Il reflo delle vifcere f; ritrovava nello flato natu- rale,. C'eft-à-dire : Un Gentilhoim- me de quarante ans, peu reglé dans fon vivre, commença à fentir des douleurs très-fortes dans l’eftomac & dans les parties voifines. Huit jours aprés furvinrent des mouve- mens convulfifs extraordinaires, qui revenoient à chaque demi- quart d’heure, & qui le prenoient tout-à-coup par tout le corps : ïl devenoit alors extrémement pâle, & étoit fans force : l'accès fini,.le Malade reprenoit fes forces , & {e
J 1j
ro2 De la Génération
portoit aufli bien qu'auparavant. Ces accés pendant huit jours re- tournerent fi ponétuellement à cha- que demi-quart d'heure , tant du: jour que de la nuit, qu'une horloge _mauroit pas été plus jufte. Les huit jours étant pañlés, les mouyemens convulfifs ne revinrent que de deux. heures en deux heures, & peu de temps enfuite le Malade fut atta- qué de douleurs de poitrine & d’e- flomac fi violentes , qu'il en mou- rut. I] difoit en mourant qu'il fe. fentoit déchirer le cœur & les en- trailles comme par des chiens. Quand il fut mort on l’ouvrit, & on lui trouva dans le Péricarde un: Ver vivant, long d’un palme, tout noir & velu , le cœur un peu livi- de , & toutes les autres parties dans leur état naturel.
Ce genre de Ver dont parle M. Baglivi, peut caufer quelque- fois des morts fubites ; & Sphéré- rius raconte qu'un. Gentilhomme de Florence, s’entretenant un jour avec un Etranger, dans le Palais du Grand Duc de Tofcane , tomba mort tout d'un coup ; que comme:
des Vers: tôi ôn craignit qu’il n’eût été empoi- fonné, on l’ouvrit , & qu'on lui trouva dans la capfule du cœur, (4) ün Ver tout vivant.
Les Sancuins, fe trouvent dans le fang ; ils fortent quelquefois par les faignées, comme l’aflürent Rho- äins, (&) Riolan , (c ) Ettinuller (d) & plufeurs autres Auteuts.
. J'ajoute à cela, que M. de Saint Martin, fameux Chirurgien à Pa- ris, m'a atrefté que faifant une fai- gnée par l'ordonnance de M. Quar- ticr Médecin de Paris , le fang s’é- tant arrêté tout à coup, il remar- qua en écartant les lévres de l’ou- verture , un corps étranger qui en bouchoit le paflage ; qu'il fit auffi- tôt faire un léger détour au bras , & qu'en même ternps, il vit {ortir avec le fans , qui s’élança alors avec violence , un Ver cornu de la lon- gueur d'un Pérce- oreille. Feu M, Daval, Doë@eur-Régent de la
- (4) Schenekins | Obfervar.: Medic. Kb. 11. dé corde, |
(b) Rod. Cent. 3. Obferv. 6.
(c) Riol. Encheir. Anat. p. 147.
(d) Etimnl, Schrod. dilucid, Phif. Cla]. II. de’ #ceto..
I iv
ro4 De la Génération Faculté de Médecine de Paris, & pere de M. Daval d'aujourd'hui, nouveau Docteur de la même Fa- culté , m'a afluré avoir vu plufieurs fois fortir des Vers par les faignées, & que M. fon pere en vit.un jour fortir deux par une même faignée , lefquels avoient chacun de lon- gueur , environ un tiers d’aulne. On raconte du fameux Pere Se- nault Prêtre de l'Oratoire , de qui nous avons le Traité des pañlions, que quelques jours 4vant:fa mort, on trouva dans du fang qu’on venoit de lui tirer, un petit Ver forti par la veine, lequel avoit des aîles. Je n’oferois donner ce fait pour cer- tain; car il fe pourroit bien faire qu’on eût pris pour un Infeéte en- gendré dans le fang , quelque Mou- cheron tombé par hafard dans une des palettes. C’eft fouvent à des méprifes femblables que nous de- vons quantité d’hiftoires qu’on nous rapporte comme vraies , & qui examinées de près, ne font que des preuves de la trop SRNdEl - plicité de ceux qui s'en difent les témoins.
. des Wers, ï
- Les Vers qui s’engendrent dans le fang , ne font pas tous de même fi- gure ; cependant ceux qu’on y trou- ve ordinairement, fe refemblent affez. La maniere dont ils font faits, mérite d'être remarquée. Leur corps eft figuré comme une feuille de myrthe , & tout parfemé de fi- lamens femblables à ceux qu'on remarque fur les feuilles naiffantes des arbres. Ils ont fur la tête une cfpéce d’évent comme en ont les Baleines , par lequel ils rejettent le: fang dont ils fe font gorgés. Ces. Vers qui fe remarquent quelque- fois dans le fang de l’homme, fe trouvent aufli dans celui des ani- maux, & pour les voir, il faut
rendre des foies de veau où de Pb , tout récemment tirés du corps, les couper en petits mor- ceaux, puis les jetter dans de l’eau, On en verra fortir alors avec le fang , plufieurs Vers qui aurontun . mouvement fort fenfible , fi les foies font bien frais.
Ces fortes de Vers font connus aux payfans du Languedoc , qui les appellent Dalberes , du nom
T06 De la Génération
d’une herbe qui pañle chez eux pour produire dans lé corps beaucoup de cette vermine. On peut voir là- deflus M. Borell (4) dans fes Ob- fervations de Phylique & de Mé- decine ; la chofe paroît avoir beau coup de rapport avec ce que nous avons remarqué ci-devant des Vers des Moutons page 27. Mais pour revenir aux Vers fanguins de l'hom- me, comme on he fcauroit avoir R-deflus trop de faits bien confta- tés, nous croyons devoir joindre encore ici les cinq fuivans : le pre- micr , attefté par une lettre de M. Charollois, Médecin de l’'H6- pital de Châlons für Saone; le fe- cond , par une lettre de M. Vrayet, alors Médecin à Compiegne, & aujourd'hui à Abbeville; le troi- fiéme , par une lettre de M. Col- laflon, Maître Chirurgien à Vatan, & les deux derniers par une nou- velle lettre du même M. Vrayet , qui m'a écrit tout récemment fur ce fwjet. Les voici telles qu’elles. nYont été écrités ; je n’en airetran-
(4) Borel, Cent, 3. Obferv. 4,
| des Vers. 107 ché que les complimens. Elles mé- ritent d’être lues.
Lettre de M. CHaroLLois, Mé- decin de l'Hôpital de Chälons- Jur-Saone , au [ujer d'un Ver
Janguin.
Monsieur,
» IT eft jufte que je vous fañe » part d’un fait extraordinaire con- » cernant un Ver Sanguin. Ce Ver » Eft forti par la veine médiane d’un: » homme de 66. ans, attaqué d’une » Maladie dont je vous ferai l'hiftoi- »re par la fuite. Je n’ai point vu » dans votre Livre de la Géné- » ration des Vers , ni dans aucun: » Auteur cité ; non plus que dans. ».ceux dont j'ai connoiïffance , qu'il » y aiteu de Ver Sanguin de cette: » grofieur. 11 eft de celle d’un tuyaw: » de plume à écrire : il a le corps: » comme variqueux, rouge dans le » dedans & en quelques endroits de: »- la fuperficie. Il eft rond dans toute :fa longueur, qui a près de cinq pou--
#08 De La Génération
» ces : on y diftingue três-bien-la té- » te & la queue. Je ne puis, Mon- » fieur , vous marquer d’autres cir- » conftances, manquant de micro{- » copes pour cela. Jai mis le Ver » dans de l’eau de vie, & vous lai » deftiné. Je vous l’enverrai par la » Diligence, fitôt que vous m’aurez »témoigné le fouhaiter. J'ai pris à » Paris quelques-unes de vos Lecons » aux Ecoles de Médecine , après #avoir recû le Bonnet de Docteur » à Montpellier. Je n’avois encore ntrouvé aucune occafion de vous » remercier, je {uis ravi que celle-ci » fe préfente pour vous aflurer que
» je fu is. &c.-
CHaArorzots, Aédecin de l'Hôpital de Chälons-fur- Saone en Bourgogne.
» Para premiere Diligence qui » partira d'ici, je vous ferai remet- »tre en main propre ce dont il s’a- » git, avec l’hiftoire de la maladie, » qui eft trés-finguliere.
4 Chälons-fur-Saone, ce.15. ay 1723.
es Vers. 469
Seconde Lettre de M. CHaRo1- Lois, Médecin de l'Hôpitalde Chälons-[ur-Saone , au [ujer du Ver Sanguin, dont il ef parlé dans da précédente.
M oxsteur,
» JE vous envoye, comme .je
» vous lavois promis , le Ver dont
“je me fwis donné l'honneur de
» vous Écrire. Vous ie trouverez un
» peu changé en longueur , groffeur
» @&c couleur,par le féjour qu'il a fait
» dans l’eau-de-vie. :Le Malade au-
» quel on letiraeft mort aprés avoir
» eu dans unc maladie chronique
» três-longue , des douleurs uni-
» verfelles , une infomnie , un dé-
#goût, un Ctoufflement erratique, sun pouls inégal, dur & concen- » tré, un crachement de fang noir,
» mélé de bîle, des enflures de jam-
» bes, unetenfion douloureufe , &
» à diverfes reprifes , dans la région #du foie ; des urines briquetées ,
rod) De la Génération
» quelquefois de la fievre, une dif. » ficulté de demeurer au lit pendant #les premiers jours de la maladie ; » en un mot, une affemblage con- » fus de différentes maladies , qui + m'a empéché de caraétérifer celle- #»nci, & de la réduire fous aucune » claffe particuliere.
» Vous obferverez, Monfieur, #que le Malade, pendant rout le » cours de fa maladie, n’a rendu que » trois Vers par les déjections ; en- » core a-ce été un jour de Médeci- “ne, quoique je l'aye purgé plu- » fieurs fois , & que j'aye employé » les antivermineux, regardant tou- »jours le fond de vermine comme “ caufe conjointe. S'il fe préfente » quelque autre fait fingulier, je me » ferai un fenfible plailir de vous » le communiquer , & de vous af- “furer que je fuis,
MONSIEUR,
Votretreès, &tc. CHAROLLO1IS.
A Chalons-fur-Saone, ce 2 5. May 1723.
V des Vers. 11f
Lettre de M. VRAYET, Méde- el À .,
- cin à Compiègne ; fur un Ver Sanguin.
Monsieur.
» JE ne compte pas vous faire » rien voir de nouveau, en vous en- » voyant un Ver forti de la veine du _»bras par une faignée que je fis fai- » rC hier à une Dame attaquée d’un » rhumatifme univerfel. Le Chirur- » gien , En ouvrant le vaifleau qui »avoit été piqué la veille , tira ,en »ma préfence , avec la tête d’une » épingle , le Ver que je vous en- »voye. [left rompu, & nous n’en 5» AVONS EU QUE CE QUE VOUS VOYEZ , » quoiqu'il füt peut-être de la » même longueur que ceux que » M. Daval le pere a vu fortir par » la faignée, & dont vous parlez » dans votre Traité des Vers. » La tête & le corps étoient rou- » ges, & le col blanc; il étoit de »la groffeur d’une petite plume ” d'oye; de forte qu'il avoit pref-
112 De l4 Génération » que le diamètre de la veine d’où »ila été tiré. à :» Je l'ai mis dansun bout de plu- #me