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DICTIONNAIRE

DU PATOIS

DU BAS-LIMOUSIN (Corrèze).

DICTIONNAIRE

DU PATOIS

DU BAS-LIMOUSIN (Gorrèze),

ET PLUS PARTICULIÈREMENT

DES ENVIRONS DE TULLE,

DE M. NICOLAS BERONIE,

PRÊTRE, PROFESSEUR-ÉMÉRITE DE RHÉTORIQUE; MIS EN OBDRE, AUGMENTÉ ET PTTBtlÉ

PAR JOSEPH -ANNE VIALLE,

AVOCAT.

A TULLE,

DE L'IMPRIMERIE DE J.-M. DRAPPEAu', IMPRIMEUR DE LA PREFECTURE.

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[ ET CHEZ MM. lEs Libraires.

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NOTICE SUR M. BERONIE,

AUTEUR DU DICTIONNAIRE DU PATOIS LIMOUSIN.

INlcoiAS BÉRONIE naquit à Tulle en 1742. Dès son ■enfance, on reconnut en lui les deux qualités qui ont rendu sa vie heureuse : le caractère le plus doux mêle avec la gaieté la plus aimable et une passion extraordinaire pour l'étude. Placé au Collège de 'J'ulle qui éloit alors administré par les Jésuites, il y surpassa tous ses camarades qui," s&ns pouvoir l'atteindre , ne cessèrent de l'aimer. Au mom.ent de prendre un état , il se .destina A la prêtrise. On crut, dans le temps , que l'espoir de se rendre utile à sa famille étoit entré pour quelque chose dans cette détermination. Les Jésuites avoient quitté le Collège de Tulle ; ils y fui-ent remplacés par des Ecclésiastiques séculiers. Les succès du jeune Abbé BÉRONie avoient marque sa place : il fut nommé Professeur d'Humanités. C'est dans ces fonctions , qu'il a remplies pendant vingt-cinq ans , qu'il rendit des services plus solides que brillants à une multitude de jeunes gens qui eurent le bonheur de prendre de ses leçons. Il est à Tulle peu de personnes instruites au-dessus de l'âge de cinquante ans qui n'ayent profité de ses instructions. ï>ès-lors il commençoit à recueillir les njatériaux dont il a formé le Dictionnaire que nous livrons au Public. Aujourd'hui .on ne se sert que du François dans toutes les maisons aisées; mais-, alors, les enfants quittoient le François à la porte du Collège, et c'étoit pour les y ramener qu'il éloit obligé d'étudier le Patois. Ses Supérieurs ecclésiastiques crurent récompenser ses travaux en le nommant à la Cure de Vayrac. Ce bénéfice étoit d'un revenu considérable et placé dans un beau climat ; mais ces avantages étoient peu de chose pour lui. Les devoirs de son ministère exigoient tout son temps, et il ne lui en restoit plus pour la culture des Belles-Lettres. Il trouva le moyen de concilier son penchant irrésistible pour l'étude avec les devoirs de son étal , et il préféra la petite Cure des Angles placée dans un lieu presque sauvage , mais facile' à desservir.

Après les grands orages de la révolution qui avoient bouleversé presque tous les Elablissemenls d'Instruction publique , il fut c'iabli dans chaque département une Ecole centrale ; il fut nomme' Bibliothécaire de celle de Tulle; cl ceux qui ont vu la Bibliothèque qu'il avoit créée ont pu apprécier l'étendue de- ses travaux. Plusieurs milliers de volumes , entassés sans ordre , avoient pris chacun la place que l'ordre des connoissances leur assignoit , et il étoit toujours là pour faciliter les recherches de l'homme studieux.

La Bibliothèque fut fermée, et M. BÉRONIE se livra de nouveau à l'étude, à l'instruction de quelques Élèves choisis et à la perfection de son Dictionnaire. Cet ouvrage attira d'abord la curiosité; bientôt on en reconnut l'utilité, et, sur le rapport de M. le Secrétaire perpétuel de l'Académie, le Gouvernement en ordonna l'impression. Elle étoit à peine commencée , lorsque la mort vint frapper l'auteur. Dans les derniers jours de 1820, il exhala paisiblement une ame tranquille et pure; et en voyant, dans ses derniers instans, le sourire voltiger encore sur ses lèvres décolorées, on pouvoit dire : !Voilà un juste qui meurt Ses amis le pleureront long-temps.

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PREFACE.

JN OTKE Patois est la Langue (i) que parloit autrefois le peuple de la partie des Gaules qui fut appelée Aquitaine et ensuite Guienne. Mais quelle est l'origine de ces Gaulois ou Celtes dont les Aquitains faisoient une partie? Un anonyme, qui publia en 1762 une Dissertation sur les Celtes Brigantes, prétend que les Gaulois ou Celtes sont descendus de Gomer, fils aîné de Japhet , lesquels , chassés par les Scythes , vinrent s'établir sur les bords du Lac de Constance , en lalin Lacus Briganlius ; qu'ils y fondèrent une ville qui porte encore le nom de Bregentz , en latin Brigantium; que de cette ville, il sortit une Colonie qui poussa ses conquêtes jusqu'à la Petite Bretagne que les anciens appeloient Armoriquey c'est-à-dire. Maritime; que leurs descendants occupèrent le reste des Gaules, et que d'autres Colonies se répandirent dans plusieurs contrées de l'Europe et même de l'Asie.

M. Le Bricant, membre de l'ancienne société des arts de Bretagne, a trouvé le celtique ou langue des Bretons de France dans la langue sacrée des Brames ou du Hanscrit; et il faut convenir q; e, s'il n'y a pas un peu d'esprit systématique dans l'exemple qu'il rapporte, la ressemblance est frappante. Le voici tel qu'on le trouve dans le Mercure de France, année 1778, i5 septembre , /)fl^e 147 :

HANSCRIT.

Pecta ké uenerram snÉTRO in. Mata riiutroo heshée lÉé ^É.

BlIABIA RÔ PFRVETE SHÉ TROAH. PoiAEU SUËiaOO AAI PUNDEIÉ.

CELTIQUE.

0clad thcré en ra Zetroh. Mata ze traji res hé la ne. Baria ro pe vête zc troh. Potr rèfi ze troh rai boute té.

TRADUCTION LITTÉRALE DC CELTIQUE,

Celui qui est père et fait trop de dé- pense, est cruel pour ses enfants.

Lne mère qui fait ce qui n'est pas conforme à la foi qu'elle a jurée, est cruelle.

Une belle qui accorde des faveurs à d'autres, lorsqu'elle est à toi, est truelle.

Un fils indocile ou désobéissant envers ceux qui lui ont donné le jour, est cruel.

le nom, dit-il, de Cimbriens, Cimbres, Cimmériens , Ombriens ou Ambrons, Gombriens, Cambriens ou Sicambres , n'est autre chose que celui de Gomérites , Goméris ou Gomériens, écrit ou prononce diversement, et cependant de manière à n'avoir pas perdu l'origine de celui dont ils sont descendus. Il a pour garant Joseph ou mieux Joseplie , auteur juif, "qui dit, en termes exprès, que Gomer est le père des Gommériens et des peuples que les Grecs ont appelés Gâtâtes ou Gaulois (2).

(1) J'avertis que j'emploirai indittéremment les mots Xfln(/M«, Langage, Idiome, Dialecte, quoiqu'Us ne soient pas synonymes.

(2) Jos. ûisl- des Juifs, Uv. 1, chap, 6.

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St. Isidore dérive le nom de Gaulois du grec Gala qui signifie Lait, à cause de la blancheur de leur teint provenant de leurs montagnes et de leurs forets qui les garan- tissoient de l'ardeur du soleil et du hâle. Calepin croit que le nom de Gaulois vient plutôt de Walen, voyager, à cause des fréquentes émigrations de ces peuples. Il ajoute que les Allemands appellent les Belges, Walen. Les habitants des Pays-Bas françois et autrichiens portent encore aujourd'hui le nom de Wallons. On croit que leur langage est celui des anciens Gaulois et Celtes (i). C'est peut-être du nom de JFalen que les Gaulois étoient appelés Welches , nom que le peuple donne encore aux François dans presque toute l'Allemagne. (Encyc. , au mot François, pag. 338.) Le nom de Belge parait dériver aussi bien de Betgen ou Welgen qui, en langage du pays, signifie : Étranger (2).

Peut-être qu'une partie des Sicambres qui furent défaits par Drusus, père de Germanicls, l'an de Rome 7G3, 61 ans avant J. C. , et qui se jetèrent dans cette contrée, furent appelés Belges ou Étrangers par les habitants, nom qui leur resta; ce qui fit que le pays fut appelé Belgique.

Les Gaulois portèrent aussi lo nom de Celtes. Jot. César dit que ce nom doit son origine à la langue naturelle du pays que ces peuples habitoient. Or, Wiuiciiius nous apprend qu'en Langue Celtique, Gelter, Gelten signifient : Vaillant, Courageux; et que les Romains ont changé le G en A (3).

Quoique le nom de Brigantes ne tienne pas à mon sujet , on sera peut-être bien aise de savoir comment l'auteur de la Dissertation dont j'ai parlé , lui donne une Origine Celtique, pt le fait remonter jusqu'aux Gomérites,

» Le nom de Gombri ou Gomri , qui est celui des Gomérites , ajouté au mot Cant qui » signifie Centaine , en perdant la première syllabe , chose n?*urelle à une nation vive dont » la langue, composée de monosyllabes, conserve la même vivacité, aura fait Bricant, et, à la » prononciation , Brigant. Ainsi , Gombricant est Ja véritable source de cette dénomination , j) et il ne faut pas d'autres preuves que les noms Cantabriges , Cantabri, Cantabrigenses ,

* qui n'ont d'autre différence que la transposition du mot Cant, Cantabii et Bricant étant » précisément le même nom. Un essaim ou bande de cent de ces Gomériens que les » anciennes peuplades envoyoient former de nouveaux établissements , étoit donc ce que » ce mot désignoit. »

Jt'L. César , au commencement de ses Commentaires , De Bello Gall. , divise ces contrées en trois parties, dont chacune avoit un langage, des Lois et des Coutumes qui lui étoient propres. La première est la Gaule que les Gaulois appeloient Celtique en leur langue, et que les Romains appeloient proprement la Gaule. Elle s'étendoit depuis la Marne et la Seine jusqu'au Rhône et à la Garonne, et depuis le Rhin jusqu'à l'Océan, La seconde çst la

• (1) Encyc, art. Walon où il est encore dit : « Les habitants de certaines Provinces des Pnys-lîas disent > qu'en France on parle Roman, et que pour eux, ils parlent Walon, lequel approche davantage do

!> la naïveté des anciens Gaulois. »

(a) ScHABBios, tom. i, pag. 670 et 690. (3) Scg^RDiDS, tom. 1, pag. iS^.

Cauîc Belgù/ue qui commençoit aux frontières de la Gaule Celtique, et s'étendoit jusqu'à l'Océan et au Rhin. La troisième est la Gaule Aquitaine qui est renfermée entre la Garonne et les Pyrénées.

Le nom d'Aquitaine lui vient de l'abondance de ses eaux, du latin Aqua. César ne com- prend pas la Provence dans les Gaules , parce que ce pays , autrefois habité par les Salyes ou les Snlyens, fut conquis en 65o de la fondation de Rome, 124 ans avant J. C. , par le Consul C. Sextius Calvincs, qui en fit une Province Romaine, laquelle garda le nom de Provincia, en françois, la Provence Les noms et les limites dç ces trois parties des Gaules ont souvent changé , depuis César.

Lorsque Jules César eut achevé la conquête des Gaules, 48 ans avant J. C. , les vaincus furent obligés de parler le langage des vainqueurs. Les Romains pour faire respecter leur langue et leur domination , voulurent que les peuples qu'ils soumettoient parlassent latin (i). Ils établirent des écoles à Lyon, à Bordeaux, à Autun , à Besançon, à Reims : ainsi, les personnes bien élevées parloient latin , et le peuple entendoit ce qui se disoit en cette langue. Il la parla bientôt lui-même, et n'en parla plus d'autre, parce que c'étoit l'unique langue de commerce. Mais la multitude ignorante altéra la pureté du langage romain. Les Francs, peuple sorti de Tranconie [n) , qui se jetèrent dans les Gaules, et qui n'y eurent de domicile fixe que vers l'an 4'8, sous Pharamond, (ou, suivant d'autres, sous Clodiox , son fds , vers l'an /|45 ) , mêlèrent leur langue avec celle qu'on parloit alors , et achevèrent de corrompre le latin. On n'y faisoit aucune distinction de genres , de cas , de nombres , de temps , de personnes. Ce mélange monstrueux de Gaulois , de quelques mots Tudesques ou Francisques, ou Théotistes et de Latin fut appelé Roman, Romance, Romancier, parce que le latin , Sermo romanus , faisoit le fond de ce nouvel Idiome. On l'appela aussi Langue Rustique, Romain Rustique. Cette langue vulgaire se répandit et passa les Alpes, St. Grégoire dit qu'à Rome même elle étoit en vogue au 6° siècle. Grégoire de Tours , qui vivoit au sixième siècle , se plaint que la langue rustique ctoit plus à la mode que la latine. Mais cette Romance fut différente, suivant le langage de chaque partie des Gaulée. La Romance dé la Provence, celle du Languedoc et celle de l'Aquitaine avoient peu de conformité avec celle qu'on parloit dans la Gaule Celtique, et avec «elle qu'on parloit dans la Gaule Belgique, parce que le Grec et le Latin dominoient davantage dans les premières, et que le Celtique et le Tudesqae dominoient davantage dans les secondes; et principalement, dans la Romance

(1) Vil. Max., liv. 2., chap. 2.

(2) Les Francs, peuples qui habitoient entre le Rhin et l'Elbe, qui se liguèrent vers le commencemont

Ae l'Ere Cb.rét., el se donnèrent le nom de Francs, en témoignage de leur liberté. ( Chevieb, Introd. , <iéog. , l!v. 5, cil. 7. )

Lu anonyme, dans le Recueil de Schaedics , tom. i, pag. SaS, donne cette étymologic de Frank, Francus, mot composé de Frik et de Ank, qui signifie : Jeune, homme. Il paraît que les Francs ont été une jeunesse vaillante qui s'est affranchie de la servitude.

{?)) J'cnlends par £eltiquc, la langue qui fut appelée dans la suite la Langue d'Oui, par opposition à la Langue d'Oc; c'étoit celle des peuples qui habitoient depuis la Loire jusqu'en Picardie. 0» J'apjpela aussi liomance française.

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Celtique (5) qui fut appelée Romance Françoise. Dans les temps que cette ïïomance Françoise étoit informe et barbare au point de ne faire presque aucune distinction de genres , etc. , la Romance Provençale avoit une marche régulière et une grammaire raisonnée. Voy. La Grammaire Romane de M. Raynouard.

Le François ne se forma qu'au 10° siècle, par opposition à la Romance Provençale, à la Romance Languedocienne et à la Romance Aquitanique (1).

Les Seigneurs particuliers, qui devinrent comme les Souverains héréditaires de l'Aquitaine, y maintinrent la Langue Romance avec facilite. Cette Province étant moins exposée aux incursions des ennemis, et, étant plus éloignée de la Cour où on parloit la Langue Germa- nique, n'éprouva pas, dans son langage, les changements que, soit le ïudesque, soit le Danisque ( Langue des Danois ou Normands ) purent causer naturellement au-delà de la Loire. Cette Langue vulgaire fut divisée en autant d'Idiomes qu'il y eut de Seigneurs, de Ducs et de Comtes. De même qu'on vit autrefois, dans l'ancienne Grèce, les Athéniens, les Ioniens, les Doriens, etc. , modifier diversement leur langue immortelle, il se forma de même, dans le midi de la France, plusieurs Idiomes distingues par mille nuances, tels que le Provençal , le Languedocien proprement dit, le Toulousain , etc. , quoiqu'ils ne formassent au fond qu'une même langue. C'est ainsi que les gens attentifs savent très-bien distinguer encore aujourd'hui le Provençal, du Languedocien; le Toulousain, du Bordelois; le Béarnois, du Limousin; le Périgordin, de l'Auvergnat, etc. C'est ainsi que l'on peut dire, en général, que chaque Province, chaque Yille , chaque village même, offre, pour ainsi dire, autant de différences marquées, soit dans l'expression, soit dans la prononciation (2).

INous trouvons la première forme de notre Langue vulgaire dans la Langue Provençale et dans celle des autres Provinces méridionales. Maigre les divers Idiomes qui ont été occasionnés par le séjour des Bourguignons et autres peuples dans la Provence , des Visigots en Languedoc, et des Espagnols montagnards dans la Gascogne, c'est toujours le même fond, c'est un Latin mal construit et mal prononcé. Cette Langue méridionale qu'on nomme géné^ ralement Provençal, malgré la diversité de l'accent Gascon, du Toulousain, du Provençal et de l'Auvergnat, n'est point différente de notre François dans son origine. Si elle a conservé plus de conformité avec le Latin , c'est parce qu'originairement le Latin étoit plus vulgaire dans les Provinces méridionales qu'en deçà de la Loire. INos Provinces méridionales ont fait fort long-temps des États séparés de la France ; les septentrionales ont d'ailleurs toujours étudié et tâché d'imiter le langage de la Cour et de la ville capitale, lequel paroissoit s'em- bellir par les réformes que le beau monde et les savants y introduisoient d'un siècle à l'autre.

(j) 11 siiflîioil (le dire la Romance Provençale. M. Hiet et Doia Vaissete disent qu'au io« siècle, le Langage Romain fut appelé Provençal, parce qu'il fut moins conompu dans la Provence que dans les auU'CS provinces de Fiance, et que les Troubadours en ont toujours fait usage ilans leurs vers. Les peuples de liouigogne, d'Auvergne, de Gascogne, d'Aqu :aine s'appeloient Provençaux. Tous ceux qui se méloient de composer des chansons dans le midi, se qualifioient du nom de Provençal ou Troubadours. ( Lacombe, Suppl. Préface, pag. 10. )

(2) Ces différents Idiomes ont beaucoup perdu de leur caractère original par le mélange d'un grand nombre de termes françois qu'ils reçurent des troupes royales, lorsqu'au 16' siècle, les guerres civiles fit religieuses nécessitèreut leur séjour dans ces jiialbeureuses contrées.

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Le blason qui a pris naissance dans les tournois du moyen- âge, et qui s'est perfectionné dans les croisades, nous a conservé, aussi bien que la vénerie et la fauconnerie, une partie du vieux François vulgaire. Il nous reste encore des moyens de retrouver le tour et les termes de notre ancienne langue maternelle , dans le désordre même de la latinité du moyen âge, en remontant aux formules de Makculphk qui vivoit au 8° siècle, aux capi- tulaircs des Rois de la seconde race , aux lois des différentes tribus françoises , et à ces actes informes, mêlés de Latin et de Romance qu'on trouve dans les preuves de l'bistoire du Languedoc. L'inexactitude qu'on y voit dans la structure, dans le cboix des mots et dans celui du genre, est fondée sur l'habitude où l'on étoit de parler communément un latin défiguré par des tours populaires ou étrangers. Les Gaulois et les Francs s'étoient accoutumés à se faire entendre tellemcnt-quellement en latin. Mais c'étoit en suivant le génie de leur ancienne Langue, ou Celtique ou Allemande, sans observer ni la régularité de la composition, ni la distinction des cas, ni celle des genres, et en substituant, à tout propos aux termes latins des mots Gauloie, des mots de la Langue Franque ou Tudesque, c'est-à-dire. Allemande, d'autres termes de la Bourguignone et de la Gothique, ce qui a produit la Langue Rustique Roiïiaine (i).

Dans le i4' siècle, on avoit divisé toute la France en deux Langues, la Langue d'Oui dont Paris étoit la première ville , et la Langue d'Oc dont Toulouse étoit la capitale. Le fondement de cette division étoit le mot Oc qu'on disoit pour Oui, dans tout le pays qui, à cause de cela, fut appelé Languedoc (2).

La Justice, depuis le commencement de la Monarchie, avoit été rendue en Latin; elle commença à l'être en François, en i536. François I" fut déterminé à ce changement par une expression barbare employée dans un Arrêt du Parlement de Paris (3). Du temps que les Jugements se rendoient en latin, on disoit en latin barbare, Debotare , pour : Débouter (4). Ce qui donna lieu à une plaisanterie d'un Gentilhomme qui, étant interrogé par F'rançois 1°' du succès d'un procès. pour lequel il étoit venu en poste à Paris, répondit qu'aussitôt son arrivée, la Cour l'avoit Débotté, faisant allusion au dispositif de l'Arrêt qui portoit : Dicta curia dictum actorum debotavit et debotat. Le Roi, surpris d'un langage si bizarre, ordonna, peu de temps après, que les Contrats, les Testaments et Actes judiciaires seroient rédigés en François (5).

On a dit et on répète que la Langue Françoise, telle qu'on la parle actuellement, vient du Roman , ce qui est vrai ; que ce Roman ou Romance est formé du Latin , du Celtique

(i) Spectacle de la nature, tom. 7, pag. 25 1 et suivantes, (a) Encyclopédie, au mot Languedoc.

(3) Nouveau Dictionnaire historique.

(4) Débouter, verbe actif, est composé du mot patois Èouta, verbe actif, et de la particule extraclrve ou de séparation rfe y débouter, c'est-à-dire, pousser hors, rejeter. L'Bpagnol dit aussi Botar, chasser, expulser.

(5} Encyclopédie, au mot Débouta,

et du Tudesque. Pour ce qui est du Latin, il est incontestable qu'il y occupe une très- grande place ; mais je crois que le Celtique ou Bas-Breton , et le Tudesque ou Allemand moderne, n'y ont de part que pour quelques mots, et que ce Roman est formé du Latin et de l'Idiome Provençal , dans lequel je comprends l'Ldiome Aquitain , Limousin , Auvergnat, etc. Ce qui sera confirmé par le serment de Charles-le-Chalve , en Tudesque; et par celui de Louis-le-Germanique , en Langue Romance (i). Je ferai sur ce serment des remarques qui prouveront l'analogie qu'il y a entre le Roman et notre Patois. Je ferai voir ensuite que ni le Celtique, ni le Tudesque n'ont aucune conformité avec notre l'rancois. Les observations qui suivront regardent directement ce Dictionnaire.

Avant de rapporter le serment de Louis-le-Germanique , il est nécessaire de faire'connoître un E de notre Patois. Sans cette connoissance , il seroit difficile d'entendre quelques-unes des remarques que je ferai sur ce traité.

Observations sur un E qui est une voyelle propre de notre Patois,

Les Latins employoient souvent e pour i, et i pour,«, jiulai pour aulœ, hère pour heri, omnis pour omnes, Tite-Live écrivoit sebe pour sibi ^ quase pour quasi. Cela vient de ce que les Latins «voient dans leur langue, comme nous avons dans notre François, des e longs et ouverts , et des e fermés ; mais aussi ils en avoient un dont la prononciation étoit moyenne entre IV et \'i : c'est cet e qui, dans notre Patois, est à la fin des mots obc, oui; loufe, "iFloin; lo fe, la foi, Il est deux fois dans le mot entomena , entamer. Cet e est moins aigu que Vi, et plus obscur, plus obtus que \'e fermé; mais le son ne s'en perd pas comme celui de \'e muet françois.

QuixTiLiEN nous apprend que les Latins avoient cette espèce à'e, quand il dit ; In hère, neque e plane, neque i auditur. Dans hère, on n'entend pas distinctement <?, on n'entend point i ; peut-rêtre que cet e mitoyen entre Ve fermé et Vi, distinguoit le nominatif et l'accu- satif pluriels des noms de la troisième déclinaison , ainsi que l'ablatif singulier et le nominatif, accusatif et vocatif neutre des noms de la même déclinaison. Ce n'est qu'une conjecture de ma part , m^\% elle n'est pas dénuée de vraisemblance. ( Quintilien , lit. i , ch. 4- )

Serment de Louis-le-GepiMANique.

Pro don amur (i) et pro Christian poblo , et nostro commun satvament, dist di (2) en avant , in quant (3) Deus savir (4) et podir me (5) -dunnt, si salvara-i (6) io (7) cist (8) meou fradre (9) Karte, in adjudha (10) et {\\) in cadhuna (12) cosa, si cum (i5) 0??» (i4) per

(1) C'est un traité qu'ils font à Strasbourg en 84a , de se secourir mutuellement contre les entreprises de leur frère Lotbaire, Empereur; ils étoient fds de Locis-ie-Débonnaibe et petit-fils de Chariemagne. Loiiis-LE-^ERMAsiQUE fut Roi dc Bavièrc; Charles, Roi d'A(jujtainc et de Neustrie. Iotbaiee eut l'ilalie ,%yec fitre d'Empereur.

rîj ireit (i5) ditl (16) in 0 (p;) il niê (jS) allre (19) «t /««^ (20), et al>' (21) Lurf/je?' nu/ vlaid (22) minqmm (23) prendra-i qui (24) meora vo/f (^S), m« meo» /rarfrc /faW^ jf» damno sit (26).

Locis fait son serment en Roman, pour être entendu des Seigneurs et Vassaux qui avoient suivi Charles; celui-ci de son côté, fait le sien en Langue Tudesque, pour être entendu des Germains.

(1) Pro don amur, voilà bi<;n la construction et les expressions latines, mais la ternri- naison des cas n'y est point; c'est-à-dire, pro domîni amore ; littéralement: pour du Seigneur l'amour. Dans d'autres manuscrits, on lit Den, au lieu de Don; en suivant cette leçon, le mot est peu différent du latin; et en prononçant on, ïn final, comme les Latins le prononçoient, et comme le prononcent encore les autres peuples de l'Europe, nous avons à-peu-près le même mot dans notre patois; car, dans bien des communes , on dit : Le boun Di-ou ; le bon Dieu.

(2) Dist di, vient infailliblement du latin de isto die, de ce jour; l'Italien qui doit tant A notre Roman, dit encore : da sto di. — En avant est patois et françois.

(5) In quant est une expression latine inquantum , autant que.

(4) Savir et podir , nous disons : Sober et pouder , savoir et pouvoir.

(5) Me, Les Latins employant souvent e pour i et i pour e, me est ici âù lieu de mt, par contraction, pour miiii, à moi. Nous disons aussi me pour : à moi. // me diro , il me dira ; mihi dicat.

(6) Salvara-i se prononçoit saos doute comme nous prononçons notre diphtongue a-i. Voyez page xj.

(7) Nous disons io-ou, dans d'autres communes i-ou, dans quelques autres ie~ou, pour xlire , je. L'italien dit aussi io.

(8) Ci&t. Les Latins ne connoissoient que le c dur^ c'est-à-dire, le c qu'ils prononçoient comme le k. Or, en prononçant le c dur, et Ve comme Ve mitoyen, nous trouverons, comme dans notre patois, Keste ; ce, cet. Keste libre, ce livre. On dit aussi Okeste.

(g) Fradre. Ce mot est aussi dans l'Italien ; nous disons : Fra-ire, frère.

(10) Adjudha. Nous disons : Odjuedo, s. f . , et Odjuda, y, a., aider, v. a.

(11) Et in cadkuna. L'auteur de l'article Romane (Langue) , dans l'Encyclopédie, au lieu de et, lit cr ; c'est-à-dire, ero , par contraction, je serai; je ne sais d'après quel manuscrit. J'avoue que ero convient mieux au sens de la phrase.

(12) Cadhuna casa, chaque chose ; dans notre Xaintrie et dans les départements méri- dionaux, on dit : Cadun , caduno ; codun, coduno. Nous disons : Tsascun, tiascuno. L'italien dit : Ciascuno, ciascheduno , ce qui le rapproche bien de notre patois.

(i5) Çum, Vu se prononçant ou, c'est notre coumo, comme; du latin quomodo, de la manière que.

^14) Om, c'est Je mot latiu homo, le ùaot patois Orne, et le mot françois homme.

(i5) Per dreitj par droit; nous disons : lou Dret, le droit; et, dans d'autres communes. lou dreit.

(16) Dist, pent-être que ce mot est de l'ancien Langage Aquitanique ou de quelque langue étrangère. Ce qui m'embarasse, c'est que Dist, qui est au commencement, signifie sans contredit : de isto die; or, ici il doit signifier : decet, il convient; comme list, signifie: licet, il est permis. Dans les Ordonnances de Guiliai'me-le-Conquérant , en 1067, on trouve list pour licet; * si le père trovet sa fille en adultérie ,. • • . l'en list occire l'adultérie. »

Alors Dist est un homonymie comme il y en a dans toutes les langues. DucANGE, dans sa préface, pag. 7)^, prouve qu'il faut lire Dust; débet, il doit.

(17) In 0 quid , c'est le latin corrompu, m hoc (juid ou in eo quod, en ce que; en patois, en ço que, c'est exactement le françois, à la prononciation près.

(18) // me, voilà encore me pour mi; milii, à moi.

(19) Altre si. L'italien a exactement le même adverbe, qui signifie : Pareillement.

(20) Fazet est indubitablement le mot fauret, ferort ; corrompu on mal lu dans un manuscrit; car l'auteur de VAlsacia illustrata, a lu faret; c'est le mot latin faceret , par contraction. Ducange met aussi en marge faret, pag. 3() de la préface.^

(21) yib est la préposition latine de, — de la part de,

(22) Plaid, du latin placitum , qui signifioit dans l'origine : Plait ou Plaisir, Volontés Cétoit une convocation que nos Rois des deux premières races faisoient de leurs sujets , pour entendre leur volonté , ad placitum suum. Cette assemblée étoit le Conseil du Roi et le premier Tribunal de la Nation, où se traitoicnt les grandes affaires; ainsi, ab Ludlier nul plaid prendra-i , signifie : et, de la part de Loin aire, je ne prendrai aucun arrêté.

Nul est le mot latin Nullus ,. en françois et en patois. Nul.

(23) Nunquam est un adverbe latin qui ni^mïiQ J amais , qui vient de notre adverbe patoisr Dzoma-i. L'italien dit Gioma-i.

(24) Qui, par lequel, c'est l'ablatif du pronom relvitiî qui, quœ, quod ; qui, lequel, laquelle. Cet ablatif étoit quoi , dans l'ancien latin. Dans la suite on retrancha Vi, et on dit quo ; quelquefois on retranchoit Xo, et on disoit qui. Qui fit, Mecenas? pourquoi se fait-il , Mécène ?

(25) Meon volt est encore un ablatif latin : ex ou de meo velle , de mon vouloir.

(26) In damno sit est purement latin, en dommage soit.

la dernière phrase, et ab Ludher, etc., se traduit littéralement. « Et, de la part de » J^OTiiAiRE, aucun arrêté jamais je n<; prendrai, par lequel, de mon vouloir, ce mien > frcre en dommage soit. »

J'ai avancé que le Bas-Breton ( Celtique ) n'avoit aucune conformité avec le Roman VlU'Giiel le François s'est formé; or, par le Celtique, j'entends le Bas-Breton (1) ou l'Idiome

(1) Ia Ças-Brelon, le Gallois, le Basque ne sont que des restes de l'ancieu Celliiiue.

ix

qu'on parle actuellement dans la Basse-Bretagne , comme l'entendent plusieurs auteurs peu d'accord avec plusieurs autres qui prétendent que le nom de Celtes étoit donné à tous les Gaulois , ce que son étymologie paroît confirmer. ( Voyez pag. i . )

Pour prouver mon assertion, je rapporterai quelques Proverbes Bas-Bretons, j'en donnerai la traduction françoise et la traduction en Patois Aquitanique.

Fallu ibil a Soer har vigour da guente.

ISe quant gant taboiuinou e iislumergue zec lard.

Armean a ruill ne zistum a guinvi.

Barnilar reell e vel ma fell deocli besa barnet.

TRADUCTION FRANÇOISE.

La plus mauvaise cheville de la charrette est celle qui fait le plus de bruit. Ce n'est pas avec un tambour qu'on rappelle un cheval échappé. La pierre qui roule, n'amasse pas de mousse. Jugez autrui, comme vous voudriez qu'on vous -jugeât.

TFiADUCTiON EN PATOIS DE TULLE.

Lo pu mo-ouvaso tsovillo de lo tsoreto es oqtielo que fa-i lou ma-i de brut. Oco n'es pas onb'un (i) tambour que l'an (2) ropelb un tsoval esisopa. Lo pe-iro que rollo , nomasso pas de mousso. Dzudzas bus a-outres , coumo vo-oudrias que l'an vous dzudzesso.

On voit par ces exemples combien il y a de conformité entre notre Patois ou le Roman Aquitanique et le François, et qu'il n'y en a aucune entre ces deux Idiomes et le Bas- Breton qu'on appelle Celtique,

Le Tudesque ou Francique ^ Franctheuch, Thcotiste, Théotique ou T/ievil (car ce langage portoit tous ces noms ) n'a pas plus d'analogie avec le François que n'en a le Bas-Breton. On en peut juger par le sennerit que prête Charles en Langue Tudesque,

In goddes nimma , ind durh tes xristianes folckes , ind un ser bedhero geattuissi son tesema dage frammordes , so fram «o got genuisei indi mahd furgibit, soiiald ik tesan minan bruodher. . . , Soso manmit rehlu sinan bruoder scal , inthin thazermig sosoma duo, indi mit Lutlierem inno iheinni. ting ne gegaugo meisson imo ce scadhen nuerdhen.

(a) Onb'un tambour, la préposition avec se dit en patois, Onl}' ou Oiul' , par exemple : Onb'un tambour ou ond'uu tambour. Les lettres B et D sont des lettres euphoniques, comme le T dans v'ienJra-t-il.

(3) On ou i'on se dit en patois, t'an. Dans le 12* siècle on disoit l'en, à qui meSchiet, t'en li me sofro.- L'en li laisat entrer. U est probable qu'on prononçoit alors i'frtf comme jKius le prononçons à-préseot en français. ( Spectacle de la nalure, pag. aiS/ aj4. ) • .

TRADUCTION LITTERALE.

En de Cieu amour, et" pour du chrétien peuple et notre commun salut de ce jour, dorénavant aussi loin que à moi, Dieu sagesse et pouvoir donne, ainsi garde-je à ce mien frère, ainsi que l'on avec raison son frère doit, afm que il à moi la même chose fasse, et avec Lothaire dans aucun arrangement ne viendrai, à lui dommage soit (i).

'L'étymologie vient à l'appui de mon opinion. Qu'on la consulte sans prévention et avec un esprit dégagé de tout attachement à un système , on conviendra que la plupart des mots qui ne sont pas Grecs ou Latins, ont leur origine dans le Patois des pays situés au-delà de la Loire. Je dis la plupart, parce qu'il y en a quelques-uns de la Romance françoise (2) , soit parce qu'il y en a d'autres du Eas-Breton et de l'Allemand ; pour ce qui est de l'Italien (3) , de l'Espagnol (4) et de l'Anglois (5) , il est indubitable que ces trois langues pnt beaucoup emprunté de notre Roman.

Il n'est pas surprenant qu'il y ait plusieurs mots Grecs dans notre Langue : 1°. Parce que le Latin en contient beaucoup ; 1", Parce que les Languedociens et les Aquitains les avoient reçus des Marseillois qui étoicnt une colonie de 'Phocéens en lonie, dont le Grec étoit Ja langue naturelle. Ils furent appelés Tn/niir«(?Sj parce qu'ils parloient également bien le Grec , le Latin et le Gaulois, Voy. l'éloge que font de Marseille , Cicéron jiro flacco, n°. 63 , et 8' Philip, n,* 18; Tacite j vt> d'Jgricola, n°. f\. Voy. dans Val. Max. , liv. 2, ch. 6 , n". 7 et suiv, , quelles étoient les mœurs douces et les sages lois des Marseillois.

Quand ijn uiot françois n'a pas une étymologie satisfaisante dans le Grec ou le Latin , pn peut raisonnablement croire qu'il vient de notre Patois et rarement de la Romance Françoise ou de la Langue d'Oui , du Celtique et de l'Allemand. Tels sont les mots de notre Patois : Barrique, Bec, Besogne, Besoin, Bilht; Boue (en Patois : Boudro, quelques- uns disent Broudo ; le Provençal et le Languedocien : Braudo ; le Lorrain : Brode, Braude). pourra, en françois : Bourrer, Frapper. Briller, But, Cahute, Combuger, Chômer, .pièce. Poutre, Tomber, etc. , etc.

(1) Giey. Langue et Littérature des anciens Francs.

(2) De son côté, la Romance Françoise dut nécessairement admettre des mots aquitaniqiies , parce que Charles-le-Ghavve tint long-temps dans la Nens'.rie les troupes qu'il avait amenées de l'Aquitaine, pour s'opposer aux entreprises de Lothaire, et pour repousser les Normands.

Les Troubadours ou Provençaux du 12' et i3' siècles, bien accueillis, bien tiaités des grands, appcbs mêmç à la Cour, enrichirent d'expressions et de tours de l.eur pharmant langage la liomance iraiiçoisc qui, dans le siècle suivant, fut appelée langue d'Oui.

(5) Les Gaulois avoient formé un établissement en Italie , dès le temps que Tabocis l'Ancien régnoit

à Uome, après l'au i4o de la fondation de Rome, et avoient fondé Milan, Cômc et plusieurs autres villes.

Les Boyeiis et les Lingons, qui viprent ensuite, passèrent le Pô, chassèrent les Ombriens el les Kliiisques,

, et se tinrent aux pieds de l'Apennin. Les pays que les Gaulois occupèrent, furent appelés Gaule Cisalpine

qui fut divisée en Gaule Cispadane et Gauh Transpadane.

(/)) Des relations politiques et commerciales, la guerre que nous avons portée en Espngne, y ont transplanté beaucoup de nos mots patois et françois.

(5) Les Anglois occupèrent la Guienne plus de ?oo ans, après qu'EtÉosoBi, Duchesse de Guienne, quj avoit fait divorce avec Louis VII, en 11 5a eut épousé IIiiNni II, Duc de Normandie et ensuite Roi ^'i^figlpterre 5 à qui elle porta en dot la Guienne cl Iç Poitou.

^1

Les étymologistes entêtés de la prédilection qu'ils ont pour telle langue en particulier, la trouvent partout en retranchant, ajoutant, changeant, transposant des lettres, mutilant des syllabes, donnant des entorses au sens primitif d'un mot. Ils veulent nous persuader que ce -mot vient de leur langue chérie. Tout est Grec aux yeux d'un Gréciseur. Le partisan du Bas-Breton vous dira très-affirmativement qu'on ne voit , et qu'on ne verra de véritable étymologie que dans les racines de la Langue Geltique. Il arrive souvent qu'un étymologiste, au lieu d'aller puiser dans quelque Idiome Gaulois , ou d'avouer franchement que ses recherche* ont été infructueuses , donnera des étymologies arbitraires, ridicules, absurdes. On en trouve de telles parmi celles de Ménage. Qui auroit soupçonné que Laquais vient du latin Verna , et que Alpliana vient du latin Equus ? Ce qui a donné lieu à cette cpigramme plaisante :

Alpliana vient d'Ecfuus, sans doute;

Mais il faut avouer aussi

Qu'en venant de-là jusqu'ici,

Il a bien changé sur la route.

Ces chercheurs d'origines s'épargneroient bien de la peine , s'ils vouloient trouver l'ono- matopée dans Aboyer, Bruire , Bruit j, Craquer , Croquer j Éclater:, Écraser, Fracas, Fracasser, etc., etc. Outre cela, n'y a-t-il pas des mots qui ne sont diis qu'au hasard, au caprice, à un événement dont on a perdu le souvenir?

Observations pariiculières concernant notre Patois.

Nous avons sept voyelles : a, é, e sans accent (Voyez page vj) , i, o, u, ou. Je mets ou parmi les voyelles, parce qu'il se prononce d'une seule émission de voix, et qu'on n'entend pas deux sons distincts.

Notre Patois a plusieurs diphtongues qui ne sont pas d'usage dans le François , a-i, a-ou e-i, i-ou, e-OM sans accent, ia-ou, i-éou, i-o-ou, o-i , o-ou, o, ui.

Enfin , il y a dans notre alphabet des lettres doubles que l'alphabet françois n'admet pas. Ces lettres sont Ts et Dz.

Observation sur les J^ojelles.

Toutes les voyelles du Patois se prononcent comme celles du François , excepte que nous n'avons ni l'è ouvert, ni \'e muet. Nous avons un e mitoyen, ç'cst-à-dire , qui tient le milieu entre Vê fermé du françois et Yi. (Voyez page vj).

Observations sur la Prononciation des Diphtongues.

A-i ne se prononce pas comme dans le verbe haïr qui forme deu* syllabes, et où Vi est tj'ès-détachc de l'a; mais comme daos le cri de douleur /««-t , ha-i : lou pola-i, le palais.

A-ou , comme dans lou tra-out la solive; tous pia-ous, les cheveux (i). Je remarque à-présent qu'il n'y a pas de triplitongue dans le patois ; car ou ne formant qu'un son , il doit être regardé comme voyelle. Ainsi, il n'y a qu'une diphtongue dans pia-ous ^ c'est- à-dire, a et eus. Il en est de même de é-ous dans ogné-ous, et de o-ou dans bio-ou.

Bi se prononce comme dans le mot Dey^ dey de Tunis.

É-oii, comme dans Ve-oii^ bientôt; Vé-ou avec l'apostrophe, l'œuf.

J-ei, comme dans lou pi-ei; pi-ci, le pis d'une vache, d'une brebis.

Jé-ou, comme dans lous ognié-ous, les agneaux.

lo-ouj première personne; lou bio-ou, le bœuf.

lou, comme dans eslsontillou , les deux //mouillés, échantillon. Je ne mets pas i-ûu qvii est dans les mots csti-ou, été; f/uesli-ou, question; parce que i-ou se prononce en deux temps.

O-i n'a pas le son de Va, comme dans le mot françois bois qu'on prononce boua sans conserver aucun son de Vi; au lieu que, dans le patois, o et i doivent se faire entendre distinctement, mais être prononcés d'une seule émission de voix.

O-ou : lo po-ou , la peur.

0-ui : Bo-uissa, Frotter, Nétoyer, Balaj'cr. 0-ui ne se prononce pas comme dans l'adverbe d'affirmation ou de consentement du françois oui, il est vrai, je le veux bien, ni comme le participe passé du verbe ouïr, ouï, ouïe; mais de manière que 17 soit peu sensible et se lie avec ou; c'est-à-dire , comme à Paris et dans quelques Provinces on prononce le mot Fenouil; c'est-à-dire, qu'on entend folblement Ft très-lié avec ou, et qu'on retranche 1'/ mouillé.

Ceux qui ne connoissent pas le Patois, pourront par cette explication de la prorHjnciation du mot Fenouil facilement comprendre l'explication de nos autres diphtongues.

Ou-o, comn>c dans bisquou-^, hochequeue, oiseau qui remue continuellement la queue. Oprivourosa, Apprivoiser.

Observations sur les doubles Lettres Ts et Dz,

Ch qui est dans les maty françois, tels que Chai&e , Chambre, Chapeau, a dans le patois l 'articulation de Ts : Tsodié-iro, Tsamhro, Tsopel. Le J qui est dans les mots françois, tels que Jamais , Jarretière , Déjà , se prononce comme Dz ; Dzoma-i , Dzoretié-iro , Dcilza.

11 est difficile de faire connoîtrc par écrit la prononciation du Ts et du Dz, mais un jeu d'enfants pourra aider à la saisir. Il n'est pas de jeune homme qui , pour s'amuser

(i) Quelques Grammairiens ont appelé Triphtongtues , luic syllabe composée de Irois voyelles; mais le François n'a point de Triphtongues proprement, puisqu'il n'a pas de syllabe formée eu trois sons (Gatiïx).

sur le bord d'une rivière, n'ait lancé dans l'air une petite pierre plate qui, tombant, de champ dans l'eau, rend ce son Tse. C'est exactement le son de notre Ts; mettez Je </ à la place du f et le i: à la place de Vs, et vous aurez le son du Dz.

Remarquez que le patois du département du Lot et de la partie de notre département qui l'avoisine , admet dans très-peu de mots notre Ts et notre Dz. Au lieu du Ts , on y emploie le c dur, et on dit : lo Cambra^ lou Copel. Au lieu du Dz, on emploie le g dur, on dit : b Goritie-iro ; lo GarrOj la jambe. Tous les pays méridionaux en usent de même- Mous disons : lo Dzarro.

'Avertissement sur r Orthographe.

Je mets le trait d*union entre deux voyelles d'une diphtongue , non pour les détachcj et les faire prononcer séparément, comme dans Haïr; mais pour avertir que les deu:;^ voyelles ne doivent pas rendre un seul son, comme dans Auprès, Outre, Paire, Peine j ni faire une diphtongue différente , comme dans le mot françois bois qu'on prononce boua. (Voy. à la page précédente la diphtongue 0-i)^

Quand la voyelle e devra se prononcer comme Vé fermé du François, j'y mettrai un accent aigu é; quand il devra se prononcer comme Ve mitoyen du Patois, je n'y mettrai point d'accent.

J'emploirai l'orthographe du François dans les syllabes qui ont une cédille sous le c : par exemple, on met une cédille sons le mot françois Garçon, je mettrai de même une cédille sous le mot patois Gorçou. Ce que , se dit en patois , ço que ; pour mettre de la. ressemblance entre l'orthographe du patois et l'orthographe françoise , je mets.ro que.

Et même pour consener la ressemblance de l'orthographe patoise avec l'orthographô françoise, lorsque dans le François le" c n'a pas de cédille, parce qu'il est devant un e\ et qu'au lieu d'un e^ il y a dans le Patois un a, ou un o ou un u, j'emploirai le c avec la cédille; par exemple. Pincer, Pinça; Pincée, Pincado,

Notre Patois a conservé la lettre s qui étoit anciennement dans plusieurs mots françois. Ainsi, nous disons : bu Bostou, b Testo , b Costa, etc. Dans plusieurs communes, on a, comme dans le françois, retranché \'s, et on prononce la voyelle très-longue '.bu bâtou, b Têto, b Cota; en françois : le Bâton, la Tête, la Côte.

Je mettrai l't après les deux II, quand ils devront être prononcés mouilles, afin qu'on sache exactement quand il faut prononcer fortement les deux II, comme dans Guillo, ou les mouiller, comme dans Tsovillio, Cheville, etc.

Nia, nié, nia, niou ne faisant qu'une syllabe, comme dans Gonia, Heiouàio ^ Gûnivu , seront écrits comme dans le François : Gagner, Besogne.

Pour mettre toujours de la conformité entre l'ôrthogrflphe et la prononclatidn françOisës, et l'orthogrophe et la prononciation du patois, j'écrirai en pat9is que le pronom et l'adverbe

xiv

françois «lue. Remarquez que dans le mot patois que, \'e est un e mitoyen, et nous disons que, soit qu'il soit adverbe ou pronom, relatif au nominatif ou à l'accusatif. Ainsi, on dit également Creze que, je crois que; l'Home que parla, l'homme qui parle; l'Home que vezés, l'homme que vous voyez. Par la même raison, j'écrirai avec qu les syllabes qui commencent par ces deux lettres dans le François : QuounoulUo , quenouille; Quouo , queue.

Je terminerai par un s les noms et les adjectifs pluriels, ainsi que la seconde personne du pluriel dans les verbes. Je terminerai quelquefois par un t la troisième personne du singulier, quoique on prononce rarement ces lettres, excepté aux articles, bus, las; en François hs.

J'écrirai avec un Dz les mots qui, dans le François, ont un J, comme Dzoma-i j jamais; Dzable , jable.

J'écrirai avec un Ts les mots qui ont un Ch dans le François , comme Tsambro, chambre ; Tsominado , cheminée.

' Les voyelles et les syllabes qui doivent se prononcer longues seront surmontées d'une petite ligne horisontale — et les brèves d'un petit croissant^.

Remarquez que le Provençal , le Languedocien , le Quercinois mettent ordinairement a où nous mettons o, et o où nous mettons a. Ce changement de voyç^les est moderne; il ni'avoit pas lieu au 16° siècle. On lit dans l'acte d'une assemblée dé la ville de Tulle, en i5o8 : La diia annada era subgeta en plegas.,... La vila de Tula, etc.

Remarquez encore que lorsque les étymologistes dérivent un mot françois du latia barbare de la basse latinité , ce mot est presque toujours un rnot usité dans les pays situés au-dessous de la Loire, tels que Douve, en patois Doudzo ou Dougo ; Jable j, e» patois Dzable ou Ga-oulç. On en trouvera plusieurs autres dans ce Dictionnaire.

Quelques avantages du Patois,

Toutes les langues méridionales sont plus rapides , plus douces, souvent plus énergiques , et toujours plus laconiques que la Langue françoise; celle-ci n'a que très-peu d'augmen- tatifs, et il n'y a presque pas de nom, ni d'adjectif qui n'ait son augmentatif dans le Patois. Je n'en citerai que quelques-uns de notre Patois Corrézien : un Orne (un homme), un Oumar , un Oumossar. Uno Fenno ( une femme ) , uno Fennaao.

Les diminutifs , qui donnent tant de grâce au Latin et à l'Italien , sont très-peu admis dans le François; s'il les a admis autrefois, 11 les à proscrits depuis, et le petit nombre de ceux qu'il a conservés ne sont que dans l'ordre de l'étendue et de la masse : Coussinet , Moulinet, Côtelette. Au Heu que nous avons des diminutifs pour exprimer les qualités niorales : un Couquinot ( un petit coquin ) , un Friondelet ( un petit friand ) ; uno Couquinolç (upe petite coquine), uno Priondelelto (une petite fri^^nde ),

XT

La temiinaison de nos diminutifs est variée, ce qui ôte à notre poésie cette monotonie qu'on reproclie à la poésie françoise. F oiinnossou , Fourmossouso (petit morveux, petite morveuse ) ; Dzoliy Dzolio ( joli , jolie ) ; Dzouliot, Dzoutioto; 0-omel ( oiseau ) , 0-ouselou , 0-ouseletou ; ce diminutif enchérit sur le précédent. Tsambro ( chambre ) , Tsombrelto , Tsombrillou ; celui-ci enchérit encore sur le précédent. Orne (homme), Omitsou, Milse ( miche ) , Mitsou , etc.

Ces diminutifs rendent notre langue très-propre à la poésie légère et badine , à la poésie erotique, et à exprimer les douces affections de l'âme.

fiota. Je n'ai mis les augmentatifs, ni les diminutifs dans ce Dictionnaire; chacun pourra les connoitre facilement par le primitif.

]Nous avons des mots très-expressifs , dont quelques-uns ne peuvent se rendre en françois que par des périphrases : Tsorovira, Tsorovirado se dit d'une personne dont le visage est altéré par l:i colère, et agité par des mouvements convulsifs. En Provençal et Languedocien, Carohirat, affreux , hagard n'expriment pas exactement Tsarovira. Tsaro ou Çaro signifié visage. Le François a conservé le mot Clihe pris en ce sens , dans cette phrase : // ne sait quelle chère lui faire; c'est-à-dire, quel accueil, quelle mine.

Deglo-ouba signifie dépouiller une branche de son écorce , lorsqu'elle est en sève. Je ne «onnois pas de mot françois qui exprime cette action.

Tso-oupi , marcher sur le pied. Dzordzouta, Godouillia , etc.

INotre Patois exprime des nuances dans les idées que le françois ne saisit pas. Bouzina ou Embouzina exprime le sentiment de douleur et le fourmillement qu'on éprouve, par exemple , quand on s'est cogné un doigt. Le mot françois Fourmiller n'exprime pas le sentiment de la douleur, et le mot Cuire ne se dit que d'une douleur aiguë; notre Patois rend cette dernière sensation par le mot Escoze.

Estso-oudaj v. a., signifie dans notre langue, faire du mal en touchant quelque chose de trop chaud; le mot françois Brûler qu'on emploie en cette occasion, porte strictement avec soi l'idée de destruction par le feu. Le mot françois Échauder signifie seulement tremper dans l'eau chaude. Le Patois exprime cette action par le mot Estso-oudedza , v. a. Croma est une autre nuance qu'on ne trouve pas dans le François, ce verbe signifie Brûler à demi (en latin Cremare). Le Provençal dit Uscla, du latin Vrere.

Le François a cependant le substantif masc. Roussi qui rend notre substantif masc. Croma, c'est-à-dire, l'odeur d'une chose que le feu a roussie et qui est près de brûler : Oco sint lou Croma; cela sent le roussi. ( Dict. de l'Académie).

Esclofa, v. a. , de façon que les parties de la chose écrasée sont larges.

Espoutl, T. a. Ecraser de façon que les parties sont petites et qu'on applatit en détruisant.

Frousti, Y. a. Fouler dans la main, de façon que le jus soit exprimé.

Je ne m'étends pas davantage sur la différence qu'il y a entre notre Dialecte et le l'rançois. On trouvera dans le Dictionnaire patois ces expressions naivçs, riches, souvent

énergiques de cet Idiome a? méprisé, et proscrit arec raison par ceux qui président à l'éducation de la jeunesse , parce que les jeunes gens familiarisés , dès leur enfance , avec ce iangag* , ne peuvent que difficilejnent se défaire des Gasconismes qu'ils ont sucés avec le lait.

MMs, me dira+t-où, pourquoi foicc le Dictionnaire d'une telle Langue? je réponds ,. i*. Parce qu'on connoît le caractère d'un peuple par son langage ; 2°^ Parc*; qu'il peut être utile à ceux qui veulent suivre le commencement «t les progrès de la Langue françoise; 5'. Parce que les parents qui accoutument leurs enfants, dès le bas âge, à parler François y ignorent souvent les noms des choses les plus communes et d'un usage ordinaiie ; 4*- Parce que plusieurs actes et plusieurs contrats sont écrits en cette Langue.

DICTIONNAIRE

DU PATOIS

DU BAS-LIMOUSIN (Corrèze),

N. B. On ne trouvera pas dans ce Dictionnaire la plupart des mots yf//, dans le Patois et dans le François, ont le même sens et le même matériel, c'est-à-dire, les mêmes lettres et les mêmes syltnbes. Ainsi on y chercherait inutilement Porto, Fenestro , cjitij en François, se disent Porte, Fen(!lre, etc.

A.

xVbe oh Obe, Abeplo ou Obeplo. Voy. V , obe et opto.

Abliti, JkBt.ER, S. m. ; abliÎso, s. f. Celui, celle (|iii aime à dcbite» des ineiisoiiyjes, qui se vante, qui parle avec ostentation." — Ihivlcur , cuse , subst. L'Ks[). dit ha-hiar , parler, babiller; habtador, parleur, babillard.

Ai)i. Sorte d'adv. dont on se sert pO^iir saluer. (W.) — Adieu, ternie de civilité. On dit adl (piand ou tutoyé , et adissias ou -odussias , quand on ne tutoyé pas.

A-ï, s. m. Je ine!s le trén^a sur Vi, parce que a et i se prononcent séparément. — Contraction, convul- sion qui se l'ait sentir principalement à la jambe et au pied. — Crampe, s. f. Il lui prit une crampe en nafieanl. ( Ac. )

A-i, dij)htongiie. Morceau de bois ou de fer arrondi par les deux bouts, qu'on fait passer au travers des moyeux des roues. — Essieu, s. m.

A-ÎGo, s. f. Eau. — Aigo signado, eau bénite.

A-ÏRE, s. m. Celui des quatre élémens qui environne le globe. — Air, s. m. Pour ses diverses accep- tions, voj'. Ac.

A-isE, s. m. Contentement, satisfaction, commodité, état commode et agréable. — Aise, s. f. — Ce qui «ufiit, ce qui est assez. — Siifjisance , s. f. — N'a-i mouii a-ise , j'en ai ma suffisance.

A-isi , A-isÏNA. S'a-isi , s'a-isi.na , ou É-ISI , s'É-isi , s'É-isiNA. — ^6 mettre à son aLic , s' arranyer . (Gramm. roni.,p. na. )

A-ÏTAL ou É-ïT,vi, adv. En cette niaiwère, de celte i'açon. — Ainsi, adv.

ALO

Alâsso, înterject. qui marque la surprise. — Ohl oh! L'Italien dit o/ii lasso , le François hélas. Ces trois mois paroisscnt formés l'un de l'anlre, mais les mots italiens et le mot françois hélas! expri- ment la tristesse et la compassion.

Ale, s. f. l/iiir attiré et repoussé par les poumons, — Haleine, s. f. Prcne ou prendre ale, Iittéraleuu;ut prendre haleine; se dit ligurément preiulre qucl^ (pic relâche , avoir quelque relâche après de grandes ]K:incs. — Respirer, v. n. Laissez-moi respirer un moment. Fous le tourmentez, vous te pressez si fort , qu'il n'a pas te loisir de res- pirer. ( .4c. )

Ar.o, s. f. Partie du corps des oiseaux qui leur sert à voler. ■ — Aiff, s f. — Morceau do planciie en équerre, chantournée; pardcvant, que l'on fixe de cluunp à un nuu- ou <lans un autre endroit, pouf soutenir une [)lanchc, une tablette; etc. — Gous- set, s. m. (Ency. , Ao. ) — En parlant d'un ci»a- |)eau, tout ce qui excède la forme. — Bord, s. m. Chapeau à grands bords, à petits î>ords, à iordt retroussée. ( Ac. )

3. Place publique, ordinairement couverte, qui sert à tenir le marché ou la foire. — llalic , s. f.

AioPEN, s. m. Littéralement, aile pendante. — Toit de diarpenle adossé contre un mur.- — Appentis, s. m. (W. ) • — Petit lt)it d"ais élevé devant la bou- tique des marchands. (\V.) — Petit toit en saillie, atlaché ordinairement au-dessus des boutiques , pour garantir de la pluie. ( Ac. ) — Auvent, s. m. ; on. dit aussi abaveut , s. m., a ba vents au plur. Les abavenis , dit l'Ency. , sont de petits auvents an-dehors des tours et des clochers dans les ta- bleaux des ouvertures qui servent à empêcher

.3 ' ARR

<fiie le «on «les cloc}ies ne se fliisipe en l'air. Ils çaraiilissent aussi le béfroi de la pluie ((iii enlrc- sait par les ouvertures. — Petite boutique en a])- pentis et arlossi'-e contre lui mur. — Echoppe, s. f. — Lieu couvert d'un demi-comblo, qui est adossé contre un mur, et porté sur des piliers d'espace en espace , pour servir de retuise dans une basse-covu-, 4e magasin, d'ateliers d'ouvriers, et du bûcher dans les covi vents et les liôpitavix. (Ency. ) Espèce . de remise destinée pour des ckariots, pour des oharreltes. — Jncjar ou hatiffar, s. m,

Ando. 8. f. La sœur de notre père ou de notre mère ; la l'cmme de notre oncle. — Tante, s. f. On disoit autiefois ande pour 'btlle-nùrc.

AsïK, impérat. du verbe ona, aller. Nous nous en servons pour exciter : Anen, couradze Jk «''o"^'.

icniragel — Pour imposer silence ou pour i'airc cesser un bruit qui importune : Anen ou anendoiui, finisses; allons, finissez. — Comme d'une espèfc d'interjection poiu' niar([uer du mépris, du dégoilt de quelque personne ou de quekpie chose ; t'I , fi donc ! — Anen , vilen ! Fi te vilain !

A-ou, 8. m. Métal le plus précieux. — Or, s. m. s. Laine tondue sur un mouton, sur une brebis. —

Toison, s. f. Toison pesant tant; laver, éplucher

les toisons. (Ac.)

À-otERE, S. m. — Arbre, s. m.

Jl-r,v8Rtspi , s. m. composé de deux mots latins : oriior, arbre, spina , épine. Arlirisseau épineux qui produit de petites fleurs blanches par bou- tjuets, d'une odeur très-agréable. Ses fruits sont ronds et rougeàtres. ■ — Epine htanche , uuUépin, s. m. , et mieux aubépine, s. f. Le peuple l'appelle nohle épine.

_Â-(>i»ïvi, s. m. — Autorité, puissance, s. f. (Lac. suppléai. )

JV-oi'sso, s. f. Ce qui sert à hausser. — Hausse, s. f. Mettre des hausses à des soutiers, à des que- nouiUes de lit. ( Ac. )

'JV-orxso, s. f. Espèce d'oiseau aquatique. — Oie, .s. f.

Arça, inferjec. pour excitera faire quelque chose. — Çà. Arça, fraboUin. ~ Çà , travaittons. Le Fran- çois dit aussi or ça, et c'est notre arça.

Abmo, s. f. Instrument qui sert à attaquer on à se défendre. — Arme , s. t. — Abusivement pour orne. Per mouii armo, sur mon ame.

Aapo, s. f. — Main, ariffe, s. f. Dzuga de l'arpo, littéralement j jouer de l'arpe, voler , v- a. ; dévo- iler, V. a., avoir les mains crochues, signilie être .sujet à voler. De arpo , on a formé les mots oropu, licrper , \. a. , et desorpa. Voyez ces mois.

AiiRi- Expiessiou dont on se sçit pour presser la

BAC

marclie d'une béte de somme. Les Anglois ont lo verbe to-harri qu'ils emploient dans le même sens. (B.) Arri n'est pas inconnu en Italie. Merlin Coraye, dans sa huitième Alacaronée : Non tihi suùsliyans osi- num proimnciat A ri. C'est peut-être de «« fju'est venu le vieux mot françois harer, exciter. (B.)

Artobal. O bel artobal , expression adverbiale. Au hasard. — A l'aventure. — Inconsidérément, sans trop prendre garde à ce que l'on fait. — A ùoule. vue, ou à la boule vue.

Artso, s. f. Grand coflVe. — Arche, en ce sens ne se dit (pu; de l'arche de Noé et de l'arche d';sliiai;ce. Dans le sens ordinaire, arche est la partie d'un pont sous la(piellc l'eau passe.

Artso-da^c. Le c ne se prononce pas. Coffre qui sert de banc.

Ase, s. m. Espèce d'animal domestique. —Ane, s. m.

AsE DE poiiMO, DE PF.RO, S. Va.. Le milicH, le cœur d'une ponuue, d'une poire, dont on a été ce (pii étoil de meilleur à manger. — Trognan, s. m. On dit aussi te trognon d'un chou , un trognon de chou, ])uur dire la lige d'un chou dout ou a ôté le^ feuilles. «

Aspo , s. f. Baiule de fer plat , replié en rond par un bout, \ our recevoir le mamelon d'un gond, et qui, attaciu- sur le bord d'une porte ou d'un contrevent , sert à rou\rir ou à le fermer. — Penture , s. f. ( Ency. ) La partie repliée s'aj)pelle Yœil de la penture. ( Eucy. , article Cokd, )

AsTE, s. m. lîstensile de cuisine, instrument de fer long et pointu, où l'on passe la viande qu'on veut faire rôlir. — Broche, s. f. Du latin Ac/sio,- lanct , pique; mais le sens en est un peu délotuné dans le patois. Nous disons aussi brotso, proche.

Ata-ou. — Ainsi. Voy. E-itai.

AzF.>o , s. f. Ce qui reste du raisin quand on l'a pressé pour en tirer lo suc. — Marc de raisin, s. m. Dulalin acinum, pépin de raisin, marc de raisin.

B.

Bac , s. m. Pierre on pièce de Lois creusée , qui sert à donner à boire et à manger aux chevaux et au- tres animaux domestiques. — Juge, s. f. — (Cavité o-u pierre placée devant la forge , et pleine d'eau , dont le forgeron se sert pour arroser son feu. etc. ~ Auge. -- Ce'le où le fournier lave son étouviilon, s'ajipeile 4atiriot, s. m. (P. Voc. ^Vail. ) On apjicilo aussi auge d'un moulin à eau.... Voy. Tsokai. — On appelle augeC un conduit de bois par où le gr::iti tombe sur la mtaile. — Ln polit vaisseau où r.n met Iji mançcaille (ÎÇS petits oiseaux qu'où ao«rrit

BAR

en cage. ( W. , Acarl. ) — On dit proverbialement el populairement d'un homme qui est dans un lieu oii il a tout à souhait, qa'H est r.omiiie te porc à i'auga, comme porc en auge. ( Ac. )

Badôbé, s. m. et f. Voy. Bodo-urel.

BÂDBA , s. m, et f. Se dit d'une personne toujours sale, toujours crottée.

Ba-iaboîJdras. Voyez PESiso-CA-onius.

Balo, s. f. Il a en patois les mt'mes aceeptions que d.Mis Ac. — Pellicule qui enveloppe le grain, et que les ilcaux , le van ou le ci-iblc en détachent. — Balte, s. f. ( Wail. ) — Ballet, ( Kncy. , art. Balj.et. )

BLxo, s. f. -- Conte, s. f. — Une des pointes de la fourche ou de la l'ourcliette. — Fourchon , s m. — Ona de bano, se dit de deux personnes qui ont même humeur, uiènic iiieliiialiou, etc. — Chausser à même point , être chaussé à même point. (Ac.) Aoyez OvEMii, S'ovkxir. — N'ona |)as de bano, êlie onal accouplé. Ces deux personnes sont mal ac~ cohplées ; elles 9W peuvent pas s'ajuster; leurs chiens ue cha,Hsent pas cnscmùlc.

Bawtso, s. f. Petit bane sur lequel les blanchisseuses battent et savonnent le linge. — Batte, s. f. (Ac. ) — Notre balte est rayée. (B. )

Ba-oc, s. f. Masse de plusieurs choses rangées les unes sur les autres. -- Pile , s. f. ( Ayail. ) — PiU, de ifois. ( Ency. )

2. Ba-ou , s. m. ; ba-ouci, s. m.; ba-oucio, s. f. Nigaud, de, adj. et subst. ; niais, niaise, adj. et subst. On disoit anciennement iiau, qui vient de i)albus. ( Lac. )

3. Petite bande de métal qui serre et entoure le manche de certains outils. (W. ) Kn tournant cette bande, elle empêche l'inslrument de se fermer. — Virole, s. f.

Ba-oudômen, adv. — Joi/cnsement , nailUirdeinent. ( Goudouly. ) Le verbe françois s'èhawlir est venu de l'adv. ba-oudomen, et ba-oudomen de valida fiente, le v ayant été changé en 6. (Le Duchat. )

Bar, s^^u. Mélange de chaume et de terre détrempée pour garnir les panneaux des cloisons. — Bautjc , s. ni. ; torchis, s. wi. (W. , Ency.) Bousillage, s. m^

BABAGOriN, s. m. Sorte de jargon et de langage qu'on n'entend pas bien. — Baragouin , baragouinage , s. m. ( \V. ) — Langage des tiloux, des gueux. — Argot , s. m. Voy. Liinoro. — Baragouinage est formé de deux mots celtiques ou bretons, de bara, pain, et de guin ({u'ou prononce _c/owi>tc, blai'.e, et de Uingage , mot françois. Les Bietoris venant dans la partie de la France où l'on ne comprenoit point leur langage, et demandant du pain blanc, il étoit jiaturcl de leur dire : Quel est ce liuigage

BAS 3

iaragouine ? Et de là s'est formé îarngouinagc, ( Elémens de la Langue françoise , par Roclié. )

Basdzas, s. f. plur. Instrument qui sert à broyer 1« chanvre. — Broie, s. f. ; brisoir , s. m. j écang , s. m. ; macquo, s. f. De là on dit broyer, niacrpHi^ le chanvre. Selon l'Ency. , écang , écangucr se dit plus particulièrement du lin. 11 y est-ilit à l'article filassier , que la hroie est appelée brie en Nor» inandic, ùrayoirc en d'autres endroits, eltiiiolte en Champagne. Art. Tillotte.

BAiinzo, s. f. Il se dit dans le sens de Bardzas, quand on ne parle que d'un de ces instrumcns. — Figuré-» nient, discours, rapport qui va à brouiller des gens les uns avec les auties. — Tracasserie, s. f. Fairo des tracasseries. De tracasserie on a fait tracaS' sier, ère, subst. Celui, celle qui, par de mauvais rapports, commet les personnes les unes avec le» aulies. Si les rapports tendent à exciter des dis- cordes, des querelles, on dit que c'est un ^om/o«' feu. Cehii , celle (jui fait de mauvais ra[>ports , s'ap)ielle aussi brouillon , ne , subst. C'est uit {/rau'llon, une i/rouiUonne. Il est aussi adjectif. Esj rit ùrouillon, humeur brouillonne. (Ac. )

2. Bardzo, s. f. Pile ou meule de foin, gros tas dé foin qui n'est pas boKelé. — Barge, s, f. (AV.) Monceau, pile de foin, de grains, etc. ,• qu'on fait dans les prés. — Meule, s. f. ( Ac. ) MeuU d« foin. (Ac. ) Mettre le foin en meule se dit ameU' ïonner ou amulonner. ( Wail. et Gattel. )

BÂRi , s. m. Endroit d'une ville dans lequel on com-r j)rcnd une certaine ([uanlilé de maisons. ~ QuaV' lier , s. m. La ville de Paris eM divisée en vingt, quartiers. —'Som le disons aussi d'une rue. (B.)

Basro, s. f. Pièce de bois, de fer, etc., étroite et longue. -- Barre, s. f. Il seroit malaisé d' en foncer celle porte, il y a une iionne ùarre. ( Ac. ) — Brin de bois long de dix à douze pieds, et de la grosseur du bras ou environ. -- Perche, s. f. Etendre dit linge sur une perche. (Acad. ) — Barro vient do l'ancien gaulois barr , qui signifie non-seulement ôarre et barrière, mais encore tout ce qui sert à renfermer quelque chose. ( Gat. ) L'Es[>agnol qui , comme le Gascon , met le v pour Ici), et le i pour le V , dit vara. Debarr sont venus les mots bara-' que, baril, barricade, éarriquc, tarriève (B. )

Bas, basso, adj. Bas, subst. Voy. Ac. — Dé-i vi éi ba.". Littéralement , du vin au bas, le reste du vin quand il approche de la lie. — Baissière , s. f. Boire de (a baissière. (Ac. ) Du Grec Pachos ou Biisis.

BÂsao , s. f. Petit vaisseau qui sert à charger les bêtés de sonmie, pour transporter des grains, de la chaux, la venditnge, etc. — Benne, s. f. On pro- nonce bène. (Wail., Ency. ) .AVail. dit aussi banc, mais l'Euey. appelle banne, ainsi que Wail. et Ac. y uûc graude toile pour couvrir les bateaux, bulle»»

4 BEr,

Lalots , etc. — L'Ency. donne encore le nom de i/anne à vm grand panier d'osier qu'on aitpelle inane ou inanelle, et elle appelle i/annciiu un vaisseau propre à tran><porler les liquides, et (jui sert aussi pour les mesurer et à transporter la vendange. Les vinaigriers qui courent la campagne, ont des banncaux dont deux Ibnt la charge du che- val. Ceux-ci sont couveit» par-dessus, et ont Hne canolle ou robinet pour tirer le vinaigre. Dans le Quercy. on l'appelle ùanto harado. Notre baste contient vingt-cjualre de nos pintes ou quaranle- huit pintes de Paris. ( B. ) Banncuu est aussi le nom de tinettes de bois qu'on met des deux < «tes d'une bête de somme , j)Our Iransporler diverses sortes de marchandises. Il contient environ un niinot de Paris. Banneau est aussi le dimiiuilit' de éamie, pris dans le sens d'imc voiture dont on se sert pour transporter le charbon. (Ency. , Ban- neau. ) a. Basto. Sorte de charrette dont le fond et les deux côtés sont de grosses planches enfermées par des pisants, et qui sert à transporter de la terre, du fumier, etc. — Tombereau , s. m.

Bat,s. m. Selle pour les bètes de somme. —Bât, s. m.

Bat. a. Espèce d'interjeclion en usage lorsqu'on veut faire connottre que ce qu'on nous dit n'est jias raisonnable; que c'est vui discours déplacé, vide de sens. — Zeste ou zcst. L'Ency. écrit halh, et prétend (pie de là a été fonné le mot hai^ho-loyle , nuiUipIicilé de paroles qui ne disent rien. On dit

• aussi tarare , (piaud on se moque de ce qu'on entend dire, ou qu'on ne le croit pas. (\V. , Ac. )

Batho, s. f. Assemblage de planches en quarré qu» l'on remplit de terre et où l'on met des oran gers, etc. — Caisse, s. f. ( Ac. )

BÉ, ou BËssoL, s. m. Bo-i de bé, espèce d'arbre qui a l'écorce blanche et luisante; on fait des balais de ses branches. — Bouleau, s. m.

Bêbi, bio, subsl. — Nigaud, de.

BgcIdo, s. f. Voyez Borbado a.

Bedewo, s. f. Panse, gros ventre. --Bedaine. Remplir, farcir sa bedaine. Ce mot vient du vieux mol écdon, qui signifioil tambour, à cause de la res- semblance qu'il y a entre uu gros ventre et un tambour. (B. )

BËr.o , s. m. Sorte de houe à deux fourchons , pour foiùr la terse. — Ilmjau , s. m. ~ De begos en dyovélo, adv. iSans ordre, en confusion. — A {à tiiUshitude. Billebaude signifie confusion. Bouta de begos en dzovélo. — Brouiller, v. act. (B. ); mettre en désordre; bousculer , \. a. ; mettre sens dessus dessous. On a bousculé tous mes livres. (Ac.) On dit a\issi renverter. Il a renversé tous mes •papiers, nui biMiathèque. (Ac) Yoy. Bouira 2.

BER

DÉ-ïr.A , Y. act. -- Donner. Bailler n'est plus guère en usage qu'en termes de pratique.

lÎEi.È-ov , Bci.É-oi'un. Voy. Gram. rom. , p. aa'i. Adv. qui mar({uc le doute. — Peut-être , adv. ; peut-être f/ue. oui. (Ac. ) 11 est aussi sulist. Un peut-être. Voyez Lé-ou. Ce mot ne seroit-il pas de l'ancien idiôuis gaulois ? ( B. )

BËLET, TO, subst. —Fin, rusé. a. Aïeul, aiiule, s.

Bej-ié ou BiuÉ. Le peuple ajjpelle ainsi le mois de févi-ier.

Eiiiio. s. f. Les II mouillés. Quatrième estomac des- ruminans, dans lequel se trouve la présure. — Caillette , s. f. (P. Voc. , Ency. , Acad. )

Besâsto, s. f. Grand panier quarré-long d'osier ou de châtaignier refendu, de la largeur qu'on veut, et d'un pied ou d'un pied et demi de profondeur. — Manne, s. f . ; banne, s. f . , et qiielqufois tnan- nelte. On emballe dans des hannes ou bannette» d'osier ou de bois ehalaignier. ( Enry. , art. lim- haller , Manne. ) Wailli dit de la mminc, .soric de

. panier grand et plat , avec des anses à cha(|ue bout. Ce qu'il appelle {/anse , paroit être notre henasto. Ban se , dit-il, grande manne carrée, longue et profonde, pour transporter des marchan- dises. L'Ency. dit qu'elle e.st à l'usage des chau- dronniers, hanse n'est pas dans Ac.

BesIstas , s. f. plur. Ces grantVs paniers qti'on met siu- un àne ou sur un cheval, pour Iransporler des fruits, des provisions de bwiche, pourroient s'ap- peler de^ benates. Ou trouve dans l'Enry. Benate, espèce de caisse d'osier, capable de contenir douze pains de sel. Bane, benate, licneau, sont des mut» do l'aueictt Gaulois. ( Du Caugc. )

Beséî-si , V. a. — Bénir, v. a.

BÊso, s. f. Cuve d'osier ou de paille où Ton garde le blé. ( Ency. , art. Crusca.

Besôïel, adv. 1. À-peu-près; 2. passablement..

BÉsou, s. m. 1. Diminutif de beno ; 2. V03'. Bourna, s. m. C'est la même chose.

Be-ocre , V. ac. — Boire , v. a. Be-oure qu%-totjqn'un d"o-ous els. 1. Observer et regarder (juchpi'un avec tendresse et affection , et ne pouvoir s'en lasser. ~ Couver quelqu'un des yeux. ( Ac. ) 2. Tenir le* yeux fixement attachés siuiuie personne. — Dévo- rer quelqu'un des yeux. ( Ac. )

BÈQVET, s. m. Espèce de poisson. Voy. Tecou.

BEQc'iiLio, s. f. Les II mouillés.^— Béquille, s. f. , du latin haculus ( Gattel. )

De Bêelo en beri.o. Souna de berlo en hcrlo. Mettre les eloches tout-à-fai* en branle. — Sonner à toute votée ; sontur en i>rank, ( Acad. )

lîIE BÉRO, s. f. Cercueil. — Bière, s. f.

Bdrûlo, s. f. Se (lit (le tout ce qui est trop liquide, comme de la bouillie , etc. ; trop délayé ( B. ) Voy. liocado.

Bertse , s. f. Petite fracture le long d'un couteau , ou de tout instruîuent tranchant. — fircc/K;, s. f. (NV.) On dit aussi dent, s. f. Ce couteau ne vaut rien, il a des dents. ( Ac. )

Bf.rtsodent, s. m. et f. Qui a perdu quelqu'une des dents de devant. — Brcchedent , s. m. et f.

BËsoiJN , s. m. —Besoin, s. m.

Besoîjgno, s. f. —Besogne, s. f.

BËssou, s. m. RESSorso, s. f. Un des enfans nés de la même couelie. —Jumeau , elle, adj. Deux frères jumeaux. C'est sa sœtir jumelle. Il est aussi sulist. Elle accoucha de deux jumeaux. C'est un ju- meau. 11 se dit aussi des fruits. ( Ac. )

Bessoi'nIdo, s. f. Accouchement de deux enfans à-la- fois. ( Lac. )

BtTSE, S. f. Instrument de fer ou de bois, à une ou plusieurs pointes, dont on se sert pour y pendre quoique chose. — Croc, s. m. Croc de cuisine, croc de batelier. 2. Voy. Ga ou Gafte.

BîTsôiuEt, s. m. Oiseau q\ii paroit être le petit Corlien. Voy. l'Ency.

Bi\-i, s. m. — Travers, biais. 2. Moyen de réussir dans une affaire. —Biais. Moyen adroit et détourné pour réussir. — Tournant , s. m. H a bien pris son tournant Je prendrai un tournant pour ar- river jusqu'à lui. ( Ac. )

BE^î;^DO, s. f. Boisson faite avec de l'eau mise dans lui tonneau où il y a du marc de raisin et des prunelles. —. Piquette, s. f.

Bi-iRDO, s. f. Mensonge, défaite. >■- Bourde, s. f. Ce laquais donne des bourdes à son maître. (Ac. ) Il est popul. — Colle, s. f. popul. (Ac. ) Menterie, hâblerie. —Crâquerie, s. f. famil. et pop. (Ac. ,^.)

Bivsso, s. f. , plùr. Biassas. ~ Besace, s. f.

BicA, V. a. — Baiser , v. a.

BJcou, s. m. -- Baiser, s. m.

Bicot'CA, V. n. V. Soubctsa.

BicoiJNA, BicotisÊDZA, V. fréquentatif et diminutif de bica. ~ Baisotcr. Ils ne font que se baisoter.

BiBzo, s. f. Vent sec et froid de nord-est. — Dise, s. f.

BiESLÉ-ôu, adv. — Bientôt. Voy. Lé-ou.

BiERLÊsDZA, V. n. Ce mot se dit i. de ce qui est par endroits plus long ou plus court qu'il ne doit être. Etrebarlony. Fotremantrau est Larlomj. Votre aoutannc est barionyue. ( \Y. , V, Yoc. ) j

BIS S

2. Il se dit d'un mur, d'une cloison , etc. , qui ne sui- vent pas une ligne droite, et rendent une chambre plus grande d'un côté que de l'autre. — Être en fausse équerre. (B. ) On dit encore être biscornu , biscornue, adj., c'est-à-dire, mal bâti, mal fait, irrégulier, {yi .) Bâtiment, esprit biscornu. (Vog.)

BïcA, V. a. Terme de jeu. Changer, troquer. ~ Biguer une carie. ( VV. ) Nous le disons de tout troc , de tout échange.

BÏGo, V. Bcgo.

BicoBÂRDZAS, subst. dcs deux genres. Qui a les jambes contournées, contrefaites, — Bancroche, s. el iidj. Bancal, aie. Popul. Qui a le gciiou et les jambes tournées en dedans. Homme cagneux , femme cagneuse. On le dit aussi des iaml)e.s ou des pieds. Il a les jambes cagneuses, les pieds cagneu.v. (Ac.) Si les jambes sont courbées en arc. — Jambes arquées.

BÏLLiARD, s. m. Espèce de jeu. — Billard, subst. m.

3. Grand bâton. ( B. )

BiLiÉ-ÏBO, s. f. V. Bossié-iro.

BiLt6D0ii,s. m. Les ^< se mouillent. Bâton court dont on se sert pour serrer un nœud de corde. — Garrot, s. m. (W. , Gr. Voc. , Ac.) Bille, a. f. ( W. ) Tortoir. ( Ency. , B^ste, Catlel. ) Il n'est pas dans Acad. ni dans VVail. — On appelle cheville-^ a tourniqitet , un bàion posé dans luic corde , et qui fait une espèce de tourni(piet pour serrer la corde qui as- .sure la charge d'une charrette. (Ac. )

BrLLor, s. m. Les II se mouillent, i. Toute sorte de petit bAton. (B. )

2. Morceaux de bois qui retiennent le torchis. ~ Palançoas, s. m. plur. (lincy. ) Ils sont appelé» palissons, palats, à l'art, liauge.

3. Degré, bàlon d'échelle. -- Echelon, s. f.

BiLtoÎNA , V. a. Les II se mouillent. Serrer avec U bille. — Biller. Biller un bitUoi. (W. )

BiÔLO, s. f. — Charbon ardent, charbon rouge. (B.)

BiÔKDA. —Se retirer, s'enfuir. (Goud. )

BÎROv, s. m. ; Bibocso, s. f. Petit instmment de fer propre à percer. — Wrilte, s. f. (W. ) C'est une petite tarrière. {Ji.) — Perçerellc. (Lac. , N. Voc. fr. , Boiste. )

Bïsca , V. n. Témoigner par l'air de son visage la mauvaise humeur où l'on est, le chagrin, la ré- pugnance qu'on a. — Rechigner , v. n. Qu'avez-

vous à rechigner? ( Ac. )

BiscA-ÏEN ou Cantabre, s. m. Habitant de Bisoaye. Ce peuple a un langage qui n'a aucun rapport à quel- que langue connue. JNou> disons : U m'a parié

6

BIZ

lisea-icn, pour dire il m'a parlé un langage qne personne ne conii)rcml. (B. )

** BiscoBOBV, V. a. l'eiiulrc de diverse» couleurs, mais

sans règle. —Barioler, v. ac. De imrioter on a f'ail éarioiafie, s. m. Assenildage de diverses couleurs, mises d'une la^^ion bisarre. En parlant des habits, meubles, etc. , on dit hilleùarrer.. (W. ) V. Briyolia.

BiscoBOBo , s. m. , en parlant du langage. Voyez Baraguuen.

Biscot'o ou BisQvoco , s. f. Petit oiseau qui remué continuellement la queue. --ffoc/ie^wc, s. m. (W.) ou Biivgcronette ( Ency. )

BisÉ, s. m. Malheur. -- Guignon , s. m. Jouer de, (fuignon. Porter guignon à (/ucitju'un. ( Acad. ) On disoit autrefois blssetreux, pour dire malheu- reux. On dit de quelqu'un qu'il est de bise, pour diie qu'il porte malheur, que sa compagnie est funeste. — C'est un porte malheur. (Ac.) Malen- contreux se dit des choses , et alors il est adjectif. Présage malencontreux. ( Ac. ) On dit qu'il y en a \\n de bise, pour dire qu'il y en a un de reste. On On appelle Onnado de bise , l'année bissextile. Alors ■bi.'iè est le mot bissextile, corrompu. — Pour dire qvi'un homme est malheureux, que rien ne réussit entre ses maius, on dit : Es fat de bise. Littéralement, H est fait de. Msé. — H est hien chanceux; ce qui se dit ironiquement, car chan- ceux, euse, adj. , signifie hcufeux , euse.

BissA-ôcTO, s. m. Action d'étourdi. —Ètourderic, s. f.

a. Action, entreprise indiscrète, téméraire, et qui réussit mal. — Équipée, s. f. Vous avez fait là une belle équipée. Cet écolier, par un esprit de Ubertinage, s'est allé enrôler; ce n'est pas sa première équipée. { Ac. ) Voy. Cogado.

5. Action extravagante, imprévue et faite avec éclat. -- Frasque, s. f. // m'a fait plusieurs frasques. La jeunesse est bien sujette à faire des frasques. { Ac. ^

BÏSTORT, s. m. BisTORTO, s. f. Celui, celle qui a les jambes tortues. —Bancal, aie, adj. Il se dit pop. dans le même sens qu'on dit hancroche. Il est aussi subst. (Acad.) On dit aussi des jambes bis- tournées. (Acad.)

a. Bistort, to, signifie mal fait, mal bâti , irrégulier, baroque. -Biscornu, ue , adj. Bâtiment hiscornu. 11 se dit figurément de l'esprit et des ouvrages d'es- prit. Ouvrage, raisonnement, esprit Uscornu. ( Acad. )

BlZOftARD, BO, ou VlE0rABD,D0, Subst. CcUX qu'oU

nomme Bisouarts. sont proprement les habitants des montdKiies du Haut Dauphiné, et particulière- ment ceux de la vallée du bourg d'Olsan {Osanwn éurgum). Comme !e pays ne leur fournit pas de guoi subsister, et qu'au contraire ils çourroieut

BLE

risque d'y mourir de faim penttant dix mois fl« l'année qu'ils y sont assiégés par les neiges , ils sortent de leurs montagnes avant l'hiver, et se répandent en différenles )irovinrcR, oîi, cnlr'autres marchandises, ils vendent de petits livres brochés, tels que des almanaobs, des Jean <le Paris, des Pierre de Provence, etc. / valdesi, dit Ménage dans SCS Origines italiennes, au mol Jiizoco , ritirati nelie valle del Delfinato , chiamansi oggi, Bizi, e Bizordi. Voilà tout juste nos Bi~ souarts; et on leur a donné ce nom, à cause qu'ils sont communément vêtus d'une grosse bure de couleur bise. ( Le Duchat, Commentaire sur Rabelais, liv. i. , cb. ix. ) Lacombe dit Bisouart, colporteur de ville; en latin, propola.

Bti ou BtAT , s. m. Grain dont on fait le pain , et plante (pii le produit. — Blé ou bled, s. m. , du grec blatos, genue.'(Noel. ) De notre patois hlat , on a dit dans la basse latinité hladiun. L'Ital. dit <biada. — Bla d'ase. Littéialement , 4jlé d'âne : plusieurs coups donnés. — Pour les divers défauts du blé, Voy. Eni-oula.

Blagiér, so, subst. —Bavard, de; hahUlard, de; hâbleur , euse. En latin, blatero, nis.

Bla>c, s. m. La coxdevir blanche. — Blanc, s. m.

a. Blanc, blautso, et ailleurs blanco, adjectif. ~ Blanc, che, adj. L'Ital. dit bianco.

3. Blanc, s. m. Au jeu des quilles, coup qui n'abat point de (piilles. -- Choublanc, ou simplement on dit Manc.

Bla-ôudo , s. f. Grosse toile qui descend au-dessous 'du "^enou. — Blaude, s. f. ; sarrau, s. m. ; so^i- queniUc, s. f. (W.) Blaude, souqueniUe, espèce de surtout de grosse toile que les charretiers por- tent pardessus leur vêtement. Ils la nomment aussi ijlouse. (Ac. ) — Bla-oudo paroît gaulois. Ancien- nement é/c(m« , btiaux, signifioit sorte de robe, de justaucorps. (Lac. ) On voit p;ir tous les passages que cite du Cange , qu'on ornoit ce vérenient quand on vouloit être paré : De mult rictu Mtaut fau la dame parée. Ainsi latinisé : Blaudus , tliaus , hlialdus. ( B. )

Blk, BiÉio, ou bleu, subst. et adj. -- Couleur tient. md est de couleur Meue; de l'Allemand Blaw . ainsi latinisé : itlavus , i/taveus , Uaius.

BtÉDO, s. f. Sorte de plante potagère. —Blette, s. f.; du latin Milum ou Uitus. Bette, s. f . ; du latin ttlla. On l'appelle aussi poirée, s. f.

Blé-imi ou BLÉ-isi, V. n. Pâlir, devenir pâle, devenir blême. ~ Blêmir, v. n. (Acad.)

Blesto, s. f. ; Bi.ESTOii, s. m. Nombre de fds de soie, de coton', de laine , etc. , repliés en plusieurs tours (Ac. ), noues ensemble. - t^chcimu, s- m.

BOC

Blcsto signifie dans le Limousin, dit du Cangc, Un toupet de cheveux ou de barbe.

Bliiç, s. m. Assemblage de plusieurs choses. Gros ji;orceau de pierre ou de marbre brut. —Bloc, s. m. Bioc, qui se trouve avec la même signification dans les langues allemande, flamande, angloise, paroît èlre d'origine teutoniquc. ( Gattel. )

Br(ii;A, V. n. Voy. Bovorda.

1]lo-od, s. m. Espèce de plante. — Bouillon ilanc.

Bo ou Bos,s. m, L's ne se prononce pas. Lieu planté d'arbres, ~ Bois, s. m. Bois de cent arpents. Le mot bois dans le François signifie également la substance dure des arbres, et un lieu planté d'ar- bres. Dans le patois, ces deux acceptions sont très- distinctes. Dans le piemier sens, nous disons d'é-i ou del bo-i. — Du hois. Le Prov. , le Langued. , plusieurs déparlemens , l'Ital. , teij>u> ; l'E.sp. icyiia. Dans le second sens, on dit un ùo ou un ios. — Un i>ois. De bos viennent boctuje , hosqiiet. Dos dérive, suivant quelques-uns, du grec hosko , paître, parce que le bétail va paître dans les bois. D'autres le Ibnt venir du Flamand ùosc , qui signifie égale- ment du dois et tin ùois.

Jj >Lkr ou BOBi-ou, s. m. Nom "qu'on donne à tout insecte en général.

2. .Animal dont on fait peur aux enfans. — Lotip- tjarou. En Provenç. et en Languedoc. , on dit popo-ou , popa-ou. On appelle ù Paris Moine iourru , vme espèce de fantôme dont on fait peur aux enfants.

BôBis, s. f. plur. Fa las bobas. Voy. Fa las potas, et ci-api-ès Bobora-ouno. 2. Bouder. — 3. Fa la l>ol)as. Voy. MoiUar. Faire la miiw à quelqu'un, lui montrer qu'on est mécontent de lui. ^Acad. ) Faire ta moue. En Prov. , Bebo.

BoB0R*.-ôv5O , s. f. Insecte qui brille dans l'obscurité. — Ver-tuisant , s. m.

2. Idée folle, extravagante, chimère qu'on se met dans l'esprit. — Vision, s. f. Celui, celle (jui a des visions , visionnaire , s. m. et f. , et adj. ( W. ) On dit encore imayiruition, s. f. , pour exprimer une idée folle, une chimère. — Bobora-ounas se dit aussi d'un éblouissement. ~ Berlue, s. f. L'Ital. dit herlugio.

BocA, y. a. et v. n. Fa boca lous gagnons. — Donner /il huvée aux coclunu — Le peuple dit aussi i/oca, v. n. , en parlant des ivrognes qui boivent avec excès et à plusieurs rejiriscs. -- Godailler, v. n. C'est un ivrogne, il ne fait que godailler. ( Ac.) On dit dans le même sens Bocordcza , v. ^n.

BccÏDO, s. f. EocÂDAS, s. f. plur. Ce qu'on donne aux cochons mêlé avec l'eau. — Buvécs, s. f. plur.

L'Ency, dit, art. Cochon ; Ou joiudra ù celte oour-

BOD 7

rifurc (le gland) les buvécs d'eau chaude avec les navets, les carottes, etc. Et à l'art. Ballet, pelli- cule qui enveloppe le grain : On la donne en buvéo " aux vaches. Buvée n'est ni dans l'Ac. ni dans W.

a. Nous disons de lo bocado, en parlant des ali- mens où l'on a mêlé plus d'eau qu'il ne falloit. — Lavage, s. m. Cette soupe n'est pas faite, ce n'est qu'un lavage , qu'un mauvais lavage. ( Acad. ) On trouve dans Lac. Peirado , buvée pour les cochons. Voy. fioulliaco 2.

BoccÔNAr, , s. m. Grand bruit, tapage. — Baccfianat, s. m. Vn grand bacchanal, fairv du Ùucclianal.

2. Débauche faite avec grand bruit. — Bacchanale , s. f. Ils ont fait t'acchanale. Ils ont fait une hac- chanatc qui a duré toute la nuit. ( Ac.) Prononcez éacanal, hacanalc. Ces mots dérivent des liac- ch anales , s. f. plur., féie (juc les Payons insti- tuèrent en l'honneur de Bacchus. Dans les premiers temps , elles furent célébrées fort simplement ; mais, dans la suite, on les célébroit avec toutes sortes de débauches.

BocLA , V. a. — Bâcler, v. a. Voy. Acad. Il a les mêmes acceptions (jue dans le François. — Fermer une porte ou une Icmître avec une barre ou autre chose. — Peut-être que ce mot vient du latin toculus, bâton. (B. ) — B<(r/r)' se dit aussi pour expédier un travail à la hâte. // a iûdé en 'huit jours un procès qui devait durer six mois. Cù

■* n'est pas faire l'ouvrage que d'aller si vite, c'est i/âcler la besogne. On dit figurém. et familièrem. d^l;l traifé conclu, d'une alVaire arrêtée : Cela est hâclé, c'est une affaire tâcléc.

BÔDA , V. a. — Vomir , v. a. 2. Ouvrir. Boda la boutso. Littéralement, ouvrir la bouche. Voyez- en l'explication au mot Boda-ou.

BoDi-oc, s. m.; boba-oudo, s. f. Sot, niais. — Êa-. daud , s. m. Sotte, niaise. —Badaude , s. f. (W. ) Quelquefois il signifie lourdaud, lourdaude. De tadaud on a fait hadaudage, iiadauderie , action , entretien de badaud. On dit figurém. et famillièr. d'un homme qui a l'air et le maintien d'un niais, qu'if eit un vrai Gille , un franc Cille. ( Ac. )

Le P. Ladbe dit qu'on doute si c'est pour avoir été battus au dos par les Normands, ou pour avoir bien battu leur dos, ou si c'est de l'ancienne porto Baudai/e ou Badaye, qu'on appelle les Parisiens Bculauds de Paris. Ces trois étymologies sont ridi- cules. Paris étant, dit un autre étymologiste, dans une île de la figure d'un bateau, a donné lieu aux habitants de preiulre une nef jiour armoirie de levic ville. Comme ils ne quittent pas légèrement leurs foyers, rien de plus naturel que le sobri(|uet do badauds qu'on leur a donné par allusion au bateau

dç Faris. UaUmd, dit cçt éijuiulogiste, çst propre-

8 BOD

Tiicnt un homme qui, comme ceux qui «ont <'Icv<?s dans un navire, n'a jamais rien vu (|iic par un trou.

Baduud , dit un partisan du celtique, dérive du Q-dulms Budawr , iadivr, qui signiticnt matelot, batelier.

Ou tire de bien loin une étymologie qui me paroît toute sini])le. Notre beaii François vient en très- grande partie du patois a(|uitanique , provençal et languedocien; or, dans tous ces idiomes, i/ada ou ùoda signifie ouvrir, et parlieulièrement, regarder niaisement ([uelque eliose, Ja bouche ouverte.

Ainsi, bada la boulso, c'est s'amuser à regarder niaisenienl en l'air : en François , bayer auoi cor- net Heu. De Boda, on a l'ait boda-ou, bodo-ourel, badobee. On disait autrefois 'béer et hader. Voyez dans l'Encycl. les art. Badaw , et Saint-Uaur-les- Fossés.

BÔDnFO. s. m. et f. , signifie tantôt lu même chose qxie éoda-ou , tantôt la même chose que éodo-ouret.

BoDÔDis , s. rn. Ce qui est vomi. — Vomissement , subst. masc.

BoDÔLLiA , V. n. , les // mouillés. Ouvrir involontai- rement la bouche, ce qui témoigne ordinairement la fatigue, l'ennui, l'envie de dormir. — Bâiller, V. n. ( Ency. )

2. Être mal joint. Les aïs de cette cloison taillent, Une porte , uiie fenêtre qui éâiUe.

BonôiLioL, s. m. Les H mouillés, i. Action de bâiller. — Bâillement, s. m. •

3. Rlorceau de bois qu'on met dans la bouche d'une personne pour l'empêcher de parler ou de crier. — Bâillon, s. m.

5. Pièce de bois serrée entre deux dosse.*, qui sert à retenir les pieds-droits et plates-bandes des portes et des croisées, lors(|u'on reprend par sous-œuvre un mur de face. — Elrésitlon ou étançon, s. m. (Ency., art. Etrésilion.)

BoDÔLLiA et BODÔLLioi, viennent du verbe patois Ijoda, en vieux françois biider. Voy. Boda-ou.

BÔDO-inF.T. , RÎîLo , s, m. et f. i. Celui , celle qui i-egarde avidement comme les gens du peuple. — Maijeur, eiise, s. m. et f. (W. ) Le dict. comiij. appelle hadelori un sot, un niais qui regarde tout avec étonnemeut et la bouche ouverte.

2. Niais et indolent. — Cciilln, iiie , s. m. et f. De là on dit se câliner, se tenir dans l'inaction, dans l'indolence.

5. Niai», nigaud. — Dadais, s. m.

4. Sot et niais qui va regardant ça et là. — Dnndin, s. m. Daiulin signiiie aussi lourdaud, beuèt, qui a ua air nouclialent et innocent. (W. )

BOI

BÔDO-orBÉtA, V. n. S'amusera (Ont, niaiser. > — Éa- dcuder, v. n. ( Wail. ) Cet hmnnie ne fait <jua i/iuUiuder. ( Ac. )

BoDORi.no , s. f. Les U mouillés. Touffe embrouillée de fd , de cheveux , etc.

BÔDEO, s. f. Grand sac de toile dont on se sert pour mettre du blé, de l'axoine. — PocU» , s. f. Une ■poche de blé, vue poche de fronuiH. Le nuunier fournira des pochées. ( Ac. ) 11 est dit ;ai mot Sac : • sac à blé , sac à charbon, sac à terre, ])our dire sac à mettre du blé, du char'.ion, etc., et l'article Poche de l'Eney. ne fait |)as entendre que ce soit ce que nous ajipelons 'bodzo; elle dit que la poche est un sac qui contient un sac de grains- ou de farine.

RonzÔNA, V. n. Se dit des légumes qu'on laisse quel^ que temps dans l'eau pour les ramollir, et il se dit dit dans le sens Je bouijnu. • — Tremper, v. n. A'oy. £ou<)iui.

BoDzoNA, DO, adj. Qui a le teint noirâtre. — ^asané, éasanèc , adj. (Ac. )

BocÂDCE, s. m. Equipage de ceux qui sout en voyage ou à la guerre. — Bagaije, s. m.

2. Voy. Fordadge.

3. Canaille, racaille. Voy. Boudou-ire.

Bo-i , s. m. La substance dure et compacte des arbres. — Sois, s. m. hois vert, baissée, bois de charpente , 'bois de chauffage.

Bô-iAR, s. m., iar ne fait (ju'une syllabe. Civière à bras qui sert dans les ateliers à porter des pierres ovi d'autres matériaux. — Jiar ovi 'bard , s. m. ( W. , Ency. ) De ce mot dérivent barder , v. aet. , charger des pierres, du bois sur un bar , et tar- dcur. OiiDi BôiAR , grain moyen entre le froment et l'orge, — Epeaulre , s. m. La |dantc ressemble beaucoup à celle du froment; elle a le tuyau plus mince, l'épi plat et uni, le grain jeté seulement de deux côtés , et ruie Iwrbe longue et (h'Iiée. (Ency. , art. Epcautre. ) llozier, au mot Froment , l'appelle froment épeautrc, ou épeautre.

Bo-i DE LIÉ. Le bois d'un lit avec toutes ses pièces, et disposé à recevoir le» matelas. — ■ Couche ou couchette. (Ency., Ac. ) Los pièces qui j)ortei!t la paillasse d'iui lit. • — ■ Foncailks , s. f. phir. Châiit, s. m. , est vieux. L'Ac. dit enfomttre, s. f. collcet. Assemblage des ais (jue l'on met au bois d'un lit pour en soutenir la paillasse , les niittelas. — V n» enfonçure. 11 signilio aussi toutes les pièces ijui font le fond d'une futaille. On appelle gohei-ges , 8. f. plur. , les petits ais de l>ois qui iie mettent en travers sur vm lit pour soutenir la paillasse. (Ac. )

Bo-i-CLiNDE, s. m. , arbre d'Amérique. Son bois est très dur et trè§-pcsaut. Il sert à teindre en noir. —

BOL

Campicht , ». m. Le peuple dit ffuinde, (juindo , pour coq-d'Iiulii, pouto-d'Iiuie. Voy. Guiiide , guindo.

Boi-ME, MO, s. m. et f. Celui, celle qui se mêle de dire l'horoscope. Vagabond qui dérobe avec adresse. J^ohème, «. m. et 1'. ; bolwinien, eimn , s. m. et f. ( Ac. ) On dit aussi Egyptien, enne. ( Ac. ) C'est une maison de liokème, où il n'y a ni ordre ni règle. Vivre comme un bohème, comme un homme qui n'a ni feu, ni lieu.

2. Feni;ne mal-propre, maussade, et communément de mauvaise vie. — Guetiipe, s. f. (W. )

Ijôla , s. m. Plusieurs poignées de verges, de joncs, de genêt, etc., dont on se-scrt pour ôter les or- dures. — Bâtai, s. m. Le balai qui est fait de _ geuèt, est ici appelée dzcnso. Celui qui est lail de branches de bouleau, relient le nom de ùohi. 11 y a une au Ire sorte de bah i, lait d'une espèce de nlillet, dont les tuyaux parviennent à la hauteur de 8 ou 10 pieds, et sont terminés par des filaniciits qui portent des semences rougeàires, ou d'un rou\ tirant sur le noir. Ce sont tes tilamenls (|ui balayent les ordures. Dans la Provence, on l'appelle millet rouge. Dans l'Encycl. , p. 86 1 , coL 2, il c-^t appe'é griind miikt, mULt d'Inde, sorgo. La mélica ne dill'ère pas beaucoup de CJtte espèce, ou peut-être est-ce la même. Voy. cet art. dans rE::cycl.

BoLA, en françois haUvi, vient du Bas-Breton; car haian y signifie du genôt, matière ordinaire dont on Je lait. ( Oberlin, lissai sur le fatois Lorrain. ) D'autres le déiivent du latin Letula , bouleau, es- pèce d'arbre, parce que ce rjuc nous appelons Ât;/a est lait de branches de bouleau.

BÔLAN, s. m. Tenne de mécanique qui se dit d'un levier ou autre engin, qui, |)lus il est long, mieu.\ il lève un fartfeau. — • Votée' , s. 1'. (Ency. , art. En- giii, Ecoperche.)

a. 11 se dit d'un marteau ou tout autre instrument semblable, qui, ayant la tête plus grosse, quoî'jue du même poids, l'rappe plus lort. — Coup. Ainsi, avoir plus de bulan, se dit avoir plus de coup. Noie qui est dans l'Ency. , art. Ploniùerie : « On » dit qu'une masse ou marteau a plus de coup » qu'un autre, lorsqu'étant plus léger ou de même » poids, ses coups l'ont plus d'eflet. » Autre note, article Menuiserie , page 5!^o : < On dit qu'un » maillet, un marteau a plus de coup qu'un autre, » 1 isqu'avec un poids égal, le cou|) qu'il donne » tait plus d'eflet. » 11 est dit à l'article Marqué- ttrie, p. i5i, col. i , que ie muitlet a plus de coup que le marleau.

Ces notes et ce passage font voir que ialan a la signi-

lication que je lui donne. TrctHlre son bolan. Reculer de quelques pas en arrière

pour mieu.\ sautei% — Prmdre sou escomsc, et

BOL 9

mieux prendre son élan. ( Gr. YocabuL . au mot Preiulve. )

5. Mouvement, balancement d'un corps qui chan- celle, qui vacille. O perdu lou bolan. Littéralcm. , il a perdu le holan. — Le mouvement , te batan~ cément l'a emporté. (B. )

4. Espace libre qu'il faut accorder à une machine, ou à quelqu'une de ses parties, pour en augmenter ou en faciliter l'action. — • (JhustiC , s. f. H ne faut ni trop, ni trop peu de. chasse. ( Gattd. )

fiÔLÂsso, BOLossiEiHO, S. f. -Coucttc de lit formée de balle d'avoine. — Bâtasse, s. f. (W.) 11 n'est pa» dans Ac. ni dans Nouv. Voc. franc.

BÔLET, s. m. I. Tribune élevée dans une église, cntrd la nef et le choeur, et dans laquelle on monte pour clianler l'épître, l'évangile, et lire des leçons, pro- phéties, etc. — Jubé, s. m. (Ency.)

2. Lieu particulier et élevé au-dessus du rez-de- cliaussée, où d'autres jiersonnes se mettent pour entendre le service divin plus commodément. — ■ Tribune, s. m. (Ac. )

3. Assembla e de plusieurs balustres servant d'orne- ment ou (le clôture. — Balustrade , s. f. ( Ac. ) On appelle aussi balustrade, toute .sorte de clôture qui est à jour, à hauteur d'appui. ( Ac. )

BoLLiÂRDZE, s. m. Voy. au mol Bt-'ar, Ordi-bo-iar.

BÔLiN, s. m. In se prononce comme au mot înutiie. Grand drap qui reçoit le gr.iin «lans sa chute , quand on le vanne ou qu'on le crible. — Butin , s. m. ( W. ) 11 n'est pas dans Ac.

BÔLiNii6iiA-oii,BiiscoBiAsco,BoLiscoBOLiAsco. Ces dif- férents mots pris adverbialeTnenl signilient 1. brus- (|uement, inconsidérément. — À houle vue, à la houle vue. (Ac.) Ou dit aussi hurtuheriu, adv. popul.

2. Sans ordre, en confusion. — A la hilte haudé. Lorsqu'on parle des personnes, ces mots patois signilient un étourdi qui ne prend pas garde à ce qu'il fait — Hurhibcrtu, s. Il est aussi adj. Un homme, hurluberlu Voy. Frondolo.

BoLiN BOLU-OD, s. f. , signifie aussi une femme qui no prend aucun soin de ses habits et qui n'a point de maintien.

BÔMNDzo, s. f. Linge avec lequel on enveloppe un enfant au maillot. — Couche, s. f. Wailly appelle Braie le linge qu'on met sous la chemise des enfant-^ qui sortent du 11 a Ilot, de peur qu'ils uo gâtent leur robe. Voy. MoUiot et Bourossou. L'Ac. d t braie , s. f. , linge dont on enveloppe le derrièra des enfants.

Boûsco. Voy. Obolisco.

10 BON

BÔLO , s. :n. PïeiTC qui sert à marquer les limites àe detix héiilages. — Borne, s. f.

BoLOTÏNC4, V. act. Dissiper son bien par des dépenses inutiles.' — Gaspiller, v act. H a yasfUlé son iicn en peu de temps. ( Ac. ) On dit aussi à-peu-pr<;s dans le même sens, gaspiller des hardcs , du linge, du fruit. ( Ac. ) On dit figurémcnt et popul. , fi'icasser , pour dire, dissiper en débauches et en bonne chère. // frîcnsse tout, il a fricassè tout son ifien en moins de rien. On dit aussi dans le .même sens et popul. , friper , y. a. Il a fripé tout San hien. En Prov. et Langued. , bulafi signifie foison, abondance. A balaji , àboutofi, à l'oison abondamment. ( Lac. , Coud. )

De i/ofoflnca on fait bolofincadze. — Gaspillage. s. m. Action de s;aspiller. Tout est en gaspillage dans cette maison.

BoioFiNCA-ÏBE, Ro, S. Celuî , celIc qui "gaspille. — Gaspilleur, euse. s. Boute-tout-cuire , s. m. C'est un terme bas. ( Ac. ) Bourreau d'argent so dit d'un dissipateur.

BotossiÉ-ÎBO , s. f. Voy. Bolasso.

BoLÔssou, s. m. Diminutif de Bolasso. Petit coussin ordinairement rempli de balle d'avoine, qu'on met sous un enfant au berceau.

Boio-orvïsoc, s. f. Affection de la tète qui fait qu'on a la tète lourde, pesante, qu'on voit tourner pour quelques monaents les objets, et qu'on est un peu chancelant sur ses pieds. — Etourdissenient , s. m. (£ncy. ) Tournoiement deléte. (Ac. ) Quand les objets ne tournent pas, et que les pieds ne sont pas chancelants, c'est seulement pesanteur de tête. (B.)

BoMBÔRO, s. f. Instrument de musique à vent, quia la forme d'un serpent. — Serpent, s. m.

3. Il est s. m. dans le patois, quand il signifie celui qui joue de cet instrument. — Serpent , s. m. H y a dans cette église un excellent serpent. ( Ac. )

5. Grosse femme sans esprit, homme stupide. — Bœuf, s. m. C'est un Ijceufyun nraiéœufi lourd comme un iœuf. (Ac. )

BoNBiÉ-iBAs, s. f. plur. Bouta en bondié-lras. Littéra- lement, mettre en bondié-iras. — Déchirer, mettre en lamteaux, mettre en pièces. Dépecer , v. act. ■Dépecer un vieux i/atenu , un vieux carrcsse; dépecer de vieilles luivdes. (Ac. ) Voy. Espenlory.

BosLËvA, V. n. Faire un mouvement semblable à celui d'une bascule. — Faire la hascule. H marckoit sur un ais qui a fait la hascule, c'est ce qui Va fait tomber. Bonleva est aussi act. , et signifie ren- ■ verser, soulever. Bonleva lou cor, rcstouma. — Faire hoiidir , faire soulever ie cœur, l'estomac, ■«aeiter ié vomissement.

BOO

Bo^iivo , s. f. Exercice où deux personnes étant cha- cune sur le bout d'une solive, en contre -poids, se font alternativement hausser et baisser. — Bas- cule, s. f. Des en fans qui jouent à la tascule. On dit aussi qui se balancent. Comme dans le patois on emploie le vcrle fa, fa-ire, au lieu Ac jouer , les enf'ans disent, ia o lo bonlévo, pour jouer à la bascule. Fa lo bonlévo se dit aussi dai»s le sens de bonlévà, v. n. Voy. ce mot. La bascule d'une souricière est le petit ai» qui se hausse et qui se baisse.

Bonlévo, au plur. bonlévas. — Bêtise, niaiserie. {B.)

BoNNO , s. f. Terrain marécageux , sous lequel le» eaux croupissent, faute d'écoulement, où l'on en- fonce et l'on s'embourbe, et d'où l'on a beaucoup de peine à se tirer. — Fondrière , s. f. Dau» quelques provinces on dit Mullière , s. f. (Ac.)

BosTEfizA, V, n. Être en suspens, ne pouvoir se déter- miner. -- Balancer, v. n. y hésiter , y. n. a. User de remise.

3. Faire des pa«, des démarches pour une affaire. — Faire des allées et venues. ( Ac. )

4. Attendre servilement à la porte de quelqu'un. — Naqueter,\. n. Il vient de naquet, vieux mot qui signifioit pauvre valet. Fa Lonled/a. Amuser de belles paroles, faire attendre long-temps. — Tenir te bec dans l'eau, à l'eau. (Ac. )

5. Voy. Brontoula.

BoNTsoii, s. m. Diminutif de banc. Petit banc* — Bancelle , s. f. ( W. -) Il n'est pas dans Ac.

a. Petit siège de bois où une seule personne peut s'as- se^jir. — Selle, s. f. Il n'est plus gvière en usage. SMe est pris dans ce sens, lorsqu'on dit proverb. : Eutro douas sellas over lou tioul o terro. — Demeu- rer entre deux selles le cul A terre. Ce qui se dit au figuré , loi-que de deux choses auxquelles un homme prétendoit, il. n'en obtient aucune; ou qu'ayant deux moyens de faire réussir une affaire, il ne réussit par aucun des deux. ( Ac. )

3. Morceau de planche sur lequel la gagne-petit pose son seau. Sorte de boîte où le décrottcur met aes brosses, sa ciro , et sur laquelle celui qui fait décrotter ses souliers, ses bottes, met le pied. — ' Sellette, s. f. La sellette étoit aussi un petit siège de bois fort bas sur lequel on obligeoit un accusé de s'asseoir quand on l'interrogeoit, etc.

Bos«T, s. m. Insecte noir qui ronge les blés. — Charençon, s. m. On l'appelle aussi en patois Tsoroutou, (B. )

Bo-otJBiLico, s. f. Chose de petite conséquence él de peu de valeur. — Babiole, il se dit aussi de tout jouet d'enfant.

a. Babiole} bagattèllc, conaimç sont dec marmousets >

BOR

de petits émaux, de petits vases de cristal, etc. — CoUftchet , s. m. Jolivett n'est guère en usage qu'au pluriel, et il se dit familier, des babioles , des bijovix et de certains petits ouvrapie» qui ne sont pas de grand service. — Brimborion , s. m. Son cabi- net n'est plein que de hrimbovions. On dit aussi Breloque, s. m. Curiosité de peu de valeur. Cet homme vend tien cher ses treioques. (Ac. ) Fan- frefuche, s. f. Il se dit par mrpris, en parlant d'un ornement vain , frivole et de peu de valeur.

Bo-ôvDZAHD, Bo, S. et adj. Qui a le menton et les lèvr«s sales. On peut dire sole museau. Voyez Boutsard. Bo-oudzard vient de Bauge, s. f. , vieux mot gaulois qui signifie également lieu fangeux où se retire le sanglier , et' une sorte de mortier fait de terre grasse mêlée de paille. (B. )

Bô-oPMi, s. m. Clôture, barrière faite de terre, de pierre, de bois, sur une rivière, sur un canal, ayant une ou plusieurs portes qui se lèvent pour retenir et lâcher l'eau. — Ecluse, s. f. Bâtir, ra- commoder une écluse_. Voy. Levado 3.

Ecltise se prend particulièrement pour la porte qui se hausse et se baisse. Lever , baisser l' écluse ou ies écluses. ( Ac. )

BoRÂti, s. m. — Différent , s. m.; dispute, s. f. ; Querelle, s. f. Ô-ou o-oagut borali. Littéralement ils ont eu borali. — Us ont eu différent ensemble. Us ont été en dispute , ou , ils ont eu dispute ensemble. Si , dans la dispute , il y a eu de l'aigreur, de l'aniuiosité, ils ont eu querelle en- sembe , ils se sont querellés. Voy. Coursa , se coursa.

BoRÂQDo, 9. f. Petite maison. —Baraque, s. f. Voy. lîuticolo.

a. Nous appelons aussi boraquo, une toile que les marchands et ceux qui vendent du vin tendent aux foires. — Tente , a. t. Les marchands avaient tendu leurs tentes à la foire. ( Ac. ) L'Espag. dit boraco. Pour l'étymologie, Voy. Barro.

BoRBÂDO, s. f. Sarment de vigne avec sa racine. — Barbue, s. f. (W.) Le nnuv. Voc. fr. dit, barbu, s. m. Voy. Cou-idzodi. On appelle talle, s. f. , une branche qu'un arbre pousse à son pied , laquelle est enracinée , et que l'on sépare du maître pied avec un couteau , si elle est trop forte. On appelle encore talle le peuple que l'on détache avec la main, au pied des plantes bulbeuses et ligamen- teuses. ( Ency. , Ac. )

S. Ce qu'un oiseau prend avec le bec pour donner à ses petits. — Becquée ou béquée , s. f.

BôttBooL, s. Mauvais grain et ordure qui sont séparés du bon grain par le crible. — Criblure, s. f. (Ac.) Criblurcs, s. f. plur. ( W. )

». X'ailles qui se juClçut daos le bled battu. ^

BOR II

Bourrter», s- m. plur. (Wailly, Boiste. ) Il n'est pas dans Ac.

BoRDÂiiio, s. f. Les II mouillés. Il se dit de tout ce ipii flotte dans un liquide. ( B- ) Bordollias, s. f. plur. Les II mouillés. Voy. Foundrallias.

BoiiDîssA, v. a. Voy. Tourtsoda., Se bordissa , se rouler, s'étemlre dans la boue» dans l'ordure. — Se vautrer. Le sanglier se vautre dans la fange. Et par extension l'on dit, se vautrer sur un lit, »ur l'herbe, pour s'y étendre. (Ac. )

BÔRDo, s. f. Borde, vieux mot. — Maisonnette, s. f. Borde vient du Saxon bord ( Lac. et du Cangc. ) Il signifie chautnière, chaumine. Nous entendons par bordo une chaumine qu'un homme pauvre prend à ferme, et souvent avec un petit champ, ou un petit jardin qu'il cultive. N'o ni inéidzou, ni bordo. ~ // n'a ni maison, ni borde. De bordo nous avons fait bourdié , dié-iro , s. , celui , celle qui a pris cette chaumine à ferme; et par exten- sion, nous le disons de tout locataire. ( B. )

BôBDOT, s. m. Animal engendré d'un cheval et d'une ûnesse. — Bardot. ( Ac. ) Le Provcnç. dit bardoo. ( Le mulet est engendré d'un âne et d'une jument, Ency métliod. ) On appelle figuiément bardot., celui sur qui les autres se déchargent de leur tâche , ou qu'ils prennent pour sujet de leur» plaisanteries. (Ac. )

a. Morceau de bois qui bouche le fond d'une bar- r\i\vie. — Tampon, s. m. (Ency. , art. Vin, p. 491.) VVailly a()pelle Tape ce qui bouche le fond d'une euve à bière.

3. Celui qui , dans une partie de jeu ou d« repas, se trouve exempt de jouer avec les aulrcî et i!« payer sa part. —Béat, s. m. (Ac.) Du latin beatus, heureux. ( B. )

BùBDOC , ouso, adj. plein de bourbe. — Bourbeux, bourbeuse, adj. Eau, rivière bourbeuse.

a, Qui n'est pas clair, qui n'est pas clarifié. — Trouble, adj. des a gen. Eau, vin trouble.

BoRDzA, v. a. Broyer, macqusr le chanvre ou le lin. Voy. Bardzo et Bardzas.

a. Caqueter, babiller, jaser. Voy. Bossoca et Bo- toUia 5, 4 et 5.

BoBDzAiRE , «0 , s. Cclui , Celle qui broie le chanvre. — Broyeur , s. m. Quoique broycuse ne soit pas dans les Dictionnaires, il me semble qu'il peut se dire. (B.) ^ ^

2. Qui aime à parler beaucoup. — Babillard, de, adj. Homme babillard, femme babillardc. Il est plus ordinairement subslantif. C'est un grand ba- billard. On dit aussi caqueteur, caqueteuse, subst. et adj. ; cameur, euse, subst. et acj. ; jaseur, Jancuse, subst. C'tai vn grand jastur , c'est une

la Bon

grande jaseuf.e. Il se dit aussi d'un ^omme ffui est sujet à redire ce qu'il entend. Dé/kz-vous de lui , c'est un jascur. On appelle caillette , et caillette de f/uailier, une feninie frivole et ba- billarde. C'est une caillette. On le dit aussi d'un homme Irivole et babillard. C'est une franche caillette. ( Ac. )

3. Celui, celle qui fait de las bardzas. Voy. Bardzo.

BoRDZàL, s. m. Abondance superflue de paroles. — Babil, s. m. Flux de par aies. (Ac.)

BoKDzuN ou BOBDZODis, S. m. La partie boiseuse «hi chanvre que l'on rompt par le moyen de la broie , que l'on sépare de la filasse, en tirant le chanvre entre les deux mâchoires de la broie. — Cûenc-

volle, s. f.

SôBEL, S. m. Voy. Borrcl.

BÔRCKAS, s. f. plur. Fa las borgnas, montrer sur son visage de la mauvaise humeur, du mécontente- ment. — Froncer le sourcil, se ref rogner , se renfrogner. Voy. Bobas et Moutar.

BôniAL, s. m., rial n'est qu'une syllabe. Sorte de petit tonneau. — Jiaril , s. m. , l ne se prononce pas. Harillet , s. m., petit baril, est le diminutif de baril. Jiarriquaut est un terme de commerce. On dit un barriquaut de sucre, un harriquaut de soulf're, etc. (Kncy. ) L'Ilal. dit ùarile. Borial ^ baril, vient de Barro. Voy. ce mot.

BoBUicoT, s. m, Voy. Sorial. Fa o-ous borrîcots ; lit- téralement, faire aux barriquauts, pour, jouer aux barri(]nauts. — • Jouer à pet-en-gueule. C'est un jeu où deux enfans se prennent à fois de corps. et se placent de façon que le visage «le l'un touche les fesses de l'autre. Ensuite ils se renversent aller- nativement sur le dos d'un autr^, qui est porte sur ses genoux et sur ses mains. (B. ) C'est, dit Le Du- chat, un jeu plus badin que violent, lorsqu'on a les reins souples, et s'il y a quehpie chose à crain- dre pour les joueurs, c'est quelque mauvais vent, dont il est difficile de se garantir. (Comment, sur Rabelais , L. i , ch. 22. )

On dit figurément : Fa ou dzuga aux borricots, dans 1& sens de fa lo buto butq. Voy. ce mot.

BÔBio , s. f. , rio n'est qu'une syllabe. — Métairie , ferme, s. f. C'est ce que nous appelons un dou- ma-ine. — Un domaine. Borio est aussi provenç.

BÔBLET,s. m. Petit baril. — Barillet, s. m. (Ac.) Voy. Borial.

BÔBLi, BORiiio, adj. et subst. des 2 gcn. Celui, celle à (jui il manque un œil. — Borgne, adj. des 2 gen. Cet homme est lorgne, cette femme est ijorgne. Un clieval borgne,. On dit d'un homme qui est borgne, et qui, outre cela, est fin et méchant, que c'est un méchant iorgne. Eu ce seus , borgne

Bon

est employé snbstanlivement; mais rc n'est qu'an masculin qu'il s'emploie de cette sorte. On dit au féminin Iforgitesse ; mais c'est un ferme bas et injurieux. C'est une méchante, une vilaine bor~ gnesse. ( Ac. )

BoRLÔNDiÉ, lÉ-iRO, subst. Ccluï, Celle qui s'entremet, qui s'emploie dans une affaire entre deux ou plu- sieurs personnes. — Entremetteur, euse, subst. // a été l'entremetteur de cette a/faire. On ne s'en sert guère au féminin <(u'en mauvaise part, et en [larlant d'une personne qui se mêle de quelqutj commerce illicite. — Proxénète , s. m. Il se dit d'un courtier, de celui qui négocie un marché. 11 ne s'emploie guère qu'en mauvaise part.

2. Courtier, s. m. Entremetteur. Qui s'entremet des ventes et achats de certaines marchandises, ou de faire prêter de l'argent sur la place.

On appelle par raillerie courtier ou courtier de ma- riage, ceux qui se mêlent de faire des mariages. (Ac.) C'est proprement le 'borlorulié du patois. (B.)

BoBLÔQBO, s. f. C'est, je crois, le IjirHii , jeu de hasard qui se joue avec des boules dans lesquelles sont des numéros correspondants à ceux d'un ta- bleau. Banquier de biribi. Jouer au biribi.

1. Curiosité de peu de valeur. — Breloque, s. f. Cet homme vend bien cher ses hrekfjues.

3. S-ibst. m. et f. Voy. Boda-ou.

4. Grossièrement maladroit et gauche. — Malitornt, adj. des 2 gen. Il s'emploie ordinairement comme subst. ( Ac. )

BonoD, s. m. Titre de noblesse. — Baron, s. m. 2.° Voy. Borrou.

BoRREL, s. «n. T^ute barre de fer ou de bois quarré, employée dans un bltiment. Il se dit particulière- ment des barres de fer ou de bois qui grillent les fenêtres ou dessus de portes, ou qui font le même oflice dans les grilles ou portes de fer. — Barreau, s. m. ( Ency. )

2. Lieu où se mettent les avocats pour plaider. Pour l'étymologie Barreau, Voy. Banc.

BoBBÎQco, s. f. — Barrique, s. f. Pour l'étymologie, Voy, Barro.

BoRBiQUÔDTiEB, S. m. Artisau qui fait des tonneaux. — Tonnelier, s. m.

BoRRODis, s. m., ou BOBRODCRO, S. f. Tout ce qui sert à fermer un pré, une terre, etc. , comme sont les haies vives, fagots, palis. — Boucheture , s. f. (Trev. , W. , Ency. Il n'est pas dans Ac. ) Le hor- rodis s'appelle échalier , s. m., quand il est fait de branches d'arbre ou de fagots fichés en terre, et liés ensemble par de mauvais !)ois flexible ; et perchis , s. m. , quand la clôture est faite avec des perches. (W. , Ency.) Voy. Rondisso.

2. Odeur qu'exhale ce qui a été long-temps enfermé ou dans un mauvais air. — Remugle, s. m. GoUl

B05

-rffi renfermé. On sent ici un goût de renfermé. On dil encore sentir l'enfermé. ( Acad. , au mot Sentir. ) En parlant de la viande, on dit relent, sulist. m. De la viande qui sent le relent, qui a un goût de relent , une odeur de relent. ( Ac. )

BoRBOV, s. m. Morceau de bois rond et propre à brûler. — Roruiin, s. m. Le rondin est aussi un gros bâton. Jt lui donna vingt coups de rondin sur le dos. Le gourdin, s. m., est un gros bâton court. // prit vu gourdin, et lui en donna vingt coups. 11 est popul. On dit souvent éorrou pour bostou.

BoBRorwA, V. a. Donner des coups de bâton. — JJâton- ner, v. a. On l'a bâlonné rudement.

Bos, s. m. Voy. Bo.

BosACLF., s. m. — Basacle, s. m. C'est un moulin lort renommé de Toulouse. Nous disons : Que s'en ane é-i ou el bosacle. Lilléralement , qu'il s'en aille au ùasacle, ce (jui se dit par mépris. — Qu'il s'aille promener. Es é^i ou el bosacle. LiHérule- ment, il est au ùasacle, c'est-à-dire, il va, vient, court çà et là sans sujet, sans dessein. — Il court la prétentaine , il bat le pavé.

BôssEL, s. m. Pièce de bois ovi de pierre qui est au bas de l'ouverture de la porte et qui la traverse. — Seuil, s. m. On appelle aussi tossel la pièce de bois ou de pierre qui se met ei» travci'j et au- dessus de l'ouverture d'une poiie ou d'une fenêtre. 11 se dit en {nxncoii Linteau , s. m. Le bossel d'une fenêtre est l'accoudoir ou l'appui de celte fe- nêtre. (B.)

BossiL-iRO, s. f. Pierre élevée dans une cuisine où l'on jette les eaux qui ont servi à laver les usten- siles. — Evier, s. m. On appelle aussi évisr \m canal de pierre (jui sert d'égoût dans une cour ou une allée. (Ency. ) On ap\>el\e pier-re d'évier, une pierre taillée pour servir à l'écoulement des eaux d'une cuisine, d'une cour. (Acad.) C'est ce que quelques-uns appellent uno bilié-iro.

BossôcA, V. a. — Secouer, renverser.

a. Voy. Botollia 5.°, 4.% 5."

BossocÂDO, s. f. Voy. Brondido, Soubotsado.

BossocA-iRE, BO, subst. Voy. Bololia-ire. On appelle brise-raison, s. ui., celui qui est dans l'iiabilude de parier sans suite et hors de propo.s.

BossocôMEN, s. m. — • Bavardage , s. m.

BôsTA, V. a. Mettre un bit sur une bête dtsomme. — Bâter, y. a.

BosTÏNO, s. f. Espèce de selle faite de toile, de paille ou de bourre. Il n'y entre ni fer ni bois. — Bar- delle , s. f. Panneau. (Ency.) L'Ac. appelle /w/i- neau ciiacuu de^ coussinets , ou chacuuc des

BOT >5

rembourrures qu'on met aux tftXés d'une sello pour empêcher que le cheval ne se blesse.

BosTOREsso. EguUio bostorcsso. Grosse aiguille de fer ou d'acier, longue de cinq à six pouces, ronde du côté de la tête, triangulaire et tranchante du côté de la pointe, et qui est fort évidêe — Aiguille ik emi/alier. (Ency., art. Aiguille, p. 720.)

2. Espèce de grande aiguille à quatre cornes on à angles , dont les selliers , bourreliers , cordon- niers, etc. , se servent pour coudre les cuirs foible» et minces. — Carrelet, s. m. (Ency.)

Aiguille à cmpoinicr. Ce» aiguilles sont des espèces de carrelets beaucoup plus forts que ceux des sel- liers. Les marchands s'en servent pour arrêter avec de la ficelle les plis des pièces d'étoffe. (Ency.)

BosTÔRo , s. f. , augmentatif de Bostou. Long et gros bâton. (B. )

BôsTOD, s. m. — Bâton, s. m. Les Troubadours disoient hoslos. Ce mot, proprement grec, siguifio bâton à porter des fardeaux. (Gattel. )

BoT, espèce d'interjection. Voy. Bat.

BoTKDOu, s. m. Menue corde à trois fds. — Merlin ^ s. m. Le ifitord est à deux fils. ( Ency. )

BoTicÔLO, s. f. Maison mal bâtie. — Barraque, s. îi Ce qu'il appelle son château est une barraque. (Ac. ) Bicoque, s. f. , se dit aussi d'une petite maison.

2. Petite boutique en appentis et adossée contre uno muraille. — Echoppe , s. f. W'ailly appelle haraqiw une petite boutique couverte.

BoTÎLiÉ, DOTiLiÉ-iRO, subst. Cclui, ccllc doDt la pro- fession est de conduire un bateau. — Batelier, batelière, subst.

BoTO. — Mets, impératif du verbe Bouta. — Mettre, V. a. Boto, boto. Cet impératif répété exprime le consentement ou qu'on se soucie peu de (pielque chose. — Boto, boto, fa-i ço que vo-oudras. Lillé- ralement , boute, boute , fais ce que tu voudras. — ■ • Va, va, fais ce que tu voudras. (B. )

BoTO-ENTRF.N, S. m. Cclui qui anime les autres, soit au plaisir, soit au travail. — ■ Boute-cn-train , s. m. On apj)elle encore ainsi un petit oiseau qui sert à faire chauler les autres, et qu'on nomme mitre- ment Tarin. (Ac. )

BoTO-FK, s. m. Celui qui, de dessein formé, met I9 feu à un édifice, à une ville, etc. — Boute-feu, s. m. Il se (lit figurément de ceux qui e\' itent des dis- cordes et des querelles. Il a été le bouie-fcu de la sédition. Ce sont des boute- feux. ( Ac. )

BoTOLi.iA, V. n. Les f< mouillés. 1. Disputer, contester, se donner beaucoup d'agitation. — Batailler, v. n. Xi est vicu^ Uaus k sçus dç duuucr batlaille.

1/j BOT

2. Se battre avec bruit, se quereller, disputer, eon- testcf avec beaucoup de bruit. — ChmnaiUcr, v. n. Se chamailler.

5. Faire de grands discours invitiles qui n'aboutissent à rien ; <!'tre long dans ses récits ; employer beau- coup de paroles pour dire peu de choses. — Fer- éiager , v. n. ; verbaliser, v. n. Celui-ci est un adoucissement de vertiager. H y a long-temps qu'il ne fait que verbaliser. (Ae. )

4- Causer trop sans beaucoup de discernement (W. ) Parler excessivement de choses frivoles, ou (|u'on dcvroit tenir secrètes. (Ac. ) Bavarder, v. n. Quel- qu'un a bavardé.

5. Parler bien haut, beaucoup et mal à propos. — Brailler, v. n.

6. Dire indiscrètement ce qui vient à la bouche. — Déba goûter, v. a. Il est bas. ( Ac. ) Parler plus qu'il ne faut, dire ce qu'il ne faut pas dire. — • Dégoiser, y. a. Il a dégoisé tout ce qu'il sait. ( Ac.)

^. Parler longuement et jusqu'à l'imporlunité pour persuader. Il se joint plus ordinairement avec le vcil)e prêcher. — Patrociner , v. n. Fous aurez i)eau prêcher et ■patrociiier. (Ac. ) Du verbe latin ■palrocinor. (B.)

8. Se donner beaucoup d'agitation, bien contester, bien se tourmenter, surmonter bien des obstacles pour , etc. — Batailler, v. n. , donner des batailles. Il a bien fallu batailler, il a bien fallu donner d-S batailles pour en venir là. (Ac.)

o. Il se prend dans le sens de Bordi^a , caqueter, jaser. Voy. Bordza et Bossoca.

i<). Il se prend dans le sens de Dzogoussa. Voycï ce mot.

BoTOUA-iRE, BO, adj. et subst. Qui aime à parler beau- coup. — Babillard , de, adj. et subst.

2. Qui parle trop et ne dit rien qui vaille. — Bavard, bavarde, adj. qui s'emploie d'ordinaire sid)st^ntiv.

S. Qui publie tout ce qu'il sait. — Trompette, s. f. Il se dit et d'un homme et d'une femme. Cette fi-mme est la trompette du quartier. Ce4 homme est une vraie trompette. ( Gr. Yoc. , Ac. )

4. Celui qui est soupçonné de rapporter tout ce qu'on fait, tout ce ((«'on dit. — Barbet , s. m. (Ac. ) On appelleja^ewr, celui qui est sujet à redire ce qu'il entend. Défcz-vous de lui, c'est unjaseur. (Ac.) Voy. Bordza-ire.

BoTSDTJ, s. m. , diminutif de bac. Cuvier de bas bord qui se fait ordinairement d'une futaille qu'on scie, où les marchands mettent leur poisson pour le conserver en vie. — Baquet, s. m. (Trévoux, Ac. )

a. Sorte de petit baquet où les harengères mettent des carpes. — Caqueté, s. f. (Ac. , W. ) Caqueté est apparemment diminutif de caque, <jui est un

BOt baril où l'on met les harengs après qu'ils ont été apprêtés et salé*. (B.) 3. Tine, et mieux tinette, s. f. Voy. Sillio et Silliou. Il est dit dans l'Ëncy. , art. Douvts à oreilles , p. 337, col. I : « Ce sont deux douves qui, dans les tinettes, sont plus longues que les autres, et sont percées d'un trou par l'extrémité qui excède le haut des autres douves de la tinette. Ces deux douves sont placées vis-à-vis l'une de l'autre, de manière à pouvoir passer un bdtou par les trous de ces deux douves. »

BÔTTo, s. f. Chaussure de cuir, etc. — Botte, s. t. Voy. dans Ac. les ditférentes acceptions de ce mot.

BÔDÂDo, s. f. I. Populace, s. f . , terme de mépris; canaille, s. f . , terme de mépris.

a. Par jeu et par badinerie, petits enfants qui font du bruit. —Canaille. ( W. , Ac. ) Voy. Boudou-ire.

BorCA , v. n. Etre contraint de faire quelque chose malgré soi. ( W. ) Se résigner par force. ( Ac. ) — ■ Souquer, v. n. J'ai bouqué là trois heures à me mouiller, en vous attendant, il avait beau faire la grimace, il a fallu bouquer. (Acad. ) On dit aussi sauur le bâton. (W. , Ac. ) Fa bouca. — Faire bouquer, faire sauter le bâton.

Bouci ou Borssi , s. m. — Morceau, s. m. ; chîquet, s. m. Bouci ])er bouci. Peu à peu, par petites par- celles. — Chiquet à chiquet. (Wail. , Ac. ) Payer chiquet à chiquet. (Ac.) Bouci de l'and/e, morceau qui reste le dernier au plat. — Morceo^u honteux. (Ac.) Voy. Loupi.

Gaitel dérive chiquet de l'Espagnol chico , petit. Je croirois qu'il vient de l'ancien François chic , par- celle, morceau, et (|ue chic vient du latin cicuin ou ciccus , petite peau dure qui est entre la chair des noix desséchées, qui sigiiilie aussi un fétus. (B.) Bouci vient de l'Allemand beissen , mordre. (Le Duchat. )

BoticiNA ou BOuciNÊDZA, V. act. En général, c'est mettre en morceaux, couper par morceaux, mettre en pièces, en morceaux. — Dépecer, v. act. Dépecer de la viande, un vieux bateau, un vieux car- rosse', de vieilles hardes. (Ac. )

3. Couper de la viande en tranches fort minces. — ■ Emincer, v. act. Il ne s'emploie guère qu'au par- ticipe : du mouton émincé. On l'emploie subslanl. Un émincé de poularde ; cet émincé est excellent. (Ac. ) Wail. dil émincée, s. f.

3 Froisser un corps entre les doigts, pour le mettre en petites parties. — Emier, v. a. Emier du pain, de la cassonade, de l'alun. Cela s' émic. Prenez garde de l'émier. (Ac. ) Emietter, v. a., ne se dit que du pain.

4. Morceler, v. a. , ne se dit guère qu'en ces phrases : Morcçkr uni ta^rn, un héritage. H ne faut poim

BOU morceler cette terre, U faut qu'un de nout fait toute entière. ( Ac. )

BoCcLo, s. f. — Boude , s. f.

BôuDoû-iBE, s. f. — Populace, s. f.

a. Lie du peuple. — Racaille , s. f.

5. Tout ce qui est de rebut. — Racaille. On a pris tout ce qu'il y avait de i>on, et l'on n'a laissé que de la racaille. ( Ac. ) Ce marchand ne vend que de la racaille. ( Gros Yoc. )

4. Voy. Fordadze.

BoÏDoinoCsTso, s. f. Excrémens qu'on tire des lieux,

des latrines. — Gadoue, s. f 3. La j)artie la plus épaisse qui demeure au fond de

quelque liqueur. — Lie, s. f. (W.) Sédiment, s. m.

BcrDRO, s. f. Fange des rues et des chemins. — Boue, s. f. , de l'uncien flamand brod. Dans quel- ques cantons on dit troudo , et cette prononciation est plus analogue à son origine. En Langucd. , hraudo. Le Gâchis, suiwt. m. , est une eau répandue, et qui rend sale le lieu où elle est ré- pandue. (W. ) Voilîi ùien du jâchis. Le détjet cause tien du gâchis. (Ac. )

Bot'DRoo, oûso, adj. Plein de boue. — Boueux, euse, adj. Des cliemins tout ùoumx, une rue boueuse. En Prov. et Langued. , hrautou.

BoiJDZA, V. n. Se mouvoir de l'endrpit où l'on est. — Bouger, v. n. Si vous bougez de votre place, vous me désobligerez. On s'en sert plus ordinairement avec la négative : Je ne bougerai de là, iw bougez de là , ne bougez. Degun n'a-ouso boudza devant il ; littéraleuient , personne n'ose bouger devant lui. — Personne n'ose ciller devant lui ( Acad. ) , c'est-à-dire, se mouvoir, remuer. Alors remuer est pris neutralement. Ciller, au propre, signifie fermer et rouvrir dans le moment les yeux et les paupières. Il ne fait que ciller les yeux, les pau- pières. (Ac. )

3. Vider, v. a. Boudza oquel sac dins oquel coffre. — Videz ce sac du/ns ce coffre. ( B. )

BoïiDZAL, S. m. Ouverture faite dansuncorps, etdontla largeur et la longueur sont à-peu-près égales, ce qui la dislingue de la fente, qui est une ouverture étroite et longue. — Trou, s. m. Faire un trou à la muraille, à un ais, à un plancher , en terre. Il y a un trou à ros bas, à votre mantcuu. Trou de taupe, de renard, de lapin, de souris , de vers. Tomber dans un trou. Il s'est sauvé dans un trou. ( Ac. ) Le mot françois trou vient du mot patois tra-ou. Voy. ïra-ou a.

BoÛDZE, s. m. Espèce de petit cabinet auprès d'une chambre. ( Ac. ) Petite pièce ordinairement placée aux côtés d'une cheminée, pour serrer différentes choses. (Ency.) — Bouge, g. m. U se dit aussi

BOU A i5

d'une petite garde-robe où il n'y a place que pour un très-petit lit. ( Ency. ) Voy. Destrenzedou.

a. En terme de tonnelier, le milieu d'une futaille, sa partie la plus grosse et la plus élevée ( \V. ) ; la partie la plus renflée d'une futaille, du moyeu d'une roue. — Bouge. (Nouv. Voc. fr. )

BôoDzoL, s. m. La partie de l'intérieur de l'œuf, qui est jaune. — Jaune d'ccuf.

BoïDZOLA , V. a. Percer, faire un trou. — Trouer, v. a. Les voleurs ont troué la muraille; les vers ont troué cet habit. (Ac.)

BouDzÔLA , ÂDo , participe. — ■ Troué , ée , part. Bas troué, robe trouée. (Ac.)

BouFFORÂDO, s. f. Action subite et passagère d? diver- ses choses. — Boujfée, s. f. Bouffée de vent , da funu'e, de chaleur, d'humeurs, de dévotion. Ou dit l'igurément, en parlant d'une chose qui com- mence avec ardeur, avec véhémence, et qui est de peu de durée, que c'est uu feu de paille.

a. Subst. m. et f. Celui, celle qui ne s'adonne aux choses que par boutade; on dit alors : H, elle ne s'y adonne que par boujfée. Fa uno boulFarado : faire quelque chose qui éclate d'abord, où il paroît de la vivacité , et qui se dément dans la suite ; faira du feu violet, faire feu violet. (Ac. , Gr. Voc.)

3. Celui, celle qui promet beaucoup et tient peu. (W.) Celui, celle qui promet légèrement, ou sans inten- tion de tenir sa promesse. (Ac. ) — Donneur do gaibanum. (Ac. , AV.) Prometteur, euse, subst. Vous êtes un hcuu prometteur, une belle promet- teuse. Mors boufarado est s. m. Quand un homme se vante de faire plus qu'il ne peut, on dit que c'est un fuiiiilè, sauteur. ( Ac. , Gr. Voc. )

BoiJGSA, v. n. Demeurer quel(|ue temps dans l'eau^ ou dans quehjue autre liqueur. — Tremper, v. n. Ji y a deux jours que ce linge trempe. Il faut meure tremper ces pois, ces pruneaux, pour les amollir. En termes de médecine et de chirurgie, faire tremper un corps dans l'cavi ou dans quelque autre liqueur, pour le préparer à la distillation. — • Macérer , v. act. Il faut macérer cette plante dans du vin.

•2, Bougna se prend dans le sens de couver. Tsal lé-issa bougna oco ; littéralement , il faut laisser bougner cela. — // faîit laisser couver cela, c'est- à-dire, il ne faut pas se hâter. Voyez Couii a.

5. Mettre une plante ou une drogue dans quelque liquide, afin que le liquide en tire le suc. —Infuser^ v. a. Infuser de la rhubarbe dans de la tisane, faire infuser du séné.

4. Séjourner, v. n. On dit par extension d'une niasse d'eau qui est ou a été stagnante dans un endroit , qu'cWe y séjourne , ou «^u'ef^e y a séjourné.

iS BOU

5. Il se dît, au Agnré, des affaires qu'on néglige. A-i trop lé-issa bougna inoiiii ofTa ; litlénileiTieiit , j'ai trop laissé bougner mou allaire. — J'ai trop laissé dormir mon a/faire. (Ac. )

BouG... Mot obscène (jui n'est que dans la bouche de la canaille. Ce mot dérive de Bulgares , nom (|ui fut d'abord donné aux liéréli(|ues de Bulgarie, qui sembloient avoir ramassé diverses erreurs |iour eii composer leur croyance : mais ensuite cetle hérésie s'étant ré])andue en dill'érents enilroils , quoique avec des circonstances <|ui y apportoient de la diversité, le nom de Bulgares devint commun à tous ceux qui en furent infectés. Ce nom fut bientôt corrompu dans la langue françoise qu'on parloit .Tlors ; car au Heu de Bulgares, on dit d'abord Bougares et Boiigucrs , dont on fit le latin Bugari et Bugeri, et de là un mot tiès-sale en notre langue. (Ency. , Bulgares.) Voy. Du Cange.

Boc-i , s. m. Arbrisseau toujours vert. — Buis ou Bonis, s. m.

BoC-iDzo , s. f. Pâturage sec. — Pâtis ou paquîs , s. m. Voy. dans l'Ency. l'art. Pacage, et Pastural d^uis ce Dictionnaire.

Boi'-iÉ, É-iRO, subst. Celui , celle qui garde les bœufs, les vaches. — Bouvier, ère, subst. Nous nommons ausii iou-iê celui qui conduit une charrette attelée de bœufs ou de vaches.

BoiJ-iMi, V. a. — ■ Vomir , v. act.

Bov-nussÔMEs, s. m. Action de vomir. — Vomisse- ment, s. m.

Boï'iRi, V. a. Faire un mélange d'une chose avecime autre, ou de plusieurs choses ensemble. — Mélan- ger, V. act. ( Ac. )

2. Mettre plusieurs choses ensemble. — ■Mêler, v. a. Mêler signifie aussi é rouiller , et se dit dans le sens de hou-ira. J'ai m(-ié mes livrer, mes pa- piers, en sorte que je ne puis plus trouver ce que je cherche. H a hrouilU tous ses papiers. ( Ac. )

5. Fouiller dans quelque chose, avec désordre et en brouillant. — Farfouiller , v. n. il a mis tous mes papiers en désordre, en farfouillant dans mon armoire. (Ac. ) Farfouiller est aussi v. ad. On a farfouillé mes papiers. (Ac. ) Que farfouilics-lu là ? (B. )

4. Mouvoir. — Remuer, v. a.; mouver , \. act. « On remet de nouvelle cbdrée; on la fait cuire

- > comme la première ; on la mouve bien pour

* mêler le grain de la première qui est descendu « au fond avec celui de la deuxième cuite. (Ency , CiiBF. , terme de rafineur , pag. 108, col. 2.)" Jitmuer du ilé , de peur qu'il ne s'échauffe. ( Ac.) Bemuer est pris dans le sens de mouvoir en rond, dans l'Eucycl. , à l'art. Rocou , p. 5oi , col. 2. L'Encyclopédie, arl. iVMtWJe (pour les enfauts),

BOU conseille de faire cuire la farine en la mettant au four dans un plat fort large, et l'y rcinuaiiA de temps à autre pour la préjtarcr également. L'Académie , au mot Rabot , dit que c'est un instrument dont on se sert pour remuer et pour détremper la chaux.

5. Mouvoir en rond , agiter une chose de façon qu'elle tournoie, comme quand on fjit cuire de la bouillie. ( B. ) — Tourner, v. a. Amidon rju'il délayoit bien , en tournant jusqu'à ce qu'il n'y eut point de grumeaux. (JJncy. , art. Papier énHant, p. 477, col. I.)

6. Voy. Polovira.

BouiRÎDZE, s. m. — Mélange, s. m.

Bou-iRi-OD, s. m. L'herbe qui vient dans un pré, après (|u'il a été fauché. — Regain, s. m. Le mot regain vient manifestement tle la particule re- dondante rc, et de gain, qui, en vieux françois, signifioit récolte. Le ngain est donc une seconde récolte avantageuse au propriétaii-e. Les Normands disent reuoin, et Ménage croit que c'est le véri- table mot employé pour refoin, qui veut dire un secoiul foin. Les coutumes de Berry et de Nivcrnoi» se servent du terme revivre , parce que les préi semblent revivre une seconde lois. (Ency.)

Botj-iRiQuo. Voy. Bovisso.

BoiJ-iRO, s. f. 1.° En général, Mélange, s. m.

2. Mélange du seigle avec du froment. — Blé rami.^ Ou l'appelle ainsi, parçp <1"6, dans les meilleuics terres , on ensemence quelquefois du .seigle avec du fioment , pour le soulager. La paille longue et dure du seigle sert comme d'ai)])ui au froment, et l'empêche de verser. Le mélange s'appelle blé ramé ((viand il est foible, c'est-à-dire, qu'il y a peu de seigle, jusqu'au centième et même au cin- quanliènie. Quand le mélange est plus fort , il s'appelle méleil. Quand il y a trois quarts de fro- ment et un ((uart de seigle . il s'appelle gros méleil. Et on l'appelle petit méleil, (juand il y a moitié .seigle et moitié froment. (Ency., art. Blé, p. i45 et i58.)

2. Longue perche dont les pêcheurs se 8e^^'ent pour remuer la vase et troubler l'ciiu, afin que le j'ois- son entre plus facilement dans les filets. — Bouille, s. f. De bouille est dérivé ùouillcr, v. a., troubler l'eau avec une bouille. (Ac. )

BoTj-iRODisso, adj. fém. Voy. Bri.

Bôu-iROT, s. m. Espèce de petit poisson. — Goujon, subst. m.

2. Bou-irot, bou-irossou, cropet, to-oupet, gros et court , en parlant des hommes et des femmes. — • Trapu, ue , adj. Homme, cheval trapu, femme t'upne. Celui, celle qui es! de taille courte, grosse el entassée. — Courtaud, aude, subst. En ce sens.

T.OV,

il ne se dît qiic des liomincs et des femmes : un (/ ros courlauil , mie gi'osse cmrrtaifde. (Ac.) Ragot, rafjofe , adj. et subst. Homme ragot, femme ra- <jOte , cheval ragot. C'est un ragot , un fttit ragot, wie pelile ragole, ( Acad. )" l'etit hoimne eoiitrel'ait, peiite l'emiiie eontrei'aile. ■ — Cra/ious- sin, ine, subst. ( Ae.) Petite persoiiiiade mauvaise f.onrormation et de mauvaise mine. • — Rabougri, raioM^/m/paitieipe. Petit homme rabougri. (Ae.)

BoiJ-issA, V. a. Oter les ordures avee un balai ou un linge. — Nettoi/er, v. a. Si on ôte les ordures avec 'uu balai. — Balayer, v. a.

BotissoD, s. m. Espèce d'arbuste qui a les fleurs jaiuies. — Genêt, s. m. Celui-ci est le genêt com- mun, le genêt à balai. Dans notre Saintrie , on appelle le genêt Peiuis. i'Iusieurs disent buisson au lieu de genêt ; mais, dtins le François, buisson signifie un hallier, une touffe d'arbres sauvages, épineux, de ronces.

Bov-issoHAi, s. f. Terrain rempli de genêts. — Gcnê- ticre, s. f. (Ilozier, art. Genêt, p. 2/(6.) Lacombe Vap\nâ\cjannaie ou jannière. Dans notre Saintrie, on l'appelle penié-iro.

BoîJ-JTA, V. n. Ne marcher pas bien, à cause de qiiclqite incommodité aux parties qui servent à marcher. (W. ) — Botter, v. n. Boiter d'un pied, ùoiter des deux pie/ls, i/o f ter des deux hanches, douer des deux côtés. — Clocher, clocher du pied dtoit , du côté droit, desilcux côtés.

On dit proverbialement : Il ne faut pas clocher devant les hoiicux , pour dire qu'il ne faut con- trefaire personne.

Boc-iTÉDZA, V. n. Fléchir très-bas du *ôlé malade ou foiblc. — Botter tout bas. Il est goutteux, ii itoite tout bas. Ce cheval boite tout bas. ( Ac. )

Boîi-iTÔMEN, s. m. Action de clocher, de boîlcr. — docilement, s. m. (W. , Ac. ) Claudication e^iW terme tic chirurgie, et hoitement »"es-t pas reçu.

Boi'-ÏTOU, oCso, adj. et subst. Qui boîte. — Boiteux, hotteuse , adj. et subst.

BoiiLECA, V. a. Remuer, déplacer quelque chose, mettre quelque chose en désordre. Boulcga est

aussi Prov.

et Langued.

BdÏ'lf.s, s. m. Seconde farine tirée an bluteau d'après la fleur de farine. — Farine blanche, grosse fa- rine. En Prov. , rebulet est la farine do;>t on a ôté la fleur. (Lac.) Cette seconde farine se divise en deux autres : la première de grain iilanc , la se<^^^onde de grain gris. On fait du pain blanc de la première furine. On mêle la seconde avec celle il'a]>rès, pour faire du pain hi» blanc. La farir.o de grain gris est si inférieure, que le pain qui en jHijvient ne peut êlre consommé; il est trop bis. { Ency. , art. Moulure. ) Le gvaiu gris est ce que

COU jy

nons .appelions Tersol. (B.) On trouve dans l'En-y. , à l'art. Gruau, espèce de farine grossière, mêlée de son , et qui , dans le blé , éloit voisine de l'écorce. Il y a des gruaux fins cl àua gruau.x gios. Les gruaux fins, c'est la farine au-dessous de la blanche; les gruaux gros, c'est la farine au-des- sous des gruaux fins.

Le bluteau distribue ie blé eu six portions : la fleur de farine, la grosse farine, les griots, les recou- pclies, les recoupes el le son. On donne le son aux chevaux, on nourrit les vaciies des recoupes. On fait du pain de la grosse farine et de la fleur de farine, et l'on tire l'amidon des griots et des recoupettes. ( Eney. , arl. Amidon.)

On distingue, en général, quatre sortes de farine de grain d'une même mouture r la première, qui est le Manc; la seconde , qui est 1(> bis blancs la troi- sième, qu'on nomme première de gruau ; la (|ua- trième, qui est Iv gruau iis. On distingue encore CCS farines sous le nom de fleur de farine , de foHiu. blanche, de farine hise. ( Ency. méthod. de Paukouke, art. Boulanger, p. 25'i. )

On a[)pelle i&sues ce qui reste après que la première et la seconde farine sont extraites. (Encyclop. , art. Mouture, p. 4<ii , col. a.) L'Ency. méthod. appelle issues ce qui sort de la farine après la farine et les gruaux; savoir : les sons, le Peu- rage, etc. ; et elle appelle /leurage ou remoulaga le son du gruau.

Le gruau est appelé grésilion dans les provinces méridionales. ( P. Voc. ; Voy. l'Ejicy, , art. M<iii- nier, p. j'S^, col. i. )

B061EN, s. m. En parlant du pain. — Pain ùis Manc. Voy. plus haut. Boulen vient du Ltlin fjollen, inis. Voy. PiiisEjliv. 18, c. 10. Du Pl^ET, ancien tiaiiuc- teur de Pline, traduit pollen, farine blanche. (B.)

BoBiETo, s. f. Voy. Boulou.

BouLiNDiÉ, É-iao, subst. — Boulanger , ère, subst. Du hilin polentarius , de farine de froment. Le senu est un peu (iélourné dans le Patois. (B.)

BoBiLiAco, s. f. Les U mouillés. Femme malpropre. — Souiilon, s. f. Souiiion est au*si s. m. et f. , et signijie celui, celle qui tache ses habits. (W., Ae.) — Marie-graHtan,li;rnH:i>o^>'.û. (Gr. Voc. ,W. fl n'est pas dans Ac. ) — Guenippe, s. f. Ce mot signifie plus comnuuiément une lemme de mauvaise vie, une coureuse. ( W. , Ac. ). Voy. Bouzié.

2. Sauce trop longue, bouillon trop long. — Buvée, s. f. , conmie qui diroil de io hocado, de las boca- da^. (B. ) Voyez ce mot à 9,°. En <:e sens, boulliaco est l'augmentatif de Bouliiou , ùouiilon.

On appelle encore gattpe une feîiime malpropre et désagréa!)le. O la viUiine gaupe , la saie gaupe! style fa 11. (Acad.) On dit populaireme:\t qu'/zMC femme est un torchin, ([u'elle est faite comme

5.

i8 BOU

un torchon, pour, qu'elle est malpropre et mal vêtue. (Ac. )

BofiLO, s. f. Corps sphérique, corps rond en tout sens, servant h divers usagt-s, soil poiu- le jeu, soit pour rornement. — Boute, s. f. Boule de bois, iioule d'ivoire, toute à jouer au mail, toute à jouer aux quittes. ( Ac. ) Du latin hutla, qui (Uni chez les Romains une. petite boule d'or ou d'argent qvie les enfants des hommes de qualité j)ortoient au cou jusqu'à l'âge de tlix-sepl ans. ( B. )

On dit au jeu de (juilles, pied à boute, pour avertir celui qui joue de tenir le pied à l'endroit où sa boule s'est arrêtée; et figurément, tenir pied à toute, pour dire, se rendre assidu à quelcjuc ouvrage, à quelque emploi ; et faire tenir -pied à boule à quel- qu'un, pour dire, l'obliger à une grande assiduité.

Bo'"loi', s. m. Diminutif de Boulo. — Petite toute. Ce que nous appelions toutou est différent de la éoufelte, s. f. (B. ) Celle-ci est une petite boule de pâle ou de chair hachée. On fait des boulettes de viatule hachée qu'on met dant Ces ragoûts et dans {es pâtés. ( Ac. )

BoiJMBi , V. a. Rendre convexe. — Bomber , v. a. tomter un chemin, wne^ rue; tomber un ou- vrage de scufvtîire, d'orfèvrerie , de memuise- rie, etc.. (Ac. )

Il est aussi neutre. Cette menuiserie tombe, ( Ac. )

BouMBÂNÇo , s. f. Somptuosité en bonne chère. — Bomtance , s. f // s'est ruiné en fe-ttins , en tontes sortes de bomtances ; faire bombance, (Ac.)

On disoit autrefois toban, tobance. (B. )

BouiuBi , V. n. Fa boumbi ; littéralement , faire boumti , remplir d'eau des futailles pour les im- biber avant que de les faire servir. — Combuger des futailles. (Acad. ) En ce sens, toumbi vient du latin tarntatus, qu'on a fait tremper. (Columel.)

Nous disons toumbi , \. n. , en parlant d'un corps (jui rend un son soin-d, qui indi(pie qu'il renferme un espace vide. — Sonner creux. En ce sens, il vient du latin tombus , bruit sourd,

3. Faire grand bruit. — Ronficr, v. n. Le canon rojilloit. (Ac. )

5, Rendre, renvoyer un son éclatant, — Retentir, V. n. Cette voûte retentit du bruit des trompettes ; l'air retentit au bruit du cano^i. (Ac, )

Résonner, v n, , n'ex|)rinie pas exactement notre boumbi. Résonner signifie rciwoyer le son dans un petit espace circonscrit. Cette voûte résonne bien. Cette église résonne trop. ( Ac, )

Roumbi se dit aussi dans le sens" de Resjdandze. Voyez ce mot,

(D;i dit encore boumùi dans le sens de Bouodi. Voyez

r.ou

BoÛMBo, S. f. Boule de fer creuse, plu» ou moin» grosse, qu'on remplit de poudre, et qu'on lan<e d'un mortier, et (|ui fait beaucoiq» de mal, soit en tombant, soit en crevant. — Bombe, s. f. ( Nouv, Voc, fr, )

Les enfants appellent bonmbo une noix , ou une clii([ue plus grosse que les autres, de laquelle ils se servent, lorsqu'ils jouent aux noix, pour abat- tre, d'une certaine distance, les chutelels qu'iU en ont fails. Pour savoir ce que c'est que la chique et le chùtelet, voy. Fourbialo et Tsostelet, (B. )

BoÙMBo DE QcÉLi.io, S, f, Lcs II mouillés. Espace de grosse noix. — ■ Noix royale. (Ency, , art. Noi.c, p. ao5 et 309, )

BouMBoi^ciÉ , iKiRO , subst. — ■ Qui aime la bom- bance. ( B, )

BoDMBOB-iNA, V, a. et v, n. Parler confusément entre SCS dents, — Marnioller, v, a. Qu'est-ce que vous marmottez entre vos dents ? Marmotter sts priires. ( Ac. )

2. Murmurer, témoigner par un bruit sourd, et entre ses dents , qu'on a quelque méconleutcmeiit. — Grogner, v. n. ; grommeler, v. n. ; gronder, v. n. Celte femme ne fait que grogner. Qu'avez-vous à grommeler ? H grommelé toujours. Il n'est pas content , il gronde. H grorule contre vous. H faut le laisser groiuler. Il s'en va grondant. .( Ac.)

5. Boiunbou-ina se dit atissi pour exprimer le bruit sourd et confus que font plusieurs personnes qiii n'approuvent pas ce qui a été dit ou fait. — • Bour- donner, V. n. Après sa harangue , on entendit bourdonner toute l'assemblée. ( Ac, )

Bounibou-ina est une onomatopée, (B, )

Boî'iMi, y, a. Rejeter par la bouche, et ordinairement avec effort , quelque chose qui éf oit dans l'esto- mac, — Vomir , v, a. 11 se dit des animaux aussi bien que des hommes, (^tle drogue provoque à vomir, fait vomir ; it a v(mii de ta hite. ( Ac, )

On dit figurément : Ceta fait vomir , cela est à faire vomir, pour, cela est fort déguittaiil. ( Ac.)

On dit figurément qu'un homme vomit des injures; des blasphèmes; vomit son venin contre quel- qu'un, pour, qu'il profère des injures, des blas- phèmes ; (pi'il dit tout le mal jiassible d'iuie personne, ( Ac, )

Bonis ou Bo«, NO, adj. Qui a de la bonté. — Bon, bonne, adj. Du latin bonus. Bon se met après le substantif : Oquel vi es bon, ce vin est bon. Bonn se met avant le substantif : Oqu'é-i ou oco z'es un boun coj) , c'est un ton coup. ( B, )

BoïiNARD, DO, adj, et subst, dans le patois, augmen- tatif de bou-n. Simple et sans aucime malice. — Bonasse, adj. des a genres, Oqi)'é-i un bouuurd,

IJOU

il est bonasse., tout 1/onasse. Il ne se dit guère que d'une personne de i)cu d'càpril. (Ac. ) On dit, eu I Uflaiit d'une femme d'un curaclère doux et facile : i/cst une toniie enfant. Voyez liounifassi , Jiou- iiil'assio.

BoiNBOu, s. m. Pûtes, friandises, toutes les petites friandises qu'où doime à manger aux. enfants. — JJoui/an, s. m. On promet du l>oni)on aux enfants, et ce mot paroît tiré de leur langage. Ne pleurez pas, vous aurez du honboii. (Ae. )

linPNBOvNiÉ-iBO, s. f. Boîte à bonbons. — Bonbon- nière , s. f. ( Ac. )

BouKD, 8. m. Le d ne se prononce pas. Le saut, le rejaiili.ssement que fait un ballon, une balle (que le peuple appelle Pa-oumo. Voyez Pa-oumo 2. j ou autre chose semblable , lursqu'étanl tombée à terre, elle se relève plus ou moins haut. ( Ac. ) — Bond, s. m. Le d ne se prononce pas.

BoLNDi, V. a. Mettre un bondon. — Uondonner, v. a. Bondonntr un tonneau ; on bondonne, le vin ijuatui il a bouilli. ( Ac. )

BoÏNDi, V. n. Faire jm ou plusieurs bonds. — Bon- dir , V. n. Cette halle est trop molle , elle, ne i)ondit point. (Ac. )

BoiisDicA,v. n 1." Il se dit dans le sens de Boum- bou-ina.

2. Boundica exprime l'existence d'un bruit conti- nuel, d'un bourdonnement dans l'oreille. — ik)r- ner ,'\. n. Las o-ourillias me boundicou. — Les ai'eilies nie cornent. Corner se dit ici lîgurément. Au propre, il siguifre sonner d'un cornet ou d'une corne.

On dit d'une personne qui entend de travers ce qu'on lui dit, que les oreilles lui curncnt. En ce .^^ns- là, lorsqu'on veut faire entendre à quelqu'un qu'on a fort parlé de lui, on dit figurém. et proverbial, que les oreilles doivent lui avoir bien corné. On dit aussi tinter, v. n. Les oreilles doivent vous avoir hicn tinté, car on a parlé beaucoup de vous. ( Ac. )

3. Il se dit des dents et des oreilles où l'on ressent vme douleur sourde. Las dens, las o ourillia.s me boiidicou , je ressens une douleur souide au.c dents , dans les oreilles Les dénis , les oreiller me causent une douleur sourde. ( B. )

Boundica est une onomatopée.

BoCsBo, s. f. Pièce de bois qui , étant baissée ou

haussée , sert à retenir l'eau 'a'un étang. —

Botule , s. f. On dit figu rément et familièrem. : Lâcher la bondi.

à ses larmes, à ses plaintes, à sa colère, pour

dire , donner un libre cours à ses larmes , à ses

plaintes, à sa colère. (Ac. ) 2. Baundo, bonde, se dit aussi d'un trou rond fait

dans uii touiieuu, pour verser la liqueur dedans.

BOr 19

Il se dit encore du tampon de liois qui sert k boucher ce trou. Voyez Bouudou. On dérive boundo de l'Allemand spwnd.

BoL■^DOu, s. m. Morceau de bois dont on bouche le trou par où l'on remplit un toiintiiu, i:ii n:ui<l. — ■ Bondon, s. m. On appelle aussi f-tww/oîi l'ouver- ture où l'on place ce morceau de bois. (Ac. )

a. Voy. Bordot 2.

BocNDoiJNA, v. a. Voyez Bounda.

BcBNET, s. m. Espèce d'Iiabillera,ent de tête. — îion~ net, s. m. Bonnet de laine , de satin; bonnet de m it , bonnet de docteur. ( Ac. ) L'Esp. dit bonéte. L'Angl. a cap or bonet. Caseneuve et Ménage déclarent qu'ils ne conn;tissent pas l'origine de cp mot. (B.) Chez les Jiomains, le bonnet cioit le syinbole de la libeyté. Les maîtres donnoient un bonnet à leurs -esclaves, lorsqu'ils les affranchis- soicnl. (B. )

BotJKET DE Pestke , S. Hi. Arbrisscau ((ui vient le long des haies. — Fusain, s. m. ; bonnet à prêtre , bonnet de prêtre. On l'appelle bonnet de [irêlre, parce que son fruit, qui est rouge, a qiiatrc angles comme jin bonnet carré. On fait des crayons de son bois réduit en charbon. (Ac. )

BouNÉTA, V. a. Rendre des respects et des devoirs assidus à des personnes dont on a besoin. ■ — Bon- neter, v. a. Il se dil jiarticulièrement des sollici- tations soumises et fréquentes qu'on ftst obliçé de faire. Je lie .saun-is tant Lonneter ces Messieurs. On dit aussi : Ces Messieurs veulent être bon- netés, pour dire qu'ils veulent qu'on les recherche, et qu'on leur fasse la cour. (Ac. )

Faire le /ried de veau à quelqu un , se dit figurém. et par plaisanterie, pour, témoigner k quelqu'un une complaisance b.i.v-e, ou faire auprès de lui une démarche servile. (Ac. ) Lui faire la révérence avec de basses soun'.issions. (W. )

BousETADO, S. f. Coup de bonnet, révérence. — Bon- iietnde, s. f. Il ne se dit qu'en plaisanterie. (Ac. ) Nous disons aussi Tsopelado.

BocsÊTo, s. f. 1.° Augmentatif de bonnet. — Grand

bonnet. ( B. )

2. Coift'e de toile que les hommes mettent dans leur bonnet de nuit. — Coiffe de nuit ou bonnet de nuit. ( Ac. )

On dit proverbialement qu'u/t homme est triste comme un bonnet de nuii ians coi/fe, pour dire qu'il a l'air triste et rechigne. ( Ac. )

Quelques-uns disent bonnette; mais botuiette elbon- nettes sont des termes de fortification et de ma- rine. (B.)

>^'

BO lîOU

Boï-si, s. m. Kspère Je pàtc frite à la po^le. — ficiçinct, s. m. Beignet de pommes; manger des ■beignfts. ( Ac. )

On fait à la ran)pagnc une espèce de beignet ou de gâfeaii frit à la poêle, dont le maître régale ses doinesticjues et ses bert-ers, en plusieurs endroits, le jour de Saint-Biaise. On l'appelle Crespel, Cres- pe-oii , Crespedzou. ( B. )

Boi'NÏcoT, TO, adj. Diminutif de Bou ou Boun. — Assez bon, passa Mentent ion.

BoLMFACi, Boi'siFvço OU BorMF\r,io, subst, et adj. , cio n'est qu'une syllabe. 11 se dit d'une personne qui a lin bon cœur, de la bonhomie; ce qu'on exprime par ces phrases figurées et familières : C'est un von cœur d'homme; c'est un bon cœur de femme; c'est une honnc pâle d'homme ; c'est une bonne pâle de femme. On dit aussi ; C'est un ion diable ; c'est un bonhomme.

On se sert de cette dernière exjiression en deux sens fort difTércnls, l'un do critique, l'autre d'éloge ; c'est le ton qvu décide du sens. On dit d'un homme simple, peu avi.sé, qui se laisse dominer et t>'omper par les aiilies , que c'est un ion homme : et l'on dit avec éloge d'un î^omme d'es- j)rit, plein de droiture, de 'andeur, d'afl'eotion, que c'est un homme de mérite, et un tiès-i/on fipmme. C'est un si bon homme ! La première qualité dans la société est d'être hon !,omme. H faut être ion homme avant tout. ( Ac. )

Jioniface n'est franc, que lorsqu'il est nom d'homme.

( B. )

Bousi'R ou BociîHTii, S. m. — Bonheur, s. m.

Boi;r , s. m. Gros village où l'on tient marché. — Bourg , s. m. Prononcez iourk. Gros iourg , grand iourg, bourg fermé. ( Ac. )

On dérive iourg du grec iurgos , qui signifie tour; en latin, lurris. Clavier n'a;;prouve pas cette éty-

' molfigie, et prétend que iourg est un mot des Gaulois et des Teutons, chez lesquels un iourg a toujours été un certain nombre , un assemblage de maisons. (Voyez Du Gange.) On a latinisé ce mot, et on a dit burgus ; et iiirgenses, les habi- tants d'un iourg , les bourgeois. ( B. )

BoÏRDA, V. a. Garnir l'extrémité de quelque chose, comme d'une jupe, d'un manteau, etc. , en y cousant un ruban, un morceau d'étoffe, etc. — Border, v. a. Border un manteau, iorder un ciiapeau d'un galon d'or. ( Ac. )

Corder se dit aussi de ce qui s'étend le long de cer- taines choses, et qui y sert comme de bord : Ce quai, celte chaussée iordenl la rivière. Une ielie prairie qui iorde un étang. Uns grande aliée fi' ai-ires iorde ia rivière. Tout ie phemin était f/ordé de inonde. {Ac.)

BOTT Plusieurs disent border, bordure, pour iroder, iro-

derie. Vojez les Gasconisnies. ( B. ) 2. BoÏRDA, V. n. Se moquer, dire des mensonges,

des sornettes. — Bourder, v. n. Il est populaire.

Boi^RDEi, , s. m. Maison de débauche. — Bordel, s. m. ( Ac. j Boucan, s. m. Termes bas et mallionmlcs. On appelle souteneur celui qui soutient de mau- vais lieux. ( Ac. )

BouBDiK, DiÉ-iRO, subst. Voycz Bordo, s. f.

BoCrdo, s. f. Mensonge, défaite. — Boi/rde , s. f. Ce laquais donne des bouides <) son maître. C'asi un domwur de iourdes. ( Acad. ) De Bourd.» et de bourdo on a fait bourda-ire, ro, Bourdeur, s. m. (Ac. ); Bourddtise, s. f. (W. ) Menteur, celui qui donne des bourdes. 11 est populaire.

BoLRDossA , V. atL Racommodcr grossièrement de vieilles hardes. — Bapetasser, v. a. (Ac , Gr. Voc.) Bapttasser vient du mot patois Petas. Voy. ce mot.

HoïnrM'.T., DzEso, subst. Citoyen d'une ville. —Bour- geois, ge<nse, subst. Frononcez iourjois. Bour- geois de Paris, un, riche iourgeois, une riche iourgeoise , un ion iourgeois , un bot<rgejis aisé et accommodé. ( Ac. )

Les ouvriers, en parlant des gens pour qui ils tra- vaillent, ont accoutumé de dire : Le iourgeois , de quelque qiialité que soient les personnes <jui les en)ploicnt; et c'est dans ce sens ([u'ils disent : H ne faut pas tromper le bourgeois. (Ac. )

Bourgeois se dit aussi pour rotiuier, par opposition à gentilhomme : H il est pas gentilhomme, mais c'est un honnête bourgeois. ( Ac. )

Le mot iourdze , en passant dans la langue fran- çoisc, s'est un peu éloigné de sa signification pri- mitive. Voyez Bour. (B. )

Boires ou Boïret, adj. Il se dit d'un vin qui est d'un rouge foiblc et presque couleur de rose. — Vin rosé- Le vin rosé se garde moins que le paiUit. ( Ac. ) Pirilfef, ndj., ne se dit que du vin rouge, lorscpi'il est un j>eu chargé de coulom'. ( Acad. ) Clairet, adj., se dit du vin qui n'est pas fort rouge. ( VV. )

BoÏBGiiET, s. f. Creux, cavité que fait le fer d'une touitie en la jetant avec force sur une autie toupie ou sur du bois.

2. Mot piquant contre quelqu'un. — Lardon, s. m. Donner un lardon. ( Ac. ) Parole de moquerie, raillerie |)iquante. — Brocard , s. m. Donner des irocards. Vn diseur de irocards. ( Ac. )

BouRGuÉTA, v- a. Piquer par des paroles plaisantes et satyriques. — Brocarder, v. a. Brocardar le

tiers et le quart. ( Ac. )

BouBGVETiDOj S. f. Parole de .moquerie, raillerie pi-

.^..

BOU cpiantc. — Brûeai'dj, s. m. DomUT un i>^f>caYd, doniwr (les brocards. De bvocavd , on a fait bro- caidrr. Liocardcur , eiixc , subst. , celui, telle qui dit (les brocards. Diseur do brocards. C'est un hrocardeur odieux. ( Ac. )

Boi'iRc:«A , V. n. Regarder d'un œil une surface, pour' jugei- de son alignement. — Bornoyer , v. n.

a. Fermer à demi les yeux, en regardant du coin de l'œil. — (itiiffner, v. n. Guigner de Cœit , ffitigner d'un œil. Gnigiisr est aussi actif. Regarder sans | faire semblant : Guigner ùi jeu de son voixin. On! .s'en sert aussi figurénient dans le style familier,, pour dire, former f[uel([iie dessein sur <;uelque personne, sur quelque chose : Il guigne cette charge; il y a long -temps qu'il guigne ceUe\ héritière. ( Àc. )

3. Regarder en tournant les yeux de côtt' , et comme \ à la dérobée. — Lorgtwr , v. a. Lorgner quel- qu'iin. On dil dans le style familier, el en plaisan- terie , ((u'uit homme lorgne une fininic, [)onr dire qu'il la re{>arde en lioinme anuniiuux. De lorgner, on a fait lorgite-rir , s. f , action de lor^uer : Les lorgne.ries d'un fht. On a fait aussi iorgru'ur, cuse, subsl. On dit ijuei([iicfois : lorgner une c/uirge , une maison, pour dire, avoir <ies vues sur luie charge, sur une maison, lin ce >ens, lorgner et guigner, pris activement, sont syno- nymes.

4- Regarder fixement quelqu'un , quelque ebose. — Fijcer ses regards sur quelqu'un, sur quelque chose.

BoBBCNA-iRE, S. m. Cclut qui vise d'un œil, pour voir si une chose est droite et de niveau. — Boar- noyeur , s. n». (W. )

Borm, s. m. Terme général qui se di! de la poussière , du duvet , de la paille et de toutes les petites choses malpropres fjùi s'attachent aux habits, aux n-ru,- bles, etc. — Ordure, s. f. Nettoyez voire chtrpeau, votre manteau , il est tout iHeind'onlures. il lui est entré une ordure dans l œH. ( Ac. )

3. Tout ce «pii rend lui appartement, une cour s.de et malpropre. — Ordures. (Ac. , Gr. Voc. ) Jeter quelque ckose aux ordures, pour dire, avec les ordures. ( Ac. ) Quand les i.rdures ont été ranias-

. sées avec le balai. — Balayures , s. f. plur. Voy. Dorguo.

Bornïsou , oiiso, adjeet. lUélancoli(|ue, triste, de fâ- cheuse, de mauvaise humeur. — Cfuigrin, inc , adj. Il est si chagrin de/mis quelque temps , qu'on ne /c, reconnaît plus. Il a l'esprit, l'ame, i'/iu- meur chagrine. ( Ac. )

0. Qui a de l'humeur, avec qui il est -dirricile de vivre. — Humoriste, adj. des 2 genr. ( Ac. ) Eu parlant d'un temps (ouvert et l'roi^. —Temps gris. H fait grisi il fait xm temps gris. { Ac. ) En par-

FOU a»

?ant des personne?, a-ire bourinoa, c'est-à-dire X sombre et triste. — Àir rembruni. (Ac. ) On dit aussi d'une personne chagrine, diflicile, bi- zarre.— Morose, adj. des a genr. C'est un homme très-morose ; un caractère morose. ( Ac. )

3. Qui est sujet à des quintes, à des caprices, à une mauvaise humeur qui prend tout d'un coup. — Quinteux , euse, adj.

4. Il se dit de ce qui est couvert d'ordures, de pou.*- sière. Voyez Bouri.

Borsissoti , ko, s. Jeune enfant badin et étourdi. — •

Babouin, itie , subst. ( Ac. ) a. Terme de mépris dont on se sert en parlant d'un

petit garçon. — Margajat , s. m. Ce n'est qu'un

petit mc.rgajat. (Ac. )

3. Il signifie tracassier, ière. Voyez au mot Bardzas, le mot Bardzo.

Boi'si.A , v. a. 1 ." Consumer par le feu. —Brûler, v. a. 2. Passer un gîte, une poste, la diuéc, c'est-à-diie ,

le lieu de la dînée, sans s'y arrêter. — Brûler un

gite , une poste, etc.

Bourla lou tioul o qu'a-oiiqu'un. Expression popul. et basse. 1." Manquer de parole à ([uelqu'un, man- quer à SCS engngemens. — ■ Faire faux hond H m'a fait faux benul.

2. Manquer à quelqu'un au besoin. — Peter à quel- qu'un dans ia main. Ne comptez pas sur les pro- messes de, cet honiine-tà , il vous pétera dans la main. ( Ac. )

3. Se dérober d'une compagnie, on manquer de s'y trouver après l'avoir promis. — Fausser com- pagnie. ( Ac. )

BouBLLiou, S. m., Uiou n'est qu'une sjUabc. Petite touffe de laine, de soie, etc. — Flocon,, s. m. ( Ac.)

BorBi.()Di , s. m. Impression que le feu ou quelque chose de trop chaud fait sur la peau ou sur quehjue autre chose. — Brûlure, s. f.

2. Plaie, cicatrice de la i>rûlure.

3. Trou de irâlure. Le trou que fait à une étoffe ou à une toile, une étincelle de feu qui y est tombée. (B.)

Boi:ei.('>zou , s. f . ; fertsai , s. m. Sentiment de chaleur et d'érosion à la gorge, causé par des vapeurs qui s'élèvent ite l'esloniac et qui sont produites par la iermentation excrémentielle. — • Ferchaud , s. m. ( Ac. ) Soda , s. m. , terme de médecine. ( Ency. , art. Soda, vulgairement appelé Cremoison. (En- cyclopédie, art. Maladie, p. 885, col. 1.)

BoïiRNA, V. act. Mettre des bornes. — Borner, v. a. Borner un, champ. Borner signifie figurément luoilérer : Borner son ambition , ses désirs, ses espéronccs- Il faut se borner à cela; et absolu-

as BOU

rient, */ faut se iorner. C'est un homme qui sait se i/orner.

BoÏRSA, DO, i>articipc. — Borné, éc, part. On dit ' qu'wîJe maison a une vue h or aie , <|n.Tnd la vue en est de peu d'étendue. Et rigutémcnt, avoir des vues hornées, pour dire, avoir peu de lumière ou peu d'ambition ; et avoir l'eprit liorné , être éonié, pour dire, être capable de peu de chose.

ftovRNA, s. m. Panier d'osier ou de paille, en forme de cloehe, où l'on met des moueiies à miel. —

. Ruche, s. f. Bournal, en vieux langage, signifioit rayon de miel. Voyez Clopié 2.°

BouaBA, V. a. Nous le disons principalement dans le sens dt frapper , iialtre, donner des coups pour faire du mal. Bourra , bourra , impératif pluriel du verbe bourra. — - Frappez , frappez fort. Bourra, en françois tourrer , signifie ligurémcnl maltraiter quelqu'un. On dit aussi figurément et familièrement : Bourrer quelqu'un daiw une dis- pute, pour dire, le presser vivement, en sorte qu'il ne sache que répondre; et que deux hommes t/ui se disputent se sont bien iiouriés , pour dire,

. que de part et d'autre ils se sout bien attaqués et Lien défendus.

Se bourra, v. récipr. Manger avec cxrès , se soûler. —

Se bourrer de )wurrituro, se tjorger de hoire et . de mander.

2. Se bourra. Se couvrir d'une certaine mousse > blanche qui marque un comrnencenienl de cor- l'uption. — -Se moisir. Des confitures qui se nioisis- femt. Tout se moisit doibs ie-s lieux humidts- Ou dit, au neutre, qu'une chose commence à moisir. On s'en sert aussi quelquefois à l'actif. Ain.-îi on dit : C'est l'humidité du lieu qui a moisi ce pâté.

C'hnncir ou se chancir, ne se dit que des choses qui se mangent, comme des confitures, des pâtés, etc.

BcuRRVDo, 9. f. Nous le disons au propre d'un rude coup, d'un coup pesaut. Daus!efiançois,ér>;,'rr«f/e^ s. f. , se dit de l'atteinte qu'un lévrier donne à lui lièvre qu'il court. l,e itrrier a donné hien des

■ ixmrrades au lièvre. 11 se dit aussi des coups qu(^ l'on a donnés à quelqu'un avec le bout du fusil : On lui a donné des hourrades.

Au figuré, Bourrado, bourrade , se dit des attaques ou des reparties vives qui se font dans une dispute,

. dans une contestation : H donna de iiomies hour- rades à celui contre qui il disjnitoit. Ou dit aussi, en parlant d'une réponse fuite à propos et piquante, d'un mot vif et piquant : Voilà une réponse éitn tapée, un mot tien tapé.

BoÎRREL, subst. m. Exécuteur cfe la haute justice. — Bourreau , s. m. Suivant M. Iluct, de l'ancien mot françois hoyereuu , diminutif de hoye , qui s'esl dit jiour ifownau, et qui s'est conservé dans llta-

BOU lien hoia, dérivé du vieux françois hoîard, fort. ( Gatlel. ) Du Cange tire son élyniolugie du mot françois hoarrée, poigiu'e de verges dont se ser- vent le» bourreaux. Ce scroil peu', être troj) donner à la conjecture que de présumer (jue les Gaulois, soit préjugé , soit sentiment d'humanité , inven- tèrent ce mot pour exprimer, par la rudesse de l'articulation , l'horreur qu'inspire l'exécuteur de la haute justice. (B. )

B0VBRKI.0, s. f. Femme du bourreau. —BtntreWe, s. f.

Boiur'iquo, s. f. Ane, cAnesse. — Bourrique, .s. f. Un paysan monté .sur une bourrique. Du grec huri- cltos. Ce mot a été latinisé. On trouve buricus dan» Saint-Jérôme, sur l'Eccles. , eh. 10; dans Saint- Isidore, etc. (B. )

On appelle aussi bourrique toute sorle de méchant» petits chevaux dont on se .sert à divers usages, comme pour porter des herbes au marché , etc. ( Acad. )

BoiiRRiQUET, S. m. Petit ânon. — Bourriquet. (Ac. )

BorRRO, s. f. 1." Poil de certaines bétes à poil ras. — Bourre, s. f. Du latin burra , mot de la basse lati- nité, qu'on trouve également dans Ausonc. {^Ad Drepanium Pacatum.) Il est vraisemblable qu'Au- sonne, né à Bnrdea-ix, mort en Sainlongc eu 590, a latinisé ce mot de son idiome natal. ( B. )

3. Espèce de gros marteau de fer qui est carré des deux côtés, et eminanché de bois. — Masse, s. f. Rompre des rocliers avec une masse. ( Ac. )

3. État d'une chose moisie. — Moisissure, s. f. Si ta moi.sissure s'ij met. On dit aussi moisi, s. m. Voy. plus liaut Se bourra.

4. Sorte de poussière blanche (Nouv. Voc. fr. ); cer- taine fraîcheur (W) qu'on voit sur certains fruits, comme prunes, raisins, etc. , lorsqu'ils n'ont point encore été maniés. — Fleur, s. f. On sentit quan- tiié de fnrits qui avoient encore toute leur fleur. (Ac. ) Duvet, s. m., se dit d'une espèce de coton qui vient sur certains fruits. Les coins sont couverts d'un petit duvet. ( Ac. )

5. Bourro , hourro , imjiéralif du verbe Bourra. — Frappe, frappe fort. (B. )

Bo^RRo-FÔLLO, s. f. La menue plume des oiseaux. — Poil frllet (Ac. ); duvet, s. m. Un oreiller de duvet. En parlant des oiseaux, le poil follet est le duvet des petits oiseaux. ( B. )

2. Esj)èce de petit coton qui vient avant la barbe aux endroits où elle a accoutumé de venir. — Poil follet. Ce jeune homme n'a encore que du voit follet ; le poil follet commence à lui venir. (Ac. ) Le pre- mier poil qui vient au menton et aux joues des jeunes gens, s'appelle aussi (igurém. duvet, s. m.

BouRnAssÂiK), s. f. Pluie grande, soudaine, de peu de ilutée, ci quelquefois mêlée de grêle. — Gi-

BOU

i>Outée, s. f. Gittmttce (Icindru. Guifc'c, s. f. ûuHct de mars. Il a fait trois ou (juatre gwiices aujour- d'hui. { Al-, )

a. 'foiubiilon c!e vent impétueux et de peu de durée. — Douria.':qut. , s. f. // s'éleva tout d'un coup uiie éourra^ffite..

5. Une grande quantité de coups. — Utte grêle de coups.

BoBRRossoii, s. m. Morceau d'étoffe dont on enveloppe un enfant uu maillot. ( P. Voc. ) :Morfi;;iu d'étolfe ou de loile dont on enveloppe un enfant au maillot. (Ac. ) — Lange, s. m. Il est dit dans l'Encyclo- pédie, art. Layette, ([u'il faut à l'enfant six langes de gros drap de Dreux, quatre langes d'espagno- lette ^ et un lange piqué en sitin blanc; que le lange d'entre deux est de drap de Dreux. A l'ar- ticle Toile, p. 565, il est dit qu'il y a des langes pii[ués en mousseline, des langes de fiitaine et des langes de laine. Il est dit, à l'art. Lange, que l'on comprend sous ce nom tout ce qui seit à envelop- per les enfants au maillot. Les langes qui louchent immétliatenient l'enfant, sont de toile; ceux de dessus, et qui servent à la parure, sont de satin ou d'autres étoffes de soie; les langes d'entre d'eux, et qui servent à tenir la chaleur, sont de laine. Le Prov. et le Langued. disent honrrassos.

BoûnRoi), s. m. Le bouton qui pousse aux arbres et aux arbrisseaux, et d'où il vient ensuite des bran- ches, des feuilles ou du fruit. — Bourgeon ,, s. m. Le bourgeon commence à sortir ; il g a tien des 4)ourgeons aux vignes. Le Prov. et le Langued. disent aussi bourrou. Le bouiTou se dit encore boulon, s. m.

BouBRtr, DO, adj. Couvert de poil. — Velue, ne, adj. II ne se dit ni par rapport au\ cheveux, ni par rapport à la barbe. Homme vehi , estomac velu. Mains, jambes velues. Il est velu comme iin ours. On dit aussi poilu, ue, adj. Main poilue. Voyez les Gasconismes.

BouBSÏCA , v. neuf. Contribuer chacun d'une peliîe somme pour quehjue chose. — Boursiller , v. n. Les H mouillés. // n'y avait p(us assez d'argent , il flitlut encore hoursiller ; il fallut encore </ue chacun (/oursilldt. On les fit tous itoursiller. ( Ac. )

BocRsïcou, s. m. Petite poche au-dedans de la cein- ture du haut-dc-chausse. — Bourson , s. m. L'un et l'autre sont diminutifs de Bourso , bourse.

On dit aussi gou-fset, s. m. Jl a toujours le gousset bien garni. ( Ac. )

BoTiRso, s. f. Petit sac où l'on met l'argent qu'on veut porter sur soi. — Bourse, s. f. Du grec bursa , cuirj parce que la bourse étoit ordinairement de cuir. L'Ital. d'il ùorsa; l'Espag. boisa.

a. Faux pli que font les habits mal taillés, et prjn-

BOU 25

cipalemcnt lorsqu'il est gros. — Poche, s. f. Cet habit e.H mal coupo , nud taillé , il fait des poches en plusieurs endroits. ( Ac. )

Boîsso, s. f , ou Bou-iriquo, s. f. — Bourriche , s. f. Wailly ap|)elle bourriche une sorte de panier sans anse dont on se sert pour transporter d'uiriieu à un autre les choses qu'on ne veut pas qui soient foulées. L'Acad. , espèce de panier dont on se sert pour envoyer du gibier, de la volaille, etc. L'En- cj'clopédie , espèce de panier fait en forme d'œuf , dans lequel les oiseleurs portent en vie les oiseaux aquatiques. Bousso, en Prov. , signifie une bourse, emmena.

Le Noguet , s. f. , rst une espèce de grand panier très-plat, plus long que large, dont les angles sont arrondis, et les bords n'ont qu'environ 2 pouces de hauteur. Il a une anse de châtaignier qui le traverse dans sa largeur, et qui sert à le tenir. ( Ency. ) Il n'est pas dans Acad. ni AVail. , ni dans le Nouv. Voc. fr.

Boijssou, s. m. Diminutif de bousso. Petit panier, petite corbeille. — Corbitlon, s. m. Le corbiUon du nain bénit ; le corbillon d'un pâtissier ; un corbiUon d'oubliés. ( Ac. )

BoLSTio, s. f. , tio n'est qu'une .syllabe. Sorte d'usten- sile tait de bois fort mince ou de carton, avec un couvercle. — Boite, s. f. Du latin barbare A»,re/rt , buxeleta, formé et diminutif de buxus , buis; en grec, pu.r,os, parce ([ue les boîtes se faisoient ordi- nairement de buis. De là le nom de puœis donné par les Grecs à une boîte, et dont les Latins jnt fait pyxis. ( Gat. ) L'Ital. dit bossolo , d'où est venu notre mot françois boussole , s. f. , boîte où est enfermée une aiguille aimantée qui sert à diriger

i la route d'un vaisseau. ( B. )

Boi'STSA, v. a. Fermer une ouverture. — Boucher, v. a. ' Boucher un trou, un tonneau, une bouteille ^ une porte, etc.

J'aurois grand tort de prétendre faire autorité; mai» il me semble qu'il faudroit prononcer longue la syllabe bou, pour distinguer boucher, v. a., fer- mer une ouverture, de boucher , s. m., celui qui tue les boeufs, les moutons, etc. , pour en vendre la chair. Dans (juelques cantons même de notre déi»artement. on prononce boûtsa, parce que 1'* du mot patois boustsa est retrancliée dans le inot françois boucher. Cette distinction n'est pas dans les Dictionnaires. (B. ).

BoijsTsou, s. m. Ce qui sert à boucher une bouteille ou quelque autre chose de même nature. — Dou~ chou , s. m. , dérivé de Boustsa. Bouchon de filas e, de liège, de bois, de papier, de verre. On appelle bouchon de paille , bmichou de foin , une poignée de ()uille tortillée, ou de foin tortillé. On dit aussi un bouchon <i<i linge. Et op dit ; Mettre du linge

a» -BOU

en touciion, pour «lire, le chiffonner et le mettre tout en un las.

Bo\i.slsou 2. Petit cabaret où l'on donne à manger à bas prix. — Gartjote, s. f. Tenir gargote i dincr à ta gargote. ( Ac. )

Le nom de boustsou est donntS par extension, à un petit ou à un mauvais cabaret, à cause d'un ra- meau de verdure, ou de tiuelquc autre chose sem- blable, qu'on attache à une maison , pour faire coiuioître qu'on y vend du vin; lequel rameau se dit en françois itouckon. ( B. )

Si le petit cabaret est hors la ville, on l'appelle ^um- gucttc, s. f.

Bouc/wn est aussi un terme dont on se sert en cares- sant les enfants : Uon petit bouchon. (Ac. )

BousTSofJsA, V. a. Voyez Boustsa; ils sont synonymes. Tiemarquez que le verbe françois baiicfton)ier a un sens bien dificrcut. Il signifie, i." Mettre en bou- chon , chiffonner. — Bouchonner du linge.

s. Bouchonner un cheval, c'est le frotter avec un bouchon de paille. On dit aussi bouchonner un enfant , pour dire, le caresser.

Boit, s. m. L'extrémité d'un corps ou d'un espace. — Bout y s. m. Du celtique bod , fond, extrémité. (ÎS'oi-l.) Les hellénistes le dérivent de buthos, le fond de quelque ciiose en étant le bout.

Boi^TA, V. a. — Mettre, placer, -poser, v. a. Le peuple dit encore bouter . Jenous sonmiesboutén. (51olière, Festin de Piubue, Acte 2, Se. 1.")

*. Impératif pluriel du verbe bouta.— Mc//fr. On dit dans un autre sens : ISouta qu'oto sio, qiialo coun- sequenço n'en tirores ? Littéralement, mettez que cela soit , fiuelle conséquence en tirercz-voux ? Dites : Je veux bien supposer que cela sait, quelle consè(iuencc en tirerez- vous? Bouten qu'ocosio. — ,Su/>posons que cela soit. On dit aussi absohmienl : Soit. Fous te voûtez, soit. Bouta, bouta; il se dit au pluriel, ou en ne tutoyant pas, dans le niènie sens que boto, boto. Voy. ce mot. — Allez, allez.

Z. Faire des bottes. — Botter, v. a. Ce cordonnier nous botte. Mettre les bottes à quelqu'un. — Ap- pelez , qu'on me vienne botter. Mettre ses bottes soi-même. — Se botter. ( Ae. )

BortEL , s. m. Bouquet de fleurs ou de fruits qui viennent et qui croissent ensemble— Tror/)f«, s. m. Troctwt de fleurs, de poires. Les noisettes vien- nent par trochets. ( Ac. )

BouTiLiio, s. f. , les II mouillés. Diminutif de bouto, vaisseau de capacité médiocre, à large ventre et ;V c.n\ étroit, propre à contenir un liquide. — Bou- teille , s. f.

BouTÏQio , s. f. Lieu où les marchands étalent et vendent leurs marchandises , et ou les artisans nuviiilieat — JSoutiquc, s. f. Dugrec ïA«ca.

BOtr

BoiIto, s. f. Mot d'origine gauloise (B. ) on saxonne, .suivant Du Cange. C'est une peau de bœuf, pré- parée et cousue, pour transporter le vin et autres licpieurs, au lrav<!is des montagnes et des lieux diAiciicmcnt praticables. Ces vaisseaux sont d'un usaye bien plus commode (juc les barrils de bois, qui, n'étant pas souples comme ces vaisseaux de cuir, inconintoderoient et lilesseroient les mulets et autres bétes de somme dont on se sert pour le lransj)ort. Leur pré])aration est toute semblable à celle des outres ou vaisseaux de peau de bouc dont on se sert, en particulier, pour faire le transport des huiles en Provence el en Languedoc. — Boule, s. f. (Ency. ) Nous disons outre, s. f. , pour signifier ces deux csj)èces de vaisseaux; mais l'outre est pro- prement le vaisseau que nous appelons ou-ire. (B. )

2. IJouto, s. f . , terme de marine. ■ — Boute, s. f. Grande futaille où l'on met de l'eau douce, que l'on embarque pour faire voyage. ( Ency. ) Boule, en ce sens, est la tonne, le tonneau; et c'est dans ce sens nue l'Ital. dit botte, te Prov. bouta, le Lorrain éotat/e. (B. )

5. Bouto, s. f. Partie de récritoire où l'on met de l'encre. — Cornet , s. m. Cornet de corne , de cuivre, d'argent.

fioiixÔLO, s. f. Petite ampotile sur la peau. — Vessie , s. f. La poudre de cantharides fuit élever de» vessies. ( Ac. )

2. Vessie pleine de sérosité , qui vient sur le corps par des piqûres d'insecles, j)ar de violents frotle- tenients , par la briilure , ou pour avoir trop marché. — Cloche., s. f. ( Ency. )

3. Petite tumeur qui s'élève sur la peau, et qui est pleine d'une matière acre el corrompue. — Pus- tule, s. f. ( Ac.)

4. Élévation qui se fait sur l'eau, sur le savon, sur les métaux en fusion , et qui contient de l'air. — Bulle, s. f.

5. Sorte d'ampoule, de vessie pleine d'air, qui se forme, soit sur l'eau, quand il pleut, soit de quel- fpie autre manière <|ue ce soif. — Bouteille, s. f. La pluie fait des bouteilles en tombr.nl. Les en- fants font de grosses bouteilles en sow/jlant dt l'eau de savon avec un chalumeau, ( Ajc. )

BoCtoc , s. m. i." Sorte de petite boule d'or, d'ar- gent, etc. , ou de bois, couverte de soie , de fd , etc. , servant à attacher ensemble diff» rentes parties d'un habillement. — Bouton, s. m. Passer les boulons dans (es boutonniines , dans les gaïuses. Dérivé de bod , ))arce que les boutons se mettent au bord des véieniens, Voy. Bout.

2. Petit bouton qui pousse aux arïjres, aux arbris- seaux et aux [)lant.es, et d'où il vient ensuite des. branches, des feuilles ou du fruit. — Bouton, s. m. Bourgeon f s. ui. Bouton à fleur, bouton à fruit i

BOU

Il y a hie,n dts (/outons à cet arbre; boulon de l'ose. Au mois de. mars , on commence à voir les toutO)is aux arbres. H y a bien dus bour(fco7is aux vignes.

5. Fîgurément, élerure, bube qui vient an visage. — Iiourge4)n, s. m. Avoir le visacfe tout couvert de hourge^ons. Biibc, qui vient quelquefois aux dif- iéreirtes parties du corps. — Bouton, tt a le visage tout couvert de boutans; il a un gros boulon sur ù: nés.

La bube est une (Hevure , une pustule qui vient sur la peau. Voyez Boutolo 3.

BooTOu DE RODO. Littéralement , bouton de roue , partie du milieu de la roue où s'emboîtent les rais, et dans le creux de laquelle entre l'essieu. — Moyeu, s- m.

BoiiTOiJNA, V. a. Passer les boutons d'un habit dans des ganses , dans de petites ouvertures qu'on nomme boutonnières. Boutonnée son fMbit. Ou dit absolument : Se boutonner.

a. Boutouna,.y. h. — Boulonner, v» n. Il ne se dit que des arbres et des plantes qui commencent à pousser des boutons. Les rosiers commencent à boutonner. Bourgeonner. Tout commence à bour- ge-onner. On dit figuréraent d'un homme qui a des élevures, des bubes au front, au nez, au visage, q»ie le front lui bourgeonne , que son nez, que son visage commence à bourgeonner.

BouTOÏisi, »o, partie. — Boutonne ée , partie. On dit iigurém. et familièrem. d'un homme mystérieux et caché dans ses discours, que c'eU un homme toujours- boutonné , boutonné jusqu'au n/œud de la gorge.

Boiu'geonné, ée, partie., ne se dit guère que du visage, du nez, du front : Avoir le front bour- geotvné, le visage tout bourgeonné.

BdutsIdo , s. f. Petit morceau de quelque chose à inkinger.. — Bouchàe, s. f. (Ac.) Voy. Goulado.

EouTSARD^BO, adj. Barbouillé, ée, ad]. ; sale ,. mal- propre, adj. En parlant d'ime jolie (ille, on dit en badinant qu'elle n'est pas boutsardo. — Elle a un joli museau; c'est un joli museau. ( Ac. ) En Pi-ov. Bouschar. Voyez Bo-oudzard.

BoStsb, s. m. Grosse pierre ou pièce de bois mise en saillie, pour soutenir une poutre; (Ac. ) Mor- ceaux de bois ou de fer scellés dans les murs ; ils servent à porter les lambourdes sur lesquelles pose le bout des solives des planchers, lorsqu'on ne les fait pas porter dans les murs. — Corbeau , s. m. (Ency. , art. Corbeaux , p. 454, col. 2. )

SoiJTSo,. s. f. —Bxmcfie, s> f. Cela fait venir l'eau à la bouche. ( Ac. ) Voy. Solwuiv Du. latin buoca. Jîa- Sto\.. et L4U)ii_ueii. , ùouca^

BRA

2.Û

BouKiÉ, S. f. , zié n'est qu'une syllabe. Femme qui à beaucoup de gorge et un gros ventre. — • Grosse tripière. On dit de même d'une femme grosse et courte, qu'fWc est un peu tripière. (Ac. ) Si on parle d'une femme malpropre et désagréable.- — O la sale gmcpel ( Ac. ) Voy. Bouliaco. Alors bouzié vient de bouzo, fiente de bœuf ou de vache.

BoïîziN,. s. m. , in se prononce comme au mot inutile. Gens de mauvaise vie. — Train , s. m. C'est dans- ce sens qu'on dit qu'itîi homme a du train, du mauvais train citez lui, pour, qu'il a chez lui des gens de mauvaise vie. Le Commissaire a fait sauter le, train, tout le mauvais train qui étoit dans .son quartier. ( Ac. ) Nous disons aussi bouzin, en parlant d'un lieu de débauche. — Mauvais lieu, au plur. , mauvais lieux. Boucan, s. m., employé dans ce sens , est un terme bas et peu- honuêie. On dit aussi : Fa bouzin, fa un bouzin,. fa dé-i ou del bouzin. Littéralement, faire bouzin, faire un bouzin, faire du bouzin, c'est-à-dire^ faire du bruit, du tapage, comme font d'ordinaire les gens mal élevés,^ — Faire du train. ( Acad. ) Voy. Bocconal.

Bousin, s. m. , dans le francois, est \in« croûte dé- terre qui n'esl pas bien pétrifiée, qui est attachée à la pierre de taille, et qu'il faut ôter. (W.)-

BooziHA:, V. iK Voycz Embouzina;

Bba.do, s. f. Petite bruine froide et blanche, qui paroffr le iTtatin sur les herbes et sur les toits. — Gelée blanclie. ( Ac. )

BbIdza.s, s. f. plur. La partie du vêtement qui couvre- depuis la ceinture jusqu'aux genoux. — Culotte, s. f^ Dans les autres départements méridionaux , on dit bragos. C'est un mot gaulois , duquel les Romain» nommèrent Gallia ùracata le pays où l'or», portoit» cette sorte de vêtement. Il fut atissi appelé Galliai Narbonensis. Il comprenoit la Savoie, le Dau— phiné ,^ la Provence, les Cevenncs, le Comté (Te Foix et le reste du Languedoc. L'Ital. dit bracche; L'Espag. bragos.

Bbamo^eom. Voy. Puro-po.

Bhindkllio , s. m ,llio n'esl qu'une syllabe. Un niais r un nigaud, un homme décontenancé. — ■ Dadais, s; m. C'est un dadais, un grand dadais. ( Ac. ) Datulin , s. m. Un vrai , iin grand dandin (Ac. ) Darul Iner , v- n. Balancer son corps , faute dé- contenance : Il ne fait que dandiner ; il s'en va dandinant. ( Ac. ) On le dit- avec le pronom per- sonnel : H ne fuit que se dandiner. ( Ac. ) Voyez: Froudblo.

Br\»do, s. {. Sorte de polit arbuste qui croît dans dieg

campagnes incultes. — • Brande, s. f. Un pays de

■ b^'andes. On appelle aussi brande, une campagpe;

pleiitu <1« CCS petits arbustes : Entrer, dans U2»-

56 BUE

h)'ande. ( Ac. ) La hramle- cl la ôruyèrc sont la même chose. Voyez Du Carigc.

Le Provenç. dit Broniulo. — • De fa bourrée.

BiiÂNtE ou BRENLE, S. iii. Agitation de ce (jui est reraui'', tantôt d'un celé, taniôt de rautte. — Branle, ». m. Le ùranle du carrosse lui fait mat. (Jeta a un f/rand branle. Mettre les ctoclus en branle; son- iur en branle. Branle est aussi la première impul- ^ion donnée à ime chose : Suivre le brante général. Dans ce sens-là, on dit figuréni. et familièrement : Etre en brante, pour dire, commencer à f;tre en mouvement pour faire quelque diosc, à être en action. Cet homme est paresseux , mais rjuand il est une fois en branle, il en fait plus qu'un autre. On dit aussi figurément : Mettre les autres en branle , pour dire , les mettre en train , les meltre en mouvement. Voy. Tredze-brenle.

Baïso, s. f. Bois réduit en charbons ardents. — ■ Braise, s. f. Du grec hrasein, être chaud, brû- lant. ( Gat. ) L'Ital. dit brada, brace, bragia, brage , et l'Espag. brasa.

Brïsso, s. f. Mesure de la longueur des deux bras étendus. — Brasse, s. f. ( Ac. )

Bbave, vo, adj. — Joli, ie, adj. ; courageux , euse,

adj. 3. Subst. m. Jeu d'enfant. — Bimbelot , joujou , s. m.

Bbé , s. m. Sorte de petit lit où l'on couche les enfants à la mamelle^ et qui est porté sur deux pieds ar- rondis endorme de croissant, de manière qu'on peut le balancer aisément. —Berceau, s. m. Brcs ou brez, bers en vieux françois, formé en Irès- grande partie des patois méridionaux. Bressœ , i/ressarum s'est dit dans la basse latinité. (B. )

Brëça, V. a. Remuer Je berceau d'un enfant pour l'endormir. — Bercer, v. a. Bercer un enfant , du lat. t'er^arCjfréquenlatifdei'ertere, tourner. (Gat.)

BnÉDZA, V. a. Frotter dans les mains ou sur quelque chose, comme, par exemple, font les blanchis- seuses lorsqu'elles frottent le linge dans leurs mains ou sur la balle. ( B. )

8. Bredza se dit des petits oiseaux, et signifie grin- gotter, v. n. ; fredonner, v. n. Fredonner, c'est iaire des fredons; or, le fredon est une .s-iièce de roulement et de tremblement de voix dans le chant. (Ac. ) Gringolter se dit proprement des petits oiseaux, et signifie fredonner : Uy a plaisir à entendre gringolter ce petit oiseau. ( Ac. )

Les étymologistes se tourmentent pour trouver l'ori- gine des mois de notre langue dans le grec, dans le celtique, etc. ; peut-être que celui-ci est un de ces mots imilatifs qu'on trouve dans toutes les langues. (B. )

JîfiKDz\-ori)o , s. f. Espèce de potage fait de pain de seigle, de chou^, de lard et autres ingrédients. (Ac,)

BRE

Potage aux choux vcrls cl au lard, ou aux cuisse» d'oie. ( Kncy. , art. Chou, p. 822, col. 1.) — Garbure, s. f.

BrÉdze», s. f. pi. Ustensile de cuisine qui sert à en- lever la seconde peau <l(s châtaignes. Il est com- posé de deux morceaux de bois carrés par le bas, ronds par le liant, assemblés dans le milieu par une cheville qui les tient assez lâches, pour qu'ils s'ouvrent comme des tenailles. Quand les châ- taignes ont trempé assez long-temps dans l'ean chaude, on enfonce cet instrument dans la mar- mite; on le tourne en demi-cercle alternativement de droite à gauche, et de gauche à droite, cl le frottement qu'éprouvent les châtaignes en enlève l'écale ([ue nous appelons ici le tan. Comme cet instrument est incoiuiu dans les pays où le françois est l'idiome commun, il n'a pas de nom dans la langue françoise ; mais on peut l'appeler Beca- ioires, s. f. plur. , d'autant mieux que celle o(ié- ration s'appelle Bescala, v. a. Voyez ce mot. (B. )

Elles sont appelées Dêboiradour, s. m. , dans IIozieb, article Châtaigne, terme qui est en usage en Auvergne.

Brëllou , s. m. Il se dit des nouvelles productions des choux pommés auxquels on a couj)é la lêle sans en arracher le pied. — Semotte, s. f. (Encyclop. , Gr. Voc) Rejetons de choux. — Cymcttes. ( Lac. , vieux langage. )

Bbek, subst. m. La partie la plus grossière du blé moulu. — Son, s. m. On dit proverbiulem. d'ur.e personne qui épargne sur sa ncmrrilnre pour faire de la dépense en habits : Habit de velours , ventre de son.

On appelle bassement bran de Judas , certaines ta- ches de rousseur qui viennent au visage et aux mains. On appelle bran de son, la plus gros'^c partie du son ; et bran de scie, la poudre du bois qu'on scie. ( Ac. )

Bren, en françois bran, est un mot gaulois qui signifioit son. h présent , il se dit bassement de la matière fécale. De bren e^l venu l'adj. breneur , breneuse , qui est sali de matière l'écale. t//tc chemise breneuse. 11 est bas.

Bran est aussi un terme de mépris, pour dire foiit , sorte d'inlerjedion qui marque le dépit ou le mépris : Foin de vous et de vos clyslères. ( Sarras. , PoÉs.)

Bbeqciliioc, orso, subst. Voy. Rofissou, ouso.

BnîsTso, s. f. Morceau de gâteau de cire que font les aheilles, et -qui est divisé jiar de petites cellules dans lesquelles elles se relirent et font leur miel. — Bayon de miel, gâtcnu de miel , gaufre de miel. ( Ac. ) 'En Prov. et Langued. , bresco, du Bus-Urclou brusqucnu. ( Du Cangc. )

BRI

Bréta, V. a. Couper avec les dents, à plusieurs et fréquenles reprises. — ■Ronger, etc-

Biela ne se dit ([n'en parlant des rats. Comme les bords de ce que les rats ont rongé ont presque toujours des dents, et que les dents des rats sont imprimées dans les corps mous qu'ils ont rongés, de hreta on a fait brettcttr, v. a. , tailler une pierre avec le marteau à bretler, dont les pannes ou extré- mités de la tête sont breltées ou dentées. (B. )

BncTÀLA, s. f. — Gribouillelle , s. f. Dzita o la bre- tala, o las brelatas. .leter quelque chose au milieu d'une troupe tl'enfants qui cherchent à s'en saisir. — Jetcv à ta gribonilUtte. ( Ac. )

Bbëza, V. a. 1." Rompre et mettre en pièces. — Briser, v. act.

2. Froisser un corps entre les doigts [>our le mettre en petites parties. — Ernier, \. act. Emier du pain, de ta cassannade. Cela s'émic. En parlant du pain, on dit particulièrement éinietter. (Ac. )

Le mot gaulois hreza et le mot françois i)riser me paroissent des onomatopées , ainsi que le moi latin franyere.

Brezilua , V. a. Rompre par petits morceaux. — Brèniller , v. a. Voilà qui est tout hrésilté. ( Ac. )

Buiizo, s. f. — Miette, s. f . , qui se dit proprement de toutes les petites parties qui toaxbent du pain, quand on le coupe , ou (jui restent quand on a mangé. On s'en sert aussi pour dire un très-petit morceau de quelque chose à manger : Vous ne lui avez donné r/u'une miette.

a. Adv. Point du tout. Autrefois on disoit mie. Voy. Brio. Crczo ou Brizo est aussi Prov.

Bhezôlo, s. f. Moellon de roche, plein de trous, et fort dur. — Pierre de meulière. ( Ac. ) Pierre de meulière est aussi une pierre dont on fiiit les meules de moulin. (Ac. ) V03'. Ency. , art. Meu- lière. L'Acad, l'appelle aussi pierre d& meule , pierre de moiière , au mot Pierre,

Bni, s. m. On appelle ainsi les filarments du chanvre, surtout quand ils ont été aflînés et peignés. Les filaments les pins longs qui restent dans les mains des peigneurs, s'appellent le premier i/rin. On retire du chanvre qui est resté dans le jieigne, des filaments plus courts f[u'on appelle le secoiul hrin ;. le reste est de l'étonpe. ( Ency. , Brin. ) Le second brin s'appelle aussi reparon, s. m. L'Ency. , au mot reparon, s'exprime ainsi : « C'est la seconde qualité du lin scrancé. La première et la meilleure s'appelle irin. Ou:ind on fait des poupées du total ensemble, on l'apiiclle du tout au4out. Ainsi , ce que nous a[)pelons tiaio de iri, s'apjielle toile de irin ; et ce que nous ap[)elons «iflio hmiirodisso , peut s'appeler <ai/fi rfw «<;«« au tout. (B. ) Wailly aj[)pelle vourton^ la troisième espèce des q.uatre

BRI 87

sortes de filasses qu'on tire du chanvre. Brins, toiles de chanvre qui se fabriquent en Champagne. ( Manuel lexique. ) Brial, broual, s. m. Lacombe dit iroillol , 'broitf Du Cange, itreil, hrueH , un petit jeune bois, brossailles. On entend ici par hrial ou brouai, une petite éminence, le bord d'une terre, d'ui» champ qui est élevé, qui domine sur un autre et on l'appelle un tertre. Mais l'Acad. définit le tertre, petite montagne, colline, éminence de terre dan» une plaine. Les ennemis se postèrent sur un petite tertre. ( Ac. ) On trouve dans Lac. , au mot Tertre : Rideau de terre. Brial vient peut-être du mot abri, ou signifie atri. ( B. )

Brida, v. a. Mettre 1^ bride à un cheval , à u» nmlct, etc. — Bridcil, v. a. Brider un ciieval; et. absolument, irider. Il est temps de brider. Bri- dez, il faut partir. (Ac. )

Brider signifie aussi ceindre et serrer étroitement : Un ééguin qui bride trop un enfant. Son jus- taucorps le bride. ( Ac. )

On dit : Brider le nez à quelqu'un avec une fiou.s- sine, avec un fouet, pour dire , frapper quelqu'un au travers du visage avec une houssine, avec lu» fouet, etc. (Ac. )

On dit figurément qu'on a iridé un hommcpar un contrai, ou par un autre acte, pour dire qu'on a mis dans le contrat, dans l'acte, des conditions^ qui l'engagent indispensablement à se tenir dans certaines bornes. ( Ac. )

On dit aussi figurément et proverbialement : Brider ia bécasse, pour dire, engager adroitement quel- qu'un de telle sorte , (|u'il ne pirisse pins- s'ei» dédire, l'attraper, le tromper, La iécassc est iridée. (Ac. )

Brïda, do, participe. — Bridé, dée, partie. Chcvat selle' et bridé.

On appelle par dérision : Oùon bridé, unepersonner niaise et sotte. C'est un oison br-idé ; cette femma n'est qu'un oison bridé. ( Ac. )

BaiBO, s. f. La partie du liarnoi.?^ d'un cheval, fpii sert à le brider, et qui est composée de la têtière, des rênes et du mors. — Bride, s. f. Du grec rhutcr, auquel les Eoliens ajoutent b , dérivé de rhua, je tire. ( Labbe. ) D'autres dérivent hrida du vieux Saxon bridel , bridl , iridets , qui signirie l.i tnènie chose. Cette dernière étymologie est préfé- rable. (Gattel. )

Bride se pren<l (|ueIquefois pour tes rênes seules, et,, dans ce sens, on dit qu'u?i cheval a rompu sa bride. Mener un cheval par la bride.

On dit figurément : Tenir qtielqu'an en bride, poirr dire, l'empêcher de faire ce qu'il veut; lui Icnif (a bride iucuie , lui tenir ta bride courte:, pour diie> le traitée avec quel<iue sorte de sévérité ; et

aS BRO

aUir bride en m'alii dans une affaire, pour dire, y [)rocéder avec beaucoup de retenue et de cir- conspection. ( Ac. )

KrIdo, s. f. Voy. au mot Dcguinla , ce que nous entendons par bride de sabot.

BnÏDOu , s. m. Espèce de bride légère qui n'a point de branches. ( Ac. ) Espèce de petit mors brisé au milieu. ( W. , Galtel. ) — Bridon, s. m. Meiier un cfievat avec un bridon. ( Ac. )

a. Morceau de toile qu'on passe sous le menton d'un enfant, et qui sert à tenir le béguin en état sur sa tête. — Bride de béguin. ( W. , Galtel. )

Brïfà, V. a. Manger avidement. — Brifer, v. a. , terme popul. Ces gtns-ià ont hon appétit , iii auront bientôt brifé cela. (Ac. ) De Brifa on a fait bri- feur, euse, subsl. , celui, celle qui brife. C'est un ■ bon brifeur , c'est une gratidc brifimse. Il est populaire. Suivant Bochnrt et Huet, brifa' vient du Bas-Breton dibriff, qui signifie mianger.

Brîfa-od , tio, s. m. Sot, sotte; niais, niaise; décon- tenancé, cée, partie. Voyez Boda-ou.

Bricôlia , V. a. Rassembler sur un fond quelconque des couleurs qui tranchent ou qui sont mal assor- ties. — Bigarrer, v. a, (Acad. ) Bigarrer par un mélange bisarrc de diverses couleurs. — BiUe- éarrer, v. a. (Ac. ) En parlant des taches de mou- cheture que la peinture représente sur la peau de

' certains animaux , on dit : Taveler, v. a. ( Ac. ) Voy. Biscobora.

Bnio. Ce mot ne fait qu'une syllabe. Particule négat. Pas, point. — Mie. Elle n'est plus en usage que dans certaines phrases familières : H n'en tdtera nue. ( Ac. ) Et M." de l'Académie ne me le ■par- donneraient mie. (Scar. , Gigant, ch. 3. )

On dit aussi proverbialement, en parlant de toutes sortes de choses, qu'i7 n'y en a 'brin. (Ac.)

BRi-or. Espace, intervalle de temps. Un boun bri-ou, un assez long temps. Bri-ou est aussi Prov.

Bbiqukt, s. m. Petite pièce d'acier dont on se sert pour tirer du feu d'un caillou. — Briquet , s. m. Battre le briquet.

BttÎQCO, s. f. Terre grasse, moulée et cuite, dont on

se sert pour bâtir. — Brique, s. f. 3. Voy. Potraquo. B&'iNCO, s. f. Grande femme mal bâtie. — Halte-

breda, s. ï. C'est une graïute lutllebreda. Popul.

Il se dit aussi d'un homme : C'est un grand hai-

iebrcila. (Ac. ) Il signifie aussi une évaporée. 3. Bringo, grande fille dégingandée qui ne fait que

sautiller, que gambader. — Gigue, s. f. C'est une

grande gigue. Il est bas. ( Ac. )

B«o, s. L —Le bord. 0 lo bro, au bord-

BRO Bnoc, s. m. Sorte de vase pour contenir beaucoup de liquide. — ' Broc, s. m. Du grec brokos.

Brôdi?! brodas , expression adverbiale qui marque qu'on dit ou (pi'<in fait une ch.ise trop à la bâte. — Bredi breda. Il noud a raconté cela brvdi breda. Il comnœnce bredi breda, .sans trop savoir f# qu'il va faire. ( Ac. ) Voy. Plico placo.

a. Expression dont on se sert pour marquer ([u'une chose n'étant pas posée de niveaii, et n'appuyant pas également j)artout, incline lanliM d'un côté, tantôt de l'autre. ( B. ) On se serf aussi du mot brontouia , pour exprimer la même chose.

Brôma, v. n. Il se dit dans le sens de Bo-oullia. Voyez ce mot.

2. Broma se dit aussi en parlant du^cri de quelques animaux. En parlant du cri des taureaux , des bœufs , des vaches, Broma se dit Mugir, du latin mugire. C'est une onomatopée. En parlant du cri de l'âne, Broma se dit Braire, v. n. , qui vient du grec brachein , faire du bruit. En parlant du cri naturel du cerf. Bramer, v. n. ( B. )

Dans le patois, nous disons figurément et par onoma- topée, Broma, pour dire, jeter des eris doulou- reux, d'un ton de voix aigre et rude. On peut dire Braire. Bramo coumo un ase. — Il brait comme un âne. ( B. )

Le Prov. et le Langued. disent aussi Brama. Bramar signiCe désirer dans l'Ital ; il est pris quelquefois dans ce sens dans le patois.

Brosdehio. Voy. Frondolo et Brontolo.

Brôndi , v. a. Secouer, agiter , remuer fa divers sens. — Branler , v. a. Branler la tétt , les bras. ( Ac. ) Brinbaier se dit principalement des cloches, quand on les sonne mal et en désordre. Brarulir, signifiant branler en sa main lui épieu, une lance, est vieux. (Ac. ) Imparf. Je brandissais. Partie, prés. Brandissant- Voy. Soqueta.

Brosd'ido , s. f. Secousse violente qu'on donne à quelqu'un en le tirant. — Saccatle, s. f. // le pnt au collet , et lui donna deux ou trois saccades. ( Ac. ) Saccade se dit ici figurément.

2. Ebranlement de ce qui est secoué, de ce qu'on remue fortement. — Secousse, s. f. Le fruit n'est pas encore mûr , quaiul il ne tombe pas de l'arbrt après deux ou trois secousses. ( Ac. )

Bbostoio, s. m. Qui se balance. — Grand dandin.

BBOSToiJLA, V. n. Chanceler, se balancer légèrem.' — • Facitler, v. n. (Ac.) Cette table vacille. (Gr. Voo.)

Bro-ôxmi.la, v. n. , les II mouillés. Ce mot est Prov. et Langued. Jeter un ou plusieurs cris. — Crier, v. n. Il se dit ordinairem. pour parler très-haut : Crite à pleine tète, crier à tue-tétu, crier à

ERO

fendre la tête ; et pour , jcUr des cris perçants , hurler , y. n. (B. )

a. Faire des cris n'pétés, importuns, et sur des objets de peu d'importance. — (Jriaitkr , v. n. Cette femme criaÛle tmijours; eite criaille sam cesse après ses domestiques. H sera toujours à votre porte à criaider. (Ac. )

3. Parler bien haut, beaucoup et mal-à-propo». — BraHler , v. n., du kitin barbare i/nigulare y fait de hragare, qui vient par métaplasme de hragerc, dérivé du grec hrachein, foire du bruit ; d'où vient aussi hraire. ( Gattcl.) U ne fait que braiUer. (Ac.)

Bbou-oihado et Bbo-otii.hotuo , s. f. — Crierie, criail- ierie, s. f. Le premier se dit plus proprement du cri de ceux qui se plaignent ou qui demandent quelque chose; et criaitlerie , du bruit et des cris que font des personnes qui se disputent ou quj se querellent. (Gattel.)

Bbo-oouaire, bo, adj. et subst. Qui braille, qiii «c fait que brailler. — Braillewr, eusc , adj. et subsl. Un nomme fort éraiUeur , une femme fort ùrnil- leuse. C'est un braUleur, c'est une vrailleuiie-. [Acud. ) BraUlard , de, adj. et subst.

On dit aussi CnaUieur , euse, s. C'est un criailleur, une criaiUeuse. (Ac. )

■On dit aussi criard, de, adj., qui gronde souvent sans sujet. C'est un grand criard. lia l'humeur, H est d'humeur criarde; et substanliv. : C'est un grand criard , une criarde. ( \V. et Gattel. )

li«osi-o«iA, V. a. Ecarter la braise pour que le bois flambe. C'est ce (jue Rabelais appelle éeharùotler. On appelle eharbot , dans le Daupliiiié, un tas de marrons cuils sou.s la cendre ; mais je crois que eharbot s'est dit pour un tas non-seulement de marrons, mais d'autres choses mêlées : échar- iotter, c'est donc élargir le tas.

BROssir-iROu , s. m. A'étement de paysanne qui s'ap- plique exactement sur le corps. U s'agratlé ou se

, Lice par-devant ou par-derrière, et a de petites basques j)ar-devant et par-derrière. — Juste, s. m. (Encycl. )

Bbôtso, s. f. Ustensile de cuisine, instrument de fer long et pointji , où l'on passe la viande que l'on veut faire rôtir. — Broche, s. f.

3. Certaines petites verges de fer dont les fileuscs se servent à leur rouet, et celles dont on se sert à tricoter, en les faisant passer dans le fd ou dans la laine, pour former des mailles. — Broche. On dit aussi aiguille à trieotcr.

5. Baguette de bois dont on se sert à enfiler diverses choses , comme des cierges , des chandelles , des harengs. — • Broche , s. f. ( Ac. )

4- Pointe de fer qui est dans la .«errure, et qui doit entrer dans la clef forée. — Broche. [ Ac. )

BRO 2^

5. Menues branches d'arbres dont on fait des fagots.— BnmtHles, s. f. plur. (Ac. ,W. ) Du Caugo le dérive du lîas-Breton Broclicnn. Voy. Broutsou.

Broche signifie cm'ore ce que nous appelons un espi- ral. Je crois que trocke vient du latin brochus, qui signifie une dent pointue qui avance hors de la bouclre. Du Cauge le dérive du Bas-Breton fcro- chùnn. ( B. )

Brouado , s. f. Voy. Brado.

Brovau Voy. Brial.

Brovastse, tso , adj. Sauvage, qui n'est point appri- voisé, qui s'épouvante et s'enfnit quand on l'ap- proche. — Sauvage, adj. des deux genres. Voyez Ebrovostsa, v. a.

Broiidi , V. n. Se jouer à la manière des enfants. — Batifoler , v. n. Ces gens-là s'amiuient à bati- foler. ( Acad. ) Se goberger. Des écoliers qui s» gobergent. Se gaudir. Celui-ci vient du latin gawlct. Il est vieux.

a. Rendre un son confus, ( Ac. ) Faire quelque bruit sourd et conliis. (W. ) — ■ Bruire, v. n. Il n'est guère tl'usage qu'à, l'infinitif et à la 5.* personne de l'imparfait de l'indicatif : On entend bruire les vagues, te vent , le tonnerre. Les flots bruyants^ Il n'a point de participe du prétérit. On dit à l'actif bruyant, qui n'est souvent qu'un simjde adjectif: flots bruyants; trompette, voix bruyante. Ou appelle un. homme bruyant , un homme qui se rend importun par le bruit qu'il fait. ( .Ac. ) Voyoa Bromididou et Brudi.

BBOÏJno. Voyex Boudro.

Broiidou, o«so. Voy. Boudrou, ouso.

Broc-i, s. m. Eau qui a long-temps bouilli avec de 1* viande ou avec des herbes. — Bouillon, s. m. Eu Ital. , brodo.

Broullia, do, llia n'est qu'une syllabe. Vo)'ez Em-

houlega. ■i. Qui a perdu le sens, l'esprit. — Fou , folle, adj.

et subst. Un éeerveU , esprit brouillé, cervelU

brouillée.

BiioniuRD. Voy. le supplément.

Brouiilou, s. m. Voyez Brellou.

Broï-illou, >o, adj. subst. Voyez le supplément.

Brocnde, do, adj. Qui résiste avec humeur et opi- niâtreté. — Bdealcitrant , te, adj. Esprit recul-' citranl, humeur récalcitrante. Il est récalcitrant à tout ce qu'on lui dit. ( .Ac. , Gr. Voc. )

3. Revêche, adj. des a genr. , se dit des personnes rudes, peu trailables, rébarbatives : Cet homms est bien revéche ; cette femme est bien revéche. humeur, caraetè/re revêehe. — Rebours, se, adj. H e^t si rebours. Esprit rebenirs , hunuur rc- bourse. Il est moins d'usage au féminin qu'au niav- cnlin. ( Ac.) C'est un Iwmme bien rebours. (Grand

5o BRO

Voc. ) Je croîs qu'on pourroit dire du bois qui Tompt, quand on veut le plier, qu'/< est rc- •éours. { B.) « Le bois de saule est blanc , gras , » rebours et fort lendro. » ( Kncy. , art. Saute, ]). i5:|, col. a. ) DilTicilc à conduire, à persuader. — Rétif, ve, adj. C'est u/i homme d'un caractère , d'un esprit rétif. (Ac. ) Voy. Reguergue. Broi;ndidod , s. m. Qui c«t sans cesse en moucv- ment. (Ac. ) Qui se remue à toute heure. (Grand Voe. ) — Remuant, te, adj. Cet enfant est si re- muant. (Ac.) Itest vif et remuant. ( Ac. , Gr. Voc.) Si, en mt^me temps, il importune par le bruit qu'il fait, on peut dire qu'il est bruyant. Voyez Broudi. (B. ) On dit proverbialement d'un garçon vif, éveillé, qui ne demeure guère en place , qu'i^ a toujours ie pied , wi pied en l'air. (Gr. Voc. , Ac. ) On dit proverbialement d'un enfant fort vif, fort remuant et fort gai, qu'i< est éveiUé comme une polée de souris. ( Ac. ) Ou dit proverbialement d'un jeune enfant qui fait contLimeilenient du bruit , <|iic c'est un {utin, qu'î< fait le lutin. ( Ac. ) Voyez Tredzebrenle. Ibocssalli.vs , les // mouillés ; Brocssas , subst. fém. ; JÎBOcssis, s. m. Mauvais bois formé par des arlu-is- seaux. — B rossa iUes ou Broussailles. ("W. seul.) Plusieurs petits arbres sauvages qui croissent dans des terres iticultes , parmi des genêt» et autres arbustes. — Bruijcre, s. f. (\Y. ) En latin, frutc- lum. ( R. ) L'Ac. appelle bruyère une sorte de petit arbuste qui ciuît dans les terres incultes et stériles. Bruyère se prend aussi pour le lieu où croissent ces petits arbustes : Au sortir de là on trouve une grande bruyère, de grandes 'bruyères. ( Ac. ) Elle donne le nom de Brossaiiles ou Broussailles aux épines, ronces et aiUres sortes de bois semblables qui croissent dans les forêts et en d'autres en- droits. La bruyère, plante, et le lieu où croit cette plante , est proprement ce qvie nous appelons Jîudze, s. f. (B.) On dit quelquefois Broussié pour - Roumedié-iro.. Voyez ce mot.

ïe mot Brossaiiles ou Broussailles vient du Bas- Breton Brouss et Broust, i(ui ont la nu^mc signi- fication. En latin, vêpres, dumeta. (Du Gange, aux mots Brauschus et Brausia. )

Bboûsta , s. m.. Petite branche d'arbre coupée; — Rameau , s. m. ; Branchage , s. m. Quoique l'Ac. dise que iretnchage esl un nom collectif qui signifie toutes les branches d'un arbre, cependant il est dit au mot Rame, petit branchage que l'on plante en terre pour soutenir des pois. (B. ) On dit aussi Rame, ramille. Voyez Broutsou.

BjoiJSTA, V. a. Il se dit des animaux qui rompent avec la dent les herbes , l'extrémité des plantes , celles des branches meaues dans les prés ou dans les jeunes laillis (pii repolissent. — Brouter, v. a. Les numltim itvQttttixn. l'harbei les clièvres brouCent

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ta feuitte , te bourgeon, etc. Les uns îe dérivent du grec Brutlein , manger. Roullé , dans ses- Eléments de la Gba>imaire Françoise, le fait venir de Brot , pain, (ju'ou prononce brout , niot alle- mand. En «|uelqucs provinces , ajoute-t-il , pour exprimer qu'un homme nxange beaucoup, on dit : Il broute itien. Aujourd'hui, la signification de en mot est restreinte aux animaux : Brouter V herbe. 11 est plus vralscndilablc (jue Brouter vient du Bas- Breton Broust. Voyez la fin du mot liroussallias. Le mot Brout , s. m. , qui est resté dans la langue françoise, et qui siguilie ce que le bois des jeunes- taillis commence à pousser au printemps, et que les bêles vont manger, confu-mc cette élymo- logie. (B.)

BftoisTO , s. f. Branches coupées avec leurs feuilles vertes. — Ramée, s. f, ( Ac. , Gr. Voc. )

2. On appelle aussi Brousto , les branches superflues, qu'on retranche des arbies. — Emoiules , s. f. plur. On fait des fagots avec des émondes. (Ae. )

3. D'après Wail. , plusieurs petits arbres sauvages, etc> Voy. plus haut le nu)t Broussallias. îNous appelons, particulièrement Brousto, les fagots que l'on fait dans les bois taillis , ou des branches que l'on, coupe sur les arbres. Brousto paroît venir ilu Bas- Breton. Voy. la lin du mot Broussallias.

Bbootoïcoi;, s. m.. Bruit que les pigeons font avecle- gosier — ■ Roucoule nunt , s. m. (Nouv. Vocfr. ) lï n'est ni dans .\c. , ni dans Wail.

lÎROLTOucoiJSA , V. u. — ■ Roucoulcr , V. n. Trévoux, écrit Rûcouler. Le mot patcjis et le mot françois- ne se disent (pi'en parlant du sou que les pigeons- font avec le gosier. (Ac. , Gr. Voc.) Broutoucou et broutoucouua sont des onomatopées.

CroÏ'tsa , V. a. Former avec uli fil des mailles, à l'aide de certaines aiguilles longues. — Tricoter, v. a.. Tricoter des bas.

2. E.xécutcr à la bâte. — Brocfter, v. a. Il ne prend- pas le temps nécessaire , il ne fait que- brocher ta besogne. (At. )

Bboitsou, s. m. Menu bois que les pauvres gens vont ramasser dans les bois, dans les forêts. — Bu- cliette , s. f. ( Ac. ) Petites branches (|ui .se ramas- sent dans rcx()loitation du bois, après qu'on en a tiré le bois de corde, les cofeicts et les fagots. — Rame, Ramille. Elle n'est bonne qu'a fciire des. bourrées. ( Ency. , art. Rame , Rtimilte. ) Rame ni. Ramille ne sont point dans Ac. ; mais Ramilles^ s. i. pi. est dans le Gr. Voc. , où il est dit : Branches d'arbres (jui restent dans les bois après qu'on en a tiré le bois de corde, et qui ne sont bonnes qu'à mettre dans les fagots. On appelle bois de corde les bûches qui ont trois pieds et demi de long et au moins. dix-sept pouces de tour. Le menu bois est, ou coteret , ou fagot, ou bourrée. Le cotcret^ (^l'Ac. écrit cotr.ct) est un. assemblage de ^jlusicurs

BRU

morceaiix de menu bois, soit fie taillis, soît de quartier, par le moyen de deux harts : il doit avoir deux pieds de longueur sur dix-sept à dix-huit pouces de 2;rossetiv. ( Ency. , Coteret. ) L'Ac. dit : Cotret , petit f'aisceuU eourt, composé de morceaux de bois de médiocre grosseur, et lié par les deux bouts : Cotret (le, hois rond , colretdc liétre, cotret. de chenemi; bâton de cotret. Le fagot est un as- semblage, de menus morceaux de bois , liés avec une hart, au-dedans desquels on enferme quelques broutilles appelées Vanu du fagot. (Encyclopédie, art. Fagot.") L'Acad. dit : Fagot, s. m. , faisceau de memi bois,^ de branchages. La fatourde est plus grosse que le fagot, et est Jailc de perches coupées et de menu bois flotté. L'Acad. appelle faiouvde un gros fagot de quatre ou cinq bùulies de bois flotté, liées ensemble. La itcuvrce est plus petite j c'est le plus menu et le plus mauvais bois, qui prend feu promptement, mais «[ui dure peu. On s'en sert pour chauffer le four. (Encyclopédie, art. Fagot. ) Bourrée, espèce de fagot fait de bros- sailles, d'épines, etc. (Ency., art. Bois.) L'Acad. j appelle Broutilies , s. f. plur. , de menues branches d'arbres dont on fait des fagots. Bois à fauciUon, menu bois taillis aisé à couper avec le faucillon. (WaiUy.)

2. Broutsou ou Brotso. Petit rameau de bois que la fige d'un arbi-e a poussé. — BrindiUe , s. f. ' ( Ency. ) l'Ac. dit seulement : Branche menue d'un arbre.

BuonsouNA, V. n. Fouiller, fourgonner dans une petite cavité avec une petite broche. — ■ Four- gonner, V. u. (B. )

2. Figurément : Atta«pier quelqu'un par des paroles dites avec malignité; chercher à le fâcher, à l'irriter. —